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Interrogé sur la délicate question des gaz de schiste lors des questions d'actualité à l'Assemblée Nationale en 2011, François Fillon,le premier ministre a alors parlé de « l'exploitation des gaz de shit » avant de se reprendre amusant ainsi l'hémicyle [1]. Pourtant rien n'est aussi sérieux que l'énergie car sans elle rien ne peut se faire. L'énergie provient du soleil et doit être récupérée d'une manière ou d'une autre (biomasse par la photosynthèse, vent par les écarts de températeures etc).  Bref tout vient de la biosphère, même les sédiments à l'origine du pétrole ou des gaz, et de l'influence du soleil sauf l'uranium de centrales nucléaires. 

Le plus stratégique des pouvoirs, c'est surtout maîtriser une source d'énergie fiable et durable à moindre coût en pouvant l'acheminer à l'endroit souhaité. 

L'essor incroyable technologique depuis le 18ème siècle n'aurait pas pu se faire sans énergie. 
Une telle importance est bien la raison pour laquelle des guerres surviennent sur les tracés des oléoducs. 

Certains écrivains insistent aussi sur le rôle de l'énergie dans les origines de la première guerre mondiale. La course pour arrêter les allemands en train de construire le chemin de fer vers Bagdad. Il ya eu aussi l'épisode de la guerre de l'eau lourde en scandinavie pendant la deuxième guerre mondiale. Eau lourde ou oxyde de deutérium utilisée comme ralentisseur dans la production d'énergie nucléaire.
L'énergie est indispensable pour faire tourner le système de télécommunication, et de [transports].

[1] et oui c'est vrai

Intéractions matières premières & énergie avec les richesses & pouvoirs

Ménages : utilisateurs directs et indirect (après transformation),

les moins riches d'entre eux les exploitent oui en sont propriétaires (petits exploitants, pêcheurs)
les plus riches détiennent les moyens de productions (terres, machines) ainsi que les canaux de distribution (courtiers, réseaux de vente, etc

Etats : considérés comme régulateurs

Immobilier : dépendance indirecte à travers la construction (coûts de construction) et de valeur refuge en cas de défiance sur des actifs financiers.

Entreprises :
Producteurs : en tant qu'industries de transformation, la situation des matières première conditionne la santé des entreprises. Le poste "achat" des entreprises de transformation primaires dépends de leur prix.
Distributeurs : 

Banques : elles permettent aux exportateurs de se couvrir.

Marchés Financiers : ils permettent aux exportateurs de se couvrir et d'organiser les circuits de distribution

Taux :

Devises : la vente de matières première doit être libellée dans une devise. Le hégémonie du dollar persite malgré quelques tentatives de pays du moyen-orient de libeller leurs ventes de pétrole en euros.

Les matières premières peuvent être segmentées de plusieurs manières. En termes de débouchés, il y en a trois :
- l'énergie (électricité et transports)
- la fabrication de biens (métaux, caoutchouc) 
- l'alimentation (consommation directe ou via des industries de transformation)


Evolution du cours du pétrole - prix d'un baril en dollars US

Des prix dépendants de nombreux paramètres

De nombreux facteurs techniques et économiques expliquent les fluctuations du prix du baril de pétrole (source : Direction de la Stratégie et de l'évaluation des risques de Total) :

  • le manque de capacités de production et de raffinage,
  • la croissance de la demande, dépendante des cours du dollar, de la croissance démographique mondiale et de l'émergence de nouveaux pays industrialisés,
  • alternatives énergétiques limitées,
  • l'intérêt des investisseurs et la spéculation.

Augmentation des prix de 2 000 à 2008
Les variations significatives enregistrées entre 2003 et début 2008 résultent principalement des anticipations optimistes de croissance mondiale mais ne proviennent pas de l'augmentation de la demande de pétrole dont la croissance a tendance à ralentir depuis 2004 (Rapport CNUCED et Institut Français du Pétrole, rapport de novembre 2008).
En revanche, l'évolution récente des cours du baril depuis l'été 2008 reflète l'impact de certains capitaux spéculatifs sur les marchés à termes qui ont une influence dans la formation des prix spots et d'incertitudes sur le niveau d'offre en raison de crises latentes (Iran, Irak, etc).
Il est avéré que le nombre de traders intervenants sur les marchés à terme de Crude Oil appartenant à des Hedge Funds a triplé entre février 2004 et juillet 2007. Ils représentaient environ 40% de l'ensemble des traders agrées à fin 2008 selon les statistiques du CFTC (Commodity Futures Trading Commission).

Evolution de la demande mondiale de pétrole

Le prix du baril de pétrole subit régulièrement l'influence d'événements ponctuels :

  • au niveau géopolitique : guerre en Irak, programme nucléaire en Iran, mouvement séparatiste au Nigeria, étatisation en Amérique Latine, etc
  • au niveau climatique : la saison des ouragans dans le golfe du Mexique

C'est à partir des années 70 que la volatilité du prix du baril de pétrole s'amplifie : la fin de la convertibilité du dollar en or (1973), la Guerre du Kippour (1973) puis la révolution iranienne (1979) en sont les principaux faits générateurs (source : CNUCED ).

La demande de pétrole mondiale était en diminution depuis plusieurs années avant la crise de 2008 : l'essor de l'industrie asiatique ne compense pas la diminution de la demande dans les pays industrialisés qui se réorganisent afin de réduire leur dépendance. La hausse du prix du baril est donc induite par un mix d'opérations de spéculation mais aussi de rareté de l'offre, orchestré par l'OPEP et ponctuellement accentué par des crises géopolitiques (Niger, Irak) dans les pays producteurs.

Le pétrole

C'est l'industrie des matières premières la plus stratégique et la plus développée :  son chiffre d'affaires représente 10 fois celui de tout autre industrie. Plusieurs centaines de milliers de produits contiennent des substances dérivées du pétrole.

