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Les systèmes de croyance se sont mis en place progressivement d'abord par des chamanes. Le polythéisme a pris le relais pendant l'antiquité. Ensuite, les juifs ont inventé le monothéisme contre lequel les romains ont lutté. 

Les courants religieux sont si structurants qu'ils provoquent des tensions, de la violence et des guerres dès leur apparition :

Les Grècs se battaient entre eux pour des histoires de sanctuaires. Après avoir persécuté les chrétiens, l'empire Romain fini par adopter leur religion au 4ème siècle. Scission des Chiites lors de la Succession de Mahomet au 7ème siècle. Scission des Protestants au 17ème siècle en Europe. Rivalité entre Hindoux et Musulmans en Inde aboutissant à la partition de l'Inde et à la création du Pakistan. L'exemples ne manquent pas. En Asie, les Boudhistes connaissent les Moines Guerriers au monastère Shaolin, et au 9ème siècle, un moine bouddhiste assassine l'Empereur du Tibet pour des raisons religieuses.
Violentes histoires. Mais le Dieu, lui même décrit dans la bible (ancien et nouveau testament), utilise les moyens durs pour mater les êtres humains.

Toutes ces croyances se recoupent parfois, se complètent ou s'opposent. Elles tolèrent désormais la science, la rationalité malgré tout. 

La philosophie fait office de passèrelle entre les deux. L'enseignement de plusieurs philosophies, complexes, semble avoir des résultats plus pacifiques mais malheureusement tous les individus peuvent-ils être réceptifs à cette complexité ?

Avec une langue, un système de croyance, et aussi la mise en place d'us&coutume souvent d'inspiration religieuse, les sociétés humaines primitives ont pu se développer et mettre en place une "culture" avec des valeurs, une façon de penser, un art-de vivre.

"Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche."
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Fatras)

Philosophie : Ne pas subir (Julia de Funes)

Les principales inflexions de l'histoire de la philosophie

D'après le philosophe Luc ferry, la philosophie comptemporaine s'est développée grâce à plusieurs "écoles" se définissant en partie par rapport aux précédentes :

  • Antiquée : voix philosophique, ordre du cosmos, débuts de la pensée Grecque 
    • Pensée rationelle
    • Pensée peu humaine : l'homme est un fragment de l'univers
    • Le déni de la mort
      • Egypte ancienne : déni de la mort (momies, cf école de l'hyperdiffusionnisme / life-givers)
      • Chine : un autre univers mental, supposant l'immortalité de l'homme non pas dans le cadre d'une explication théologique élaborée, mais tout simplement par défaut
  • Début de l'ère chrétienne : la pensée judéo-chrétrienne, l'apparition des grands monothéismes
    • Pensée plus humaine
    • Pensée moins rationnelle : abandon de la raison, réponse qui place la finalité de l'existence dans l'au-delà ou dans une vérité qui relève de la transcendance
    • Tout finira par s'arranger dans l'au-delà, on peut donc négliger la phase transitoire (sectes gnostiques)
  • Les Lumières : la pensée critique (par soi-même)
    • Orientation vers la connaissance pure (science) délaissant la gestion de l'existance humaine et la recherche d'un sens
    • L'objectivité devient accessible à tous et pas seuleument aux "sages"
    • De la croyance à la preuve, idée nouvelle du progrès moral et scientifique
    • Cogito ergo sum, l'humanisme
  • Les penseurs de la déconstruction des humanistes et des religions : Shopenhauer, Nietzsche, Marx
    • Pas de faits, que des interprétations
    • La conscience (Freud invalidé) : les actes sont dictés par l'inconscient, la seule différence étant que certains apparaissent dans le regard de la conscience et certains non.
  • Nouveau courant : le 20ème sciècle et l'Amour 
    • Fin des mariages arrangés après la seconde guerre mondiale
    • Altruisme
    • Soucis des générations futures (La Planète)
    • La transcendance dans l'immanence de la vie (Ferry/Husserl)
    • Poursuite de la déconstruction selon Jean-Paul Brighelli : French Théorie (déconstruction des certitudes) avec Foucault, Derrida et Deleuze depuis les années 1960. Idée potentiellement prolifique que d'ébranler les pilliers mais en pratique ce sont des pans entiers de cultures qui se sont effondrés privés de soubassement.
Faut-il tout essayer pour comprendre la valeur de quelquechose ? Le philosophe le pense plutôt alors que le réligieux justifiera le contraire.

Athéisme

Doctrine qui nie l'existence de Dieu. (Cette position philosophique ne se confond ni avec l'agnosticisme, qui est le refus de prendre parti dans les débats métaphysiques, ni avec le panthéisme, qui implique que Dieu puisse exister partout dans l'univers et se confondre avec lui.)
Attitude de quelqu'un qui nie l'existence de Dieu ; incroyance religieuse.

L'athéïsme est une doctrine, une prise de position sur le fait religieux.C'est tout à fait assimilable à une croyance : celle en la non-existence de Dieu. Une croyance parce qu'il est aussi vain d'essayer de démontrer l'existence ou l'inexistence de Dieu.

L'athéïsme ne se confond pas avec la laïcité

Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l'organisation de l'enseignement. (Le principe de la laïcité de l'État est posé par l'article 1er de la Constitution française de 1958.)
Caractère de ce qui est laïque, indépendant des conceptions religieuses ou partisanes : La laïcité de l'enseignement.

La laïcité n'est pas une opposition aux faits religieux, comme celle revendiquée par par l'athéïsme, mais une indifférence qui conduit à organiser les choses de la vie publique (la République) d'une manière rationnelle, en dehors de toutes influences religieuses. Quitte à les heurter, parce qu'il n'est pas négociable, par exemple, d'enseigner une autre théorie de l'évolution que celle de Darwin parce que cela ne satisfait pas les créationnistes.

Nuance : on peut aussi dire qu'athéisme veut simplement dire: sans dieu ! Se positionner en tant qu'athée en opposition à l'existance de dieu est effectivement assimilable à une croyance mais on peut aussi l'affirmer sans référence et athée ne veut pas dire anti dieu mais sans dieu ! Il peut donc exister une pensée hors de ce concept.


Le Coran

Cohérence de la doctrine 
Un appel au monothéisme comme pour la Bible. Des éléments épars qu'il faut rassembler pour y voir une cohérence.
Caractéristique : combinaison de l'argumentation de la religion naturelle et celui de la révélation.
Réligion naturelle : 4 concepts qui visent à prouver que l'islam est la religion par excellence.
Révélation : Dieu lui même se charge de le démontrer.
Les 4 concepts représenteraient une longue chaîne de méditation théologico-philosophique remontant à la pensée grecque puis le judaïsme, le christianisme, et parfois le manichéisme.
Découvrirl les 4 concepts : fitra, sibgha, hanîfiyya et mîthâq.
Le polythéisme, mais aussi le judaïsme et le christianisme sont accusés de ne pas avoir été fidèles au monothéisme naturel absolu et universel que seul l'islam se proclame à défendre.
Cette combinatoire théologique n'est pas apparente à la lecture normale du texte.

