SYSTEME > SYSTEME ECONOMIQUE

L'ECONOMIE, un terme ambigue

Deux branches d’étude de l'économie se côtoient en s'ignorant  (1) :


La microéconomie forme la branche de l'économie qui « analyse les comportements des individus ou des entreprises et leurs choix dans le domaine de la production, de la consommation, de la fixation des prix et des revenus. En clair, quand on parle de microéconomique, on parle de la réalité de la vie de l'entreprise et des ménages. Approche très théorique à partir de statistiques qu'il faut compléter par les sciences humaines (psychologie, sociologie, démographie, et des études sur la réalité des affaires et des catégories d'actifs spécifiques comme l’Immobilier ou les matières premières très liés à la macroéconomie. Or cette vision globale n'existe pas. Elle est mal maîtrisée. Les analystes financiers réputés valorisant entreprises en bourse, par exemple, sont considérés comme des microéconomiste. Ils  méconnaissent ce qui n'entre pas dans leur champ habituel.

La macroéconomie, étudie les relations existantes entre les grands agrégats économiques (le revenu, l'investissement, la consommation, le taux de chômage, l'inflation).
Elle prend en compte l’étude des actifs, de l'argent, du système financier,  mais elle n'intègre pas le rôle d’une catégorie bien spéciale et atypique d'intermédiaires : les manipulateurs de symboles (médias  système financier) influenceurs et rouages du système.

(1)   Allusion à ce problème par Jean Peyrelevade dans La République Silencieuse (février 2002) : Toutes les ruptures dans l'histoire humaine, autres que d'ordre militaire, les ruptures de fonctionnement pour ainsi dire, viennent de l'oubli des éléments fondamentaux qui gouvernent l'ensemble du système. Plus précisément il évoquait la responsabilité des analystes financiers lors du Krach des valeurs Internet : leur spécialisation fait qu'ils ne voient pas nécessairement les tendances lourdes et les contraintes à long terme, qu'ils n'ont pas de vision globale du fonctionnement de la macroéconomie.

> SYSTEME ECONOMIQUE

Opposition entre intellectuels internationalistes et les populismes (de gauche ou de droite ou d'une convergence des deux).

Alain Minc parle d'un réajustement. "Une cohérence va s'établir naturellement entre l'évolution des trois univers économique, politique, intellectuel. La phase si longue de déconstruction et d'émiettement à laquelle nous avons assisté va se clore." 

Les théoriciens, qui se revendiquent économistes et leurs disciples dans les medias, les banques ou les entreprises se sont imaginés détenir un savoir aussi puissant qu'une religion mais en oubliant qu'ils ne s'agit pas de science à l'échelle macroéconomique. 

China Stock Market

Préambule

Faute de définitions communes, les débats sur l'économie n'en finiront jamais. D'un coté, les libéraux, des plus ultras, libertariens, aux plus sociaux. De l'autre, les plus interventionnistes, Keynesiens. En marge de cet affrontement, certains refusent le système capitaliste tel qu'il est sans être vraiment capable de proposer autre chose sauf une notion de décroissance. N'étant pas une science exacte grâce à laquelle des vérités pourraient émergées, l'économie souffre déjà tout simplement d'un cruel manque d'économistes des nouvelles générations. 

Le notion même de crise, galvaudée par les journaliste depuis 30 ans, devient obsolète. Plusieurs mouvements concomittants perturbent les sociétés organisées dans lequelles nous vivons. Des forces agissent beaucoup plus de manière structurelle que conjocntuelle. Le système médiatique propageant une vision court termiste, aidée en cela par les marchés financiers spéculatifs, détourne l'attention et fait obstacle à la résolution des problèmatiques : écarts riches/pauvres, environnement dégradés, attentats. Malgré tout, la situation s'améliore sensiblement, ce qui explique l'absence de révolution dans les pays développés comme certains l'anticipent depuis la crise de 2007. Même chose pour les pays voie de développement. Le contre exemple du Vénézuela apporte de l'eau au moulin des libéraux. La politique de Chavez a échoué. L'amérique du sud étant le pré-carré des américains, tout effet d'aubaine doit aussi être pris en considération (CIA).

Même les élites ne parviennent pas toujous à a nticiper les "accoups" du système comme le montre leurs nombreuses déclarations à côté de la plaque. Par exemple celle de Christine Largarde pourtant brillante avocate d'affaires. Sans doute voulait-elle rassurer les opinions publiques mais un tel décalage paraît stupéfiant. 

Le Monopole générationnel des économistes

Le problème de représentativité des économistes dans les médias en termes de génération et d'indépendance (financement).


Classement des économistes par décennies de naissance et par sphère d’activité. .
1. Années de naissance des principaux économistes médiatisés (wikipédia)
2. Leurs sources de financement dépendent de leurs activités qui sont parfois multiples. Sont retenus celles qui décrivent le mieux ces économistes :
- salariés de banques ou brokers, souvent des chefs économistes, qui sont en fait « juges et partie » dans l’étude du système économique,
- chercheurs rattachés à des institutions publiques qui ont une vocation d’intérêt général en matière d’étude (CNRS) ou de stabilité (FMI),
- chercheurs rattachés à des instituts privés qui alimentent les médias de positions qui avantagent ceux qui les financent,
- enseignants : souvent du monde académique, assez difficiles à lire, travaux économétriques complexes,
- acteurs indépendants ou presque indépendants : ce sont des retraités, des jeunes blogueurs ou de personnes qui vivent d’une autre activité. L’indépendance est difficile à vérifier.