Origine : formation organique (et non minérale) il y a plus d'un milliard d'années au moment ou la vie cellulaire complexe apparaissait dans les mers à une époque ou le climat sur terre était beaucoup plus chaud et humide.

Les hydrocarbures proviennent de la décomposition de minuscules organismes marins (plancton, etc). En comparaison, le charbon provient de la décomposition de matières terrestres (bois, feuilles, graines).
Ces organismes ont pu survivre grâce à l'absence d'oxygène, probablement favorisé par l'effet de serre de l'époque selon des paléo-climatologues. Cette couche de matière organique (kérogène) est ensuite "cuite"  naturellement sous terre (2 à 10 km de profondeur entre 50 et 300 °C pour donner naissance à du pétrole brut. Certaines molécules de carbone de celui-ci s'associent à de l'hydrogène et deviennent de plus petites molécules d'hydrocarbures (plusieurs degrés de viscosité et même au delà de 5 molécules de carbones par molécule, on obtient du gaz du narturel). 

Les premiers gisements utilisés par l'Homme remonte à l'Antiquité. On trouvait des temples établis autour de "jets de feu" situés aux bords de mer Caspienne. Les fidèles du Zoroastrisme en Perse, près de la moitié de l'humanité de 100 millions d'individus à l'époque, utilisaient ces lieux de culte. 

Il faut plutôt parler de pétrole(s) au pluriel car il en exite plusieurs variétés et ensuite plusieurs familles de derivés du pétrole. On parle alors d'industrie parachimique à partir du nafta.Sous haute préssion, plusieurs variétés sont obtenues : hydrocarbures napthéniques, forméniques, ou asphaltiques, qui donnent des alcanes (méthane, éthane, propane, butane, etc) à partir desquels la chimie permet d'obtenir des composés chimiques saturés, insaturés, cycliques, aromatiques etc. A COMPLETER 518

La fililière parachimie regorge de sous-filières avec de nombreuses applications comme le plastique. Exemple avec le PVC souple. 

Une grande partie s’effectuant par voie maritime ( quarante millions de barils / jour ) , on comprend mieux pourquoi la flotte américaine est déployée sur toutes les mers du globe , et notamment à proximité des points de passage sensibles ( détroit d’Ormuz , détroit de Malacca , canal de Suez , etc

Notes

lundi 19 septembre 2011, 23:40

Rhodium
Platine

Les plus chers après l'or

Or : réserves us 8 133, 5 soit huit fois la production annuelle
Spdr gold trust géré par la société State Street représente 68.7 mds usd - 41,2 millions d'onces soit 1 281.8 t d or - 2,5 prod annuelle

Transaction or au 4/8 200 t
Record 1981 avec 276 t
Chinois et Indiens = 58% de la demande d'or physique en 2011

http://blogs.mediapart.fr/blog/laurie-fachaux/240712/le-chili-vend-son-lithium

Liens entre prix du pétrole et taux de change du dollar

Beaucoup d’observateurs avancent l’idée suivante : la hausse du prix du pétrole est une conséquence du recul du dollar, les investisseurs se protégeant contre la baisse du dollar en investissant en pétrole (en matières premières d’une manière plus générale).

On peut aussi supposer que les exportateurs de pétrole différencient leurs revenus en d’autres devises.
Mais on peut aussi penser que la hausse du prix du pétrole et la baisse du dollar ne sont pas directement liées, et sont les deux conséquences d’une cause commune qui est le retrait des investisseurs depuis les marchés d’actifs complexes (ABS) aux Etats-Unis.

Dans d’autres circonstances, on pourrait alors avoir une corrélation différente entre le dollar et le prix du pétrole, due par exemple à des effets de demande de transaction de dollar ou à des effets cycliques, et on ne pourrait pas s’appuyer sur l’idée d’une corrélation stable.

Une étude de Patrick Artus, Natixis du 17 mars 2008

Histoire du pétrole

Standard Oil Company (1870-1911) de M. Rockfeller.
Démentelée en trois : SO of New Jersey (Exxon), SO of NY (Mobil) et SO of California (Chevron) qui elle même a rachetée Gulf (1985) et Texaco (2000).
Avec Royakl Dutch Schell (1907), Anglo Persian (1909 devenue BP en 1945), ces sociétés formaient les "7 soeurs".
La Compagnie Française des Pétroles (CFP) fondée en 1927 devient Total en 1985 puis rachète Elf en 1999. 
Condoleezza Rice a été cadre dirigeante chez Chevron Texaco pendant de nombreuses années avant de rejoindre l'adminisatration de George Bush Jr.

À lui seul , le business lié au pétrole représentait environ 5 % du PIB mondial , soit plus ou moins deux mille cinq cents milliards de dollars … Mais la clef de l’enjeu ne résidait pas seulement dans ce colossal volume . C’est la valeur ajoutée qui expliquait tout . Extraire , transporter , raffiner et distribuer le pétrole , partout dans le monde coûtait moins de mille milliards de dollars ! La différence ? De la marge pure que se partageaient les pays producteurs et les pays consommateurs au travers des royalties , des impôts et des taxes .

Les guerres du gaz et des tubes (pipelines)

Pays consommateurs à l'Ouest et pays producteurs à Est (sauf Norvège au Nord et Algérie au Sud). 

Le principal producteur, la Russie, alimente l'Europe à travers deux zones de pipelines (Nordstream qui passe sous la mer Baltique pour rejoindre l'Allemagne) et l'Ukraine.

La Russie dont le PIB est relativement faible (celui de l'Espagne ou des Pays-Bas) est très dépendante de sa capacité à bien vendre (facilité et prix) et se positionne contre toute initiative qui permettrait à l'Europe de trouver une alternative en faisant venir du gaz d'Iran (pas difficile puisque blackisté par les Etats-Unis) et du Qatar. 