Interdiction de l'interprétation
L'histoire contredit cette affirmation : l'exégèse du Coran s'est à l'époque rapidement constitué en sicence islamique fondamentale.
Premier commentateur : le prophète lui-même (Hadiths)
Après sa mort en 662 :
Deux juifs convertis : Ubayy Ibn Ka'b et Zayd Ibn Thâbit 
Puis cousin et beau-fils Ali lui même à l'origine du Chiisme
Enfin cousin et beau-frère Ibn Abbâs père emblématique de l'exégèse islamique.
Plus tard : commentaire de Tabarî (838-923)
Deux écoles théologiques s'affrontent : le mu'tazilite évincé par l'ash'arisme (tradionnelle)
Développement de l'exégèse pendant des sciècles (influence des Persans)
Reprise au 19ème siècle sous la pression de la culture européenne.
Deux grands commentaires idéologiques au 20ème siècle :
- Indo-Pakistanais Mawdûdî : " La signification du Coran"
- Egyptien Sayid Qutb : "A l'ombre du Coran", théoricien des Frères musulmans exécuté sous Nasser en 1966

Une source unique de toute loi en Islam
Les traditions ont revêtu une importance égale ou même supérieure.
Importance
- Pour les sunnites, de la Sunna : traditions prophétiques reconnues comme authentiques par le consensus des autorités religieuses
- Pour les chiites, des tradittions remontant à la famille du Prophète et aux Imâms qui lui ont succédé

 
Infériorité de la femme
Le Coran préconise pour la femme un statut légal de mineur, ce qui est déplorable mais ne le démaruqe pas considérablement des pratiques de l'époques comme celles du droit byzantin par exemple. On retrouve dans la Torah des éléments similaires.
Si les communutés juives et chrétiennes ont pu se détacher des éléments les plus anciens de la Torah (5ème et 6ème siècle avant JC), les communautés mulsumanes en sont restées aux pratiques bédouines du 7ème après JC.
Le rôle de la femme est aujourd'hui un vrai déficit d'humanisme de la réligion musulmane au 21ème siècle. Curiseuement, cela n'a pas empêché les Pakistanais d'avoir un premier ministre femme (Benasir Butho).


Rôle dans la violence
De nombreux versets contradictoires correspondants peut-être à différentes périodes d'écriture du Coran : Mekkoise ou Médinoise (plus violente). Plusieurs "écoles" de penseurs s'affrontent sur ces sujets et le problème est que le débat est loin d'être clôt au sein des nombreuses communautés musulmanes. Certains dédouannt le Coran en expliquant qu'il faut expurger ce qui n'est du ressort de la sagesse universelle et permanente mais du contexte historique de luttre contre les païens.  Contrairement à la réligion Chrétienne, le travail d'harmonisation et de pacification est loin d'être fait dans la réligions Musulmane. Cela laisse un boulevard à certaines sectes pour convertir des gens à une version radicalisée de l'islam.

Intolérance
Contexte historique de la révélation coranique :
- polythéistes de la péninsule arabique
- juifs
- chrétiens (nestoriens, monophysites et melkites)
- groupes judéo-chrétiens
- divers : zoroastriens, manichéens et sabéens


Confusion du politique et du religieux


Plusieurs islams mais tous sunnites selon Dalil Boubaker - Audition Assemblee Nat. mars 2015

Le wahhabisme est un islam politique. Il se compose d’au moins deux fractions en France : les Frères musulmans et les Tablighis. Il existe de multiples associations qui prônent un islam pur et dur, piétiste, un islam de rites. Le wahhabisme est la quatrième école de l’islam.

La première est l’école malékite d’Afrique du Nord, assez modérée : on n’a jamais vu d’excité du malékisme aller faire la guerre, et les guerres d’indépendance au Maghreb n’ont jamais été religieuses ; on était pour les droits de l’homme, pour la révolution, pour 1789 à rebours, si vous voulez !

La deuxième école, le shafiisme, implantée en Égypte, est éminemment tolérante ; c’est l’école des grands savants du Caire qui, à l’origine, n’était pas atteinte par le wahhabisme.

La troisième école, le hanafisme, est celle de la Turquie, qui fut à l’origine de la laïcité : c’est le seul pays musulman à l’avoir appliquée, en abolissant le califat.

Mais il y avait la quatrième école, le wahhabisme, du nom d’Abdel Wahhab, qui n’est qu’un transfuge du fondateur de l’école, Ibn Hanbal : on parle d’école hanbaliste. Elle est radicale, révolutionnaire, réactionnaire. Elle est née après la tentative du remarquable calife Al-Mamoun, fils du calife Haroun al-Rachid, d’instaurer une école rationaliste, le mu’tazilisme. Les clercs et les prêtres fermés de l’islam ont tout bloqué en instaurant le wahhabisme : l’école du littéralisme, l’école du garde-à-vous, animée par l’esprit le plus militaire que l’on puisse imaginer dans une religion, en particulier dans l’islam qui est tout de même assez tolérant.

Le wahhabisme a lui-même eu un transfuge qui a beaucoup fait parler de lui : Ibn Taymiyya, qui a fermé au XIIème siècle ce que l’on appelle classiquement les portes de l’ijtihad, c’est-à-dire de la réflexion, de la spéculation, au profit du littéralisme. On est alors entré dans une période de joumoud – la fermeture de toutes les réflexions philosophiques. Averroës fut la dernière lumière de la rationalité dans l’islam. Depuis des siècles, nous vivons sous l’ombre de cette école maudite qui a bloqué l’essor remarquable qu’avait connu la civilisation musulmane – dans les sciences, la médecine, l’algèbre, l’astronomie, la pharmacologie, etc. – au cours de la période bénie de l’ouverture, sous Al-Mamoun et avec l’école de Bagdad. Ce fut la mort de la réflexion et de la tolérance.

Salafisme
As-salaf, ce sont les ancêtres, c’est-à-dire les tenants de certains archaïsmes, d’une certaine vision de l’islam des origines. Il faut leur rester défavorable, car ils sont véritablement malfaisants.

Ijtiha
Décrété en 855 par Al-Moutawakkil : fin des interprétations du Coran. Mais Ibn Taymiyya (1262-1328) prêche un néohanbalisme strict foncé sur l'observation littérale des textes. Selon Alain Chouet dans Au coeur des Services Spéciaux.

