CULTURE > SPORT

> SPORT

eDans l'antiquité, les Jeux Olympiques honoraient les Dieux. Il n'était pas vraiment question de sport ou d'esprit d'équipe. Le sport moderne, pour le bien-être ou l'esprit de jeu n'existe que depuis le 20ème siècle et puis il ne devient une industrie que dans les années 80 avec l'essor de marques comme Nike, l'arrivée de nouvelles chaines de TV avec le business des droits.

Le sport, devenu une industrie, repousse bien des intellectuels (et pourtant Bernard Pivot adore le football) et pourtant c'est un enjeu majeur : 
- l'homme ne vivra pas en bonne santé sans exercice physique, tel est son destin d'animal encore pour de nombreux millénaires, 
- et le sport se trouve être l'un des phénomènes culturels les plus fédérateurs au monde : on se challenge, on s'affronte dans un bon état d'esprit et même pendant les guerres. 

Les grands sportifs n'ont pas grand chose à dire. Rares sont ceux qui réussissent une seconde vie après un début de carrière souvent très jeune fait au détriment d'études adaptées. La [population] s'identifie facilement, surtout les jeunes, à ces athlètes qui lui rensemble avec le [talent] du champion en plus. Pelé, Michael Jordan, Mohamed Ali ou Carl Lewis ont permis aux personnes de couleurs de commencer à trouver de la fierté. Des sports, très anglais, héritages du commonwealth, comme le foot, le tennis, la formule 1 et le golf émergent des stars : Zidane, Nadal, Schumacher ou Tiger Wood. 

Le sport produit des icones, avec forme de simplicité dans l'expression mais plus dans le mode de vie. Un détail insignifiant en rapport avec le formidable apport qu'il procure : de l'énergie, de l'enthousiasme, de la fraternité auprès de toutes le générations. Seule la civilisation chinoise n'a pas tout à fait encore assimilée cette tendance. Le parti avait choisi une approche élitiste brutale qui consiste à gagner des médailles aux jeux olympiques ce qui change avec la championnat de football devenu professionnel en 1994. 
La machine remplace l'homme, l'homme doit donc faire fonctionner ses muscles autrement et, petit plus, en s'amusant avec des [jeux]. 

 Ce seront les peuples capables de préserver l’art de vivre et de le cultiver de manière plus intense , capables aussi de ne pas se vendre pour assurer leur subsistance , qui seront en mesure de jouir de l’abondance le jour où elle sera là . John Maynard Keynes

SPORT : RARE REUSSITE DE LA MONDIALISATION ?


Le sport existe depuis l'Antiquité puisqu'il existait des Jeux Olympiques en Grèce dès le VIIIème siècle av. J.-C. dans le cadre d'un festival religieux en l'honneur de Zeus Olympien. Ils perdurent pendant plus de mille ans et s'arrêtent en 393 ap. J.-C., peu après l'édit de Théodose ordonnant l'abandon des lieux de cultes de la religion grecque. Du sport, donc mais pas vraiment puisque c'était dans un contexte religieux avec un état d'esprit très différent " la couronne ou la mort" du sport comtemporain.
Deux constats historiques 
Culturellement, le sport semble être très attaché à la culture occidentale : rien de semblable n'est apparu dans d'autres cultures sur la planète. L'Asie connait les arts martiaux, le japon nottament les combats de Sumo, mais rien d'autres de très organisé ailleurs.  
Pendant plusieurs siècles, curieusement, le sport tel que nous le connaissons aujourd'hui n'a pas émergé suite à l'arrêt des jeux olympiques antiques. Certes, la période médiévale a connu l'existence de tournois chevaleresques mais absoluement rien de sportif : ni sports individuels, ni sports collectifs.
Il faut attendre l'angleterre et l'émergence du capitalisme pour aboutir aux prémices du sport comptemporain. 