Pour les Russes il est indispensable que l'Ukraine laisse passer son Gaz ce qui est devenu compliqué depuis la Révolution Orange. Une autre voie possible est la Turquie via la Mer Noire d'où la signature d'un accord entre Poutine et Erdogan à l'été 2016 pour Turk Stream.

Les Européens soutenus par les américains ont envisagé une autre possibilité en passant par la Turquie, le projet Nabucco. La Turquie est donc l'objet de tiraillement entre membres de l'OTAN dont elle fait partie et Russie. L'opposition Russe au projet se manifeste aussi par le refus de Bachar El Assad de laisser passer le pipeline en provenance du Qatar. L'Arabie Saoudite étant partagée car rivale du Qatar mais alliée à la Turquie.

L'abandon de projet européen South Stream (des entreprises italiennes avaient même déjà avancer les travaux pour les Russes) illustre bien les difficultés à mener de tels projets : stabilité des partenaires, coûts techniques, risques de sabotages. Raisons pour lesquelles le projet Nabucco devait être difficile à monter.

Peu d'informations précises sur les tracés sont accessibles. Elles relèvent d'études privées ou de secrets d'Etat.

Une théorie pourrait être que les Français, l'OTAN, avec la Turquie et les Qatari étaient favorables à un projet Nabucco. Pour cela ils laissaient le champ libre à des opérations de destabilisation menées contre la Syrie par des groupes rebelles/terroristes. Ces mêmes opérations étant déjouées de plus en plus par les Russes. La Turquie a probablement du changer de camp l'été 2016 (coup d'état fein ou tentative de coup d'état), les américains étant visiblement très maladroits dans les manoeuvres au Moyen-Orient (fin de mandat du mauvais Obama). Enfin les rebelles/terroristes (qui sont-ils vraiement ? des islamistes ou mercenaires) se sont possiblement retournés contre leurs commandaires via des actions terroristes en Europe et en Turquie.

Enfin pour terminer sur la géopolitique énergétique, il faut s'intéresser aussi au prétole et donc aux oléoducs. Il est tout à fait possible que les soutiens Français, Anglais, Américains mais aussi Hollandais à l'Arabie Saoudite ne sont motivés que pour des raisons énergétique. Le Yémen permettrait de sortir le pétrole d'Arabie Saoudite en contournant le détroit d'Ormuz (et donc le risque d'un blocage provoqué par l'Iran).

Quelques dates

Octobre 2012 :
Coup d'arrêt au super cycle des matières premières (indice CIBC) en raison du ralentissement de la croissance chinoise. Le cours du nickel (métal du diable) baisse de 30% (en raison de la diminution de la production d'acier inoxydable qui représente 2/3 de ses débouchés). En Afrique du Sud 12 000 mineurs sont licenciés et 100 000 mineurs se mettent en grève.

Les grands de l'énergie entre en crise à cause de la baisse de la consommation, de la hausse des exportations de charbon américains qui sont délaissés au profit des gaz de schistes ainsi que des décisions politiques de sortie de l'énergie nucléaire et du développement des énergies renouvelables. La consommation de charbon va donc dépasser celle du pétrole. Les techniques de captage de CO2 ne seraient pas matures. En France 15 centrales a charbon (dont la construction est antérieure à 1975) ont été fermées soit 50% du parc.

L'essor des gaz de schiste fait baisser le cours de l'éthylène aux Etats-Unis ce qui rend l'industrie chimique européenne non compétitive (prix de l'éthylène supériers de 30% à 50%).

La capacité de raffinage européenne s'élève à 1,7 millions de barils jours selon l'Union Française des Industries Pétrolières. La marge de raffinage tourne autour des 34 € par tonne. En France le nombre de raffineries est passzé de 12 à 8 sites depuis 2009. Capacités : 69 millions de tonnes par an.

Juin 2013 
Poursuite des baisses de cours des matières premières. La demande diminue au moment où l'offre augmente suite à de nombreux investissements entrainants des surcapacités. Le cours du caoutchouc a chuté de 60% depuis sont pic historique de février 2011.

Les chiffres et prévisions sur les gaz de schiste sont fragiles et peu fiables.

Production d'Uranium : avec 8000 tonnes par an, Areva détient 15% de part de marché, deuxième dernière KazatomProm. Le marché est estimé à 100 000 tonnes vers 2030.

Octobre Novembre 2013
Le marché de l'or représente un chiffre d'affaires de l'ordre de 210 milliards de dollars : 78 pour la production (sociétés minières), 25 pour le recyclage et 100 au niveau de la distribution (70 bijouterie, 38 pièces et lingots et 4 pour les terchnologies).

5 banques privées déterminent le cours de l'or sous le contrôle de la London Bullion Market Association : Scotia Bank, Barclays, Société Générale, Deutsche Bank, et HSBC.

Janvier Février 2014
Les principaux opérateurs : Glencore, Cargill, Vitol, Trafigura, Mercuria et Louis Dreyfuss Commodities.
Selon les Echos, 250 milliards de dollars de profits en 10 ans.
Un marché annuel de 38 milliards de dollars.
Métiers : trader, entrepôts, champs.
Entrées en 2008, les grandes banques sortent dont JP Morgan (Blythe Masters) sauf Goldman Sach et Maquaries.

 Mars 2014
90% de l'énergie produite dans le monde provient de l'eau ? 3,5 milliards d'habitants n'ont pas un accès satisfaisant à l'eau.

Novembre 2014
Or : le bas de laine des français serait estimé à 3000 tonnes soit 90 milliards de dollars.
Oléoduc géant : Keystone X2 reliant le Canada au Mexique.