Fondamentalisme Déobandis 
Courant violent présent au Pakistan et en Asie du Sud Est, Inde et Afghanistan.
Utilisé par les Talibans et financés par l'Arabie Saoudite.
Le mouvement Boko Haram se réclame aussi du courant Déobandis.
Ce courant est apparu dans les Indes britanniques en 1867 en réaction à la colonisation et tire son nom de la ville de Deoband, dans l'état Uttar Pradesh du nord de l'Inde. Curieusement, selon wikipedia, ce courant se réclamerait du juriste musulman du viiie siècle Abu Hanifa, fondateur de l'école hanafite, pourant évoquée comme courant progressiste selon Dalil Boubakeur. Elle prône un islam traditionaliste et apolitique, ainsi qu'une lecture littéraliste des textes.

Les deux sagesses

Lors des échanges avec son fils Matthieu Ricard (1), Bouddhiste, le philosophe Jean-François Revel, athé, tient particulièrement à scinder en deux la sagesse :

- l'une fondée sur la conviction que l'on appartient à un flux dont la vie actuelle n'est qu'une étape 

- et l'autre, une sorte de sagesse de résignation fondée sur le contraire, c'est à dire le sentiment que cette vie bornée sera la seule.

"La foi aveugle, c'est de la stupidité" selon le Dalaï-Lama.

(1) Le Moine et le philosophe (Nil Editions, 1997)

Vous, vous avez des montres, mais nous, nous avons le temps ! Un Mahori

El Tiempo Fugitivo - Salvador Dali (1931)

Idées fortes de grands penseurs

  • François Jacob 
    • Le hasard est le moteur de l'évolution et la vie aurait pu ne pas apparaître
    • Le génie génétique n'est pas le synonyme de progrès et pourrait nous faire basculer dans l'eugénisme
    • Rien n'est plus dangereux que la certitude d'avoir raison
  • Jacqueline de Romilly
    • Au Vème siècle avant JC la Grèce a connu un "miracle" philosophique, politique et artistique
    • L'histoire antique nous instruit sur l'évolution du monde contemporain
    • Les humanités sont un remède face aux excès de l'économie et de la technique
  • Edgar Morin
    • L'imaginaire de la culture populaire socialise les désirs et les peurs
    • La pensée sépare et oppose les phénomènes, alors qu'elle devrait les rapprocher et les envisager dans leur complexité 
    • La mondialisation est porteuse d'une conscience mondiale
  • René Girard
    • Le désir est humain est mimétique : je désire ce que l'autre désire....
    • Le "bouc émissaire", ce meurtre inaugural, est le fondement anthropologique de toutes les cultures humaines
    • Le christianisme est subversif car il délégitime les persécuteurs et réhabilite la victime
  • Jacques Le Goff
    • Le christianisme médiéval a favorisé la notion d'"intériorité" préalable à l'émergence du sujet moderne
    • Le Moyen Age n'a pas connu de capitalisme : la recherche du profit y était proscrite
  • Maurice Allais
    • En économie, l'équilibre concurrentiel est une situation d'efficacité maximale
    • La dérégulation financière provoque des crises mondiales à répétition
    • La mondialisation libérale affaiblit la croissance et le chômage
Selon le Nouvel Observateur / 2010

Combien de religions ?

Grands Monothéismes : religions révélées = Judaïsme, Chrétienté et Islam.
Polythéismes : Hindouisme (pas de dogme central). La swastika, symbole très ancien symbolise la révolution du soleil et des forces cosmiques. Elle a été reprise comme symbole par les Nazis.

Philosophies : Bouddhisme, Taoïsme, Confuscianisme

Beaucoup d'autres religions ou courants : 
- Zoroastrisme : religion monothéiste réforme du mazdéisme prophétisée par Zarathoustra, dont le nom a été transcrit en Zoroastre par les Grecs (au cours du Ier millénaire av. J.-C). Feu comme symbole divin. Dualisme reposant sur le combat entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres, dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain. Le principe de Zoroastre est qu'il existe un esprit saint (Spenta Mainyu), fils d'Ahura Mazdā, et un esprit mauvais (Angra Mainyu) (pehleviAhriman), son jumeau, tous deux opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants.

- Dérivés de l'Islam :
Religions des Druzes (dérivé de l'ismaélisme lui même émanant du chiisme) fondée par un Perse et un Turque. 


Chiites et Sunites au Moyen-Orient 

Les deux leaders de poids comparables (PIB, Population et Puissance Militaire, Civilisations millénaires : Ottomane et Perse) sont la Turquie et l’Iran avec un avantage à la Turquie mieux équipée.

L’Arabie Saoudite moins peuplée, avec histoire plus simple  (celle des bédouins),  dispose d’une armée moins nombreuse mais néanmoins la mieux équipée. Elle détient des réserves de cash et le contrôle des lieux saints,

Les deux autres grands pays, l’Egypte et le Pakistan sont faibles économiquement. L’Egypte a longtemps été dominée et la création du Pakistan remonte à l'après Seconde Guerre Mondiale.

La présence de chiites au Pakistan et en Turquie neutralise les véléités des Wahhabites d'Arabie Saoudite contre l'Iran. Seule l'Egypte pourrait céder sans provoquer de remous dans le monde chiite. (A vérifier)

En cas d'affrontement majeur, l'Iran et l'Arabie Saoudite disposent de missiles avec une portée suffisantre pour toucher n'importe quelle base ou ville au Moyen-Orient.

Les Frères Musulmans

Organisation dont la la doctrine est structurée autour du dogme central de la fusion du religieux et du politique.

Conception d'un Etat islamique théocratique aux inspirations fascistes.

1924 : abolition du Califat en Turquie par Mustafa Kemal Atatürk

1929 : création par Hassan al-Banna dont les descendants s'installeront en Suisse et opposition aux défenseurs de la séparation de l'Etat et la Réligion (L'islam et les origines du pouvoir de Cheikh Razzak).

Fin des années 30 : 500 000 membres

1954-1965 : Nasser tente de décapiter la Confrérie
1956 : aide régulière de la CIA
1967 : nationalisation du canal de Suez après avoir rompu avec les Etats-Unis
Sadate adopte la manière douce et les intègre au jeu politique avant d'être assasiné par des radicaux.

1976 : renouveau

Les liens en la Confrérie et les Allemands Nazis et même des partis d'extrême droite.

Une banque et des hommes d'affaires dont certains dirigent la Confrérie comme un business. 
Banque Al Tawka et Al Qardawi

Dès l'origine : objectif d'instaurer un Etat islamique en Egypte.

Les américains supervisent le parainage Saoudien de la Confrérie.
Après la perte du soutien de l'AS, la Confrérie serait soutenue par le Qatar.

Muhammad Saïd al-Ashmawy, ancien Président de la Haute Cour de Justice du Caire dénonce l'islamisme politique qui menace l'islam. "L'ensemble de ma recherche ma ramène toujours au même constat simple : au début de ce processus de perversion de l'islam se trouvent les Frères Musulmans, une secte d'extrême droite".
"L'islamisme est prioritairement notre problème à nous musulmans parce que c'est nous qui l'avons créé, encouragé et trop souvent utilisé à des fins de politique locale".