Les constats objectifs du tableau ci-dessus sont les suivants :
 
- Presque la totalité des économistes sont nés avant 1960 : avec une très forte concentration de naissances entre 1945 et 1955.
 
Quelques économistes nés dans les années 1970 sont médiatisés mais il y a étrangement une absence totale d’économistes nés dans les années 1960.
 
Cette remarque pose la question de la représentativité générationnelle des économistes. Il est intéressant de souligner que la majorité d’entre eux fait partie du CAE, Conseil d’Analyse Economique, présidé par le Premier Ministre.
 
L’équilibre politique (gauche / droite et non étiqueté) est réel bien que difficile à cerner :
- on pourra noter que Christian Saint-Etienne est assez actif dans la tendance centriste (candidat à des élections),
- que les économistes des institutions publiques comme le CNRS sont plutôt identifiés à gauche (Elie Cohen et surtout Frédrécic Lordon dont les écrits sont très remontés contre le système),
- que certains sont présumés proches de Dominique Strauss-Khan comme Olivier Blanchard, Chef Economiste du FMI et Daniel Cohen,
- que parmi les autres il est difficile de tirer des conclusions : les économistes des banques restent très discrets sur leurs convictions mais il est clair que leurs opinons vont souvent dans le sens du vent. Ils s’usent à alimenter la presse par leurs écrits et des chroniques de qualité douteuse.
 
Une minorité d’économistes s’était véritablement inquiétée de l’état du système capitaliste avant la crise :
- Patrick Artus s’insurgeait contre les Banques Centrales, de nombreux livres en témoignent comme Les Incendiaires (dès Août 2007),
- Paul Jorion dont la particularité du profil, anthropologue et ancien cadre bancaire est intéressante
- JL Gréau étaient très critiques envers les économistes, les banques et les gouvernements,
- Frédéric Lordon, célèbre pour des titres comme « Fonds de Pension, pièges à cons » et souvent publié par Le Monde Diplomatique,
 
Etant négatifs, ils n’ont pas été du tout médiatisés ces dernières années, se heurtant à ce que Jacques Attali dénonce dans son blog début juin : les riches heureux n’avaient pas de raisons de voir les problèmes.
 
Les plus jeunes n’ont pas été plus "alertes" que les anciens
 
- Certains d’entre eux sont de « connivence » avec l’industrie financière et ne peuvent donc rien apporter : ce sont les économistes de banques/brokers ou d’autres qui les conseille comme Christian De Boissieu ou JH Lorenzi qui conseille Rothschild.
 
- Parmi les jeunes :
- Thomas Piketty était étudiant de Robert Guenerie qui est la tête du Collège de France et de l’Ecole d’Economie de Paris.
- Nicolas Bouzou est plutôt proche de milieux libéraux comme le Cercle Turgot ou à droite comme la Fondation pour l’Innovation Politique
- Marc Touati adossé au broker Global Equities n’aucune raison d’être critique car un broker se rémunère mieux en cas de forte volatilité des marchés
- Un bloggeur comme Loïc Abadie que nous citons dans cette étude, basé à La Réunion, et qui a pu publier un livre, pointait du doigt les limites du système depuis longtemps. C’est d’ailleurs sur des blogs que nous trouvions de nombreuses alertes bien avant les grands médias.
 
Problème générationnel ?
 
Il existe bien des économistes nés dans les années 60, très au fait des activités de marché qui souvent sont salariés de société de gestion (Asset Management, Hedge Funds, etc) et qui pour des raisons de confidentialité évidentes ne parlent pas. Le phénomène de « Ceux qui savent se taisent et Ceux qui ne savent pas parlent » se vérifie. Seules les analyses d’ « anciens » ayant fait partie du système semblent pertinentes.
 
Conclusions :
 
La plupart des économistes évoqués cités expliquent comment faire pour sortir de la crise et racontent la crise comme une série d’évidences qui s’enchaînent depuis 3 ans déjà alors que presque aucun d’entre eux n’avaient exprimé de doutes sur l’équilibre et la solidité du système avant fin 2007.
 
Il y a donc un problème de crédibilité. Les médias invitent pourtant souvent les mêmes.
 

L'équilibre de nos systèmes économiques et sociaux en danger

25 Mai 2010

Les conséquences de l’entrée d’un pays développé européen, par exemple celui de la France dans la mondialisation. En une vingtaine d’année, l’équation économique a changé et provoque des déséquilibres qu’il faut corriger au risque de démotiver et désespérer les populations des pays concernés aussi bien les plus jeunes que leurs aînés.
 
Les réformes proposées ne tiennent pas compte de la globalité du problème et cristallisent des positions motivées par des intérêts divergents, en particuliers des frictions générationnelles tout en désignant des boucs émissaires qui refusent obstinément le changement.

Déséquilibres sociaux

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Séquencement de l'evolution de l'économie française

9 Juillet 2009

Modèle chronologique depuis 1901, ce document présente les évolutions des fondamentaux de l'économie française comparés à quelques indicateurs (pétrole, etc).

Déclaration Christine Lagarde

Une révolution ?

