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LES BERGERS D'ARCADIE - NICOLAS POUSSIN (1638-1640)
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POURQUOI LES GENS S'inTERESSENT A l'ART ? INTOUCHABLES 2011 OMAR SY FRANCOIS CLUSET

16000

Nb de toiles au Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg

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Qui a peint dans les grottes pendant 40 000 ans, comment et pourquoi ? L'origine de l'Art remonte à la Préhistoire. Entre l'ère de l'Art pariétal des grottes et l'essor des grands peintres, sans rupture technique, il ne s'est donc rien passé pendant des lustres en attendant simplement l'utilisation de la peinture à l'huile au XVIIème siècle.

Pendant des siècles, seul le monde Occidental s'exprima autant par la peinture. Rien d'équivalent n'a existé en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique. Au Moyen-Orient, les [Peuples] se sont auto-censurés en raison de leur [Religion], l'Islam, interdisant toute représentation, et, il est surprenant de constater qu'en Asie, personne n'a utilisé ce registre de manière aussi intense qu'en Europe même si la peinture asiatique en Chine ou au Japon comprend une grande variété de genres et de styles et que les artistes chinois deviennent reconnus dans le monde de l'Art contemporain depuis les années 90. Une explication possible étant que contrairement à la formation de l'artiste en Occident, la formation classique du peintre au Japon est inséparable de l'apprentissage de la calligraphie. C'est fondamentalement un « art du trait » où la notion de trait n'est pas la même qu'en Occident qui voit le trait comme un pur contour, une limite.

L'importance de la calligraphie explique également le fait qu'au Japon, dans la tradition, les peintres sont des lettrés, tandis que la peinture a été considérée en Occident, jusqu'à la Renaissance, comme un art de la matière, trompeur, par opposition à la philosophie, la géométrie et la musique, selon une tradition de pensée platonicienne ou néo-platonicienne. Les Quatre Trésors du lettré sont au cœur de la peinture japonaise qui utilise traditionnellement l'encre. Il y a donc souvent un lien entre l'art de la peinture et une forme de philosophie et représentation du monde.

Avec ses alliés, la [Littérature], l'[Architecture], la [Peinture] façonne les grands courants intellectuels et artistiques depuis le XVIIème siècle dès qu'elle sort du giron des [Religions] en Europe.  La peinture a-t-elle été tuée par la technologie de la photographie au XXème siècle ? Sans doute un peu mais elle demeure l'un des principaux vestiges de l'[Histoire] avec la [Littérature] et l'[Architecture].
  
Comme l'a souligné Yves Peyré dans son ouvrage de référence Peinture et poésie, «depuis toujours les écrivains ont regardé la peinture comme s'il y avait là pour leur propre aventure un enseignement à méditer, et ceci se bâtit sur des appels de réalité». Les écrivains montrent un intérêt certain pour les artistes peintres. Chez Emile Zola, dans L'Œuvre, Claude Lantier n'est autre que son ami Cézanne. Balzac s'est inspiré de Nicolas Poussin pour son Chef-d'œuvre inconnu. Du côté de la musique, Pierre Boulez dit chercher une partie de son inspiration musicale dans la peinture. Mais la [Musique] fait appel à un autre sens, l'ouïe. 

La science de la peinture est tellement divine qu'elle transforme l'esprit du peintre en une espèce d'esprit de Dieu.

PEINTURE

LES TECHNIQUES DISPONIBLES -  LE ROLE ACTIF DES RELIGIONS - LES CATEGORIES DE PEINTURES OU HIERARCHIE DU GENRE - GOTHIQUE - RENAISSANCE - BAROQUE - CLASSICISME - ROCOCO - NEO CLASSICISME - ROMANTISME - REALISME - IMPRESSIONISME - POST IMPRESSIONISME - CUBISME - FAUVISME - EXPRESSIONISME - SUREALISME - CAFE SOCIETY - DECONSTRUCTION - LA PHOTOGRAPHIE - LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES ET LES SALONS - L'ELITISME DE LA PEINTURE ET LES MECENES -  FEMMES PEINTRES - LES MUSEES - L'ART CONTEMPORAIN - LES GALERIES ET LES MAISONS DE VENTE - LA CHINE - LE STREET ART


Au XIXème siècle, lors d'une violente tempête en mer au large des côtes anglaises, un peintre démande à se faire attacher en haut du mât du navire pour y observer le phénomène météorologique puis le peindre. Le célèbre peintre anglais William Turner aurait inventé cette histoire pour expliquer l'origine de l'une de ses oeuvres lors de son exposition à la Royal Academy de Londres. Cette oeuvre s'appelle Tempête de neige. L'histoire de Turner ne sera jamais vérifiée et le peintre aura été été l'objet de virulentes critiques sur sa technique car il peint, dit-on dans les salons de la Royal Academy, avec de la crème ou du chocolat, du jaune d'oeuf ou de la gelée de groseille. Critiques qui finiront par le véxer, surtout quand certains évoquent la jaunisse. Cette anectode résume bien ce qui caractérise une peinture - une histoire, une technique, une critique subjective. Ce qui est ironique car les anglais resteront au second rang des courants artistiques européens. Comme si, en matière de goût, les anglais et le beau faisaient deux. Mais derrière l'oeuvre, se trouve souvent cachée une problématique de [Financement] pour le peintre que l'on retrouve à toutes les époques. Et l'origine du financement explique une grande partie le contexte des commandes passées par les religieux, les rois, les riches mécènes.


Les techniques disponibles 

Les premières peintures murales dans les grottes font partie d'art pariétal - l'art rupestre désignant les oeuvres en plein air - remontent à la préhistoire, que ce soit en Europe, au Moyen-Orient ou en Asie. Certains pensent qu'il existe plus de 40 millions de peintures rupestres dans le monde réparties sur 170 000 sites et 160 pays [1]. Les plus anciennes remontent à 40 000 ans et représentent des animaux. Entre cette période primitive et celle de l'essor de la peinture en Europe dans les années 1200 dite Renaissance, il ne se serait pas passé grand chose d'intéressant. 

Les principales oeuvres connues se trouvent en Inde ou au Moyen-Orient, il s'agit principalement des fresques murales. Au Tibet, les thangkas réalisés sur un support de toile de coton provenant d'Inde apparaissent au IX ème siècle. Les techniques se limitaient alors à utiliser en support la pierre ou le bois. 

Ce n'est qu'à partir du XVème siècle que des peintres flamands, nottament les frères Van Eyck, répandent la technique de la peinture à l'huile qui existait déjà depuis longtemps [2]. Tant que les techniques disponibles n'étaient pas sophistiquées, les représentations visuelles ne délivraient pas de messages intéressants, et surtout, les religions dispososant du monople de l'instruction bridaient toute forme de créativité.

Se procurer des toiles de bonne qualité n'était pas toujours facile pour les artistes. Les plus pauvres utilisaient souvent les deux faces de même la toile pour leurs oeuvres. Le film Gauguin, Voyage de Tahiti, montre la pénurie à laquelle l'artiste était parfois confronté [3]. Même chose pour le choix des pigments. Le cri de Munch a perdu de sa suberbe à cause de pigments jaunes de mauvaise qualité. Pour peindre, il faut du temps et de l'argent. Ce n'est donc pas un hasard si les [Religions] étaient le principal moteur de la croissance de la [Peinture].


Et surtout organisé par les religions

En Asie, au Moyen-Orient et en Europe, ce sont bien les religions qui ont développé et façonné l'ensemble des premiers courants artistiques  : miniatures en Inde, calligraphie en Chine et au Japon, Thangas bouddhistes au Tibet, etc. Pour y parvenir, elles ont dû s'adapter car à l'origine les trois religions du Livre - La Bible -  prohibaient toute représentation figurative. L'exemple le plus connu et encore polémique au XXIème siècle étant l'interdiction de représentation du prophète Mahomet chez les Musulmans.

La peinture en Occident se construit ensuite souvent en rapport avec d'autres arts, surtout la [Littérature]. Pourquoi est-ce si unique ? Il n'existe rien d'équivalent au Moyen-Orient car l'Islam ne favorise pas les représentations, ni même en Asie (en Chine, en Inde ou au Japon) dont les [Intellectuels] restent étanche à l'art de la [Peinture], probablement accaparés par la caligraphie propre à leur [Langue].

En Inde, l'art d'inspiration religieuse laisse peu de place à la créativité. On trouve les peintures puraniques du Kerala murales puis sur rouleau et sur tissus collées avec l'école Tanjore du Tamil Nadu. Quant aux peintures de la fin du XIXème siècle sous l'influence de la famille Tagore et de quelques écoles comme celle du Bengale [4], certaines furent parfois d'inspiration européenne [5] mais ensuite critiquées [6].

Seul le christianisme parmi les trois monothéismes a changé de position vis à vis de la représentation figurative suite à l'Edit de Milan de 313 - avec la liberté de culte, l'art chrétien sort alors de sa clandestinité - et du Concile de Nicée de 787 autorisant l'association d'images religieuses à des idoles au motif de l'instruction religieuse. L'Eglise a ensuite poursuivi activement une sorte de stratégie marketing à vocation éducative en étant commanditaire de nombreux artistes à partir du XVème siècle [7]. L'accès directe des oeuvres auprès d'un public, réparti sur tout le territoire et dans les campagnes a de quoi rendre dubititatif sur l'efficacité d'une telle démarche. Les Eglises devaient se partager entre elles quelques oeuvres pour les montrer à leurs paroissiens et beaucoup d'oeuvres étaient reproduites à l'intérieur des Eglises.


Les catégories de peintures ou la hiérarchie des genres

Les peintures n'étaient donc pas vraiment le fruit de l'imagination d'artistes mais celui de commandes précises en fonction de codes. Héritée de l’Antiquité et codifiée en 1668 par André Félibien, secrétaire de l’Académie des Beaux Arts, la hiérarchie des genres priorisait l’invention aux dépens de l’imitation pour les scènes religieuses, l'imitation étant déléguées aux portraitistes, peintres de paysages ou de natures mortes.