Source : Les dollars de la Terreur - livre de Richard Labévière riche en informations sorti bien avant le 11/9/2001

Talibans et Frères musulmans

Les Saoudiens derrière les Afghans (Ben Laden & consors) contre les Soviétiques pour le compte des américains.

Les Deobandis

La lecture du Coran

La lecture du Coran pose beaucoup de problème même traduite en français. Le texte n'a jamais été conçu pour être lu car il a été reclassé selon un ordre des "révélations" (les sourates) qui ne fait pas l'unanimité entre savants occidentaux et savants musulmans de l'époque. Le livre est peu narratif à la différence des évangiles et désordonné.

Selon l'écrivain Gérard Mordillat, le contexte de l'écriture du Coran explique l'absence de sens. Le coran aurait été écrit par des rédacteurs persuadés de vivre la fin des temps et surtout pas préoccuppés par le fait de passer des messages aux générations futures. 

Les recherches historico-critiques sur le Coran sont interdites dans les pays musulmans.

Les sourates du Coran peuvent se rattacher aux deux périodes principales de la vie de Mahomet :la première lorsqu'il vivait à la Mecque. Les sourates issues de celle-ci propose une religion fondée sur la responsabilité de l'être humain. La deuxième lorsqu'il vivait réfugié à Médine est mise en avant dans des sourates avec une approche guerrière de la religion. Les ennuies comment après l'hérige, lorsque que Mahomet se confronte aux juifs de Médine, phénomène sur lequel s'appuient les islamistes s'appuient.
Aucun réformateur musulman n' a pu engager de Réforme. Mahmoud Taha (1908-1985), le "Gandi Soudanais" a été pendu pour cela.

Expert et philosophe

Selon Charles Taylor, Philosophe contemporain canadien :
Question du Nouvel Observateur : Une chercheur qui reste dans sa discipline, cela s'appelle un expert. Reste t-il une place pour le philosophe qui, lui, aime, le savoir "en général" ?
Réponse :  " le penseur doit s'approprier des compétences spécifiques et en même temps élargir la réflexion au maximum. A la question : "qu'est ce que la démocratie? " , on doit solliciter la science politique, l'histoire, la sociologie, mais aussi une connaissance générale de la condition humaine qu'on peut appeler "philosophie". Mais il faut la distinguer de la discipline qui est enseignée par les profs de philo et qui, elle est parfois très étroite ! "

TE Lawrence (Biographie d'André Guillaume chez Fayard)

Le Colonel Gilbert Clayton, précédemment représentant de sir Reginald Wingate en Egypte, dirigeait à l'Hôtel Continental du Caire, le service britannique de renseignement au Proche-Orient. Dans cette équipe travaillait le sous lieutenant TE Lawrence. C'était une minuscule franc-maçonnerie autosurnommée "l'Intruse". Elle allait devenir le célèbre Bureau arabe à partir de février 2016, dirigé conjointement par Clayton et DG Hogarth, envoyé de Londres pour s'occuper des rapports avec les chefs de la rébellion arabe prochaine. Ce Bureau arabe était placé sous l'autorité directe du Foreign Office, où le ministre sir Edward Grey donna carte blanche au haut-commissaire sir Henry MacMahon, pour soutenir les nationalistes arabes par des subsides et des armes, dès novembre 2014.

L'équipe dite l'Intruse propageait son arabophilie dans les cercles politiques et militaires du Caire. Férus d'histoire ancienne et moderne, partageant une vision lucide et grandiose de l'avenir de la civilisation au Proche-Orient et sûrs des ressources créatrices, intellectuelles et spirituelles du monde arabe, TE Lawrence et ses compagons fondaient leurs espoirs immédiats , et aussi lointains, sur une nouvelle amitié anglo-arabe.

Conférence sur le monde Arabe de JP Filiu. Décembre 2016. "TE = mythomane"

Les sophistes dans les médias

Question du nouvel observateur à Alain Badiou (16/07/2015) : notre époque n'a peut-être jamais autant tendu le micro "aux sophistes" , des personnes qui, selon Platon, visent plutôt l'efficacité persuasive que la recherche de la vérité. Ont-ils plus de pouvoirs aujourd'hui qu'à son époque ?

Le pouvoir des sophistes d'Athènes était immense. A l'assemblée, toutes les décisions politiques dépendaient directement de leur éloquence et de la puissance persuasive de leur discours. Ils étaient d'ailleurs pour cela très bien payés. (...) Cependant, leurt autorité n'est pas liée à la démocratie directe, quasiment nulle dans notre société, mais plutôt à l'importance des médias. Le sophiste moderne se présente comme celui qui est porteur d'une opinion sur toute chose et c'est d'ailleurs à ce titre qu'il se fait appeler "philosophe". Donc ce "nouveau philosophe", qui n'est rien d'autre qu'un sophiste , refuse d'exposer son avis à la critique, comme le veut initialement Platon, mais excelle dans l'art de parler de tout et de n'importe quoi dans les médias de masse.

Autres thèmes : Platon et le communisme, la jeunesse corrompue, la vie privée

Choc des incultures et crise narcissique

Natacha Polony et Jean-Paul Brighelli répondent aux questions  du magazine Valeur Actuelle du 12 novembre 2015 par rapport aux thèses de leurs derniers livres.

NP : "il faut aller chercher du coté de la fragilité identitaire que provoquent les sociétés consuméristes".
"il faut savoir ce qu'a été la France pour tracer un destin et inventer ce qu'elle doit être.
"Nous avons inventé une humanité hors sol."
"Nous avons besoin de modèles, de nous identifier à d'Artagnan, Cyrano ou Julien Sorel. Si l'école ne leur donne pas cette possibilité là, nos jeunes iront chercher leurs modèles ailleurs, dans les jeux vidéos, les blockbusters américains et au sein de l'Etat islamique."


JPB : "On est parvenu, via l'école, à faire croire à la dernière génération que la culture, c'est vieux. Et on a persuadé les vieux que la jeunesse, c'est bien, que c'est même ce qu'il y a de mieux - alors que cette jeunesse-là est un naufrage".

"Autant être clair tout de suite. Les fulmeuses théories obscurantistes du wahhabismeet du salafisme n'avaient aucune chance de dépasser les bornes des déserts où elles étaient nées, si l'Occident ne leur avait ouvert largement la porte en détruisant son système d'enseignement, en dénigrant la transmission des savoirs, en contestant trente siècles d'une patiente construction commencée chez les Grecs et achevée avec le positivisme et la libre-pensée occidentale. Nous avons encensé, mythifié un quarteron de penseurs qui, animés sans doute des meilleures intentions contestatrices, ont sapé les bases de la culture occidentale au nom de la solidarité avec les opprimés et autres "victimesé supposées du colonialisme."

