L'industrie est une vision du monde.  Pierre Musso

Préambule

Les entreprises regroupent aujourd'hui des entités très différentes  :

  • les TPE, ce sont les millions de petites entreprises de quelques salariés, parfois auto-entrepreneurs, des professions libérales, etc. Elles sont généralement sous capitalisés, fragiles et très sensibles à la perte d'un client, au défaut de paiement d'un fournisseur, etc.
  • les PME de taille significative : elles regroupes plusieurs dizaines de salariés, exportent peu, ont une culture régionale ou locale et un actionnaire familial parfois accompagné par un fonds d'investissement

Ces deux catégories d'entreprises sont souvent fragiles, paient des impôts et des charges sociales et participent au bon fonctionnement de l'économie d'un pays.

  • les grosses PME exportatrices. Il s'agit de l'équivalent du "Mittelstand" allemand. C'est une catégorie d'entreprises qui se fait de plus en plus rares en France. Elles sont généralement issues de la catégorie des grosses PME, elles ont su grossir à l'exportation et procéder à l'acquisition de concurrents. Elles finissent par se faire rachetées par des grands groupes nationaux ou internationaux, faute de successeurs de capitaines d'industries ou par opportunité financière.
  • les grands groupes, ceux du SBF 250 et surtout du CAC 40 qui sont parmi les leaders mondiaux. Leurs actionnaires, leurs salariés, et leurs clients sont devenus majoritairement étrangers. Ils mènent des politiques d'acquisitions à grand rythme en utilisant l'effet de levier grâce aux banques. Ces acteurs sont confrontés à une compétition internationale, voire à des guerres économiques.
  • les grands groupes à mission publique : ce sont des groupes privatisés mais dont l'importance stratégiques devrait faire en sorte qu'ils soient propriétés de la collectivité : les fabricants d'armes, de médicaments, de l'énergies nucléaire, les autoroutes. Les privatisations sont allées très loin et ce sont dorénavant des acteurs privés qui possèdent le pouvoir face aux Etats.

Dans nos analyses nous faisons bien la différence grâce à typologie car ces entreprises n'ont pas du tout les mêmes problématiques.


La débacle industrielle et le dépouillage de la CGE (Compagnie Générale d'Electricité)

De la formation d'un conglomérat stratégique pour l'industrie française et ses sous-traitants(CGE) à la catastrophe industrielle :  la branche Energie d'Alstom vendue aux américains (2014) et Alcatel fusionné à Lucent (2015) puis vendu à Nokia (2016).

Comprendre les mésaventures de l'ancien fleuron de l'industrie française, c'est revenir sur 100 ans d'histoire industrielle et mettre en lumière des erreurs stratégiques et un enchevêtrement de problématiques géopolitiques, politiques, de carrières, industrielles et financière. Avec le recul, bien sûr, facile de critiquer mais si la pression sur les politiques était mieux exercée, le tissus industriel français, héritage précieux du passé, ne se déliterait pas autant. Les exemples Allemands et Italiens le démontrent.

Le phénomène de "destruction créatrice" va t'il un jour générer de nouvelles Licornes en France, avec des centaines de milliers d'emplois et ainsi compenser la disparition de pans entiers de l'industrie ? La création de petites sociétés de services de proximité ne résoudra pas le déficit de la balance commerciale...

  

A l'origine, une société alsacienne et l'implication des américains 

A l'origine, une société Alsacienne, la SACM (Société Alsacienne de Construction Métallique), active dans l'industrie textile, a partir de laquelle la CGE, créée en 1898, a constitué progressivement le groupe Alcatel-Alstom. 

En 1928, pour constituer "Als-Thom", la SACM s'associe aux américains de General Electric à travers une filiale commune la Compagnie des Compteurs, elle même filiale de CFTH (Compagnie Française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houson dont la création remonte à 1893). A l'époque, aux Etats-Unis, la General Electric venait de se constituer par la fusion d'Edison Light Compagny (Thomas Edison étant l'inventeur de l'électricité) et de Thomson-Houston. Les américains cherchaient à donner des licences en Europe pour développer leurs activités d'éclairage public.