-Au sommet se trouvait la peinture d’histoire, appelée «le grand genre» : tableaux souvent de grande taille, à sujets mythologiques, religieux ou historiques .
-Le portrait, représentant des personnages importants du passé comme du présent.
-Les scènes de genre : représentations, généralement de petite taille, de scènes de la vie quotidienne attachées aux personnes ordinaires.
-Le paysage.
-La nature morte.
Au XIXème siècle, les peintres se sont progressivement libérés de cette hiérarchie et ont convergé dans des courants cohérents étudiés aujourd'hui en histoire de l'Art et maîtrisés finalement par peu de monde dans la [Population], le sujet étant plutôt prisé chez les [Talents].


Les courants influencés d'abord par la religion

Les courants artisitiques ont bien existé, mais de leur vivant leurs participants n'avaient pas le recul nécessaire pour en faire l'analyse. Ce sont leurs successeurs et des historiens qui s'y sont consacrés y compris dans l'appelation de ces mouvements.


- Le gothique (1200 - 1400)
Mouvement médiéval s'est développé dans la France de l'art roman et s'inspire de la période gothique en architecture et reste focalisé sur la thématique religieuse. La peinture gothique telle qu'on la connaît n'apparaît pas avant environ 1200, soit près de 50 ans après les origines de l'architecture et la sculpture gothique.
Le mot « gothique » est d'abord utilisé comme synonyme de « barbare », se nouant donc à une connotation péjorative. Ses détracteurs voient ce type d'art médiéval comme non raffiné et trop éloigné de l'esthétique et des proportions de l'art classique. Le qualificatif « gothique » n'est apparu qu'après dans une lettre de l'artiste Raphaël au pape Léon X (1518). Il est ensuite repris et popularisé par l'artiste et écrivain italien Giorgio Vasari, dès 1530, lorsqu'il qualifie l'art gothique de « désordre monstrueux et barbare ». L’art gothique est considéré, à tort, comme un art barbare. Ce sont les Goths qui, en 410, ont saccagé Rome. Il s’agit d’opposer l’art du Moyen Âge à l’art de l’Antiquité.
La peinture gothique est un style de représentation picturale appartenant aux arts gothiques, apparu en Europe occidentale, environ 50 ans après les débuts de l'architecture et la sculpture gothique. 
L’art gothique est avant tout un courant au service de la religion chrétienne. Les images créées véhiculent en permanence un message eschatologique - l’espérance de vie est, à l’époque, d’une trentaine d’années - dans le but d’éduquer les fidèles qui ne savent ni lire ni écrire. On y trouve les étranges représentations de Chérubins et de Séraphins [8]. Simple et accessible à tous, l’art gothique transmet aussi un ensemble de règles civiques et morales utile à conserver l’équilibre social.
Les couleurs vives de l’art gothique, souvent sur fond doré, contrastent avec l’absence de couleur du quotidien de l'époque : au Moyen Âge, le peuple européen vit dans un monde brun, gris et marron. Seuls les vêtements des nobles et des religieux sont constitués de couleurs vives. 
La représentation des personnages ne reflète pas la réalité, impossible de les reconnaître physiquement car l'Église, même si plus ouverte désormais, considérait la représentation comme un signe d’orgueil et de vanité. 
Les divers symboles suffisent à identifier les sujets : le Christ porte la croix et son corps peut être marqué de stigmates, la tête des saints est entourée d’une auréole, saint Pierre a des clefs entre les mains, etc. Les personnages les plus importants, comme le Christ, la Vierge ou les saints, sont représentés dans de plus grandes dimensions que les sujets moins importants dans ce qu'on appelle la perspective signifiante. Par exemple : représentation du Christ avec la croix, de Saint-Marc avec un lion ailé, de saint Pierre avec des clés. Beaucoup de représentations illustrent littéralement des textes de la Bible ce qui explique parfois des images incompréhensibles dont le Vatican a progressivement fait disparaitre les traces par la suite.
Sous les influences conjuguées des styles italiens, français et flamands, la peinture gothique évolue pour devenir internationale.

Exemple d'artistes : Giotto di Bondone, dont une grande partie de ses étudiants a été décimé par la peste. Simone Martini, élève de di Bondone selon Giorgio Vasari, est un peintre italien né à Sienne, il a grandement influencé le développement du style gothique international.


- La Renaissance (1400 – 1600), dure sur une longue période faite elle même de plusieurs courants 
Au XVème siècle, l'introduction d'imprimés à bon marché, surtout la gravure sur bois, rend possible, même pour les paysans, d'avoir des images de dévotion à la maison. Ce XVème siècle est très marqué par les grandes épidémies de peste.  Les ravages des pandémies ont également eu un impact sur l’art. Ainsi la peste noire a donné naissance à des représentations très codifiées, appelées Danses macabres. 


1/La première Renaissance 
Les anciennes techniques font place à l’invention de la perspective linéaire avec un point de fuite unique. L'évolution de la technique permettant une reproduction de l’espace fidèle du motif vient encore ajouter au réalisme de la nouvelle composition. La renaissance va révolutionner la composition picturale et poser les bases de la représentation pour les cinq siècles à venir. La composition gothique devient du coup inutile. Un nouveau langage capable de traduire le nouveau mode de pensée dans lequel l’homme, en accord avec la philosophie humaniste, s'impose.

Exemples d'artistes :

Italie : Antonello de Messine, Giovanni Bellini, Sandro Botticelli, Léonard de Vinci, Fra Angelico, Domenico Ghirlandaio, Filippo, et Philippino Lippi 
Europe du Nord :
Jérôme Bosch, Dieric Bouts, Robert Campin, Petrus Christus, Gérard David, Albrecht Dürer, Jean Fouquet, Hans Holbein le jeune, Hans Memling, Hugo van der Goes, Rogier van der Weyden, Jan van Eyck


2/La Renaissance classique
La période dite classique correspond à la période d’activité de Raphaël (1500 - 1520) qui impose un style adopté par tous comme modèle. Bien entendu le style classique n’est pas une invention du seul Raphaël mais un aboutissement artistique, fruit des recherches commencées un siècle plus tôt par tous les artistes du Quattrocento [9]. Le peintre doit maîtriser les techniques qui lui permettent un certain réalisme ainsi que posséder une érudition particulière afin d’intégrer des motifs en accord avec le sujet : les épisodes religieux ou mythologiques, par exemple, sont représentés dans un décor d’époque et les personnages sont vêtus à la mode de la Rome antique. Si les motifs sont tous issus de la réalité, l'objet du tableau reste néanmoins au service du message, qu’il soit politique ou religieux. L'Art n'étant plus le monopole de l'Eglise, les Couronnes européennes s'intéressent à la peinture et passent des commandes pour leur propre gloire. François 1er se rapprocha de Leonard Vinci, on dit même qu'il était à ses côtés pour le dernier souffle du génie italien à Amboise. 
La toute puissances des Papes ne rendait pas pour autant les artistes aveugles du progrès et de la [Science]. Par exemple, les relations entre Michel Ange et le Pape Jules II étaient tumultueuse. Au commanditaire des peintures du plafond voûté de la chapelle Sixtine, qui lui demandait quand il pensait terminer son travail, Michel-Ange aurait répondu, cinglant et hautain : « Quand je pourrai ! ». Et pourtant le Pape faisait confiance à un artiste prometteur mais qui n'avait encore jamais peint de fresque. L'artiste, rebelle, aurait aussi profiter de ses connaissances en anatomie pour façonner une partie de la fresque en s'inspirant d'un cerveau. Il se serait aussi disputé avec le Pape quant au paiement de son travail, et a fini par haïr ce qu'il estimait représenter l'extravagance et la vanité de l'Eglise.

Exemples d'artistes : « trois génies » dont les conceptions s’opposent : Raphaël, Léonard de Vinci, et Michel-Ange. Ils ont laissé une impression si forte sur leurs contemporains que les artistes de la génération suivante ont cherché  une nouvelle expression picturale pour s'affirmer. C'est dans ce contexte que le style classique s'effacera pour laisser place au maniérisme.
Florence, Rome : Andrea del Sarto, Le Pérugin, Léonard de Vinci, Michelangelo Buonarroti dit Michel-Ange, Raphaël, Le Corrège
Venise : Giovanni Bellini, Lorenzo Lotto, Giorgione Le Titien, Le Tintoret, Véronèse


3/Le Manièrisme 
Dès la moitié du XVème siècle, les proportions mathématiques sont délaissées au profit d'une déformation des corps en hauteur. Michel-Ange et ses rythmes déliés sont repris. La réponse que Botticelli avait apportée avec sa Naissance de Vénus au problème d'équilibre et d'harmonie est appliquée au sujet, quelquefois jusqu'à l'exagération. Queques règles de styles ressortent :
- une ligne "serpentine" (ligne de construction de forme sinueuse) qui devient vite l'identité de la "grande manière". 
- Les couleurs sont souvent froides et les corps s'exposent en contrapposto (torsion du corps selon deux axes opposés) dans une pâleur minérale. 
- Les gestes sont éloquents, figés dans des postures théâtrales. 
- L'éclairage peut perdre son aspect jusqu'alors uniforme pour des effets nocturnes ou orageux. 
- Une attention particulière est apportée au rendu des matières et aux objets décoratifs.


Exemples d'artistes :
Italie : Giuseppe Arcimboldo, Agnolo Bronzino, Le Corrège, Le Parmesan, Pontormo, Primatice, Le Tintoret, Véronèse
Europe du Nord : Lucas Cranach l'ancien, Mabuse, Hans Holbein le jeune
France : Jean Clouet et  Maîtres de l'école de Fontainebleau
Espagne : Le Greco, d'origine grecque comme son nom l'indique


4/Le Caravagisme (1600-1650), les débuts du courant baroque
Le caravagisme n'est pas réellement un mouvement pictural mais plutôt une inspiration du style du peintre Michelangelo Merisi dit le Caravage que l'on retrouve chez divers artistes (baroque et classique).
Si les générations précédentes s'appliquaient à recopier la nature, le résultat était toujours empreint d'un imaginaire destiné à servir un modèle héroïque issu de la pensée néoplatonicienne. Le nouveau sentiment de réalité proposé par Caravage est lié à la représentation de ce que voit l'artiste : ce qui était suggéré devient identifiable dans l'image. Le Caravage utilise la lumière comme un signifiant. Elle dessine la réalité, la souligne et l'exalte, servant essentiellement à lier le dialogue des personnages. Le fond sombre et l'absence d'arrière-plan rend la scène particulièrement intimiste tout en produisant une ambiance dans laquelle l'être humain est porteur d'une destinée ombrageuse aux accents souvent mystiques.