Le Tantra du Kalachakra

Selon un courant idéologique apparu au sein même du Bouddhisme (XIème siècle), il est d'ailleurs enseigné par le 14ème Dalaï Lama lui même, l'humanité est promise à une guerre interplanétaire.

Ce texte intitulé "Tantra de kalachakra" annonce la guerre totale, interplanétaire, pour l'année 2424, c'est à dire 3200 ans après la naissance de Suchandra, premier roi de Shambhala. Selon certaines interpréations, cette guerre s'apparente à une guerre réligieuse contre des ennemis décrits comme des musulmans ou des prophètes de la Bible et du Coran (Adam, Noé, Abraham, Moïse, Mani, Mahomet et le Mahdi).

Les scènes de guerre décrites ressemblent étrangement à celles de films de sciences fictions.

La tradition du kalachakra tourne autour des concepts du temps et des cycles : du cycle des planètes, du cycle respiratoire, et du contrôle des énergies les plus subtiles qui sont dans le corps de chacun afin d'atteindre l'illumination.

L’eschatologie du Tantra de Kalachakra

Les prophéties du Tantra de Kalachakra, au Livre I du monde, annoncent que trente-deux rois, y compris Suchandra, règneront successivement, cent années chacun, sur le trône de Shambhala. Durant cette période de 3200 ans, les destinées du monde iront en s’assombrissant. L’humanité s’enfoncera dans le matérialisme idéologique et l’ignorance, jusqu’à ce qu’en 2424, une superpuissance, dirigée par des incarnations d’êtres démoniaques, fédère plusieurs pays, à l’issue d’une guerre mondiale de plusieurs années.

Le chef de la coalition des états victorieux, connaissant l’existence du royaume de Shambhala, sera tenté de vouloir le faire passer sous sa domination. C’est alors qu’éclatera une nouvelle guerre, qui ne sera pas limitée à notre planète puisque des forces extraterrestres interviendront dans les combats. Les massacres et les destructions dépasseront en horreur tout ce que nous avons connu jusque là.

Raudra Chakrin, monté sur le trône en 2327, apparaîtra à la tête des armées de Shambhala. Le « Seigneur des larmes à la roue » sera assisté d’êtres surnaturels combattant à ses côtés. Au moyen d’armes puissantes inconnues, décrites comme des harpons et des roues célestes, il écrasera les hordes de « barbares », les Mleccha. La victoire du roi-kalkin de Shambhala sera à la fois matérielle et spirituelle. Tous les guerriers qui, dans les rangs des armées antagonistes, auront été tués sur le champ de bataille, obtiendront immédiatement la délivrance. La perte de leur vie sera pour eux une véritable bénédiction. Ils s’inclineront devant le « Seigneur des larmes à la roue », le remerciant de les avoir libérés de leur karma négatif qui était de faire le mal. Leur mort, de la main du roi du Dharma, les lavera de leur impureté foncière.

La pensée chinoise

L'ambiguité du Confusianisme : notion occidentale en "isme". Le lien même entre Confucius et le confuisianisme serait mal établi.
Selon certains Confucius aurait repris les idées de "Zhou" ce qu'il admettait lui même. Pour d'autres, le confuscianisme serait apparu que 1500 ans après la mort du Maître. Dans les années 20, le confucianisme fût même rendu responsable du retard chinois par rapport à l'Occident.

Incompréhensions entre la pensée occidentale et chinoise
Un mode de pensée fondé sur le discours et à l'avantage de la clarté, procède par antinomie; l'autre ne connaît que des modifications continues.
Notion de complémentarité (jeune / vieux) est envisagée comme continuité et non comme opposition. Les opposés se complètes et ne font qu'un : dans la vie d'un homme, le jeune et le vieux sont-ils deux hommes différents ?
Penseurs : Zhang Zai et Wang Fuzhi. Hostilité au Taoïsme et au Bouddhisme. Tradition "néoconfucéenne".
Jin Yong et Lu Xun : grand homme de littérature chinoise comptemporaine.
Mencius : disciple de confucius.

  

Islam : religion de paix ?

L'écrivain d'origine Syrienne et résident français depuis les années 80 donne sa réponse dans un livre d'entretiens avec la psychanaliste Houria Abdelouhad.
Livre courageux et sans concession. L'auteur ne laisse pas indifférent : nobélisable selon certains....D'autres critiquent ses prises de positions pro iranienne, jugeant le poète partial car d'origne alaouite.

La thèse : l'islam a toujours été une réligion violente et n'a jamais évolué. Daesh serait son baroude d'honneur avant sa probable disparation. L'Islam qui néglige le mysticisme et la philosophie n'a pas vriament d'intérêt selon l'auteur.
Critique avec les mulsulmans arabes, Adonis n'en demeurre pas moins pourfendeur de l' occident consumériste ne recherchant plus que l'argent et ayant empêché l'émergence d'une sorte de gauche dans les pays arabes. 

Il cite André Malraux (texte de 1956) : "c'est le grand phénomène de notre époque que la violance de la poussée islamique. Sous estimée par la plupart de nos contemporains [...] aujourd'hui, le monde occidental ne semble guerre préparé à affronter le problème de l'islam". Adonis dénonce tout particulièrement le Wahabisme alimenté par les dollars du pétrole. Les Occidentaux sont surpris mais avaient été avertis.

Si certains naïfs, en voulant défendre les arabes (premières vicitimes du problème...) édulcorent le problème posé par l'islam, ils ne seront pas déçus. Le pic de l'apport de la culture arabo islamique ne provient pas du tout de l'islam :
- les arabes commerçants n'ont fait que transmettre ce qui venait d'ailleurs (Asie, Iran, etc)
- et dans d'autres cas les philosophes éclairés de l'époque (Ibn Arabi, Rabia Basri, Averroes, Avicenne, Rawandî), plutôt inspirés par les Grecs,  ne se référaient de temps en temps au texte coranique que pour mieux échapper à sa violence. Beaucoup d'entres eux, maladroits, ont été tués par les Califes.

Adonis enfonce encore plus ce dernier monothéisme qui se voudrait la réligions vrai :
- Cette religion n'apporte aucune contribution à la science et à la philosophie contemporaine.
- Le rôle attribué à la femme est tout simplement ignoble.
- Il accuse tous les musulmans arabes d'être trop religieux misant tout dans l'attente d'un au délà merveilleux.
- Il va même jusqu'à parler de l'inexistance de la culture arabe

Occidentaux matérialistes omnibulés par l'argent face à des bigots mal éduqués embourbés dans une réligion condamnée, voila le cynique constat d'Adonis. Seule une nouvelle lecture de l'islam mais aussi de la culture arabe permettra de cheminer vers le progrès.
 