Après une période de stabilité, Alcatel Alstom décole des années 60 aux années 90 : forte croissance tirée par le développement du TGV avec deux branches industrielles unifiées en 1987

Le président de la CGE, Ambroise Roux, polytechnicien, donne des impulsions dès sa nomination en 1967. Comme Ambroise Roux n'était pas n'importe quel Président, il avait les coudées franches pour mettre en oeuvre une stratégie volontariste (création d'Alcatel CIT). Parrain du capitalisme français, puissant lobbyiste fondateur de l'AFEP (1983), conseil du Président Pompidou, il disposait de tous les leviers pour réussir le développement de la CGE. A titre d'anectode, c'était un personnage ambigue, monarchiste, conservateur et adepte d'ésotérisme,  il créa même un laboratoire de recherche en parapsychologie à la CGE, et proche de Jean Jardin.

En 1984, Georges Pébereau, polytechnicien, le frère du patron de la BNP Paribas des années 2000, succède à Roux. Il rapprocha CGE d'Alsthom puis Balladur le fit remplacé par Pierre Suard, encore un autre polytechnicien. En 2009, il publie  "En toute impunité, la scandaleuse destruction d’Alcatel Alsthom". En 1995, il est remplacé par Serge Tchuruk, tout autant polytechnicien que les trois autres, en provenance de Total, devenu patron très contesté jusqu'en 2008, deux après la formation d'Alcatel-Lucent.


1998 : Alcatel et Alstom se séparent . Dès 2003, les problèmes financiers surviennent coté Alstom et ce n'est pas mieux coté Alcatel

Les difficultés de remboursement de la dette ne sont que la conséquences d'autres facteurs survenus pendant la période Tchuruk, comme l'acquisition d'ABB en 1999, la déclaration de la "fin des usines" et la sortie définitive d'Alstom. En fait, il n'aurait pas fallu séparer les deux activités, comme l'on choisi les américains de GE ou les allemands de Siemens. Ne sachant pas se faire seconder et mal à l'aise dans les Télécoms dont les caractérisques n'ont rien à voir avec la Pétrochimie, il a du affronter un environnement de marché très difficile (crise des télécoms aux Etats-Unis).


Dirigeants et politiques ont laissé Alcatel et Alstom s'enfermer dans des impasses stratégiques depuis la fin des années 90

Alstom : si bien des erreurs stratégiques ont été commises, il faut intégrer d'autres paramètres :

- retard structurel technologique par rapport à Siemens qui profite d'opportunité pour récupérer des branches d'activités complémenaires

- l'absence d'un soft power à l'américaine (pas besoin de corrompre avec de l'argent immédiatement, la promesse d'autres avantages futurs suffit) 

- manque de courage politique des dirigeants d'EDF (mandat du Président susceptible d'être renouvelé) et d'Areva et pas de suivi technique du dossier chez les politiques. C'est seuleument en pompier qu'ils se réveillent bien trop tardivement.

Dans un contexte d'absence de commandes de TGV, ces deux défauts obligent Alstom prendre plus de risques à l'exportation et de commettre des actes assimilées à de la corruption. 

Areva : next ? Dans cette histoire, Areva et EDF n'ont pas su s'entendre sur fond de choix industriels contestés* (EPR), 

Rajouter : turbines à gaz et turbines à vapeur

La France reconnait en 2000 la convention de l'OCDE sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers avec 35 pays dont le principe base de ces règlements est l'estra-territorialité.

Sources : wikipedia, rapport Dénécé, Alstom, Scandale d'état de Jean-Michel Quatrepoint


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Ancêtre d'Alstom : la SACM

De l'amont A L'aval

Producteur

Grossiste
Distribution directe
Installateur

Classification par grandes filières ou problématiques semblables.
Producteurs, du BtoB  (avec équipementiers),
1er transformateurs : agro, énergie, chimie au contact de la matière première
Industries de seconde transformation (BtoB)
Industries des biens (BtoB et BtoC)

A coté, les services (transverses : conseil, informatique, intérim

Opérateurs BtoC (logique clientèle de masse),
CAC 40, SBF 250 + sociétés privées significatives et grands concurrents internationaux. 