Exemples d'artistes :
Italie : Artemisia Gentileschi Orazio Gentileschi Bartolomeo Manfredi, José de Ribera Le Guerchin
France : Georges de La Tour, Valentin de Boulogne

Europe du Nord : Antoon van Dyck, Jacob Jordaens, Gerrit van Honthorst, Rubens
Espagne : Francisco de Zurbaran, Diego Velasquez, Bartolomeo Murillo, Jusepe de Ribera


- Le baroque (1600 – 1720)
Né en Italie à Rome, Mantoue, Venise et Florence à la charnière entre les XVIème et XVIIème siècles, le baroque se répand rapidement en Europe dans tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture et musique et se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance et la grandeur parfois pompeuse.
L’art baroque est caractérisé par des couleurs riches et profondes, les jeux d’ombres et de lumières intenses(utilisation du clair-obscur avec un fort contraste ombre et lumière). L’art baroque est réputé pour évoquer l’émotion et la passion et non la rationalité et le calme qui se dégage de la peinture de la Renaissance.
Par opposition à la peinture de la Renaissance qui montre habituellement le moment précédant un événement important, les artistes baroques choisissent le point le plus dramatique, le moment où l'action se produit.

Les peintres baroques abordent généralement des thèmes artistiques tirés des légendes et contes bibliques ou mythologiques. Cependant, bien que la peinture religieuse, la peinture d'histoire, les allégories et les portraits soient considérés comme les sujets les plus nobles, le paysage et les scènes de genre sont également très répandus.

Exemples d'artistes 
Néerlandais : Rembrandt, Frans Hals, Jacob van Ruisdael, Johannes Vermeer, Jan Steen
Espagnols : Francisco Ribalta, José de Ribera, Francisco de Zurbarán, Diego Velázquez
Flamands : Pierre Paul Rubens, Antoine Van Dyck, Jacob Jordaens, Jan Brueghel l'Ancien, 
Français : Trophime Bigot, Jean de Beaugrand, Abraham Bosse, Hyacinthe Rigaud
Italiens : Michel Ange, précurseur du baroque), Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin, surnommé « le second Michel Ange »), Caravage


Le classicisme, l'influence des Lumières et du rationel

- Le Classicisme (1600 – 1700)

Mouvement culturel, esthétique et artistique qui se développe en France, et plus largement en Europe. Il se définit par un ensemble de valeurs et de critères qui dessinent un idéal s'incarnant dans l’« honnête homme » et qui développent une esthétique fondée sur une recherche de la perfection, son maître mot est la raison. La peinture classique est fondée principalement sur l’œuvre de Raphaël, qui en demeurera la référence. Elle tend vers un idéal de perfection et de beauté, à travers des sujets nobles, de préférence inspirés de l'antiquité ou de la mythologie gréco-latine tels que les figures héroïques, les victoires ou la pureté des femmes.

Les peintres classiques cherchent à symboliser le triomphe de la raison sur le désordre des passions : la composition et le dessin doivent primer sur la couleur, le concept sur la séduction des sens.  C’est pour cela que des règles précises et strictes doivent exprimer la représentation de la nature. La composition est donc presque toujours symétrique ou – au moins – équilibrée, et les personnages toujours ramenés à des proportions plus réduites et représentés en pied, le hors-cadre étant quasiment banni. Le décor, et tout particulièrement la nature, doivent refléter le sujet principal, lui faire écho en reprenant les mêmes thèmes. Mais la raison n'empêche pas les mystères, la peinture croise parfois l'intérêt de groupes ésotériques à partir du XVIème siècle, comme la Rose-Croix. Ces groupes, formés dans un contexte de grandes tensions [Religieuses] en Europe, se développent et parviennent les uns après les autres à la lumière de la fin du XVIIème au début du XVIIIème. Alexandre Adler explique bien dans l'un de ses livres l'une des affaires les plus intéressantes tournant autour d'une oeuvre de Nicolas Poussin au XVIIème siècle, Les Bergers d'Arcadie qui a fait couler beaucoup d'encre en France.

Le classicisme concerne la littérature du XVIIème siècle, en particulier le théâtre, mais aussi d'autres arts comme la musique, la peinture ou l'architecture. Dans l'histoire de la peinture, la peinture classique peut s'entendre au moins de deux façons principales :

- synonyme de peinture académique, qui repose avant tout sur le réalisme et la figuration, et représente les choses de manière prétendument objective, traditionnelle, voire un peu mièvre. 

- un courant artistique qui s'oppose au mouvement baroque. Après les excès du maniérisme, un certain nombre de peintres décident d'une sorte de retour à l'ordre et souhaitent retrouver l'équilibre et la perfection atteinte notamment par les artistes de l'antiquité et retrouvée par les peintres de la fin de la Renaissance.

Exemples d'artistes :  un grand nombre de peintres français, le mouvement ayant une influence considérable dans le pays grâce à la prédominance du classicisme en architecture sous le règne de Louis XIV, Philippe de Champaigne, Nicolas Poussin et Charles Le Brun.


- Le Rococo (1710-1770) 

Après le déclin du mouvement baroque dans la seconde moitié du XVIIIème siècle naît le rococo, principalement en France sous le règne de Louis XV et dès la régence de Philippe d'Orléans. De délicats mélanges de roses, verts et jaunes furent mis en exergue dans des compositions frivoles et d’une surprenante légèreté, rejetant la symétrie et estompant les lignes droites. La grande peinture décorative disparaît au profit de la peinture de chevalet, où la couleur reprend ses droits. Le terme rococo lui même est dérivé du mot rocaille provenant des ornementations imitant les rochers et les pierres naturelles. 

En plus d’une tendance artistique, le rococo fut aussi un véritable style de vie, fondé sur le plaisir raffiné des sens

L’influence du théâtre est extraordinairement présente dans la peinture rococo. Composition et mise en place des personnages, postures et déguisements : l’ensemble témoigne d’une volonté de montrer le monde non pas tel qu’il est, mais tel que l’on se persuade qu’il est. Le thème de l’Arcadie (lieu imaginaire idéal tiré de la mythologie latine où règnent sagesse, bonheur et justice) retrouve une place privilégiée ainsi que l’exotisme des pays lointains.... Les genres sont mélangés : la mythologie côtoie la religion, le tout intégré à l’époque contemporaine. Les peintres s’intéressent aussi bien à représenter l’aristocratie que le peuple avec un engouement particulier pour les représentations bourgeoises. 

Les fêtes galantes versaillaises sont les sujets principaux des peintres français. Watteau les peint tout en mélancolie. Boucher, influencé par la clarté du style italien, donne une ambiance érotique à ses peintures. Fragonard installe les sentiments amoureux aussi bien dans ses portraits que dans des scènes mythologiques ou des paysages.

Exemples d'artistes : François Boucher, Carle Van Loo, Charles Coypel,  Jean-François de TroyJean Antoine Watteau, Jean Honoré Fragonard et Jean- Baptiste Tiepolo. Le style rococo disparut totalement avec la Révolution française en 1789, laissant alors la place au style néoclassique.


- Le néo classicisme (1750 – 1850)

L'apparition du néo-classicisme un demi siècle après la fin du classicisme est marqué par un recul de l'influence française en Europe à partir de la guerre de Sept Ans entre 1756 et 1763 lors de laquelle les puissances Anglo-Prusses s'imposent face à la France. Au niveauDiplomatique], cette guerre peut-être considérée comme le premier conflit mondial car elle impliquait par un système d'alliance l'Amérique du Nord et l'Inde. 

Ce courant s’inspire directement de codes de l’art antique, et plus particulièrement romain : A partir de la découverte des ruines de Pompéi à côté Naples en Italie et d’Herculanum.Le mouvement, né à Rome se diffuse en Europe et aux États-Unis par l'intermédiaire des écrits de théoriciens dont le principal représentant est l'archéologue et historien d'art Johann Joachim Winckelmann. La rigueur et la simplicité des formes qui le caractérise est une réaction de rejet d'un style français fait de grandiloquence et de frivolité qui marque l'art Rococo, que les Anglais et les Allemands jugent pernicieux et superficiel. Un idéal plastique était recherché, et une certaine leçon morale était induite par le sujet historique des oeuvres. 

Exemples d'artistes  : Jean Dominique Ingres (élève de David), Jacques Louis David, Antonio Canova
Parmi les peintres représentatifs de ce courant, Jacques Louis David se distingue en intégrant l'histoire de Rome dans toutes ses oeuvres. Il  fut le maître d’une esthétique, où la douceur des tons et des contrastes favorisait la primauté des lignes et du dessin.


Le contre pieds du rationel, l'apparition de nouveaux courants plus créatifs


- Le Romantisme (1800 – 1850)
Le romantisme s’oppose à l’idéal classique en cherchant l’évasion dans le rêve, l’exotique ou le fantastique.. Les sentiments sont exacerbés et les images en deviennent théâtralisées ou même imaginaires. . La matière picturale devient épaisse , la couleur reprenant la primauté sur le dessin. 
Ce besoin d’exposer ses sentiments peut se comprendre selon le contexte de l’époque :
– L’épopée Napoléonienne marque les artistes. L’empereur est vu comme le héros d’une ère nouvelle. C’est celui qui a vaincu l’obscurantisme de la monarchie. Mais après la défaite de Waterloo, la jeune génération d’artiste exprime son désarroi à travers des œuvres montrant un désastre (Radeau de la Méduse).
– La Révolution Industrielle remplace le travail manuel par le travail industriel. Les transformations technologiques et sociales qu’elle engendre sont sources d’inquiétude.
Les caratéristiques d'une peinture romantique : le peintre fait ressentir ses émotions aux spectateurs, représentation subjective de la réalité, événement de l’époque traité selon les opinions de l’artiste, paysages étranges et mélancoliques. L’intérêt des romantiques portait sur des sujets actuels ou passés. Les compositions pouvaient être de très grands formats, voire monumentales et présentaient des contrastes souvent très forts. L’artiste laissait libre cours à « sa représentation » des choses : L’identité du créateur devient manifeste et les tableaux ne nécessitent plus de commande officielle et préalable

Exemples d'artistes : Les deux figures marquantes, pour la peinture en France, sont Eugène Delacroix et Théodore Géricault. Ce dernier était passionné de cheval, et en a fait le thème majeur de son oeuvre. Malheureusement il fut également la cause de sa mort lors d’une chute à seulement 33 ans.


