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"Dieu a dit : Je partage en deux, les riches auront de la nourriture, les pauvres de l’appétit" . Coluche

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Quels sont les liens entre richesses et pouvoirs ? Comment se mettent-ils en place ? Les représentants des pouvoirs (Etats-nations et Organisation) peuvent-ils être indépendants des plus riches ou des plus talentueux ? Les liens n'existent pas pas hasard. Ils existent juridiquement. Les pouvoirs sont du ressort des Etats ou d'Entreprises privées : L'Etat contrôle par les lois, les nominations et l'actionnaires ou les dirigeants contrôlent par la détention du capital et des droits de vote. 

Plus un système devient complexe, plus il est difficile de le contrôler y compris pour les plus riches [1]. Alors dans ce cas qui détient vraiment le pouvoir ? Et si personne ne le détient, est ce une bonne nouvelle pour la démocratie ou bien est-ce dangereux ?

Tout ceci résulte de l'histoire de la culture des membres du système. Ce sont donc les liens entre culture & pouvoirs et culture & richesses qui détermineront les possibles.


[1] On pourrait prendre l'exemple d'une grande banque mutualiste dont les représentants régionaux ne peuvent pas vraiment contrôler ce que font les filiales internationales du véhicule coté en bourse qu'elles détiennent.

Richesses & POUVOIRS

Comment l'argent et le monde d'organisation capitaliste font-ils fonctionner les "pouvoirs" à fort imapact sur le fonctionnement de nos Sociétés ? Société, terme très curieusement très ambivalent pour désigner à la fois les Entreprises mais aussi l'organisation du collectif au sein d'un groupe de population.


Quelles sont les intéractions entre Richesses et Pouvoirs ?


L'entreprenariat peut donner du pouvoir et ensuite de la richesse. Qui sont les détenteurs du pouvoir, c'est à dire les propriétaires ou dirigeants des entités (sociétés privés, secteur public ou parapublic) ?


Notion de Dirigeant versus Actionnaire

Déterminer qui détient le pouvoir d'une société privée peut paraître simple de l'extérieur. C'est le dirigeant. Dans le détails, nous avons plusieurs cas possibles de ce qu'on appelle la gourvernance :

Dirigeant salarié : dans ce cas son sort va dépendre complètemetn des actionnaires

Dirigeant salarié actionnaire : dans ce cas, il y a trois variantes  : 

  • actionnaire minoritaire symbolique : pas de pouvoir particulier
  • actionnaire minoritaire associé 
    • à un pacte d'actionnaire avec l'actionnaire majoritaire ou les actionnaires majoritaires ou  : possibilité d'avoir plus de poids
    • dans le cadre d'une société quotée en bourse : possibilité d'avoir le pouvoir si le conseil d'administration le lui permet
  • actionnaire majoritaire : dans ce cas, il dirige vraiment

Définitions théorique car pour diriger il faut bien sûr avoir la capacité de le faire à travers le management et ne pas oublier ses clients dans un contexte concurentiel tendu.

Il faut retenir qu'il est assez difficile d'évaluer le réel pouvoir d'un dirigeant non actionnaire. Dans la réalité, un dirigeant non actionnaire peut véritablement détenir le pouvoir face à un actionnaire faible comme par exemple une famille suite au décès du dirigeant fondateur.

Le droit organise très bien la nature de toutes ces relations. Dans le cas d'entreprises privées, il est logique que la gouvenance ne soit pas explicitée publiquement. Néanmois, dans le cas de sociétés cotées, c'est le cas de la plupart des groupes détenant du pouvoir sur la Société, les obligations de transparences existent.


Pouvoirs privés

Les pouvoirs privés sont détenus par des actionnaires et gérés par des dirigeants qui dans certains sont les fondateurs, sont eux aussi actionnaires minoritaires ou majoritaires. La réussite d'entrepreneurs dans des industries stratégiques leur confère un pouvoir colossal : Microsoft, la firme de Bill Gates, équipe quasiment tous les ordinateurs des sociétés du monde. Le groupe de Serge Dassault décédé en 2018 équipe l'armée de l'air française avec l'un des avions jugé parmi les meilleurs du monde.

Développer avec succès une entreprise, même une multinationale, n'implique pas fortune immédiate telles qu'elles sont présentées dans les classements de magazines comme Challenges, ou Forbes. C'est un peu technique, mais bien souvent, le fondateur ne détient que des parts dans sa société et le salaire accumulé, parfois élevé, de son mandat de dirigeant. Tant qu'il n'a pas vendu, il n'est pas "riche" au sens liquidité. Il ne peut rien s'acheter. []


Pouvoirs publics

Dans le secteur public, le cas des dirigeants des grandes administrations ou des membres du gouvernement s'avère tout aussi ambiguë. Les règles du jeu sont a priori plus transparentes que pour le privée. En pratique, la transparence est assurée par des commissions de déontologie. C'est un enjeu très fort. Les hauts fonctionnaires doivent bien eux aussi rendre des comptes au pouvoir politique. 


Les passages publics / privés et inversement

A chaque changement de pouvoir (législatif et exécutif), les représentants de la haute administration doivent-ils changer ? A priori oui, il est logique que le nouveau pouvoir choisisse lui même ses équipes (on parle ici de 1 000 hauts-fonctionnaires). C'est en tout cas le cas aux Etats-Unis. On parle de Spoil System (système de dépouille), les têtes de l'administration changent à l'arrivée d'un nouveau Président. 