Livre : Futûh al-Buldân de Ahmâd ibn Yahyâ ibn Djâbîr ibn Dâwâd

Aynd Rand

Ayn Rand (1905-1982), romancière et apôtre d’un capitalisme radical sans barrière et un égoïsme assumé.

Peu connue en France, cette romancière et philosophe américaine, morte en 1982, est revenue sur le devant de la scène avec fracas dans les années 2000 et surtout lors de l'émergence du Tea Party en 2009. Auteur de deux romans politiques (The Fountainhead – La Source vive – en 1943 et Atlas Shrugged – traduit d’abord par La Révolte d’Atlas puis La Grève) en 1957 –, Ayn Rand était une figure majeure du monde intellectuel conservateur américain dans les années 1960, avant que son influence ne se dissipe.

Un culte ? Question posée par Mediapart à  historienne Jennifer Burns
"Elle a toujours eu autour d’elle un cercle de fidèles dévoués, qui ressemblait un peu à un culte, dans le New York des années 1960. Quelqu’un comme Alan Greenspan (président de la Réserve fédérale de 1987 à 2006) était tous les dimanches soirs dans son salon pour l’entendre parler et exposer sa philosophie. Greenspan a ensuite suivi sa propre carrière, mais beaucoup de ses fidèles sont devenus complètement obsédés par Ayn Rand, passant énormément de temps à ses côtés."

Idées passées ? Pas du tout, une génération d'entrepreneurs de Califonie se revendique de cette idéologie :
Elon Musk : Paypal, Tesla, Space X
Mark Zuckerberg : Facebook
Jeff Bezos : Amazon
Sergueï Brin : Google

Costas Axelos

Kostas Axelos, né à Athènes le 26 juin 1924, mort à Paris le 4 février 2010, est un philosophe, éditeur et traducteur français d'origine grecque. Alors même qu'il élabore une œuvre considérable, dès les années 1970 sa présence publique est plus discrète. Il s'en expliquera dans une interview donnée en 2005 : « Je ne me considère pas comme un intellectuel, c’est-à-dire comme quelqu’un qui donne son avis sur toutes les choses à longueur de jour et de nuit. J’ai des préférences personnelles en ceci, en cela, mais ce que je pense et ce que j’essaie de faire, tout en m’adressant, pour reprendre un mot de Nietzsche, «à tous et à personne», ne peut que rester souterrain et exercer, si ça doit jamais l’exercer, un pouvoir invisible plutôt que visible. »

Décédé à 85 ans, il est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse, le 11 février 2010.

Religions et la Mort (extrait d'un livre de Paul Jorion)

Les religions qui nous sont le plus familières en Occident affirment que la mortalité, bien qu’indéniable en raison de l’évidence de la mort physiologique, n’est pas pour autant réelle : la vie se poursuivra ailleurs sous une autre forme, et la phase associée à un corps mortel n’est qu’une étape de transition dans un contexte d’immortalité globale constituant, lui, la vérité de la vie humaine. C’est là une image prégnante dans nos cultures occidentales.

La Chine constitue de ce point de vue un tout autre univers mental, supposant l’immortalité de l’homme non pas dans le cadre d’une explication théologique élaborée, mais tout simplement par défaut, au sein du contexte résolument matérialiste qu’offre une religion paradoxalement (à nos yeux) athée. Kojève note ainsi : « [ Le] bouddhisme […] est incontestablement une religion authentique radicalement athée. […] Pour le bouddhiste, la vie naturelle est éternelle […]. Il suffit de faire n’importe quoi […] pour re-naître et donc vivre indéfiniment ; c’est au contraire pour s’anéantir (nirvânâ) après la mort naturelle qu’il faut faire quelque chose de spécial. […] L’Au-delà de la religion bouddhiste étant ainsi le Néant, on ne peut pas ne pas dire qu’elle est athée, si l’on ne veut pas appeler “théisme” la négation de toute espèce d’existence d’un Dieu transmondain quel qu’il soit » (Kojève, 1973 : 46-47). Dans notre univers occidental et dans le monde chrétien en particulier, il existe une représentation de la mort comme transition du monde sensible, qui nous est familier, vers un autre, inconnaissable celui-ci mais néanmoins réel, et si les choses ne se passent pas bien ici-bas, il ne convient pas de s’en soucier outre mesure, car tout finira par s’arranger dans l’au-delà où il y aura réparation des avanies endurées sur terre. 

L’histoire du christianisme a d’ailleurs connu des sectes gnostiques encourageant à négliger entièrement la phase transitoire de vie dans le monde ici-bas, assimilée à un mauvais rêve. La phase suivante, qui vient après le déni, est bien sûr celle de l’acceptation. La philosophie, qui naît véritablement en Grèce aux ve et ive siècles avant Jésus-Christ, est l’un des courants de la pensée athée affirmant que le monde qui nous est perceptible est le seul à exister. Nous n’avons d’autre issue que de nous en accommoder en acceptant la mort telle qu’elle nous apparaît, à savoir comme la fin authentique, c’est-à-dire définitive, de notre histoire en tant que personne ou identité (nous continuerons bien sûr d’exister sous la forme des molécules dont nous étions composés, mais sans que la représentation

L'informatique et Dieu

Mark Alizart : " L'informatique porte en elle une double dimension. 

Elle est à la fois universelle, en tant qu'elle réatablit une forme d'égalité entre tous les êtres - animés et inanimés - parce que tous sont le fruit d'une computation, de calculs et de programmes. Il y a autant de computation dans une volute de fumée de cigarette que dans une pensée. C'est mystérieux. 

Mais l'informatique a aussi un caractère unitaire, comme l''unité du Monothéisme, une unité trouée, incomplète, un peu mystérieuse aussi. CElui qui, au 20ème siècle, a sans doute été le plus proche de penser cette fusion du passé et du futur, c'est Teilhard de Chardin. Novice à 18 ans, prêtre à 30, jésuite mais passionné par l'évolutionnisme, il a, au lieu de la perdre, fortifié sa foi dans une fusion qu'il résume par un concept : la noosphère. L'idée étant que si Dieu n'est pas à l'Alpha - au commencement du Monde- il est peu être à l'Omega , dans la convergence que l'esprit permet d'imposer à l'Univers.

Adeline Baldacchino sur Michel Onfray

Qu'est ce que cette esquisse d'un autre monde ? Quelle approche politique et concrête ? Il y va d'abord de la tentative de comprendre où l'on peut se situer par rapport à l'engagement militant. A distance du politique tel qu'il se joue dans les partis et et institutions, il est plusieurs voies possibles.

La première est celle de l'infiltration. 

De Bourdieu, Michel Onfray dit qu'il choisit la tactique du cheval de Troie "qui permet stratégiquement d'entrer dans les lignes ennemies, de pénétrer le camp asdverse, puis d'en prendre connaissance de l'intérieur". , en éthnologue, en étranger, en observateur participant, pas dupe surtout, jamais dupe, pas absent non plus, ni les mains sales, ni les mains repliées dans le dos. Technique de l'infiltration au coeur du système donc, au risque de voir un jour le masque coller à la peau.