- Le Réalisme (1850 – 1900)
Le terme caractérise une tendance apparue en France au milieu du XIXème siècle ayant pour but de donner une représentation exacte, actuelle ou quotidienne de la Nature. Il manifeste une réaction contre l’académisme néoclassique et contre les excès romantiques à la fois. Pour la première fois, les peintres réalistes sont sortis, in situ, pour peindre « en plein air », et le réel y est souvent représenté d’une façon tranchée et crue. Les peintres ont fortement éclairci et refroidi leur palette et les peintures peuvent avoir un aspect quasi photographique.


Exemples d'artistes : Jean-Baptiste Camille Corot, Charles-François Daubigny, Gustave Courbet


- L’Impressionnisme (1850 – 1890)
Les impressionnistes vont modifier radicalement leur rapport au sujet par rapport aux réalistes : L’intention de l’artiste sera désormais de capter par l’intermédiaire du sujet, le premier instant d’une réalité sensorielle en perpétuelle modification. Pour peindre ce moment sensible, et donc cette nouvelle façon de « voir » la réalité, les peintres vont appliquer de nouveaux procédés picturaux, capables de rendre visuel l’instantanéité de la vision et l’aspect éphémère des phénomènes observés : Seule la couleur est traitée, les lignes étant totalement abandonnées. La spontanéité recherchée est traduite par la juxtaposition de « touches » colorées qui restituent les vibrations lumineuses. Des couleurs pures, directement sorties du tube, sont utilisées.
Dans certaines oeuvres de Monet ( Impression soleil levant, Cathédrale de Rouen… ), les touches se fondent entre-elles jusqu’à une quasi-abstraction. Le paysage sera le sujet impressionniste privilégié.


L’impressionnisme n’a jamais été organisé en mouvement ou école, et aucune publication ou autre manifeste n’a vu le jour. Les peintres avaient simplement un but commun d'exprimer un nouveau regard sur la réalité, et de le rendre visible et perceptible d’une manière personnelle et détachée de la représentation classique. 
En 1874, alors que l’impressionnisme a déjà une dizaine d ‘années, a lieu la première exposition collective et publique, dans l’atelier du photographe Nadar. Il n’y aurait désormais plus aucun jury ni récompense ! De 1874 à 1886, huit expositions sont organisées. Les figures principales ayant participé sont, outre Monet et Renoir, Pissarro, Sisley, Berthe Morisot et Degas. Lors de la dernière exposition en 1886, Monet et Renoir, refusèrent d’y participer, manifestant ainsi leur mécontentement à l’égard d’un nouveau venu, Seurat, qui désire poser des bases scientifiques au sein du groupe. Gauguin, qui figure dans cette dernière exposition, fût également la cause de quelques disputes…

Exemples d'artistes : Claude Monet, Auguste Renoir, Paul Gauguin

- Le Post-impressionnisme (1885 – 1905), apparition au salon de Rose-Croix en 1892 selon Emile Bernard
Le XIXème siècle fut, pour la société occidentale, une période de très grande mutation. Le pouvoir est donné à la machine, et les préoccupations principales sont économiques et productivistes. Certains artistes vivent mal cette domination du matérialisme, et dans le dernier tiers du siècle, l’Art va devenir le refuge de ceux qui la refusaient. Le post-impressionnisme regroupe le pointillisme (ou néo-impressionnisme), le synthétisme, le symbolisme et les nabis. Le terme post-impressionnisme est donc une appellation nécessairement floue et plurielle, qui englobe des dizaines de courants et de styles, terme que des critiques vont appliquer, avec le recul, d'abord à Paul Cézanne — considéré comme le premier représentant de cette nouvelle rupture — puis Vincent van Gogh, Paul Gauguin, Henri de Toulouse-Lautrec et Georges Seurat.

>Symbolisme

Le symbolisme est un mouvement littéraire et artistique apparu en France, en Belgique et en Russie en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien.

C'est le critique et romancier Émile Zola, en 1876, qui a été le premier à employer ce terme, en accusant le peintre Gustave Moreau de « symbolisme » dans le cadre de la critique de ses tableaux présentés à Paris au salon annuel de peinture. Cette critique est généralement considérée comme l'acte de naissance du symbolisme.

Cependant, il n'est officiellement déclaré comme véritable mouvement qu'en 1886, dans Un Manifeste littéraire publié dans le Figaro, par le poète Jean Moréas qui définit cette nouvelle manière d'écrire : « Ennemie de l'enseignement, la déclamation, la fausse sensibilité, la description objective, la poésie symbolique cherche à vêtir l’Idée d'une forme sensible. » Un mouvement très éclectique va apparaître dans toute l’Europe, et toucher toutes les formes d’expression artistiques : Le Symbolisme qui utilise ici l'étymologie du mot « symbole » (« jeter ensemble ») pour désigner l'analogie que cette poésie souhaite établir entre l'Idée abstraite et l'image chargée de l'exprimer . Toutes les démarches se retrouveront dans un but commun : Celui d’abandonner la description et la simple représentation, au profit de l’introspection et de la suggestion. 

Exemples d'artistes : 

Louis Janmot dés 1835, puis Gustave Moreau et Puvis de Chavannes sont des précurseurs du symbolisme français en peinture, qui mêle au mystique les thèmes de l'étrange et du rêve. Gustav Klimbt, Edvard Munch connu pour le Le Cri.


>L’école de Pont-Aven

Groupe de peintres réunis dans la région bretonne de Pont-Aven, en 1888, autour de Paul Gauguin et d’Emile Bernard, afin d’y pratiquer « le synthétisme », une nouvelle technique picturale inspirée des estampes japonaises, et mise au point par Gauguin. Celle-ci consiste à libérer l’espace du tableau de la perspective, à simplifier les formes au maximum jusqu’à obtenir des surfaces, à délimiter celles-ci par des cernes noirs et à y insérer des couleurs en aplats choisies arbitrairement.

>Les Nabis (prophètes en hébreu )

Mouvement artistique postimpressionniste d'avant-garde, né en marge de la peinture académique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle dont le début se situe probablement autour de 1888.

Influencé par le synthétisme et les innovations de Gauguin, Sérusier peint à Pont-Aven « Le talisman » en 1888. Ce petit tableau sur une boite de cigares dépasse les limites de la représentation pour l’époque. Autour de lui, un groupe de jeunes peintres se constitue. Maurice Denis en sera le chef de file et le théoricien. Très imprégnés de valeurs mystiques, et trouvant les oeuvres impressionnistes trop superficielles, ils désirent retrouver les sources d’un Art pur, en affirmant un caractère initiatique et sacré dans leur esthétique. Les oeuvres sont fort diverses mais se réunissent dans des influences et codes esthétiques communs : Japonisme, cloisonnisme, couleurs pures, aplats, arabesques…


- Le Cubisme (1900-1940)
Mouvement qui constitue une révolution dans la peinture et la sculpture, et influence également l'architecture, la littérature et la musique. Produites essentiellement dans la région parisienne, les œuvres cubistes représentent des objets analysés, décomposés et réassemblés en une composition abstraite, comme si l'artiste multipliait les différents points de vue. Elles partagent également une récurrence des formes géométriques .
Développé à partir de 1907 seulement à l'initiative de deux peintres Pablo Picasso, Georges Braque, ce qui est rare, et dans une certaine mesure Auguste Herbin (« précubisme »), le cubisme connait son apogée lors de la période dite du cubisme analytique (1910-1912), suivi par le cubisme synthétique et l'orphisme (1912).. Interrompu pendant la Grande Guerre (1914 à 1918), le mouvement demeure actif jusqu'au milieu des années 1920, notamment grâce au soutien des marchands d'art Léonce Rosenberg et Daniel-Henry Kahnweiler [10]. 
Le cubisme a connu un succès important à travers le monde, donnant parfois lieu à l'élaboration de variantes nationales telles que le cubisme tchécoslovaque. S'il est surtout connu comme mouvement pictural, la sculpture a joué un rôle important dans le développement du mouvement. 


Exemples d'artistes :  Juan Gris, Jean Metzinger, Albert Gleizes, Robert Delaunay, Sonia Delaunay-Terk, Henri Le Fauconnier, Eugène-Nestor de Kermadec et Fernand Léger


- Le Fauvisme (1900-1920)
Le fauvisme (ou les fauves) est un courant de peinture expressionniste qui a marqué l'art en libérant notamment la couleur. Le mot « fauves » est employé pour la première fois par Louis Vauxcelles à l'occasion du Salon d'automne de 1905
Edouard Manet (réaliste à ses débuts puis impressionniste), fit scandale avec le déjeuner sur l’herbe. Il innova également sur le plan plastique : le fond uni du fifre et les rapports de tons clair sur clair et sombre sur sombre de l’Olympia, constituent des trouvailles esthétiques pour l’époque.
Le Fauvisme apparaît dans le prolongement des recherches divisionnistes, du synthétisme de Gauguin, et de l’expression de Van Gogh. Il ferme la marche du siècle et ouvre la porte du suivant sur le plan chronologique et esthétique à la fois : Exaltation des couleurs pures et contrastes violents, abandon total des règles de perspective et d’espace, touche grasse et épaisse.