Georges Pébereau

A quand l'étincelle de la révolution ?, par Georges Pébereau, frère de Michel Pébereau, ex patron emblématique de BNP Paribas

LE MONDE | 16.09.2008 à 13h34 • Mis à jour le 26.03.2009 à 14h52

J'ai naguère été le président du plus grand groupe industriel français, la Compagnie générale d'électricité (CGE), dont les filiales les plus prestigieuses étaient Alsthom, devenue Alstom, Framatome, devenue Areva, la SGE, devenue Vinci, les Câbles de Lyon, devenus Nextrans, CGEE Alsthom devenue Cegetel, la SAFT, leader mondial dans le domaine des accumulateurs alcalins, et Alcatel, numéro un mondial dans le secteur des télécommunications. Toutes ces sociétés étaient hautement profitables.

L'ancienne CGE a pris aujourd'hui la dénomination d'Alcatel ; ses activités et ses actifs ont été vendus pour faire face à ses pertes et assurer la prospérité matérielle et morale de ses dirigeants. C'est avec quelque nostalgie que j'ai assisté au naufrage d'Alcatel et que j'assiste à la déchéance politique et économique de notre pays. Le seul élément nouveau, avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, est qu'on parle de réforme à longueur de discours, mais qu'on se refuse à viser les deux seuls objectifs de réforme qui permettraient d'arrêter le déclin, à savoir l'équilibre des comptes et la maîtrise de la dette.

Or la situation de la France présente quelques singularités inquiétantes. Tout d'abord, la rémunération des présidents des grands groupes cotés et les parachutes dorés dont ils bénéficient. Nicolas Sarkozy, au cours de la campagne électorale, avait promis de les supprimer : à tout le moins aurait-il pu les cantonner. Les quelques scandales qui sont apparus au grand jour, qu'il s'agisse de Philippe Jaffré à Elf, d'Antoine Zacharias à Vinci, de Daniel Bernard à Carrefour ou de Jean-Noël Forgeard à EADS, ont ému l'opinion publique et ont provoqué un sentiment de révolte chez les cadres, y compris les cadres supérieurs et la maîtrise, qui ont découvert avec ahurissement les sommes exorbitantes que se faisaient allouer leurs dirigeants.

Depuis, rien n'a changé, sauf dans le sens de l'outrance : les parachutes dorés continuent à proliférer en nombre et en montant chez les entreprises du CAC 40. Les rémunérations des mandataires sociaux croissent pendant que les salaires des cadres stagnent et leur pouvoir d'achat régresse. L'affaire des parachutes dorés a donc une portée psychologique considérable, et je ne comprends pas que le président de la République n'ait pas saisi l'occasion de faire un geste hautement symbolique vis-à-vis de l'ensemble des salariés, en cantonnant des avantages extravagants que rien ne justifie et en fiscalisant les stock- options des dirigeants d'entreprises cotées.

L'écart ne cesse de se creuser entre les salariés et la petite classe de privilégiés, protégés par le pouvoir, dont le nombre et la fortune croissent rapidement. Nous sommes, à n'en pas douter, dans une période prérévolutionnaire, au sens de 1789. Les cadres et, d'une façon plus générale, les classes moyennes, seront demain, comme les bourgeois naguère, les catalyseurs de la révolution.

La France est obligée de faire des réformes et donc de créer des mécontentements dans un contexte économique mondial incertain et avec une situation financière nationale catastrophique. Il y aura de plus en plus de revendications et de moins en moins de moyens capitalistes pour les satisfaire et de moyens policiers pour les endiguer. Une étincelle suffira pour déclencher des mouvements irréparables.

Autre singularité : la façon dont la France aborde le problème de la mondialisation, considérée comme la cause de tous nos maux. On admet qu'elle est inéluctable, mais on essaye de s'y opposer par tous les moyens. Comme on a hélas coutume de le faire dans ce pays, on s'attaque davantage aux conséquences qu'aux causes, à savoir les délocalisations, qui se traduisent bien entendu localement par des réductions d'emplois. Ainsi, voit-on le président de la République se déplacer en Lorraine pour promettre une subvention publique à un groupe indien et l'Etat prendre une participation auprès d'un groupe sud-coréen dans les chantiers de l'Atlantique, afin de constituer avec Alstom une minorité de blocage - à quoi cela sert-il ? - et on est consterné lorsqu'on apprend que le groupe français a l'intention de vendre sa propre participation.

Dans ce domaine comme dans d'autres, l'attitude de l'Allemagne est instructive : la mondialisation y est considérée comme un moyen d'accroître la compétitivité des entreprises et, par voie de conséquence, d'améliorer la balance commerciale du pays. Il est clair que, lorsqu'une entreprise a la possibilité de faire fabriquer tel composant ou tel sous-ensemble à moindre prix dans un pays à faible coût de main-d'oeuvre, elle doit la saisir : cela lui permet de rester mondialement compétitive pour la vente de systèmes ou d'équipements.

Mais, me direz-vous, quid des PME qui seront ainsi privées des sous-traitances des grandes entreprises ? C'est typiquement un contre-sens, que j'illustrerai par deux exemples. D'une part, la CGE avait naguère deux filiales qui étaient numéro un en France pour la fourniture d'accumulateurs aux constructeurs automobiles. En s'internationalisant, ceux-ci ont été conduits à créer des usines à l'étranger. Leurs sous-traitants les ont accompagnés, ce qui leur a permis de s'internationaliser à moindre coût et à moindre risque et d'améliorer du même coup la compétitivité et le volume d'activités de leurs usines françaises. D'autre part, les PME allemandes se portent fort bien de l'ouverture des frontières, sont beaucoup plus compétitives et beaucoup plus exportatrices que les PME françaises, et l'écart ne cesse de se creuser avec la mondialisation. Il est clair que la France est à contre-sens dans l'histoire. Il faudra savoir changer de mentalité ou accepter le déclin, qui sera rapide.