Une autre posture est celle de l'inquiéteur.

C'est le philosophe féroce des chroniques dans la presse, le journaliste hédoniste des jours qui passent emportant leur lot d'indignations et de révoltes. Twitter et le Point. La vie hors du tonneau, les coups dans la figure conceptuelle, ne pas tendre l'autre joue. Déplaire aux crétins, une manière de se prouver que l'on pense juste. Satisfaction de savoir que l'on a touché juste, parfois.  L'humour comme arme massive : il faut rire encore quand pleurer ne sert à rien. L'ironie n'efface pas la rage, elle n'est qu'un autre déploiement de la virtuosité dans le monde qu'on préssent injuste, qu'on vérifie cruel, qu'on veut encore, malgré tout, changer. Il écrit dans Suite à la Communauté philosophique: " j'aime que la philosophie rencontre le tangible de plein fouet, qu'elle s'y mesure, s'y affronte, si possible sorte victorieuse des combats à mener avec la surface dure du monde. Sinon à quoi bon ?".

La troisième posture est celle du constructeur : 

"Plutôt un petit progrès anarchiste sur le terrain qu'une grande péroraison libertaire dans le verbe ou la geste folklorique". Microrésistances, pouvoir de l'action décentralisée. Université populaire dans le cas d'Onfray. Mais aussi les innombrables projets portés sur le terrain par ceux qui croient aux solutions plutôt qu'aux imprécations : ceux dont parlent les "Carnets de campagne" de Philippe Bertrand sur France Inter, les Reporters d'espoirs, le mouvement des Colibris, la coordination Alternatiba et tant d'autres qui oeuvrent au quotidien pour changer un peu le monde comme il est. "Car la libération ne vient que du vouloir de ceux qui la désirent.", écrit Onfray, reformulant le grand principe de La Boétie, ami de Montaigne, dont le Discours de la servitude volontaire représente un phare oublié mais fondamental pour le postanarchisme : "Soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libres."



Nadia Yala Kisukidi 

Nadia Yala Kisukidi questionne une pratique de la philosophie qui légitime des préjugés
PUBLIÉ LE 1 FÉVRIER 2019MIS À JOUR LE 1 FÉVRIER 2019

Maître de conférences en philosophie à l’Université Paris 8 en Seine-Saint-Denis et directrice de programmes au Collège international de philosophie, Nadia Yala Kisukidi qui enseigne la philosophie politique, africaine, française, s’interroge sur la pertinence de continuer à évoluer avec des préjugés dans la manière de pratiquer la discipline dans sa mise en lien avec des réalités du continent africain. « C’est un questionnement sur les lieux de légitimation. Mais il n’y a pas seulement la question des lieux, il y a aussi la question des bibliothèques », dit-il dans cet entretien qu’elle nous accordé en marge de la première session de l’école doctorale des Ateliers de la pense de Dakar (21-25 janvier 2019).

L’Ecole doctorale des Ateliers de la pensée prolonge-t-elle vos enseignements dans les amphithéâtres ?

D’une certaine manière, oui. En tout cas, en termes de formation, ce que je propose n’est pas nécessairement éloigné du type d’expertise et de réflexion qu’on peut avoir avec les étudiants. Puisque dans mes cours, il y a des cours de philosophie dite occidentale. Mais avec les étudiants, je travaille aussi beaucoup sur un certain nombre de penseurs africains. On a travaillé sur la notion de bibliothèque coloniale autour de Valentin Mudimbe. Il est vrai que Valentin Mudimbe fait partie des grands penseurs classiques contemporains qui permettent de dire quelque chose sur le voyage du nom Afrique, les usages que l’on peut en faire dans un certain nombre de travaux de sciences sociales et de sciences humaines. Il n’y a pas d’extériorité. Tous les savoirs et tous les types de formation qu’on peut offrir à l’école doctorale et dans nos vies respectives se font écho et dialoguent entre eux

Mais la question du lieu est cruciale…

La question du lieu est plus que cruciale. Là, je suis à Dakar, qui a une longue histoire en termes de regroupement des diasporas africaines, que ce soit lié aux dynamiques anticoloniales, aux dynamiques des indépendances et même aux dynamiques actuelles avec la présence d’institutions aussi importantes que le CODESRIA (Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique). Ensuite, il y a va d’une tentative de considérer que, désormais, les paroles qui se construisent sur le continent – même quand elles sont produites par les diasporas ou par des penseurs hors du continent – deviennent centrales quand elles assument leur lieu de production sur le continent africain. Ce qui est extrêmement important en produisant cette école doctorale, c’est qu’elle permet de faire vivre à l’échelle mondiale tout une utopie de productions des savoirs qui se jouent désormais sur le continent. Je ne serai pas caricaturale si je disais que dans les imaginaires universitaires, académiques, on a tendance à ostraciser tout ce qui se fait sur le continent. Là, en termes de géostratégie des savoirs, il s’agit de montrer que la vie des savoirs se joue désormais ici. On pourra dire que c’est ambitieux ou arrogant, mais s’il s’agit d’assumer cette ambition et cette arrogance, je n’ai aucun problème avec elles. Il y a une utopie qui est portée par cette école doctorale. Une utopie très forte qui prend en compte des situations matérielles qui font peser un ensemble de contraintes sur les travaux et sur la manière dont les étudiants, sur le continent ou ailleurs, et les poussent à baisser les ambitions qui peuvent être les leurs. Par exemple des formes de mandarinat : comment un professeur va rabaisser un étudiant qui serait trop fort ; comment un professeur peut parfois être plus insidieux avec les filles en les rabaissant ; comment penser les formes d’accès à un ensemble de ressources documentaires ? Ce sont des questions extrêmement concrètes qu’on se pose à l’intérieur de l’école doctorale.

Là, ça rejoint la philosophie et un questionnement sur ce qu’est la philosophie…

Oui, ça rejoint la philosophie, puisque la définition de la philosophie, ça pourrait être quoi ? Je vais citer Fabien Eboussi Boulaga (philosophe camerounais, 1934-2018) : c’est ‘’penser par soi et pour soi’’. Etre capable de développer une forme d’autonomie parce que n’importe quelle institution universitaire digne de ce nom devrait pouvoir permettre, pouvoir défendre et pouvoir autoriser chez ses étudiants. L’une des utopies qui commencent à se dessiner dans cette école doctorale, c’est de pouvoir créer les conditions pour que chaque individu, non pas devienne philosophe, mais puisse penser par soi, pour soi et produire un travail de qualité, dans des conditions d’indépendance intellectuelle totale. Et ne pas avoir à réaffirmer des filiations, à satisfaire l’autorité d’un professeur pour pouvoir développer une parole libre et forte.