aeronautique 

Constructeur et équipementiers
Airbus
Safran
Groupe Marcel Dassault

Spatial
Eutelsat
Zodiac Aerospace
SES (Société Européenne de Satellite, exploite Astra)
Latécoère
Boeing

agro business

Danone
Roquette Frères (Amidon) nc
Bonduelle
Bongrain
Bel
Lesaffre (levures)

Restauration
Groupe Le Duff


Lactalis

Sphère coopérative

industries primaires

Air Liquide
Arcelor
Essilor
Solvay
Arkema
Imerys
IMS Group
Carbonne Lorraine 
Eramet
Ciment Français
Groupe Roullier (fertilisants)
Mane (Chimie pour parfums)

energie

Total
Engie
EDF
Areva
Perenco

Equipementiers
Alstom
Technip
Vallourec
CGG (exploration du sous sol pour les pétrolières) 
Maurel & Prom



vins & Spiritueux


Pernod Ricard
Remy Cointrau

Castel Frères
La martiniquaise
EPI
Laurent Perrier
Belvédère
Groupe Frey
Groupe Bernard Magrez

Distribution

Grande Distribution
Casino
Auchan
Carrefour
Louis Delaize

Kering
Edenred


Sonepar BtoB Electrique
Galeries Lafayette

Automobile

Situation contrastée entre fabriquants "assembleurs" et équipementiers 

Renault
PSA

Michelin

Equipementiers
Valeo
Plastic Omnium



Construction BTP

Eiffage
Bouygues
Vinci
Colas
Vicat (ciments)
Altrad
Fayat

Premiers transformateurs
Lafarge 
Saint-Gobain


MEDIAS publicite

Vivendi (Bolloré)
TF1 (Bouygues)
Lagardère SCA (Lagardère)
M6
Publicis
Ipsos
Pathé
AB Groupe
Europacorp


Banques & Assurances

BNPP
CASA
Société Générale
Natixis
Axa

Scor
Bureau Veritas
Euler Hermes
CNP Assurance
NYSE Euronext

Sphère coopérative

telecoms

Opérateurs
Orange
Bouygues Tel
SFR Numéricable (Drahi)
Illiad (Niel)

Equipementiers
Alcatel Lucent

SSII & EDITEURS

SSII :
Atos
Cap Gemini
Altran
Steria

Technicolor

Editeurs
Dassault Système
Thalès
ST Microelectronics
Gemalto
Ingenico
Ubisoft
Cegid

PHARMA

Sanofi
Biomérieux
Yves Rocher nc

Ipsen
Stallergènes
Boiron
Debiopharm Group
Virbac

Biotech
Eurofins Scientific

Novartis


luxe

LVMH

Hermes International
Chanel nc

Dior nc

Longchamp nc

L'Oréal
Clarins nc
Sisley nc (Famille d'Ornano)

environnement

Veolia environnement
Suez environnement
Derichebourg
Saur
JC Decaux

Clientèle : collectivités locales

Immobilier & Hôtellerie

Problématique commune : gérer de l'immobilier (en tant que propriétaire, locataire ou opérateur de services)
Accor
Sodexo
Icade
Club Med
Orpéa
Nexity
Compagnie des Alpes
Eurodisney
Kaufmann Broad
LNC


TRANSPORT

Bourbon
CMA CGM
Louis Dreyfus Armateurs

Air France - KLM
Aéroport de Paris
Eurotunnel
Norbert Dentressengle

Pourraient être classés aéronautique ou immobilier mais les modèles économiques sont trop atypiques.




divers

Alten
Bénéteau
Nicox 

Soitec 
Somfy nc
SEB
Trigano
Sperian protection


industries secondaires

Schneider eletric
Legrand
Nexans
BIC
Rexel
Haulotte Group
Atlantic

Service BtoB

Téléperformance
Neopost
Pagesjaunes (Solocal)
Adecco



Holding

Regroupe des activités de natures différentes avec un horizon plutôt long terme (groupes familiaux) ou courts terme (groupes purement financiers)  :
Bolloré
Wendel
Eurazeo
Fimalac


Foncières

Unibail-Rodamco
Klépierre
Foncière des Régions
Altarea



négoce

Louis Dreyfus
Groupe Mimran
Trafigura

Holding

Bolloré
Wendel
Eurazeo
Fimalac


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