Troisième singularité que je n'arrive pas à m'expliquer : notre approche économique de l'Europe, et plus spécialement des conséquences de la création de l'euro. Il est clair que, lorsque deux pays ont une monnaie commune et des politiques économiques divergentes, leurs relations s'établissent mutatis mutandis comme celles de deux sociétés capitalistes concurrentes. Le pays le mieux géré dégage des résultats qui lui permettent de financer ses travaux de recherche et développement, d'améliorer sa productivité et ainsi d'accroître sa compétitivité ; son faible endettement lui permet de réduire ses coûts et de renforcer son indépendance et sa capacité exportatrice, tout en ayant une politique salariale décente.

A-t-on imaginé à quoi conduit en termes économiques et sociaux la coexistence, avec une monnaie unique, d'une Allemagne florissante aux comptes équilibrés, avec une dette maîtrisée, un commerce extérieur excédentaire, et une France aux abois, plombée par des déficits chroniques et tétanisée par des promesses non suivies d'effet et par le sentiment d'injustice du pouvoir.

Il suffit de constater la situation catastrophique et non maîtrisée de notre commerce extérieur pour mesurer les conséquences de cette situation de "faillite", comme la définit le premier ministre. L'euro condamne la France à équilibrer ses comptes et à réduire sa dette non pas en 2012, mais dans les plus brefs délais, car on assiste à un déplacement continu de croissance, de pouvoir d'achat et d'exportations à l'intérieur de l'Europe en direction de l'Allemagne. Cet objectif peut être atteint à condition d'oser s'attaquer à un certain nombre de privilèges dans un esprit de justice. Cela nécessite courage politique et intelligence économique.

Autre étrangeté : on ne peut dans le même temps expliquer aux Français que notre redressement économique implique une réduction drastique du nombre de fonctionnaires avec le non-remplacement d'un départ à la retraire sur deux, et, dans le même temps, ignorer le système d'aides aux entreprises - subventions et déductions fiscales - qui constituent un gisement d'économies beaucoup plus important et qui a un besoin urgent d'être réorganisé et modernisé. La réduction du nombre de fonctionnaires ne doit pas être un objectif en soi, mais le résultat d'une réorganisation en profondeur de l'administration. De même, la réduction du volume des aides doit s'accompagner d'un redéploiement s'inscrivant dans la nouvelle donne européenne et mondiale.
Dans les deux cas, il y aura des oppositions. Mais il est clair que la réforme simultanée de ces deux systèmes serait juste et aurait un impact significatif sur le déficit et sur la dette. S'attaquer aux seuls fonctionnaires constitue une injustice.

Dans le même esprit, le gouvernement a renoncé à mettre de l'ordre dans les niches fiscales, dont les bénéficiaires lui sont proches, et envisage de s'attaquer aux niches sociales. Or les niches fiscales constituent un privilège scandaleux au profit des plus favorisés et une remise en ordre, organisée et juste, conduirait à des économies très importantes et serait un acte majeur de justice sociale. S'attaquer aux niches sociales, c'est s'attaquer aux plus démunis en adaptant une terminologie qui donne l'impression qu'il y a là aussi des privilèges exorbitants, ce qui reste à démontrer.

En tout cas, la mise en application n'aura pas tardé : le gouvernement vient d'annoncer la taxation de l'intéressement et de la participation, donc des cadres, sans toucher bien entendu aux parachutes dorés et aux stock-options qui les accompagnent. Trop d'injustices tuent l'injustice et donc toute possibilité de contestation démocratique.

Modèle du CNR

On parle de Démocratie Economique et Sociale.

Liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat, des puissances d'argent et des influences étrangères. (Histoire de Combat et Albert Camus : rachat par Hachette dès 1947)

Services publics

Droit du travail

Retraite

Sécurité Sociale

Mise sous contrôle des Banques


Le Programme du Conseil National de la Résistance souvent abrégé en Programme du CNR, et intitulé dans sa première édition « Les Jours Heureux par le C.N.R. »1, est un texte adopté à l’unanimité par le Conseil National de la Résistance français le 15 mars 1944.

Le CNR regroupait :

huit mouvements de RÉSISTANCE intérieure : “Combat”, “Libération zone Nord”, “Libération (Sud)”, “Francs-tireurs partisans (FTP)”, “Front national” (rien à voir avec le Front national actuel), “Organisation civile et militaire” (OCM), “Ceux de la Résistance” (CDLR), “Ceux de la Libération” (CDLL),
les deux grandes confédérations syndicales de l’époque : CGT (réunifiée) et CFTC,
six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre, dont le parti communiste, le parti socialiste, les radicaux, la droite républicaine et les démocrates-chrétiens.

Il s’est réuni pour la première fois, le 27 mai 1943 à Paris, réunion organisée par Jean Moulin sous l’impulsion du Général De Gaulle.

Des personnalités comme Sarkozy ou Denis Kessler se sont moqués de ce programme et ont souillé la mémoire des résistants.