Origine anglaise
L’analyse des raisons pour lesquelles la genèse des sports modernes se produit précisément entre le XVIIIe et le XIXe siècle en Angleterre a permis de dégager plusieurs approches :
- Autocontrôle de l'agressivité (perspective freudo-marxiste défendue par Jean-Marie Brohm) :  le souci de contrôle des individus apparaît pour l’auteur irrémédiablement lié à l’avènement du capitalisme et de la première révolution industrielle .
Le film Invincible raconte l'histoire étonnante de Zamperini, jeune sportif américain d'origine italienne enrôlé dans l'armée puis fait prisonnier de guerre par un japonais très cruel. Histoire unique : moqué à l'école à cause de son accent italien, son frère l'inscrit d'abord à la boxe pour se défendre puis à l'athlétisme pour canaliser ailleurs son agressivité. Il a participé aux JO de Berlin en 1936. Son dernier tour au 5000 m fût si rapide qu'Hitler a voulu le rencontrer.
- Selon une deuxième approche , (la sociologie figurationnelle dont le chef de file est le sociologue allemand Norbert Elias ) , l’émergence des sports modernes est à mettre en relation avec le contexte politique de l’Angleterre du XVIIIe siècle où apparaît en particulier le parlementarisme . De nouveaux comportements apparaissent avec codification des affrontements dans le cadre d'un processus de civilisation des moeurs de la société dans son ensemble.
- Troisième approche (américain Allen Guttmann), avec les théories de la sociologie compréhensive de Max Weber à la naissance du sport moderne. Les sociétés occidentales deviennent plus rationnelles du fait de la culture protestante (vie quotidienne, rapport au corps).  Ce principe caractérise tout particulièrement l’éthique protestante et puritaine qui devient dominante dans l’Angleterre du XVIIIe siècle et qui préside notamment à l’avènement du capitalisme . Les protestants sont surreprésentés chez les premiers promoteurs du sport .
C'est donc ensuite l'Angleterre qui fera la promotion du sport sur l'ensemble de la planète. En Chine, à la fin du xixe siècle, sous la dynastie Qing, les puissances colonisatrices européennes introduisent le sport (au sens anglo-saxon) dans leurs écoles ou dans les académies militaires. Pour compenser les chinois organisent l'enseignement des arts martiaux traditionnels.

Apparition du sport en France

Le 20 avril 1882 , quelques - uns d’entre eux fondent le Racing Club de France . En réaction , ils sont imités le 13 décembre 1883 par leurs camarades de Saint - Louis , sur la rive gauche , qui créent le Stade français .

C’est notamment le cas de Pierre de Coubertin , un jeune aristocrate qui , dans L’Éducation en Angleterre ( 1888 ) , se positionne comme un ardent défenseur du sport comme moyen d’éducation de la jeunesse .
Pierre Frédy , baron de Coubertin ( 1863 - 1937 ) , est un représentant de cette aristocratie républicaine qui traverse la IIIe République en fondant son action sur les grands principes de la paix sociale et de la prospérité des nations de Frédéric Le Play [ MacAloon , 1981 ; Clastres , 2003 ] . En 1883 , il adhère aux unions de la paix sociale , l’un des mouvements français représentatifs d’un plus vaste courant d’idées en Europe , favorable au pacifisme viril , international , libéral et pédagogique . Formé chez les jésuites , il suit les cours de l’École supérieure des sciences politiques dans les années 1880 et est alors fortement influencé par le modèle éducatif des Public schools britanniques qu’il découvre dans ses lectures puis lors de voyages outre - Manche1 .
Néanmoins , Coubertin est alors loin de faire l’unanimité en France .
En 1907 , la FGSPF est la principale force d’un Comité français interfédéral ( CFI ) qui se dresse contre l’hégémonie de l’USFSA en football . À la veille de la Grande Guerre , elle possède 42 unions régionales pour près de 150 000 adhérents et 1 500 sociétés [ Munoz , 2003 ] . Elle constitue alors , avec l’USGF et l’USFSA , le troisième pilier le plus important des pratiques physiques en France .

Le Tour de France , créé en 1903 par Henri Desgrange , directeur du journal L’Auto , pour concurrencer son rival du Vélo sur fond d’opposition politique au regard de l’affaire Dreyfus , installe définitivement la presse sportive comme l’un des principaux moteurs du spectacle sportif en France . En quelques éditions , « le » Tour s’impose même comme l’un des hauts lieux de la mémoire collective . Un statut que sont loin de posséder alors les Jeux olympiques .



Le sport : une industrie mondiale, les événements les plus médiatiques dans le monde


Notes
Avant la Grande Guerre , de nombreuses fédérations internationales sont ainsi créées sous l’influence directe de Français qui , souvent , en assurent la première présidence tels Robert Guérin pour la Fédération internationale de football association ( FIFA ) fondée en 1904 , Étienne de Zuylen pour la Fédération internationale de l’automobile ( FIA ) en 1904 , Daniel Mérillon pour l’Union internationale des fédérations et associations nationales de tir ( future Fédération internationale de tir sportif – FITS ) en 1907 ou Louis Magnus pour la Ligue internationale de hockey sur glace ( LIGH ) en 1908 . Ils sont aussi très étroitement associés à la création de l’Union cycliste internationale ( UCI ) en 1900 , alors présidée par le Belge Émile de Beukelaer , de la Fédération internationale de natation amateur ( FINA ) en 1908 , présidée par le Britannique George Hearn , de la Fédération internationale d’athlétisme amateur en 1912 ( FIAA ) , présidée par le Suédois Sigfrid Eström , et de la Fédération internationale d’escrime



Bibliographie

La Mano Negra, ces forces obscures qui contrôlent le football mondial, Romain Molina, Editions Hugo Doc 2018

Copyright (c) 2015. Tous droits réservés.
contact : christophe@auger.media