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Veillons à ce que les rapports de force entre richesses, pouvoirs et cultures s'équilibrent.

Le [système politique] et et le [système économique]  mis en place après la seconde guerre mondiale ne répondent plus du tout aux besoins comptemporains. C'est vrai en France mais aussi dans la plupart des pays. Il y a obsolescence. D'ailleurs, en France, les intellectuels et hommes politiques sérieux n'osent plus vraiment prendre la parole dans les médias. Ils laissent d'autres qui se contentent de se faire connaître ou de défendre une cause (lobby, logique communautaire). Selon l'historien des idées américain Mark Lilla, ni la gauche, ni la droite ne parviennent à expliquer notre monde. "Personne ne sait comment contrôler l'économie mondialisée, l'immigration ou internet". 

Mais comment rendre les représentants politiques et les hauts-fonctionnaires de l'adminitration responsables d'une obsolescence entammée depuis 30 ans et surtout d'un environnement dans lequel tout devient imbriqué et incontrôlable. Des fléaux naturels platénaires, à la limite, ils ne seraient pas responsables, mais que dire pour les enjeux économiques ou culturels ? Les plus petits pays s'effacent derrière l'Empire américain, de plus en en décadence, ou d'une Chine capitaliste qui pour la première fois de son histoire [1]devient expansionniste à travers la recherche de matières premières dans le monde entier.

Si nous n'en connaissons pas toujours bien les détails, ni même les possibles manipulations ou erreurs, il est possible de comprendre les grandes tendances qui influencent les décideurs et leur façon de faire évoluer le [système intellectuel], le [système politique] et le [système économique], les trois étant en permanence perméables entre eux et entre pays.

Le réel, la réalité du système économique n'est possible que dans le cadre d'un système politique accepté par la population (démocratie, dictature, monarchie parlementaire etc) et ce système politique résulte lui même d'une "fabrication", fruit de l'histoire, par des intellectuels. Ces derniers ont été souvent religieux philosophes et portent une vision.

Ces systèmes prennent leurs racines dans le passé, dans l'[Histoire], il faut donc remonter aux origines pour comprendre l'état des lieux.

Ensuite il est intéressant d'examiner les rapports croissés entre Richesses et Pouvoirs, entre Pouvoirs et Cultures ainsi que ceux entre Cultures et Richesses.  Les systèmes économiques, politiques et intellectuels ne font que s'emparer des rapports de force pour les gérer, les manipuler ou les faire évoluer en fonction de leurs objectifs. Le système économique étant préoccupé par le profit, le système politique par le fait de se faire réélir et le système intellectuel pour des raisons très basiques le plus souvent : maintenir l'existant, à la limite ouvrir quelques perspectives si tous les intérêts convergent et très rarement impulser une vision de progrès et humaine.


[1] Selon Michel Guénaire, dans le Retour des Etats, les lettrés chinois ont détruit l'aventure de la Chine du XVème siècle, comme ils refuseront le commerce de la Chine maritime au XIXème siècle. [..] Il y a dans l'âme de la Chine la possibilité d'une conquête du monde, et l'interdit moral qui empêche simultanément de la réaliser.

Des gens vivaient près de la frontière. Un jour leur cheval s'enfuit chez les barbares. Les voisins voulaient les plaindre mais le père :  "Qui sait si cela ne tournera pas en bonheur ?" De fait, plusieurs mois parès, le cheval revient de lui même ramenant une magnifique jument sauvage. Les voisins voulaient le féliciter mais le père : "Qui sait si cela ne tournera pas en malheur ?". La famille éleva le cheval. Le fils, bon cavalier, le monta, mais fut désarçonné et se cassa une jambe. Les voisins voulaient le plaindre mais le père : Qui sait si cela ne tournera pas au bohneur ? " De fait, cette année-là, les barbares passèrent la frontière et tous les hommes robustes dfûrent mobilisés. Le fils invalide fût le seul à échapper à la conscription et le seul à rester en vie... 


Chengyu chinois attribué à Liu An (179-122 av. J.-C.) intitulé Le vieillard de la frontière perdit son cheval.


SYSTEME : équilibre des forces

Pour 


Notes 

[ ] Choqué par l'omniprésence de l'anglais publicitaire, dans nos journaux, à la télévision, sur les murs de nos villes, Michel Serres "en a marre" que la SNCF nous fasse des smiles ou que les restaurants nous proposent des happy hours.  

[] Cahier de la prison (1948-1951), Antonio Gramsci a développé une théorie de l'hégémonie culturelle, membre fondateur du parti communiste italien


Bibliographie

L'innovation destructrice, Luc Ferry, Plon 2014

Le triomphe des Lumières, pourquoi faut-il défendre la raison, la science et l'humanisme, Stéphane Pinker, Les Arènes 2018 

Pyramide de Maslow

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COMPLEXITé ABOUTISSANT à la naissance d'une civilisation

Naissance d'une civilisation

Dans un ouvrage précurseur publié en 1998 par l'Organisation des Nations Unies, Yves Brunsvick et André Danzin analysent les bouleversements provoqués par la Mondialisation. Ils parlent de "Naissance d'une civilisation". 