Un de ses auteurs, Robert Chambeiron (ex équipe de Pierre Cot, Ministre de l'air avec Jean Moulin), décédé le 30 décembre 2014 à l'hôpital Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt avait raconté : "On savait qu'on allait faire quelquechose mais on ne savait pas quoi".


Création d'un Commissariat Général au Plan en 1945 sous l'influence de Jean Monnet.

Cycle financier et business

Source : Banque des Réglements Internationaux

Défauts de l'économie / Paul Jorion dans misère de la pensée économique

Le comportement d’un secteur du monde financier a été modélisé à partir d’une interprétation erronée de la réalité qu’il s’agissait de représenter. L’incapacité de la « science » économique à traiter véritablement une question macroéconomique est ici en cause, son postulat d’individualisme méthodologique faisant obstacle à une appréhension correcte du problème. Dans un article consacré à « La Crise financière et l’échec systémique de la profession d’économiste », David Colander et ses coauteurs ont fait observer que l’interaction entre effets micro et macroéconomiques est systématiquement ignorée par les économistes du fait que l’individualisme méthodologique suppose que l’un et l’autre sont identiques :

En science économique, l’approche par un agent représentatif fait tout simplement équivaloir la sphère macroéconomique et la sphère microéconomique. On pourrait même dire que cette équivalence nie l’existence d’une sphère macro, ainsi que la nécessité d’étudier les phénomènes macroéconomiques, puisqu’elle se représente l’économie entière comme un organisme gouverné par une volonté universelle.

L'économie n'est pas une science / Paul Jorion

Dans Le Capitalisme à l’agonie, je parle de Karl Marx en l’appelant « celui dont on a effacé le nom » (Jorion, 2011 : 227). Bien sûr, on sait encore qui il est, mais je parle là essentiellement de lui dans le cadre de la « science » économique, et il est vrai qu’on y a effacé son nom pour une raison bien simple : parce qu’il avait eu le mauvais goût de compléter sa réflexion économique par un projet révolutionnaire.

Ce qui aura été bâti au cours de plus d’un siècle et demi de « science » économique n’a pas grand-chose à voir avec une science à proprement parler et – sous couvert de mimer cette branche de la physique, née au xviie siècle, qu’on appelle la mécanique, dont l’astronomie est le principal champ d’application – a constitué en réalité un système de croyance fermé, bien plus proche d’une religion que d’une science, en raison de son caractère dogmatique.

L’anthropologue Edward E. Evans-Pritchard (1902-1973) avait mis en évidence la présence de la même imperméabilité à la réfutation par les faits dans la sorcellerie des Zandés du Congo (Evans-Pritchard).

Par l’erreur et l’ignorance portant sur les domaines complexes de la finance et de l’économie, dont le comportement a été imparfaitement, voire faussement modélisé.

Tout d’abord, le déni de l’existence de « bulles financières » dans l’histoire économique par Alan Greenspan, président de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, pendant près de vingt ans (1987-2006), inexistence prétendument « prouvée » scientifiquement par l’un des principaux chercheurs de son équipe à la Fed : Refet S. Gürkaynak. Erreur grossière, bien sûr, que je dénonçai dans le livre où j’annonçais la crise, pour offrir à la place une réflexion à la fois d’ordre général et théorique sur le phénomène des bulles financières (Jorion, 2007 ; 2009, 195-220).

On observe en quatrième lieu une mécompréhension du fonctionnement de la monnaie, qui a conduit les économistes à additionner la richesse manquante, dont témoignent les reconnaissances de dette, à la richesse réelle, bourde – dont la responsabilité conceptuelle revient à Joseph Schumpeter, déjà mentionné – qui a conduit à imaginer que la richesse croissait alors qu’elle baissait au contraire, et à ignorer les risques croissants associés à un système économique sous-tendu sans cesse davantage par le crédit (Jorion, 2009a : 48-57 ; 194-205).

Où se situe la faute ? Dans la mise entre parenthèses de la dimension « temps » qui génère la confusion, devenue commune, entre la richesse présente que constitue l’argent et la promesse d’une richesse future qu’est une reconnaissance de dette. Or le temps, c’est le devenir, et le devenir permet que bien des choses se retrouvent différentes à l’arrivée de ce qu’elles étaient au commencement. Jusqu’au jour où elle se transformera comme promis en argent, une reconnaissance de dette n’est que la trace d’une richesse qui manque, et qui manquera une fois pour toutes si la somme empruntée n’est pas remboursée, autrement

Comment cette confusion a-t-elle pu naître ? À partir de la volonté de considérer comme monnaie potentielle tout ce qui a un prix, tout ce qui peut être envisagé comme une marchandise qui se vend et s’achète. Du fait qu’une reconnaissance de dette a un prix et que la marchandise qu’elle représente c’est de l’argent, on a pris l’habitude paresseuse de la considérer

Toujours résulté du fait que l’on a traité une crise de la solvabilité comme s’il s’agissait d’une question de liquidité, ce qui revenait à dire que si des sommes supplémentaires étaient déversées en quantité suffisante sur les marchés, les choses finiraient par s’arranger.