Exemples d'artistes  : Henri Matisse, Courbet, Jean François Millet, Honoré Daumier, Edouard Manet


- L’Expressionnisme (1918-1935)
C’est sous une grande variété de façons de faire et d’expérimentations que la tendance à « l’expression » voit le jour dans tous les domaines artistiques. Le modernisme du XIXème siècle a bousculé les valeurs et les moeurs de son temps. Un sentiment de déracinement s’est instauré et les créateurs qui refusent le monde moderne, ils n’hésitent plus à puiser leur inspiration dans d’autres traditions que celles européennes : Les arts primitifs, africains et océaniens, ont désormais une influence directe sur les productions d’artistes majeurs tels Gauguin, Picasso, Matisse…
Les images aux couleurs pures et arbitraires sont simplifiées et déformées. L’expression directe traduite par ces images brutalisées matérialise le sentiment profond de l’artiste, qui est le plus souvent celui d’un malaise dans son rapport au monde.

Exemples : Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés. Le Cri, du peintre Edvard Munch, ou Les Grands chevaux bleus de Franz Marc. 


- Le Surréalisme (1930 – 1945)
Mouvement comprenant l’ensemble des procédés de création et d’expression (peinture, dessin, musique, cinéma, littérature...) utilisant toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) libérées du contrôle de la raison et en lutte contre les valeurs reçues. Il est caractérisé par sa transdisciplinarité (peinture, objet, collage, cinéma, costume...) et l'importante collaboration entre ses membres.

En 1924, André Breton le définit dans le premier Manifeste du surréalisme comme un « automatisme psychique pur, par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée.

Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie1 (xxe siècle). En réactualisant la dimension poétique de la peinture, le surréalisme se heurte à la question de la représentation du non-figurable et de l'indicible.

Suréalisme à partir de 1924 avec Henri Breton (forces psychiques), Magritte, Dali, Prévert, Max Pol Fouchet.

Exemples d'artistes : Joan Miro, Savador Dali, Giorgio de Chirico, René Magritte, Pablo Picasso


Des courants culturels transverses

Certains courants ont eu plus de liens que d'autres avec les grandes catégories des arts. Leur influence s'est étendue sur plusieurs pays ou même continents.

- Les Préraphaélites (1850-1900)

Mouvement artistique né au Royaume-Uni qui tient la peinture des maîtres italiens du XVème siècle, prédécesseurs de Raphaël, comme le modèle à imiter.

Au milieu du XIXe siècle, au début du règne de la reine Victoria, la peinture anglaise s'est enlisée dans les conventions académiques et se trouve dans une impasse créative. En réaction, trois jeunes étudiants de la Royal Academy, Hunt, Millais et Rossetti, fondent la confrérie préraphaélite.
Ils ambitionnent de créer une nouvelle peinture, se référant non-plus à la Renaissance, mais à l'art médiéval, celui d'avant Raphaël, libre et authentique, suivant en cela les préceptes de l'influent théoricien victorien, John Ruskin. Leurs tableaux sont colorés, porteurs de multiples symboles et références littéraires, sensibles à la nature et aux questions sociales.

La confrérie se dissout rapidement, mais ses idées continuent à nourrir l'avant-garde anglaise pendant près de cinquante ans. La seconde génération, dominée par Edward Burne-Jones et William Morris, applique les principes préraphaélites au décor, au mobilier et à l'illustration de livre. Au-delà de l'Angleterre, l'univers de Burne-Jones en particulier influencera profondément le courant symboliste.

- L'Orientalisme (1870 - 1900)

S’il n’est pas un courant à proprement dit comme l’Impressionnisme, le Fauvisme ou le Cubisme, l’Orientalisme demeure un sujet pictural essentiel par sa contribution au rayonnement de l’Orient. 

L’Orientalisme n’est pas un courant artistique et ne se réfère à aucune une école de peinture en particulier. On le considère comme une influence, une inspiration, une thématique récurrente apparue au XIXème siècle, qui dépeint le monde arabe et son atmosphère orientale. Il n’y a pas non plus d’artistes exclusivement orientalistes, mais beaucoup ont ponctué leurs travaux aux couleurs du Moyen-Orient et ce, quel que soit leur style initial.

 Cette peinture révèle tout l’exotisme de la vie intime, des scènes intérieures aux paysages de guerre en passant par des scènes d’extérieur et notamment les ruelles propres au Maghreb. Dès 1870, le style attire des artistes anglais, allemands, italiens, américains ; un réel engouement se dessine ! En 1893, la Société des peintres orientalistes français voit le jour et l’année suivante est lancé le Salon annuel.

Exemples d'artistes : 

C’est Eugène Delacroix qui mène avec passion l’Orientalisme. On lui doit de majestueuses toiles nées de ses voyages au Maghreb. Le peintre révèle toute la beauté de l’Afrique du nord à travers des scènes qu’il ponctue de couleurs chaudes et si révélatrices d’une région aride et désertique. D’autres peintres ont également exploré les thématiques orientalistes tels que Dominique Ingres, Théodore Chassériau, Jean-Léon Gérôme, Rudolf Ernst ou encore Frederik Arthur Brigdman.

 Impossible de dissocier le voyage de l’Orientalisme, il est une partie intégrante de cette inspiration et de son rayonnement à travers le monde. Le Caire, Alger, Alexandrie ou Constantinople : des villes où il faisait bon créer ! Un voyage éprouvant pour bon nombre d’artistes qui se jetaient parfois à corps perdu dans une expédition aventureuse. Certains bénéficiaient d’une mission scientifique, diplomatique ou commerciale pour s’y rendre, compte tenu de la présence coloniale de la France et de l’Angleterre en Orient.

On considère que beaucoup de peintres ont évolué dans leur manière de considérer la peinture et de définir leur palette après leur voyage au Maghreb. Les tons utilisés sont chauds, le cercle chromatique se réduisant autour de couleurs très caractéristiques telles que le rouge, le jaune, le brun et toutes leurs variantes. L’idée est de retranscrire au mieux le climat, la chaleur et la lumière de ces terres si riches et colorées.

La peinture du début du XXe siècle voit les thèmes orientalistes disparaître progressivement. En cause, l’indépendance de l’Algérie en 1962 d’une part et la fermeture de la Villa Abd-el-Tif d’autre part. L'orientalisme naît aussi dans la fascination de l'Empire Ottoman et suit sa lente désagrégation après la guerre d'indépendance grecque des années 1820 et la progression des colonisations européennes. Cette tendance exotique s'associe avec tous les courants artistiques du XIXème siècle, académique, romantique, réaliste ou même impressionniste. Elle est présente en [Architecture], en Musique], en [Peinture Littérature], en poésie… L'orientalisme a créé de nombreux clichés et poncifs que l'on retrouve aujourd'hui encore en [Littérature] ou dans les [Spectacles] comme le Cinéma.

- La Café Society 1920-1930)

La Café Society est un groupe de personnalités mondaines souvent brillante et légère qui marqua les années 20 et 30. De bals en croisières, de fêtes extravagantes, données dans des hôtels particuliers parisiens ou dans des palais vénitiens, le petit monde de la Café Society a mêlé aristocrates, milliardaires, artistes, grands couturiers, chorégraphes et musiciens.

Selon le haut-fonctionnaire et homme politique Thierry Coudert qui en a fait un beau livre  « C’est un monde intéressant parce qu’il est une transition dans l’histoire du goût, entre le grand goût aristocratique et un goût de nouveaux riches » L'auteur développe une analyse intéressant dans la revue Dandy magazine : " Surtout s’agissant d’un temps définitivement passé. Mais il n’y a pas de nostalgie à avoir : c’est un monde englouti, qui ne reviendra jamais, les gens qui ont aujourd’hui beaucoup d’argent vivent totalement autrement et plus personne ne conçoit ce mode de vie. Les femmes d’aujourd’hui ont souvent une activité professionnelle, toutes les grandes héritières président des filiales des sociétés familiales, elles vont encore aux défilés de mode mais ne passent plus leur vie à faire des essayages, cela n’existe plus. C’était tout un monde, de rentiers pour l’essentiel, qui a disparu et ne reviendra jamais puisque la plupart de ces gens n’avaient pas d’activité professionnelle.
Dans le prolongement des grands dandys XIXè…
Leur seul souci était leur personnage : c’était leur œuvre.
« Faire de sa vie une œuvre d’art » était selon Wilde ce qui déterminait les dandys.
C’est cela. Et pour cela il ne faut pas travailler, ne serait-ce que 35 heures par semaine !


La photographie a ajouté une nouvelle dimension marginalisant la l'importance de la peinture

L'année 1839 fait figure de date charnière avec l'invention de Daguerre. Au départ, les outils étant très techniques, ils étaient manipulés par des peintres photographes qui s'en servait pour mieux peindre le réel. L'invention a donc été plutôt bien accueillie. Elle a été inventée par des peintres, pour des peintres, qui en conçurent l'idée dès le XVème siècle pour apporter des solutions toujours plus satisfaisantes aux problèmes posés par la peinture comme représentation du monde réel sur une surface plane, notamment le problème de la perspective. En effet, Niepce (1765-1833), Talbot (1800-1877) et Daguerre (1787-1851) n'ont fait que développer chimiquement et fixer l'image projetée par la camera oscura, dont Léonard de Vinci, reprenant un thème platonicien, explique le mécanisme [11 ]

Les peintres et les critiques d'art ne se sont guère prononcés lors de la publication des découvertes de Louis Daguerre, hormis Paul Delaroche. Celui-ci écrivit à Arago une lettre enthousiaste, que ce dernier lut publiquement, pour déclarer que cette invention satisfaisait à tous les besoins de l'art. 

Mais s'il semble bien que les peintres aient été, comme les critiques, d'abord favorables à la photographie, en laquelle ils ont vu tout de suite la " servante idéale de la peinture " (Baudelaire), certains ont changé d'avis. Progressivement, la popularisation de la photographie a suscité de vives réactions au sein de la communauté des artistes peintres. Le plus en avant sur ce combat était le poète Charles Baudelaire. Pour certains, la photographie fait figure de modèle néfaste pour un public qui s’habitue à confondre la représentation pure et simple de la réalité avec l’art. Cette hypothèse se trouve notamment développée dans la Revue des deux-mondes, qui mène un combat sans relâche contre les tendances réalistes en peinture et en littérature.