Dans votre intervention à l’ouverture de l’école doctorale, vous avez cité Patrick Chamoiseau, dans son essai Ecrire en pays dominé (Gallimard, 1997). Comment philosopher, comment se livrer à cet exercice quand son humanité a été niée et continue à être niée ?

C’est une question qui est fondamentale. Il ne s’agit pas pour moi de me demander s’il y a une philosophie africaine,. C’est une question qui est soldée. Mais de manière générale, quand on vous dit : ‘’Est-ce qu’il y a une philosophie africaine ?’’, il y a plusieurs types d’arguments qui vont être soulevés à savoir que la philosophie est occidentale. On va dire qu’il ya un miracle, le ‘’miracle grec’’, les philosophes s’inscrivent dans une filiation gréco-européenne. Ou alors, vous allez avoir un argument humaniste qui va consister à dire : ‘’Nous sommes tous philosophes, puisque la philosophie est le propre de l’humanité.’’ Cet argument est faible au sens où il ne prend pas en compte les dynamiques de violence qui font qu’il y a des humanités récusées. Donc accordera-t-on le droit ou reconnaîtra-t-on qu’un individu peut être un philosophe quand son humanité a été récusée ? Et quand on s’intéresse à l’histoire des violences qui ont saisi le continent africain – pas exclusivement parce qu’il y a d’autres histoires de violence dans d’autres espaces – quand on reprend l’histoire de la colonisation, on voit que la question du droit à la philosophie n’est pas simplement une question abstraite ou métaphysique, mais ça devient une question politique. Ma réponse est assez radicale. Elle vient à la suite des travaux de Fabien Eboussi Boulaga, Valentin Mudimbe (philosophe congolais) – qui a énormément travaillé sur le désir de philosophie. Je ne conteste pas sa filiation gréco-européenne de la philosophie, mais je pars du principe qu’il existe d’autres types de savoirs et de pensée, qui sont très fortes et n’ont pas forcément à se réclamer du label philosophie, surtout si on en fait un objet de propriété foncière. Ma question, c’est plutôt : si on se demande ce que c’est que philosopher en pays dominé, si on se demande ce que c’est que philosopher quand son humanité a été contestée, quel est le statut de ce désir de philosophie ? Et est-ce que la philosophie en tant que pratique, inscrite dans une histoire, un lieu, peut porter un discours d’émancipation et de libération. Pour moi, de manière générale – je ne sais pas encore si je me nomme philosophe, je sais que je suis historienne de la philosophie – je ne suis pas sûre que le discours philosophique soit un discours privilégié et ait autorité pour dire véritablement ce qu’est un être humain libre ou non. Donc, pour moi, philosopher en pays dominé, c’est toujours avoir une espèce de réflexion déconstructiviste, non fantasmée voire désenchantée sur ce que produit la philosophie.

Cela demande certainement un renouvellement de la façon dont la philosophie est enseignée jusqu’ici…

Je suis tout à fait d’accord. Moi, je verrai bien – même en Europe on devrait faire ça – un département de la pensée, où la philosophie serait un des cursus. Il y aurait un enseignant de philosophie dans un tel département. Ça nous inviterait, pas à ‘’anthropologiser’’ la philosophie à outrance, mais à nous dire que si c’est une filiation gréco-européenne, on peut tout à fait penser avec au sens où je ne défends pas l’idée qu’il y aurait une guerre des civilisations dans le champ de la théorie – j’utilise Aristote, Descartes, Bergson sans problème. Je sais que je ne fais pas forcément de la philosophie quand j’utilise Descartes, Bergson, etc. je fais autre chose. Laisser droit à ces ‘’autres choses’’ dans l’espace institutionnel, ça peut être une manière intéressante de repenser nos institutions. Quand on a un étudiant qui veut travailler sur une des dimensions des réalités, il faut voir le type de thèses qui sont demandées et qui sont presque imposées d’autorité. Moi, j’en ai deux exemples qui sont un peu comiques. Très souvent, vous avez un nom d’auteur de la grande tradition occidentale associée à une totalité africaine indéterminée. Il y a des titres assez marrants : ‘’Habermas et la démocratie africaine’’ ou ‘’la théorie du pardon chez Ricœur et les principes de justice chez les peuples bantou’’. Finalement, vous avez des formes d’énoncés qui viennent toujours montrer que l’Afrique de la pensée c’est une extériorité qu’on va penser comme une totalité qui est là pour relégitimer un auteur de la tradition occidentale qui va offrir une grille de lecture et une grille d’intelligibilité à partir desquelles on pense les réalités africaines. Ça, c’est extrêmement problématique. Et toutes ces manières de devoir constamment relégitimer un discours soit sur une tradition intellectuelle du continent soit sur un ensemble de réalités qui méritent d’être un problème en elles-mêmes, c’est un vrai problème et ça montre à quel point quelque chose comme une politique des savoirs est à l’œuvre dans notre manière de nous représenter ce que peut et ce que doit la philosophie. C’est pour ça que j’aime bien suspendre le nom ‘’philosophie’’, non pas pour la piétiner – j’aime la philosophie, c’est un des engagements de mon existence – mais c’est toujours intéressant de se demander comment continuer à évoluer ou à naviguer avec des préjugés dans notre manière d’utiliser le mot ‘’philosophie’’ et de pratiquer la discipline soit sur le continent soit en Europe, quand on veut la mettre en lien avec un ensemble de réalités situées sur le continent africain.

C’est aussi un questionnement sur les lieux de légitimation et de validation…

Oui, c’est un questionnement sur les lieux de légitimation. Mais il n’y a pas seulement la question des lieux, il y a aussi la question des bibliothèques. A partir de quelles bibliothèques, de quels corpus va-t-on considérer que vous produisez un discours qui répond à des normes de scientificité. Le savoir n’est jamais neutre. Nos manières d’en produire ne le sont jamais et elles témoignent par moments des formes de géopolitiques qui structurent même les relations entre les pays, les relations entre le Nord-Sud, et qui vont avoir une traduction réelle sur notre manière de penser la normativité du savoir.

Propos recueillis le 24 janvier 2019 à l’hôtel Le Djoloff, Dakar

Aboubacar Demba Cissokho

RELIGIONS & PHILOSOPHIES


Islam : Vincent Delecroix considère que l'Islam sépare politique et religion mais que cela ne fonctionne plus ainsi.


Notes


Bibliographie


Jaurès le Prophète, Eric et Sophie Viguier-Vinson, Editions Albin Michel, 2014
Penser Global,Edgard Morin
La Chine et le confuscianisme aujourd'hui, Régine Pietra, Editions Le Félin, 2008
Les Anti-Lumières, Une tradition du XVIIème siècle à la guerre froide, Zeev Sternhell, Fayard 2010
La pensée en Chine aujourd'hui, sous la direction d'Anne Cheng, Gallimard 2007

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