Ceux que l’on qualifie aujourd’hui d’« économistes hétérodoxes », aussi bien que les « orthodoxes », ont tous leur place dans ce cadre-là. La différence essentielle entre économie politique et « science » économique réside dans le fait que, pour la première, les agents en interaction les uns avec les autres sont des « classes sociales » exerçant chacune une fonction particulière au sein de l’économie, à l’instar des salariés par exemple, qui perçoivent une part de la richesse créée définie contractuellement, alors que pour la « science » économique, le protagoniste unique de...

La « science » économique nous offre par là une description du monde sur le mode du « si seulement » : « si seulement tous les hommes étaient parfaitement rationnels… si seulement toute l’information était transparente… ».

Nous devons donc refaire le mouvement en sens inverse  : comprendre que pour des raisons idéologiques (une croisade contre des opinions progressistes), le capitalisme fut dans un premier temps déclaré parfait, et qu’ensuite, dans un second temps, une représentation de l’homme compatible avec le capitalisme en fut déduite. Par cette falsification, la rationalité a été redéfinie à rebours. On crée un postulat  : «  Le capitalisme est le système économique idéal  », et on définit ensuite la rationalité comme étant l’ensemble des prédispositions humaines compatibles avec ce système. Il va de soi que le capitalisme se révèle alors être parfaitement adapté à une rationalité définie après coup  ! Ce qu’on feint d’ignorer, c’est que la définition de la rationalité a été traitée comme variable d’ajustement  : elle a été façonnée de manière ad hoc en sorte que l’harmonie règne par principe entre rationalité et capitalisme. Le fait qu’il y ait harmonie entre les deux est en réalité une contrainte imposée préalablement,

Les uns comme les autres affirment bâtir une «  science  » économique. Or, la finalité d’une science n’est nullement de modifier le monde ou de le fortifier dans sa forme présente, mais de le décrire tel qu’il est.

Le penseur le plus explicite sur la manière dont il faudrait procéder dans cette voie est Friedrich von Hayek (1899-1992) 5. Il est parti d’une réflexion du sociologue Max Weber (1864-1920) relative à ce que celui-ci avait appelé le «  type idéal  » (Idealtypus), réflexion qui ne faisait en réalité que prolonger l’approche mise au point par Carl Menger, l’un des fondateurs de la théorie marginaliste en économie. Ce qui aura fait le lien entre Weber et Hayek, c’est l’œuvre du sociologue allemand Alfred Schütz (1899-1959)


Le projet de Hayek est, on l’aura compris, aristocratique  : une aristocratie de l’argent et de ceux qui savent comment en faire est appelée à remplacer l’ancienne dont le pouvoir reposait vulgairement sur la force.

Le courant représenté par Hayek prône ainsi que la «  science  » économique soit tout le contraire d’une science  : qu’elle participe plutôt de ce qu’il appelle un projet d’hégémonie culturelle recourant à l’endoctrinement, fondé sur le principe qu’une fiction deviendra réalité si l’on peut faire qu’un nombre suffisant de personnes y souscrivent. Il s’agit donc là d’un mythe que l’on métamorphose en réalité par l’endoctrinement. Dans une telle perspective, la démocratie et l’esprit des Lumières constituent bien entendu autant d’obstacles.

Si l’on fait en sorte que le salarié se préoccupe de la bonne santé du système capitaliste parce qu’il est détenteur d’une assurance-vie, son potentiel de rébellion s’en trouve d’autant plus réduit, et le maintien de l’ordre en période de tensions en est notablement simplifié.


Le négationisme économique - Septembre 2016

Les auteurs défendent le caractère scientifique de l'économie. Encore une fois, le terme "Economie" ne veut rien dire. La thèse repose sur le fait que les mêmes causes produisent les mêmes conséquences et qu'il est possible de le prouver à partir de statistiques et d'une bonne méthodologie (Evidence Based).

C'est vrai dans certains (nombreux) cas pour mesurer l'efficacité de mesures politiques/économiques précises. On peut donc dire que cette "économie"  ou plutôt "économétrie" est un excellent outil d'aide à la décision pour des décideurs politiques mais ce n'est pas l'"Economie". Et il est vrai que les conclusions des travaux de cette "économie" dérangent beaucoup de corporatismes et vont à l'encontre des idées reçues. Exemples :

- Avec l'industrie du tabac dont il aura fallu montrer la nocivité pendant des décennies (dès les années 50, l'industrie savait, 240 milliards de dollars ont été payés en indemnités depuis)

- Evaluation de programmes sociaux aux Etats-Unis : Moving to Opportunity, Perry Presschool Program

- Salaire minimum. On rappelera que le fameux Poverty Action Lab d'Obama (dont fait partie la française Esther Duflo) n'a pas empêché des millions d'américains de voter Trump malgré le Recovery Act de 2009 (787 milliards d'investissements et d'aides annoncés)

La méthode des "négationnistes" : Ethos - boucs émissaires - logos

Mais, de là à dire que l'"Economie (au sens large, macroéconomie et micronomie) est une science, il y a de la marge. Malheureusement il n'y a pas de laboratoire géant planétaire dans lequel les chercheurs peuvent mener des tests de grandes ampleurs. 

L'argument des auteurs : le doute populaire devient trop facile. Il n'est légitime que s'il est réservé à des experts...ce qui est rationel...mais du coup les auteurs en profite pour justifier l'opposé du négationnisme, c'est à dire la dictature des experts non élus. Ainsi un manifeste signé par des intellectuels/élites de renons (Morin, Beffa, etc) devient suspect : "elles (ces élites) restent convaincues que l'économie est une question d'opinion ou de points de vue. En niant la pertinence du processus de production scientifique, elles favorisent l'obscurantisme". Peu de nuances ici chez Cahuc et Zylberberg.