Les relations peintres et photographes se détériorèrent lorsque ces derniers prétendirent au statut d'artiste et obtinrent de l'empereur d'exposer au palais de l'Industrie en 1859 dans des salles proches de celles qui étaient réservées au Salon annuel de peinture. Une pétition en 1862 est bien révélatrice de cet état d'esprit. Elle fut signée par Ingres, Flandrin, Fleury-Richard, Nanteuil, Troyon, Bida, Isabey et Puvis de Chavannes (mais Léon Cogniet et Delacroix refusèrent de signer) pour empêcher toute assimilation de la photographie à une œuvre d'art.

A l'époque, il devait y avoir quelques milliers de peintres pour une population deux fois inférieure à celle d'aujourd'hui alors que l'on recence quelques dizaines de milliers d'artistes peintre en France dans les années 2010 [Source Maison des Artistes]. La peinture n'a pas disparu et il est toujours aussi compliqué d'en vivre. 

L'idée de « mort » de la peinture réapparaît vraiment à fin des années 70 et tout au long des années 80-90 la critique de l'art s'est interrogée sur cette idée. L'infuence des avant-gardes motivent ces interrogations. Des mouvements, comme Fluxus dans les années 60, ont par exemple voulu donner priorité à la vie, à l'action. 

Depuis 2000 on ne parle plus de « mort » de la peinture, mais de « renaissance ». Le processus de désacralisation a été assumé. De nombreux textes ont été écrits sur la question et des expositions ont été dédiées à ce sujet. Depuis les années 2000, la peinture est devenue un médium comme les autres qui côtoie la sculpture, la photographie... et l'installation, une solution esthétique généralisée qui mélange les médiums.
Mais aujourd'hui, la peinture se pratique sans soumission au passé, sans le poids de la tradition, avec une plus grande liberté.


Le rôle des expositions universelles et des salons

Peu après la Révolution, s'organisent de manière fréquente et formelle des Salons sous l'égide de l'Académie des Beaux Arts. De 1791 à 1948, l'Académie sélectionne des artistes qui exposent ensuite au Salon Carré du Louvre, d'où le nom salon. Les premiers Salons remontent en fait à l'Academie Royale des Beaux Arts dissoute à la demande du peintre David en 1793, l'Académie des Beaux Art ayant été fondé 3 ans après en 1796. Sous Colbert, les premiers  événément sont organisés à partir de 1667, reservés aux seuls membres de l'Académie, et les premiers critiques d'arts se font connaître à partir de 1750. Les critères, très strictes, portent principalement sur le trait plutôt que sur les couleurs, le respect de la hiérarchie des genres. Les oeuvres contemporaines cotoyent alors les toiles des grands peintres. Lors de ces salons, certaines oeuvres étaient achetées pour être exposé au Musée du Luxembourg afin de les montrer à la [Population]. C'était un moyen pédagogique de faire passer des idées. Pièces maîtresses du système des Beaux Arts, les Salons se sont épuisés dans le conservatisme et la trop forte production à partir de 1927. Pour en vivre, les artistes commencent à trop produire, on parle alors d'industrialisaiton de l'art (1 600 oeuvres par salon). Un arrêt du 17 avril 1848 met fin à ce système en séparant dorénavant les attributions de la direction des Musées et des Beaux-Arts.

A partir de la seconde moitié du XIXème siècle, apparaissent aussi de gigantesques expositions, les Expositions universelles qui attirent des millions de visiteurs et réunissent "tous les pays d'Orient et d'Occident". Chaque pays y présente ses inventions techniques, mais aussi ses réalisations artistiques, culturelles et sociales. Consacrées à leurs débuts à l'industrie et aux techniques, les Expositions universelles s'ouvriront peu à peu aux Beaux-Arts.

De 1851 à 1867, ces expositions sont organisées alternativement par l'Angleterre et la France qui imposent ainsi leur hégémonie, une forme de [Diplomatie] au reste du monde. La première Exposition Universelle de 1851 se tient au Crystal Palace de Londres. Paris accueille la suivante en 1855 au Palais de l'Industrie et au Palais des Beaux-Arts. Cinquante-trois états y participent avec certaines de leurs colonies. Puis viennent les Expositions universelles de 1867, 1878 (construction du palais du Trocadéro, détruit en 1937), 1889 (érection de la Tour Eiffel), 1900 (création du Petit et du Grand Palais, des gares de Lyon et d'Orsay). En nombre de visiteurs, l'Exposition de Paris en 1900 a reçu 51 millions de visiteurs de 58 pays, bien plus que celle de Seville en 1992 qui a été fréquentée par 42 millions de visiteurs.

A l'Exposition universelle de 1855, l'édifice de la section des Beaux-Arts (peinture, gravure, lithographie, sculpture et médailles, architecture) accueille 2 176 artistes dont 1072 Français. Leurs œuvres sont vues par un million de visiteurs. Les peintres Eugène Delacroix, Dominique Ingres et Ernest Meissonier figurent parmi les lauréats français. Courbet, devant le refus de ses œuvres (Un enterrement à Ornans, 1850 et L’Atelier 1855) expose 40 tableaux en marge de l’exposition officielle dans une baraque faite de bois et de brique dénommée le « Pavillon du Réalisme » (il réitérera cette expérience lors de l’Exposition Universelle de 1867). Et c'est aussi la création du fameux classement de 1855 des grands vins.

En 1863, le salon de peinture et de sculpture, tenu par les membres de l’Académie, refusa plus de 3 000 œuvres sur les 5 000 envoyées. Face à cette hécatombe, Napoléon III décide qu’une exposition pour les refusés se tiendra au Palais de l’Industrie. C’est le salon des refusés, une première brèche dans la mainmise des académies sur le monde des arts. Manet y présente son déjeuner sur l’herbe qui créera un scandale sans précédent dans les milieux de la peinture. En 1884, le Salon des Artistes Indépendants est créé. Il permet à tous les artistes de présenter leurs oeuvres, sans qu’elles soient soumises à l’appréciation d’un jury. La devise de ce Salon, « Sans jury ni récompenses » symbolise bien l’état d’esprit de cette nouvelle génération.


La peinture est-elle devenue un sujet élitiste de spécialiste ? les mécènes

Parmi les principaux courants, certains ont été liés à d'autres domaines de la culture : Renaissance, Baroque, Classicisme, et Romantisme ont marqué l'histoire de l'art de manière transverse (sculpture, photographie, littérature, musique, architecture)

Ce qui fait la valeur d'une oeuvre : la rareté, l'innovation et la confiance en l'authenticité. 

Le vatican, les Médicis, les Rois, quelques nobles sont les seuls à pouvoir financer les artistes. Si c'est bien celui qui paye quHistoirePeuple] n'a donc jamais pu être représenté selon ses propres volontés.

La famille des Médicis a vécu à Florence entre le XIème ème siècle et le XVIème siècle. C'était une famille puissante parce qu’elle était riche - elle était composée de riches [Commerçants] et [Banquiers] - et parce qu’elle dirigeait la ville de Florence. De cette famille sont issus 3 papes, 2 reines françaises (Marie de Médicis, l’épouse d’Henri IV, et Catherine de Médicis, l’épouse d’Henri II) et 7 grands-ducs de Toscane.

Cosme de Médicis et ses successeurs gagnent leur entrée dans l'aristocratie européenne en s'appuyant sur les humanistes et les artistes et en les stipendiant. Ils savent reconnaître le génie de leurs contemporains, qu'il s'agisse de l'humaniste Marsile Ficin, des peintres Filippo Lippi et Sandro Botticelli ou encore de l'astronome Galilée, et les protègent le cas échéant des attaques de leurs adversaires.

C'est ainsi que pendant plus de trois siècles, si brutaux qu'ils soient, ils mettent leur richesse au service des arts et des sciences. Ainsi ces simples banquiers vont-ils réussir à s'inventer un lignage qui, après Laurent le Magnifique, justifiera leur accession au titre ducal et à la fondation d'une dynastie.

Au regard des armoiries, il faut considérer aussi une fonction politique des peintures. Les frises héraldiques montrent le pouvoir et les alliances à tel moment. C’est une manière pour les commanditaires de se faire voir, d’indiquer leur rôle de mécène.


Femmes peintres dans les ateliers collectifs


Au XVème siècle, les femmes artistes peuvent seulement peindre dans les ateliers collectifs, pratique très ancrée à la Renaissance, quand leur père ou leur frère y travaillent. " On sait par exemple que Guido Mazzoni, sculpteur italien qui a réalisé le tombeau de Charles VIII, employait dans son atelier sa femme et sa fille, même si on ne sait pas exactement quelles ont été leurs interventions. "

Au XVIème siècle, l’affirmation des figures est très importante et l’on voit l’émergence de Lavinia Fontana (1522-1614), Sofonisba Anguissola (1532-1625) et Artemisia Gentileschi (1593-1653), trois grandes artistes reconnues. Avant elle, Plautilla Nelli (1524-1588) fut la première femme connue à peindre La Cène, à Florence. Entrée au couvent de Santa Caterina da Siena à l’âge de 14 ans, cette sœur y a créé son propre atelier collectif, supervisant les autres religieuses. Ces femmes réalisaient et vendaient leurs œuvres pieuses (tableaux, dessins, gravures) de façon libre, une exception à la Renaissance.

" Il faut faire la distinction entre le XVème et le XVIème siècle, explique Joana Barreto, maîtresse de conférence en histoire de l’art moderne à l’université Lyon 2. Entre ces deux siècles, le statut d’artiste, alors en pleine définition, va vraiment changer, se détachant de celui de l’artisan. Mais le statut du rôle des femmes qu’elles soient mécènes, qu’elles soient figurées ou artistes va, lui aussi, évoluer entre ces deux siècles. "

Selon elle, il faut également prendre en compte dans les analyses historiques sur la place des femmes, la difficulté d’accès aux sources d’archives et de documents (traités de convenance, contrats, inventaires après décès, lettres, prêches...) qui représentent principalement la voix d’hommes.

L’impératrice de Russie Catherine II (1729-1796)  est une femme de légende. Connue comme mécène, protectrice des artistes et philosophes de son temps, elle est aussi modèle de peintres et sculpteurs afin de façonner son propre mythe.