Le phénomène majeur est la "poussée de la complexité". La philosophie de la certitude qui a sous-tendu la plupart des idéologies sociales cède la place à la philosophie de l'incertitude

Selons les auteurs, les modèles mentaux des Lumières tendaient à résoudre la complexité par la simplification. Peu à peu, le cartésiannisme, version appauvrie de la pensée du philosophe, avait conduit à raisonner par division des problèmes donnant la préférence aux traitements séparés des parties. Aujourd'hui, l'interdépendance des questions oblige de préférer les relations des parties entre elles et avec le tout. Pascal l'emporte sur Descartes.

Le monde est-il devenu incompréhensible ou l’a-t-il toujours été ?

Galactica

Le maelstrom d'informations diffusé par les médias donne une image illisible du monde à tel point qu'il n'est plus possible de mener des débats rationnels.   

Dans l'histoire de l'humanité, l'Homme a changé sa compréhension du monde en plusieurs étapes : de la révolution cognitive, bien expliquée dans le livre Sapiens, de Yuval Hariri, jusqu'à la mise en place de l’enseignement obligatoire. Aujourd'hui, avec l’accès quasi-illimité à la connaissance que procure Internet, notre capacité à absorber et interpréter des flux d'informations contradictoires et inintelligibles atteint une limite y compris pour les élites. Le monde paraît confus et incompréhensible [1]

Il y a plusieurs siècles, quelques érudits comme Leonard de Vinci pouvaient maîtriser la plupart des connaissances disponibles à leur époque :  culture (philosophie, histoire), savoir-faire techniques (peinture, chimie, etc). Ce temps est révolu et de nouvelles disciplines issues du progrès foisonnent. C’est l’essor des spécialistes et des experts. Mais malheureusement il est devenu de plus en plus difficile de donner une vision cohérente du monde et de l'enseigner . Un manque qui pourrait engendrer la fin d'une civilisation.

[1] Edgard Morin est le philosophe le plus impliqué sur cette question - 10 principes ici

Un monde complexe...

"La chose la plus incompréhensible à propos du monde, c'est qu'il est compréhensible." 

Phrase paradoxale extraite de Comment je vois le monde d'Albert Einstein (1934), car si, grâce à la science, le monde devient de plus en plus compréhensible, en même temps, l'explosion du nombre d'informations numériques produites (cf ci-après) aboutie à une représentation du monde très complexe et donc difficilement compréhensible.

... SUBMERGé par la data sous la menace de l'iA

Croissance des données

IA : Intelligence Artificielle 

La quantité d'informations produites lors des derniers jours dépasse déjà celle accumulée depuis l'apparition de l'écriture. Les professionnels recoivent individuellement une centaine d'e-mails par jour en moyenne. On parle de 150 à 300 milliards d'e-mails échangés par jour et 300 000 tweets postés par minute (1) . 

Les chiffres donnent le tournis. Les SMS deviennent les instruments de la transmission de pensée (du professionnel au régistre amoureux). 

Toutes ces données existeront pendant des durées inconnues, très longues, mais personne ne sait qui les consultera. Personne ne sait qui sera capable de les exhumer. Des archéologues électroniques du futur ? Les descendants des générations comptemporaines sauront-ils tout de leurs ascendants, un peu comme Michel Houellebecq illustre la série des  Daniel (24, 25 etc) dans le roman La possibilité d'une île (2005) ? Enchainera-t'on des générations avec une parfaite connaissance des actes, écrits, pensées de leurs aînés ? Comment allons nous léguer toutes ces informations aux nouvelles générations ? Et peut-être qu'un jour une bombe électromagnétique réduira au néant ces souvenirs.

Il faut imaginer les quantités. 

L'informatique peut coder 256 caractères, c'est à dire largement plus que notre alphabet, sous forme de 0 ou de 1 formant un "octet" (octo = huits chiffres 0 ou 1, en mode binaire, cela fait donc 2x2x2x2x2x2x2x2=256 combinaisons possibles). 

1 mega octet c'est 10  octets, soit un million d'octets (1 000 000 donc 6 zéros). Cest la quantité de données nécessaires pour définir une photo.

Ensuite, on ajoute 3 zéros (on multiplie par 1000) :

Giga 10(un Giga c'est la taille d'un petit film), Tera 1012 (c'est la taille d'une grande bibliothèque comme celle du Congrès des Etats-Unis), Peta 1015, Exa 1018, Zetta 1021, Yotta 1024

L'exabyte est l'unité de mesure retenue par Cisco (cf graphique) pour mesurer le trafic mensuel sur Internet. Avec l'e-mail et les réseaux sociaux, une moitié de l'humanité (accès à Internet) produit en temps réel de plus en plus d'informations : textes, photos, vidéos, etc. Les télécommincations assurent sans problème leur diffusion, mais, en réception, le cerveau humain n'a lui pas du tout évolué. Celui-ci présente des signes de saturation selon les spécialistes de l'économie de l'attention et de régression depuis l'émergence des réseaux sociaux.

Pour traiter toutes ces données, l'intelligence artificielle va peut-être apporter des solutions mais aussi soulever beaucoup de questions d'éthique alors que, dans le même temps, les plateformes digitales prennent le pouvoir sur les Etats affaiblis et endettés . Comment appréhender les conséquences politiques de ces phénomènes ?

(1) statistiques radicati.com et Romain Hennion, Anissa Makhlouf dans Cyber-sécurité, Eyrolles 2008