En revanche une bonne explication des mécanismes qui permettent de distiller le doute :

" un angle d'attaque efficace consiste à rappeler qu'en matière de science rien n'est jamais vraiment sûr et, par conséquent, "que plus de recherches sont nécessaires". 

"aller à l'encontre d'une position établie joue de façon valorisation sur la psychologie des individus. (...) En magnifiant des croyances différentes du consensus la réthorique négationniste donne l'illusion d'un supériorité intellectuelle à ceux qui s'y réfèrent." Il y a néamoins confusion entre critique constructive et vérittable négationnisme....La encore égo démesuré et manque de nuance.

Si l'économie parle de redistribution de richesse de manière objective. La fixation du "curseur" restera subjective et donc non sujette à la science mais plutôt à la politique ou la croyance.

Les auteurs en profitent pour rappeller les travers antiscientifiques du communisme en France après la Guerre. 

En clair ce livre laisse une impression mitigée.

Cette affaire est en fait une petite guerre d'égo entre des apprentis sorciers scientifiques et des courants très à gauche et anticapitalistes (Lordon, Economistes attérés, etc). Les deux camps sont de mauvaise foi mais ils ont parfois raison, et parfois tord.


Le mythe du ruissellement économique

Le mythe du ruissellement économique
Par La Croix , le 01/08/2017 à 09:57

Gaël Giraud, économiste en chef de l’Agence Française de Développement, directeur de recherche CNRS, professeur à l’École Nationale des Ponts et Chaussées.


Epargne, croissance

Lorsque, durant les années 1980, Margaret Thatcher et Ronald Reagan réduisirent de manière considérable la fiscalité des plus fortunés, l’argument le plus souvent invoqué par certains économistes tenait en une métaphore : le “ruissellement” de richesse descend des plus favorisés vers les plus pauvres. Il est certain que ces largesses fiscales ont fortement contribué à l’envol de la dette publique, tant aux États-Unis qu’en Angleterre. Ont-elles alimenté la croissance économique de ces deux pays ? Rien n’est moins sûr car la relative prospérité nord-américaine de cette décennie fut tirée, d’abord, par l’explosion des dépenses publiques orchestrées par le secrétariat d’État à la défense de l’administration Reagan. Quant à Albion – qui quémandait le secours du Fonds Monétaire International au début des années 1970 –, elle doit en grande partie son retour à meilleure fortune au pouvoir d’attraction des capitaux induit par la dérégulation financière de la City. De l’aveu du FMI (1), nous n’avons aucune preuve empirique de la théorie du ruissellement. Quelle analyse économique sous-tend donc cette métaphore que certains voudraient ressusciter aujourd’hui ?


Épargne, épargne, croissance, emploi…
L’argument est, en général, le suivant : les plus fortunés ont, en moyenne, une propension marginale à épargner supérieure à celle des plus pauvres. Le surcroît de richesse qui peut leur être accordé (via, e.g., une réduction d’impôt) viendra donc alimenter davantage l’épargne nationale que si cette même richesse avait été distribuée à des ménages moins favorisés. Or l’épargne gonfle l’investissement. Et l’investissement d’aujourd’hui, c’est la croissance de demain, et donc, notamment, les emplois de demain. Lesquels procureront un salaire, y compris aux moins fortunés. CQFD ?
Cette “preuve” est fausse. Certes, les plus fortunés ont une propension à consommer inférieure à celle des plus pauvres : pour un euro de revenu supplémentaire, le centile le plus riche, en France, dépensera en moyenne moins de 70 centimes et épargnera donc au moins 30 centimes. Tandis que le décile le plus pauvre dépensera la quasi-totalité de cet euro (voire davantage car il pourra plus facilement s’endetter, en principe). Mais la part de vérité du ruissellement s’arrête là.


Lire : Huit hommes détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population

Une épargne qui alimente diverses bulles
Primo, le surcroît d’épargne rendu possible par l’enrichissement des plus riches ne vient pas, ou plus, alimenter l’investissement. Si cette relation était automatique, l’économie mondiale ne serait pas piégée, comme elle l’est aujourd’hui, par un sous-investissement chronique : jamais les catégories sociales les plus favorisées n’ont autant épargné qu’aujourd’hui, et pourtant, depuis plus d’une décennie, l’investissement agrégé en fonction du revenu national ne cesse de baisser dans la plupart des pays de l’OCDE. En zone euro, d’après le FMI, il a chuté de 24 % en 2007 à 19,9 % du PIB en 2016. Que devient, par conséquent, l’épargne surabondante ? Elle est réinvestie dans des paris d’argent sur les marchés financiers et immobiliers, où elle alimente diverses bulles : celle des dérivés financiers, par exemple, dont le notionnel libellé en euro atteint, à lui seul, la somme extravagante de 80 trillions. Celle des centres-villes gentrifiés de nos capitales, également.