L’art et le pouvoir politique ont toujours noué des liens étroits. L’art peut être au service du pouvoir ou s’y opposer. Habile manipulatrice, Catherine décide de s’y employer dès le début de son règne pour que l’élite intellectuelle du monde entier oeuvre à l’élaboration de son image positive. Et Dieu sait qu’elle en a eu besoin ! Régicide, usurpatrice, étrangère, femme adultérine, les accusations pleuvent sur la nouvelle impératrice. Catherine II doit prouver sa légitimité aussi bien envers le peuple russe qu’à l’Europe. Pour asseoir  son pouvoir, Catherine entreprend une véritable campagne de séduction. Elle séduit les officiers de la garde, soudoie la noblesse, promet des réformes au peuple, flatte l’église orthodoxe. Son art de la séduction prend une nouvelle tournure, extrêmement moderne et visionnaire, avec le lancement d’une grande campagne de communication à l’échelle européenne.

L'image de l’impératrice triomphante, d’une femme forte et dotée de capacités intellectuelles hors norme est souvent représentée dans la littérature et les arts.

Cependant, dans l’imaginaire collectif un autre mythe persiste depuis des siècles : Catherine : nouvelle Messaline. La ronde des amants- de plus en plus jeunes et beaux-  qu’elle affiche fièrement et récompense généreusement contribue à sa réputation sulfureuse, déjà de son vivant. Son prétendu appétit sexuel hors du commun donne naissance à une série de pamphlets satiriques et d’ouvrages érotiques, aussi bien en Europe qu’en Russie.

Les musées

Etymologiquement, le mot « musée » nous vient du grec museion, du nom d’un temple dédié aux muses bâti sur la colline de l’Helicon à Athènes. Au XIVème siècle apparaissent en Europe les premières collections princières. Les Valois, les ducs de Bourgogne et les princes transalpins rivalisent alors de faste et accumulent œuvres et objets comme autant de signes de leur souveraine magnificence. C'est véritablement au XVIIe siècle, avec la floraison des cabinets de curiosités, que s’invente la muséographie. En Angleterre, Elias Ashmole fait don en 1677 d’un ensemble de collections à la vénérable université d’Oxford, à condition que celle-ci érige un bâtiment pour les accueillir. Pas moins de 12 wagons seront nécessaires pour affréter l’ensemble à destination. Ouvert à tous dès son inauguration, le Ashmolean Museum devient le premier musée public de l’histoire. En France, il faut attendre la Révolution pour voir émerger l’idée d’un musée public, fondé sur l’humanisme hérité des Lumières. Dès 1793, Le Louvre, ancienne résidence de sa majesté, est ouvert au public et devient le Muséum central des arts de la République. 

Tout au long du XIXème siècle, le champ du musée n’a de cesse de s’élargir. Illustrant encore la construction d’un espace public des arts et du savoir, il est également utilisé à des fins politiques et se met au service, selon la période, des propagandes républicaines ou monarchiques. 

Tandis que Louis-Philippe fait de Versailles un Musée de l’Histoire de France, Napoléon III fonde au château de Saint-Germain-en-Laye le Musée des Antiquités nationales. Au même moment, une fièvre muséale s’empare du vieux continent : à Saint-Pétersbourg s’ouvre en 1852 le musée de l’Hermitage, suivi de près en 1857 par le Victoria and Albert Museum de Londres, puis par l’Union centrale des Arts décoratifs, inaugurée en 1863 à Paris.Le Victoria and Albert Museum en construction en 1906 à Londres

Et partout s’accumulent les trésors, bien souvent arrachés sans pitié à leur site d'origine, ou confisqués dans les pays conquis par la République et l'Empire. Conçus au début comme un réservoir de modèles à destination des artistes, les musées français deviennent aussi, avec l’école de la République, le symbole des efforts d’instruction et de vulgarisation entrepris à destination des classes laborieuses nées de l’âge industrielle. « Moraliser par l'instruction, charmer par les arts, enrichir par les sciences » résume alors Edmond Groult, un avocat français fervent partisan da la culture pour tous.

A la fin du XIXème siècle, les musées et leur architecture de palais ont pris des airs de temples, dont l’organisation des collections ne change pour ainsi dire jamais. Entassement des œuvres dans les vitrines et sur les cimaises, décorum suranné des salles d’expositions : les musées sont sous le feu de la critique. L’essor des avant-gardes européennes au tournant du XXème siècle achève de les ringardiser. Les voilà réduits à des lieux passéistes et rétrogrades, des institutions immobiles toutes juste bonnes à exalter froidement le passé.

Les années 1920 voient apparaître les premiers musées d’art moderne, qui délaissent l’académisme et la dimension patrimoniale des musées classiques 

En réaction, les années 1920 voient apparaître les premiers musées d’art moderne, qui délaissent l’académisme et la dimension patrimoniale des musées classiques, au profit d’une célébration contemporaine des arts plastiques et des artistes vivants. Alors que Cézanne, Van Gogh et Gauguin s’exposent au MoMa depuis 1929, Paris donne naissance dans les années 1940 aux actuels Palais de Tokyo et Musée d'art moderne de la ville de Paris.

L'une des plus belles collections privées a été réunie par Calouste Gulbenkian [12], un étonnant homme d'affaires impliqué dans le [Pétrole] et la [Diplomatie].  Il donna sa collection au Portugal, dans le cadre juridique de la fondation qui porte son nom, qui est la plus riche dans son genre du monde en dehors des États-Unis. Les statuts furent approuvés en 1956 et le musée, édifié par Albert Pessoa à partir de 1960, fut inauguré en 1969.


Les galeries les maisons de vente 


L'univers des maisons de vente est très diversifié, comprenant à la fois de grandes sociétés internationales comme Sotheby's, Artcurial ou Christie's, qui organisent plusieurs centaines de ventes aux enchères par an, et de petites maisons de vente en région ou spécialisées dans un domaine précis. Certaines d'entre elles mettent le patrimoine local en valeur comme celle de Brest, qui vend aussi bien des bateaux que de l'art nautique. Leurs commissaires-priseurs exercent aussi parfois d'autres activités, expertisant les objets déposés en gage comme Jean-Jacques Bisman à Rouen, ou ayant une charge de commissaire-priseur judiciaire comme Yann Baratoux à Bordeaux. Le monde des enchères est par ailleurs en constante évolution, notamment grâce à la vente en ligne, qui se développe très rapidement.

Fondée en 1744 et spécialisée à l'origine dans la vente de livres et de manuscrits, Sotheby’s dispose aujourd'hui de 90 bureaux répartis dans 40 pays, organise plus de 350 ventes par an dans ses 10 lieux de vente et bat régulièrement des records mondiaux d'adjudication.


Les galeries, les foires et les salons ont pour but d'exposer et de vendre des oeuvres d'art. Ils mettent en relation des artistes et des acheteurs : amateurs d'art, collectionneurs particuliers, institutions. La galerie peut être aussi un lieu tremplin pour des artistes peu connus. D'après une étude de 2012 du ministère de la Culture, il y avait en France 2191 galeries d'art contemporain dont 53 % en Île-de-France. Les sites internet présentés concernent principalement des galeries d'art contemporain d'Île-de-France, mais des sites de galeries en région sont aussi représentés. L'ouverture internationale du marché de l'art conduit les galeristes à s'implanter également à l'étranger. Aujourd'hui, une part importante de la clientèle se détourne des achats en galeries pour ne fréquenter que les foires et les salons qui sont des événements périodiques.
Les galeries et les foires proposent sur leurs sites internet la présentation des artistes, l'actualité des expositions qu'elles organisent ou ont organisées (archives), la liste des exposants (pour les foires), des revues de presse, des visites virtuelles. La promotion des artistes et la visibilité des galeries et des foires vont de pair. Celles-ci sont de plus en plus actives sur les réseaux sociaux. L'internet permet la promotion sans passer par les médias traditionnels: journalistes ou critiques (exemple :  Vente de la collection David et Peggy Rockfeller d'un montant de 600 M€)

Les grands acheteurs veillent à maintenir eux-mêmes le niveau du marché. Selon certaines analyses évoquées dans le presse, les artistes sont tributaires d’un marché où tout le monde se tient par la barbichette, la plupart des grands collectionneurs (quelques centaines à travers le monde) veillant à maintenir eux-mêmes par le biais des enchères les cotes du marché des artistes dont ils possèdent des œuvres. Les spéculateurs sont rarement les bienvenus car l’art est un marché à long terme. 

Les limites de l'Art Contemporain

Au début du XXIème siècle la peinture est devenue un domaine de spécialiste, élitiste, limité à un contexte éducatif peu ambitieux et une forme de placement de trésorerie ou de décoration d'appartement pour les classes les plus aisées. Certains possèdent même des appartements juste pour y entreposer des toiles et se faire leurs propres galeries. Comment expliquer la convergence entre les artistes "bohème" situés à gauche avec les bourgeois entrepreneurs acheteurs situés à droite ?  Dans son essai, l'Innovation destructrice, Luc Ferry s'emporte contre les bourgeois-bohème et ce système assez malsain où finalement chacun se retrouve en contradiction avec lui-même : les bourgeois capitalistes, schzizophrènes portent une lourde responsabilité dans le manque de culture des jeunes d'aujourd'hui puisqu'ils les incitent aussi à surconsommer des choses souvent inutiles. L'exemple le plus symbolique cité : celui de Pompidou qui honore Picasso. Il dénonce aussi le foutage de gueule du milieu artistique qui finit par mettre en valeur des absurdités comme celle d'une Ferrari Dino défoncée au marteau par un artiste.

Ferry tente de faire la distinction entre l'Art d'aujoud'hui devenu parfois une imposture et le véritable art contemporain. Il s'appuie sur le fameux triangle de Kandisky, père fondateur de l'art abstrait et théoricien de l'art moderne. Il faut imaginer un triangle avec en haut les visionnaires, parfois un artiste seul et en bas la Population. Ce triangle monte à coté d'une ligne imaginaire verticale censée représenter le sens. Ce qui n'apparait pas au début à la Population finit par le dévenir au fil du temps quand suivant la progression verticale du triange.