Le Gaz en Europe : la guerre de l'énergie


Depuis le coup d’État manqué du 15 juillet 2016 à Ankara, des piliers entiers de la politique européenne vacillent. L’accord sur les migrants, conclu en début d’année, est mis à mal. Ce n’est pas le seul : une bonne partie de la politique énergétique de l’UE, qui misait sur la Turquie pour contourner la Russie et accéder à d’autres gisements de matières premières en Asie et au Moyen-Orient, pourrait être fragilisée.

Les russes essaieraient t-ils de « remplacer » l’Ukraine par la Turquie, pour obtenir de nouveaux accès au marché européen ?

Le gaz représente le quart environ du mix énergétique des 28 (c’est-à-dire de toutes les sources énergétiques ensuite utilisées dans l’UE pour produire de l’énergie). Et un peu plus du tiers de ce gaz européen est importé de Russie, même si les différences, d’un État à l’autre, sont colossales (avec certains pays, comme les États baltes, dépendants à 100 %, ou la Pologne à 80 %). Depuis la fin des années 2000, Bruxelles ne cesse de vouloir diversifier ses approvisionnements en gaz, à travers la constitution d’une « union de l’énergie ». La crise ukrainienne de 2014 a encore renforcé cette priorité.

La construction d’un gazoduc entre la Russie et la Turquie pourrait donc ouvrir un nouveau canal d’acheminement vers l’UE, là où South Stream n’y était pas parvenu. Cette hypothèse ressurgit alors que Moscou négocie déjà avec Berlin la construction d’un autre gazoduc en mer Baltique, Nord Stream 2, malgré la vive opposition de nombreuses capitales à l’Est, dont Varsovie. Si Nord Stream 2 aboutit, l’UE importerait alors, non plus 35 %, mais 60 % du gaz qu’elle consomme à la Russie, selon les prévisions de certains experts.

Depuis le départ, la commission de Bruxelles doute de la viabilité du TurkStream. En partie pour des raisons techniques, liées à la profondeur de la mer Noire. Mais surtout parce que ce chantier pourrait faire de l’ombre à la priorité absolue du Slovaque Maros Sefcovic, le commissaire européen à l’« union de l’énergie » : le Corridor gazier sud-européen (Southern Gas Corridor, SGC), assemblage de trois gazoducs sur plus de 3 500 kilomètres qui doit acheminer le gaz de la Caspienne jusqu’aux Pouilles italiennes, à horizon 2020 dont le fameux TANAP traversant la Turquie et le TAP (Albanie-Italie) qui lui pourrait de toute façon servir aux Russes. Principal intérêt de ce chantier controversé, chiffré à 40 milliards d’euros : il évite la Russie.

Raison gardée
Les gazoducs déjà en place, pour acheminer du gaz depuis la Russie, la Norvège, la Libye et l’Algérie, n’étaient utilisés en 2015 qu’à 58 % de leurs capacités. À comparer avec des réserves de gaz à travers l’Europe qui, elles, sont remplies à 82 %. Surtout, la construction de ces nouvelles infrastructures est totalement contradictoire avec les engagements pris, notamment par l’UE à la Cop 21 de Paris, de « décarboniser » les économies européennes.

Le projet alternatif (gaz du Qatar) soutenu par les Français et les américains s'avère probablement à l'origine des conflits en Syrie. La réaction des russes étant vraissemblablement à l'origine de nombreux événéments curieux des années 2015-2016 (accidant du patron de Total, etc)

Matières premières

Substitution au Silicium pour les panneaux solaires

Nord Stream

Le gazoduc Nord Stream relie le port russe de Vyborg au port allemand de Greifswald sous la mer Baltique. Le système comprendra deux pipelines d'une longueur de 1.220 km et d'une capacité annuelle de 27,5 milliards de m³ de gaz chacun. La première conduite a été inaugurée le 8 novembre 2011 à Lubmin, en Allemagne. La deuxième canalisation entrera en service en 2012. 

Les actionnaires de la société Nord Stream AG sont le russe Gazprom (51% du capital), les allemands Wintershall Holding et  E.ON Ruhrgas (15,5% chacun), le français GDF Suez (9%) et le néerlandais Gasunie (9%)

Ce gazoduc permet d'alimenter l'Europe tout en évitant des territoires compliqués comme l'Ukraine.
 

Nord Stream 2 

Nord Stream est entré en fonction en 2011. Il permet d’acheminer 55 milliards de m3 de gaz russe vers l’Allemagne, lorsqu’il fonctionne à pleine capacité. Et il est l’épine dorsale d’une coopération économique étroite entre l’Allemagne et la Russie, initiée au début des années 2000.

Dix pays s’opposent au projet

Le Nord Stream 2 devrait permettre d’acheminer 55 milliards de mètres cubes supplémentaires. Il est porté par un consortium conduit par Gazprom, qui a 50 % des parts, ainsi que de grosses compagnies gazières ouest européennes, partenaires de longue dates du géant russe (Engie, E. on, Wintershall, OMV et Shell).

En doublant les capacités de ce gazoduc, l’Allemagne va accroître sa dépendance au gaz russe, elle va affaiblir les pays d’Europe centrale qui servent aujourd’hui de pays de transit (et touchent des royalties pour cela) et elle va envoyer également un mauvais signal politique à la Russie, estiment plusieurs pays d’Europe centrale. Ils ont décidé pour cela de s’opposer au projet.

Le 26 novembre 2015, la Pologne, les Pays Baltes, la République tchèque, la Hongrie, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie ont envoyé une lettre commune à la commission européenne pour demander que le projet Nord Stream 2 soit mis au menu des discussions du sommet européen.

Plus surprenant encore, l’Italie s’est joint à cette fronde. Elle n’a pas apprécié que l’Europe ait bloqué il y a deux ans un projet concurrent, le South Stream, dont elle était partenaire. Ce gazoduc passait sous la Mer Noire pour desservir la Bulgarie, la Grèce et l’Italie.