Le problème pour cette élite de l'administration étant ensuite de trouver du travail. En France, pas simple pour un Enarque de 50 ans de trouver quelque chose de prestigieux selon rang. Et comme ce n'est pas simple, grande est la tentation d'agir pendant son mandat en fonction de ses futurs intérêts de carrière qu'ils soient dans le privé ou dans le public. Ne pas trop réglementer tel secteur privé si le hat-fonctionnaire envisage une carrière dans celui-ci, ne pas trop réformer l'Etat si celui ci veut atterir dans une administration attractive. 

Les journaliste se sont très bien emparés de ces problématiques nottament Mediapart. Si les nomminations semblent quand même assez bien encadrées par les commissions de déontologie, il reste des imperfections : ces commissions ont elles les moyens de fonctionner correctement, et cela ne règle pas les problématiques d'influence. Un couple de hauts-fonctionnaires peut-il résister à des conflits d'intérêts.

Si dans l'ensemble, la probité des hauts fonctionnaires n'est pas en doute, les problèmes surviennent à deux endroits :

- quand le secteur public se mèle du privé : c'est l'Etat actionnaire avec l'Agence des Participations de l'Etat

- quand il faut faire des réformes de l'Etat. Les Hauts-fonctionnaires peuvent-ils se réformer eux même ? Pas vraiment, les créateurs de l'Ena n'étaient pas eux mêmes énarques. Selon une courageuse et lucide ancienne : " La plupart de ceux qui intègrent l'ENA sont pourtant enthousiastes à l'idée de mettre la main sur les manettes et de faire bouger les choses. Las, l'école va les convaincre qu'ils ne sont pas là pour changer les choses mais pour gérer le quotidien, éviter des drames et faire au mieux avec le peu de ressources dont dispose l'Etat. Elle n'encourage pas à développer une réflexion critique".  


Trouver des sachants

Si pas de conflits d'intérêts, alors personnes sans intérêts. C'est ainsi que résume Nicolas Bouzou dans un tweet la problématique. 

Difficultés réelles pour les hommes politiques de se recycler ensuite.


Disparation des cultures folkloriques : plutôt la modernisation que la mondialisation selon Mario Vargas Llosa / identité culturelle : artifice dangereux socialement / Mieux vaut répandre sa culture que la vacciner contre l'anglais

Note pour la définition de la culture de TS Eliot


La culture, devenue production de masse / Jean-Marie Domenach Commentaire. C'est ici qu'il faut redire que le chiffre d'affaires de l'édition n'atteint pas la la motié de celui de la nourriture pour chiens et chats ce dont se plaignait en 1989, M. Domenach, un ex Vice Président de la commission des affaires culturelles du VIème plan.




De l'influence mais plus vraiment de pouvoirs ?

Avec la mondialisation, xxxxx et comme le souligne Laurent Alexandre, l'ENA est une école pour les hommes politiques des années 60-70.


Références : 

[] Une des façon de retirer du cash peut-être une introduction en bourse, une opération de LBO lors de laquelle le dirigeant va vendre une petite partie de ses titres. Petite partie car les investisseurs n'accepteront de lui acheter que si le dirigeant reste actionnaire significatif de sa société assurant ainsi un alignement d'intérêt (entre le sien et celui de l'investisseur, tous les deux actionnaires de la Société)


Création de l'ENA 

L'école nationale d'administration (ENA) a été créée par l'ordonnance no 45-2283 du 9 octobre 1945 par le Gouvernement provisoire de la République française, alors présidé par le Général de Gaulle. Cette décision, qui devait profondément bouleverser la structure même de l'administration publique française, avait été préparée par la Mission provisoire de réforme de l'administration, placée auprès du chef du gouvernement et dirigée par Maurice Thorez, vice-président du Conseil et secrétaire général du Parti communiste français. Après la démission du Général de Gaulle de la présidence du Conseil le 20 janvier 1946, c'est Maurice Thorez qui va réussir à mener à bien la réforme administrative et l'élaboration du statut de la fonction publique, en se préoccupant d'assurer d'abord la naissance de l'école nationale d'administration créée avant son entrée au Conseil. Michel Debré, maître des requêtes au Conseil d'État et commissaire de la République à Angers, animait cette mission de création de l'école. Il a assuré provisoirement la direction de l'école.


Pour Claude Pennetier, « Maurice Thorez reste avec Palmiro Togliatti une des grandes figures du communisme en Europe occidentale, celle d'un ouvrier devenu dirigeant d'un des plus grands partis de France. L'influence controversée de cet homme sur la vie politique française n'a pas fini d'alimenter la réflexion »2. Pour expliquer le destin de Thorez, Claude Pennetier met en avant « d'incontestables qualités de base : clarté dans l'expression, sens de la synthèse, comportement populaire (le goût de la chanson en fin de banquet) mais aussi un art de s'adapter aux différents milieux qui devait faire l'admiration de la classe politique. Thorez avait surtout une grande intelligence des situations politiques qui lui permettait de tirer le meilleur parti des situations, quitte à soutenir des positions qu'il avait d'abord combattues ».


[] Interview, Adeline Balddachino, Télérama, Octobre 2015


MEDIAS ET MANIPULATIONS

09/08/16 - Témoignage d'un ancien de la DGSE (Eric Filiol). Intégralité sur youtube ici :
https://www.youtube.com/watch?v=fmgxfvbAMK8 (Thinkerview)
Conversations sur la géopolitique du Moyen-Orient. Critique des néoconservateurs américains.


Invités : 
Pierre Conesa, est un haut fonctionnaire (ex directeur adjoint de la délégation des Affaires stratégiques au Ministère de la Défense) et écrivain français.


Hervé Brusini est un journaliste français. Il a dirigé le service des informations générales de l'ancienne Antenne 2 devenue France 2 et a aussi été directeur délégué à l’information de France 3 (2004-2008).

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