Un manque d’investissement dans les économies occidentales
Secundo, l’investissement n’a pas besoin d’épargne pour se financer. L’affirmation contraire s’appuie sur l’idée – aussi répandue que fausse – selon laquelle ce sont les dépôts (l’épargne) qui font les crédits. Dit autrement, une banque, pour prêter de l’argent, aurait besoin de l’emprunter elle-même quelque part. Au contraire, les banques commerciales (qui sont telles parce qu’elles ont reçu de l’État une délégation du pouvoir régalien de frapper monnaie) créent du crédit tous les jours. Et équilibrent leurs comptes ex post en empruntant auprès de la Banque Centrale (à taux réel négatif, en zone euro, aujourd’hui) la monnaie nécessaire pour apurer leurs transactions avec leurs contreparties et pour satisfaire aux ratios prudentiels qui encadrent leur pouvoir de création monétaire.
D’aucuns imaginent que la création monétaire par les banques de second rang est entièrement pilotée par celle de la Banque Centrale qui in fine aurait seule le pouvoir d’accroître la quantité de monnaie en circulation. De nouveau, il s’agit d’un mythe comme l’a rappelé récemment la Banque d’Angleterre (2) : l’explosion des liquidités injectées par les Banques centrales d’Occident sur les marchés interbancaires depuis 2008 ne s’est nullement traduite par un accroissement proportionnel des crédits accordés par les banques privées à l’économie réelle. Et c’est bien là tout le problème de l’insuffisance d’investissement dans les économies occidentales.

Des investissements qui ne créent pas toujours d’emplois.
Tertio, depuis le début des années 1990, on assiste à l’apparition de reprises de croissance du revenu national (d’abord aux États-Unis puis, de plus en plus souvent, en Europe) qui ne s’accompagnent pas d’une hausse d’emplois. Ces jobless recoveries sont la preuve du fait que toute forme d’investissement ne crée pas nécessairement des emplois. Il en va ainsi, e.g., des investissements financés entre 2001 et 2007 en faveur de projets immobiliers dépourvus de sens en Andalousie. Les villes fantômes que ces crédits ont engendrées n’ont pas créé d’emplois !

La solution ? Redistribuer les richesses
Comment remédier, alors, à l’insuffisance d’investissement, notamment en Europe, principale responsable de la faiblesse de notre croissance ? En redistribuant la richesse produite par une nation à ses membres les plus pauvres. Ce qui non seulement réduira les inégalités mais favorisera une reprise durable de l’économie.


Lire: Daniel Cohen :  La France est fondamentalement inégalitaire 

Pourquoi ? Parce que l’accroissement de consommation que pareille redistribution engendrera est de nature à revigorer la demande, et donc à remplir les carnets d’ordre des entreprises – unique signal qui peut convaincre ces dernières d’investir à nouveau en dépit de leur propre excès d’endettement privé. (En zone euro, l’endettement des entreprises privées non-financières atteint environ 130 % du PIB, loin devant la dette publique.)

À condition, bien sûr, que le secteur privé puisse emprunter auprès du secteur bancaire pour financer ses nouveaux investissements, et pourvu que ce surcroît de consommation ne provoque pas une flambée supplémentaire d’émissions de CO2 ou ne vienne pas simplement alimenter les importations venues de Chine. Il faut donc favoriser le crédit aux entreprises (ce à quoi Francfort s’emploie depuis plusieurs années) et redistribuer aux plus pauvres en s’assurant que ce revenu supplémentaire sera dépensé en production locale, via des circuits courts et non polluants. Comment ? Les solutions sont nombreuses : une TVA “verte”, l’incitation à la rénovation thermique, etc. Elles ne se trouvent pas à Bercy mais au Ministère de Nicolas Hulot.


Pas de science économique ?

Sur la dite "science économique", le livre "Le négationnisme économique" paru en 2016 pose bien le débat. Lorsque certaines causes produisent les mêmes effets, il faut avoir l'honnêteté de le reconnaitre (grâce aux travaux statistiques). Mais malheureusement, si les "recettes" issues de ces travaux ne sont pas toujours applicables (biais, changements d'environnement, innovation, psychologie, théories réflexives), elles peuvent l'être dans certains cas. Trop vouloir faire de l'économie une science comme la physique, revient à discréditer ses apports pourtant très utiles mais qui dérangent beaucoup de corporations.......

Le capitalisme

Quelques intellectuels confisquent le débat sur le Capitalisme. Quelques uns ont lu Marx et s'écharpent sur comment l'interpréter aujourd'hui mais globalement tout le monde se perd et se lasse de ces discussions interminables tout en étant racourcies pour le besoin des plateaux de télévision.

SYSTEME ECONOMIQUE


Théorie des avantages comparatifs


Libéralisme : conservateur et libertarien

Se fonder sur le juridique. Les anglais ont une loi pour tous, le Common Law, les français deux, le droit civil pour les citoyens et le droit administratif pour l'Etat.


Communisme et vision de Karl Marx


Capacité des sociétés à générer de la croissance

Keynes, la lettre à nos petits enfants. Le capitalisme serait provisoire et devrait conduite, en décroissance, à un autre système.


La situation économique des hollandais dans les années 1980

Taux de chômage de 30%

Accord de Wassennar en 1982


La bonne santé d'un pays repose sur la connection de ses métropoles avec le monde. Selon le sociologue Alain Touraine, nous vivons la fin de la société industrielle.


Notes

Etude qui montre que personne ne lit jusqu'au bout les livres sur l'économie


Bibliographie


Le capitalisme à l'agonie, Paul Jorion, Fayard 2011

Le négationnisme économique et comment s'en débarrasser, Pierre Cahuc et André Zylberberg, Fayard 2016

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