Les États-Unis ont également critiqué ce projet. Mais le patron de Gazprom Alexeï Miller, a multiplié les visites dans les capitales d’Europe de l’ouest pour convaincre de l’intérêt du projet. En l’espace de quelques mois, il a ainsi été reçu deux fois à l’Élysée par le secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Pierre Jouyet, le 22 octobre puis le 2 décembre, pour demander le soutien de la France à ce projet.

 

South Stream

Le projet de gazoduc South Stream, promu depuis 2007 par le russe Gazprom et l'italien Eni, devait relier la Russie à l'Europe centrale et méridionale sous les mers Noire et Adriatique et réduire la dépendance des acheteurs et fournisseurs de gaz envers les pays de transit, dont l'Ukraine et la Turquie. La Russie a renoncé au projet South Stream début décembre 2014 en raison de la "position hostile de l'Union européenne".

Long de 3 600 kilomètres et alimenté par du gaz de Sibérie, ce pipeline contournant l’Ukraine devait fournir jusqu’à 63 milliards de mètres cubes par an aux pays européens grâce à deux branches, l’une vers l’Autriche, l’autre vers les Balkans et l’Italie. Outre Gazprom (50 %), plusieurs groupes d’énergie étaient associés, notamment au chantier du tronçon sous-marin dont le coût était estimé à 10 milliards d’euros (sur un total de 17 milliards d’euros) : la compagnie pétrolière italienne ENI à l’origine du projet (20 %), l’électricien français EDF (15 %) et l’allemand Wintershall (15 %), filiale du groupe chimique BASF.

Lancé par Vladimir Poutine dès 2007 avec le soutien de son « ami » italien Silvio Berlusconi, South Stream devait entrer en service en 2016 et atteindre sa pleine capacité en 2018. Dès le départ, il s’agissait d’un projet très politique puisqu’il avait été conçu pour dissuader l’UE de mener à bien son propre projet.

Les raisons de l’abandon

M. Poutine a justifié l’arrêt de South Stream par l’opposition de l’Union européenne (UE) au passage du gazoduc sur le territoire de ses Etats membres, notamment la Bulgarie. Au cours de l’été, Bruxelles avait en effet exercé de fortes pressions sur Sofia pour qu’il renonce aux premiers travaux sur le gazoduc débouchant de la Mer noire. Ce renoncement russe est le dernier avatar de la crise opposant Moscou aux capitales occidentales autour de l’avenir de l’Ukraine.
Moscou et Ankara ont d’ailleurs signé en 2014,  un accord pour la construction d’un nouveau « tuyau » reliant les deux pays sous la Mer noire et la fourniture de gaz (avec une ristourne de 6 %). Ce texte renforce les liens énergétiques (pétrole, gaz, nucléaire) entre la Russie et la Turquie, deuxième client de Gazprom derrière l’Allemagne.

L’accord russo-turc fait suite à la signature, sous les auspices de M. Poutine et du président chinois Xi Jinping, d’un contrat entre Gazprom et la China National Petroleum Corp. (CNPC) pour la livraison de 38 milliards de m3 de gaz russe par an durant trois décennies. Montant estimé : 400 milliards de dollars. Ce gaz proviendra toutefois des gisements de Sibérie orientale et n’était pas destiné à l’Europe, trop lointaine.


Nabucco Pipeline

Le projet initial Nabucco était un gazoduc reliant l'Iran et les pays de la Transcaucasie à l'Europe centrale. 

Soutenu par l'Union européenne (UE), il permettrait de diversifier les sources d'approvisionnement énergétique de l'Europe.

D'une longueur de 3300 km, il aurait une capacité maximale de 31 milliards de mètres cubes de gaz. 

Sa position au cœur de la Turquie permet au gazoduc d'être éventuellement relié, à terme, aux réseaux de transport syrien et surtout irakien.

Un accord intergouvernemental entre la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche a été signé le 13 juillet 2009.

Nabucco est en concurrence directe avec le projet South Stream

En décembre 2011, la Turquie et l'Azerbaïdjan annoncent simultanément la mise en place du gazoduc transanatolien, qui absorbera le gaz de Shah Deniz, initialement envisagé pour Nabucco et d'autre part la Russie et la Turquie annoncent un accord sur la traversée des eaux territoriales turques par South Stream, rendant la construction de Nabucco peu probable.

Nabucco West est un projet de gazoduc reliant la frontière turco-bulgare à l'Autriche. L'objectif du projet est d'acheminer vers l'Europe les ressources gazières du gissement de Shah Deniz 2, situe en Azerbaïdjan. .

Le projet Nabucco est soutenu par l'Union européenne et les États-Unis.

Un des objectifs du projet est de mieux relier l'Union européenne aux sources de gaz naturel de la mer Caspienne et des régions du Moyen-Orient. Un autre but est de diversifier ses approvisionnements énergétiques actuels ainsi que les itinéraires de livraison pour l'Europe, réduisant ainsi la dépendance européenne à l'énergie russe.Les différends du gaz entre la Russie et l'Ukraine ont été l'un des facteurs à l'origine de la recherche de fournisseurs et itinéraires alternatifs.

Par ailleurs, selon la Commission européenne, la demande européenne de gaz devrait passer de 502 milliards de mètres cubes en 2005 à 815 milliards de mètres cubes en 2030, ce qui signifierait que la seule Russie ne serait pas en mesure de répondre à la demande.

Le projet est développé par la société Nabucco Gas Pipeline International GmbH11, fondée en 2004 à Vienne.

La direction de l'entreprise est assurée par Reinhard Mitschek, issu de la firme autrichienne OMV. Il a été développé . Six compagnies énergétiques soutiennent ce projet alors qu'elles ne participent pas au remplissage du gazoduc. Les principaux actionnaires en sont:

OMV (Autriche)
MOL (Hongrie)
Transgaz (Roumanie)
Bulgarian Energy Holding (Bulgarie)
BOTAŞ (Turquie)

Initialement, chacun des actionnaires détenait 16,67 % des parts de la société.

Gaz de France était intéressé pour prendre une participation dans le gazoduc mais le gouvernement turc l'en a écartée en réponse à la reconnaissance par l'État français du génocide arménien. Néanmoins, à la faveur de l'année de la Turquie en France et la venue du président turc, Abdullah Gül, les autorités turques ne sont plus opposées dans le principe à la participation du groupe français GDF Suez au projet.

En 2010, la concurrence de Nord Stream et South Stream, et la dépression économique font que les clients de ce gazoduc ne sont toujours pas identifiés ; l'appel d'offres auprès des clients aurait dû se dérouler entre juillet et octobre, pour une décision en décembre 2010. En octobre 2010, l'un des actionnaires repousse le projet d'un an, en déclarant qu'aucune décision ne sera prise avant 2011.

Avec du gaz naturel abondant dans différentes régions du globe, et des difficultés économiques en Europe de l'Ouest, l'avenir de ce projet est incertain. En mai 2011, le projet est à nouveau reporté de deux ans.

Le groupe industriel français GDF Suez a annoncé le 28 mai 2013 avoir conclu un accord avec l’autrichien OMV pour reprendre 9 % de sa participation dans le gazoduc Nabucco West. OMV a racheté la participation de l’allemand RWE en avril 2013.

À l'origine, le tracé prévu en 2002 devait relier les pays consommateurs européens à l'Iran, la deuxième réserve mondiale de gaz après la Russie. Le pipeline devait s'étendre sur 3300 km en passant par les principaux pays promoteurs qui pouvaient ensuite faire le lien avec l'Europe de l'Ouest.

Le projet Nabucco ayant gagné en importance politique depuis la crise entre la Russie et l'Ukraine de 2006, le tracé a lui aussi connu un changement majeur et paradoxal. Les Européens et les Américains qui ont eu l'idée de la diversification des importations ont vu en l'Iran et sa capitale une image négative à propos de son programme nucléaire et de son instabilité. La principale source de fourniture en gaz du gazoduc est alors écartée du projet temporairement et n'est considérée que comme un fournisseur potentiel. Ce sont alors les pays limitrophes de la mer Caspienne qui sont un enjeu majeur pour le projet Nabucco, on peut citer l'Azerbaïdjan et le Turkménistan. Mais l'Union européenne compte aussi sur les pays du Proche et Moyen-Orient pour augmenter les volumes de gaz dans le pipeline, avec la potentielle participation de l'Irak et de l'Égypte. Ces deux catégories de pays possèdent à eux tous des ressources en gaz comparables à celles de la Russie mais avec l'avantage de proximité géographique qui est intéressante pour l'Europe.

Avec ces changements, le coût et l'étendue du gazoduc Nabucco s'élèvent, le prix est supérieur à 8 milliards d'euros avec un pipeline de plus de 3800 kilomètres, il se pose alors le problème de sa réalisation car l'incertitude est très présente au sein du projet et il manque d'investisseurs. Quoi qu'il en soit, le tracé n'évolue que du côté des fournisseurs, la position des promoteurs et des clients du gazoduc Nabucco n'a pour le moment pas bougé et concerne toujours un passage de 2000 kilomètres par le nœud central qu'est le territoire de la Turquie, pour ensuite traverser la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l'Autriche. Le point final de la plate-forme de distribution serait basé en Autriche à Baumgarten pour rejoindre ensuite le réseau d'Europe centrale et de l'ouest.

La signature de l'accord intergouvernemental du 13 juillet 2009. La Commission européenne est à l'origine de cet événement qui doit assurer une meilleure stabilité du projet. C'est cet accord qui marque le véritable développement de Nabucco. D'après le président de la Commission européenne, M. Barroso, présent lors de la signature, l'accord, montre que ce projet est prêt à devenir une réalité aussi vite que possible.

Cet accord signé à Ankara, la capitale de la Turquie, concerne les cinq pays où sera installé le gazoduc et s'appuie sur leur accord politique mais aussi leur acceptation d'adopter des règles communes afin de définir un cadre juridique unique au sein du projet. Les conditions d'usage du gazoduc étant fixées, cela rend la situation plus claire. Les importateurs et exportateurs de gaz du pipeline Nabucco s'adresseront ainsi à un interlocuteur unique, la compagnie Nabucco gas pipeline international.

Cet accord a respecté la législation de tous les pays signataires et a permis une entente entre les pays selon les exigences de chacun. Selon la Commission européenne, la prochaine étape serait d'établir des contrats avec les pays fournisseurs concernant la capacité d'exportation. Les engagements d'importations entre les pays vendeurs et les pays acheteurs sont dans cette perspective une condition pour attirer les investisseurs et donc parvenir au financement du projet.

En mai 2012, le consortium Nabucco a soumis une proposition Nabucco-West23 au consortium Shah Deniz. Le 10 janvier 2013, le Nabucco International et les partenaires de Shah Deniz ont signé un accord de financement. Selon l'accord, les partenaires de Shah Deniz vont prendre une participation de 50 % dans le projet lorsque Nabucco West est choisi comme la voie d'exportation pour le gaz de Shah Deniz.

Le 3 mars 2013, Nabucco International a signé un protocole d'entente avec le consortium TANAP. Les consortiums Shah Deniz et TANAP ont également signé des accords similaires avec les actionnaires du gazoduc Trans Adriatic Pipeline (TAP), rival direct de Nabucco West.

En dépit de l'effort fait par la Commission européenne le 13 juillet 2009 pour booster le projet Nabucco, celui-ci subit un essoufflement depuis l'arrivée du projet concurrent russo-italien South Stream. Pour contrer cette avancée et améliorer sa fiabilité, le projet Nabucco se modernise et diversifie encore plus ses fournisseurs mais en parallèle augmente nettement son coût de construction pouvant atteindre 15 milliards de dollars. Sa position face à South Stream n'encourage en outre pas vraiment les investisseurs à financer le projet. La Russie a en effet devancé ce projet en tentant de le vider de ses sources d'approvisionnement.

Un des problèmes majeurs du projet Nabucco est la fiabilité des pays fournisseurs puisque aucun contrat sur les capacités d'exportation n'est établi, il ne s'agit que de la parole des gouvernements. Les principaux fournisseurs possibles de Nabucco sont l'Azerbaïdjan et le Turkménistan, cependant les deux, qui prévoyaient de fournir 8 et 10 milliards de mètres cubes par an au gazoduc se sont tournés un peu plus vers d'autres acheteurs. En effet, à partir de 2008 des accords d'association avaient été établis mais sans aucune perspective concrète de construction du gazoduc, c'est donc encore l'incertitude qui fait obstacle au projet.

L'Azerbaïdjan se tourne en effet vers South Stream en 2009 en lui accordant un accès prioritaire à son gaz provenant du plus grand gisement du pays, le champ Shah Deniz. Pour le Turkménistan celui-ci a alloué une très grande quantité annuelle de gaz à la Chine, ce qui limite le gaz disponible pour Nabucco.

Les pays fournisseurs de Nabucco font en quelque sorte marche arrière, il reste la solution des pays du Moyen Orient avec l'Iran, l'Irak et l'Égypte mais ici c'est l'Union européenne qui est réticente à cause de leur instabilité. L'Iran est mis de côté à cause de sa politique nucléaire, l'Irak à cause de sa situation politique en crise, et l'Égypte à cause de sa situation géographique, pour une exportation de gaz égyptien le gazoduc doit traverser la Syrie qui est actuellement en pleine guerre civile.

D'autant qu'en juillet 2011 l'Iran a signé avec la Syrie et l'Irak un projet de gazoduc qui vient mettre définitivement fin a un accord dans le projet Nabucco.

Actuellement plusieurs incertitudes menacent toujours le projet Nabucco et compromettent son avenir. Il s'agit du problème au niveau financier, et de la concurrence du projet South Stream et de la pression qui en résulte sur les pays fournisseurs de gaz et de transits du gazoduc. La position des pays acheteurs sera déterminante pour la finalisation de ces deux projets, chaque acteur a donc une place primordiale quant à l'avenir du marché du gaz en Europe.

Nabucco-West prévoit d’acheminer du gaz Azéri du gisement Shah Deniz II par l’entremise du gazoduc TANAP. Le gazoduc prévoit désormais l’acheminement de 10 – 23 milliards de mètres cubes par an provenant des gisements de Shah Deniz. OMV, un des actionnaires de Nabucco, a suggéré que Nabucco West pourra aussi transporter du gaz provenant de Domino-1, la sonde d'exploration en eaux de grande profondeur du secteur roumain de la Mer Noire. La Domino-1 a découvert un gisement de 1,5 – 3 milliards de pieds cubes de gaz, a-t-on annoncé en février 201225.

Le consortium du gisement de gaz de Shah Deniz II a finalement retenu, le 28 juin 2013, le gazoduc transadriatique pour acheminer le gaz de la frontière turque à l'Italie, en passant par la Grèce et l'Albanie, écartant ainsi Nabucco Ouest.

Le projet de gazoduc Qatar-Turquie prévoit de lui être relié.
Le projet de gazoduc Iran-Iraq-Syrie serait un concurrent du Nabucco.

Pétrole, une guerre d'un siècle - William Engdahl - Jean-Cyrille Godefroy - septembre 2007

Un livre sur l'ordre mondial anglo-américain depuis la première guerre mondiale. Travail à partir d'archive, ce document présente une vision très dure des coulisses de l'économie. La grille de lecture est celle des services secrets occidentaux et des compagnies pétrolières. 


        Cet ouvrage remet radicalement en cause l'idée que l'on se fait communément de la politique internationale et de ses enjeux. Il décrit les moyens extrêmes que les Anglo-Américains sont prêts à mettre en oeuvre pour conserver une suprématie née en 1815 et renforcée au prix des deux Guerres mondiales. Nous savons, depuis l'élection de George W. Bush, que la politique américaine et le pétrole entretiennent une relation intime. William Engdahl montre que l'économie des Etats-Unis repose sur un approvisionnement en pétrole bon marché et illimité et la suprématie du dollar sur les autres monnaies. Vous découvrirez comment le premier choc pétrolier fut une incroyable et cynique manipulation conçue par Henry Kissinger pour opérer un transfert planétaire de capitaux vers les banques de Londres et de New York, au prix de la ruine des pays du Tiersmonde ; comment ces pays en faillite, contraints de s'endetter auprès du FMI, se virent prêter à grands frais ces mêmes capitaux dont ils avaient été auparavant spoliés. Vous verrez comment la géo- politique du pétrole est à l'origine de l'effondrement de l'Union soviétique, de l'éclatement de la Yougoslavie, et de l'arrivée au pouvoir puis de la chute des Talibans. Vous serez surpris d'apprendre comment, dans les années 1970, les mouvements écologistes anti-nucléaires financés par les grandes compagnies pétrolières, devinrent le cheval de bataille visant à entraver l'indépendance que l'énergie nucléaire aurait pu procurer à nombre d'Etats, afin de les maintenir dans l'orbite des pétroliers. Vous comprendrez enfin que la décision d'envahir l'Irak fut prise pour assurer l'hégémonie de la puissance anglo-américaine et le contrôle de l'économie mondiale pour les 50 ans à venir.

William Engdahl, né en 1944, est économiste et écrivain. Il a étudié les sciences politiques à l'université de Princeton et l'économie à l'université de Stockholm. Il publie depuis plus de 30 ans sur les questions énergétiques, la géopolitique et l'économie, et intervient dans les conférences internationales. Il est conseiller indépendant pour plusieurs grandes banques d'investissement.               

La face cachée du pétrole - Eric Laurent - Plon- 2006

Un vrai travail d'enquête sur les coulisses des multinationales du pétrole. On y croise évidemment les services secrets et de nombreux groupes d'influences. L'ouvrage aborde la question des réserves pétrolières, de la crise de 1973, de l'Irak, etc.

Eric Laurent est allé rencontrer David Rockfeller ce qui a été pour lui une expérience étrange. D'autres anecdotes sont intéressantes comme la visite d'un ancien responsable des services secrets américains dans la banlieue de Washington. Sur les étagères de son bureau, un nombre incroyable de livres sur la chute de l'Empire Romain. « Je suis frappé de découvrir que sa bibliothèque, dans sa maison de la banlieue de Washington, est remplie de livres sur le déclin et la chute de l’Empire Romain » Témoignage d’Eric Laurent en parlant de William Casey, Directeur de la CIA. 

Les guerres du gaz et des pipelines

Pays consommateurs à l'Ouest et pays producteurs à Est (sauf Norvège au Nord et Algérie au Sud). 

Le principal producteur, la Russie, alimente l'Europe à travers deux zones de pipelines (Nordstream qui passe sous la mer Baltique pour rejoindre l'Allemagne) et l'Ukraine.

La Russie dont le PIB est relativement faible (celui de l'Espagne ou des Pays-Bas) est très dépendante de sa capacité à bien vendre (facilité et prix) et se positionne contre toute initiative qui permettrait à l'Europe de trouver une alternative en faisant venir du gaz d'Iran (pas difficile puisque blackisté par les Etats-Unis et plutôt proche des russes) et du Qatar. 

Pour les Russes il est indispensable que l'Ukraine laisse passer son Gaz ce qui est devenu compliqué depuis la Révolution Orange. Une autre voie possible est la Turquie via la Mer Noire d'où la signature d'un accord entre Poutine et Erdogan à l'été 2016 pour Turk Stream.

Les Européens soutenus par les américains ont envisagé une autre possibilité en passant par la Turquie, le projet Nabucco. La Turquie est donc l'objet de tiraillement entre membres de l'OTAN dont elle fait partie et Russie. L'opposition Russe au projet se manifeste par le refus de son fidèle allié Bachar El Assad de laisser passer le pipeline en provenance du Qatar. L'Arabie Saoudite étant partagée car rivale du Qatar mais alliée à la Turquie.

L'abandon de projet européen South Stream (des entreprises italiennes avaient même déjà avancé les travaux pour les Russes) illustre bien les difficultés à mener de tels projets : stabilité des partenaires sur le trajet (Irak ou Syrie), coûts techniques, risques de sabotages. Raisons pour lesquelles le projet Nabucco devait être difficile à monter indépendament de l'hostilité des russes.

Peu d'informations précises sur les tracés sont accessibles. Elles relèvent d'études privées ou de secrets d'Etat.

Une théorie pourrait être que les Français, l'OTAN, avec la Turquie et les Qatari étaient favorables à Nabucco. Pour cela ils laissaient le champ libre à des opérations de déstabilisation menées contre la Syrie par des groupes rebelles/terroristes. Ces mêmes opérations étant déjouées de plus en plus souvent par les Russes. La Turquie a probablement changéé de camp l'été 2016 (coup d'état fein ou tentative de coup d'état), les américains étant visiblement très maladroits dans leurs manoeuvres au Moyen-Orient (fin de mandat du mauvais Obama). Enfin les rebelles/terroristes (qui sont-ils vraiement ? des islamistes ou mercenaires) se sont possiblement retournés contre leurs commandaires via des actions terroristes en Europe et en Turquie.

Le projet Nordstream 2 doit doubler la capacité de Nordstream (55 milliards de mètres cubes dès fin 2018). Partenaires impliqués : Engie, Gazprom.

ENERGIE : MUTATIONS



Les américains baptisent leurs meilleurs armes de guerre par des noms d'Indiens. Des Indiens qu'ils ont masacré et dont il ne reste plus grand chose. L'humiliation d'organiser des visites touristiques et ensuite de boire de l'acool parfois. En 2014, au nord de l'Irak, ce sont des AH-64 Apache []qui ont notamment été utilisés à Mossoul pour détruire les véhicules bourrés d’explosifs que des kamikazes jihadistes lancent contre les forces irakiennes. Libérer Mossoul c'est liberer un cité liée à l'histoire biblique du prophète Jonas, la capitale de l'Empire assyrien, mais c'ests surtout le point de départ de l'oléoduc vers Haïfa en Israël, ouvert en 1934, une des voies essentielles du commerce du pétrole au Moyen-Orient.

[] Peter Cook, un porte-parole du Pentagone.

Evénements énergétiques : fortes conséquences écologiques ou politiques
Plateforme en feu, explosion de Deepwater Horizon désigne une explosion et un incendie considérable déclarés, le 20 avril 2010, sur la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon. Elle coule deux jours plus tard, et repose désormais par 1 500 m de fond. 
Guerre en Irak
Fukushima
Des histoires d'oléducs ou de gazoduc



Notes
[] Comportements vertueux sur le site internet de Jean-Marc Jancovici 

Bibliographie
Energie : Ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Nicolas Mazzucchi, Armand Colin, 2017
Dormez tranquilles jusqu'en 2100 et autres malentendus sur le climat et l'énergie, Jean-Marc Jancovici, Editions Odile Jacob 2015

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