L'art contemporain pèse toutefois de plus en plus. En 2020, il représentait 15% des ventes aux enchères de beaux-arts contre 3% en 2000, il était marginal dans les années 1990. Selon Artprice, le "fine art" (beaux-arts) - appellation qui englobe peintures, sculptures, installations, dessins, photos, vidéo - (hors mobilier, objets décoratifs, voitures de collection et accessoires de mode vintage). Le nombre de lots mis en vente est passé de 19 000 à 122 000 et le prix moyen d'une oeuvre a triplé à 25 000 dollars en 20 ans. Ces oeuvres représenteraient une valeur de 22,7 milliards de dollars sur ce segment dont 4,4 milliards sur seulement 4 artistes: Jean-Michel Basquiat, Jeff Koons, Christopher Wool, et Damien Hirst. Le nombre d'artistes vendus explose à 32 000 alors qu'ils étaient 5 000 au début des années 2000. Les foires d'art contemporain se sont elles aussi développées, 600 événements seraient indentifiés comme la FIAC.

Derrière la société Artprice se trouve un curieux personnage lyonnais assez indéfinissable [12] du nom de Thierry Ehrman. Né en 1962, il détient le groupe serveur et paraît-il une base de donnée unique au monde. Il est aussi artiste plasticien et le propriétaire de la très décriée citée du chaos dans la banlieue lyonnaise.


La Chine compte dans le monde de l'Art Contemporain

Quand en 1949 la République Populaire de Chine est proclamée, l’art est alors intimement lié au pouvoir politique, les artistes n’ayant que le réalisme socialiste pour s’exprimer. Certains se sont exilés à l'étranger, en France comme le peintre franco-chinois Zao Wou-Ki, l'un des maîtres de l'abstraction lyrique. Né à Pékin, Zao s'était installé en 1948 à Paris et était devenu l'un des maîtres de l'abstraction lyrique, aux côtés de Pierre Soulages ou Hans Hartung. Il avait obtenu la nationalité française en 1964. Ses toiles atteignent régulièrement de un à 2,5 millions de dollars aux enchères. L'une d'elles, "Hommage à Tou-Fou" (1956), avait été adjugée à 5,8 millions de dollars en 2008 chez Christie's à Hong Kong. Plus récemment, Li Chevalier, née à Pékin en 1961 est une artiste, peintre et plasticienne chinoise d'origine,  devenue citoyenne française en 1986. 

La fin de la Révolution culturelle et la mort de Mao en 1976 ont permis le développement de nombreux groupes d’avant-garde.

Cela commença dès la fin des années 1970 avec le groupe les Étoiles dans lequel l’on retrouve de grands noms de l’art contemporain chinois (Huang Rui, Ai WeiWei, etc). 

En 1989, l’exposition China/Avant-garde constitue le sommet de cette période de liberté qui s’estompera quelques mois plus tard à la suite des événements de Tian’anmen. La même année on retrouve Huang Yong Ping, Gu Dexin et Yang Jiechang à l’exposition Magiciens de la terre au Centre Pompidou. Cet événement marque un tournant dans la vision de l’art non-occidental en France et c’est la première fois que des artistes chinois sont exposés en Occident. Ce sera le début d’une présence ininterrompue sur la scène artistique mondiale, renforcée notamment par l’exil de nombreux artistes chinois, ce qui crée une véritable diaspora chinoise. 

Dans les années 1990, l’art en Chine se cache et devient plus underground mais garde une grande force. . Aujourd’hui l’art chinois s’est mondialisé, il est devenu une force dynamique et influente dans un monde de l’art globalisé. Pendant cinq ans la Chine a ravi aux États-Unis la place de numéro 1 sur le marché de l’art. De nombreux musées s’ouvrent en Chine et les ventes d’artistes chinois atteignent des sommets. 


Le Street Art


Le Street-Art est né aux États-Unis dans les années 60. Le premier mouvement s’apparentant à l’art de
rue est le « Graffiti writing » lancé par deux artistes de Philadelphie. C'est une histoire d'amour [Us&Coutumes] qui déclenche le mouvement. Souffrant d’une timidité monstre, Cornbread écrit inlassablement sur les murs de son école et de son quartier l’inscription « Cornbread Loves Cynthia ». Fou amoureux d’elle, il n’ose pas le lui dire en face. Il regroupe toutes les formes d’art réalisées dans l'espace public donc la ville [Immobilier], et englobe diverses techniques telles que le graffiti sur mur, le pochoir, la mosaïque, le sticker, l'affichage et le collage, la réclame.

En France, l'artiste Christian Guemy, alias C215, qui dispose de 2 ateliers, lun à Vitry l'autre sur les bords de Loire à Gien, occupe le devant de la scène parmi les 2000  artistes urbains recensés dans la base de 180 000 artistes français et étrangers de l'ADAGP  (société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques). Ses sujets de prédilection sont l'enfance, les laissés-pour-compte, les anonymes, les amoureux, mais aussi les animaux (chiens, chats et oiseaux). Son modèle principal est sa fille Nina, née en 2003. Son style va de la bichromie aux compositions les plus colorées. Les dimensions de ses œuvres demeurent à l'échelle humaine, ne réalisant que rarement de murs peints de très grandes dimensions. Fervent admirateur du Caravage, C215 veut mettre de la poésie et de l'émotion au cœur des villes désincarnées.  

C'est principalement un art éphémère vu par un large public mais il n’est plus aussi éphémère qu’il l’était, et les artistes l’ont bien compris. Ils créent aujourd’hui des œuvres portables, sur toiles, sur planches, sur des pans de murs isolés et transportables et peuvent ainsi commercialiser plus facilement leur art sur un marché qui n’attend que ça.


SYNTHESE

 Plus les valeurs traditionnelles disparaissent, plus nous sommes dans l'addiction qui ressemble beaucoup à la surconsommation. La peinture forme une sorte de couverture, d'enveloppe, ou de packaging marketing dirait-on dans la Société de consommation, qui englobe et résume des courants artistiques diverses. Plusieurs tendances se dégagent dans l'histoire de la peinture :

 une première, celle d'avoir été encouragée à des fins éducatives par lReligions], en particulier le Christianisme, aloPouvoir] non séparer lEtats-Nations] .

 une seconde, cette fois technique qui est motivée par la volonté de transmettre la réalité de la manière la plus exacte possible, la photo n'existant pas avant 1839, et d'utiliser toutes les matériaux disponibles ainsi que des couleurs. L'invention de la photographie aura rendu le réalisme inutile pour certains. Une innovation de la [Science] qui aura bouleversé le monde intellecuel de l'époque, une histoire oubliée aujourd'hui, le Digital ayant tout emportéLassés par ces règles établies depuis des siècles,  les artistes se libèrent et d'autres courants plus originaux apparaissent.

 une troisième, qui va au délà de la technique, pour porter des messages, une approche plus intelectuelle en lien avec d'autres arts, qui parfois englobe la deuxième.

 une quatrième, qui pousse la créativité jusqu'au bout, de la créativité pour la créativité, soutenue par la [Financiarisation] de la [Société] et l'essor de l'art contemporain.

L'utilité éducative de l'étude de la peinture semble mal exploitée, elle est délaissée et réservée à de petits cercles amateurs de visites dans des Musées ou de touristes incrédules.

En comparaison Littérature], qui permet l'expression d'idées ou des [Sports] (importance pour la santé et taille économique du secteur), la peinture fait figure d'un nain au sein de la [Culture].



Notes

[1] Aux origines de l'art, Emmanuel Anati, Fayard , 2003

[2] Theophilus Presbyter - Théophile le moine - (vers 1070 - 1125), est un moine allemand qui vécut probablement à la fin du xie ou au début du xiie siècle dans l'espace rhénan. Il fut l'auteur du traité De diversis artibus ou Schedula diversarum artium1, un recueil qui représente une sorte d'encyclopédie du savoir technique au Moyen Âge dans le domaine de l'art et de l'artisanat. L'ouvrage présente pour la première fois une sorte de vulgarisation des techniques de fabrication des couleurs, des notions sur la peinture, l'art du vitrail, de la mosaïque, du niellage, de l'orfèvrerie, celui des colles, etc.

À qui doit-on l’invention de la peinture à l’huile ? Pendant longtemps, elle a été attribuée aux frères Van Eyck. Il semble toutefois qu’avant eux, dès la fin du XIVe siècle, de nombreux artistes aient tenté de mélanger les pigments de couleurs à l’huile, mais de manière confidentielle.

 Une chose est sûre : s’ils ne sont pas les inventeurs de la peinture à l’huile, ils l’ont perfectionnée. Leur idée : ajouter de l’huile de lin et de noix ainsi que de l’essence de térébenthine aux couleurs, jusqu’à obtenir une peinture résistant à l’eau et offrant de multiples possibilités techniques. C’est pourquoi, dans l’histoire de l’art, Jan Van Eyck (1390-1441), le cadet des deux frères, est présenté comme le premier grand maître à peindre avec des couleurs à l’huile.

Peindre (la représentation d'une image sur une surface) pendant la période gothique se pratique sur quatre principaux supports : Les livres d'heures (livres de prières qui contiennent des miniatures et des enluminures), les retables (tableaux peints ou sculptés qui ornent le dessus des autels des églises), les retables à plusieurs panneaux (diptyques, triptyques ou polyptyques), les fresques (ornent de grandes structures, notamment les voûtes des églises). 

[3] Film Gauguin, voyage de Tahiti avec Vincent Cassel, 2017

[4] La peinture moderne en Inde a commencé à Calcutta à la fin du XIXème siècle. Les anciennes traditions de la peinture avaient plus ou moins disparu au Bengale et les écoles d'art ont été créées par les Britanniques.

[5] Au début, les protagonistes de l'art indien comme Raja Ravi Varma s'inspiraient des traditions et des techniques occidentales, y compris de celles de la peinture à l'huile et de la peinture de chevalet.

[6] Mais les artistes de la « renaissance du Bengale », en particulier Abanindranath Tagore et Nandalal Bose, critiquent sévèrement le style « occidentalisant » de Ravi Varma, qu'ils jugent vulgaire et sentimental, dépourvu de valeur et de signification. Plus tard, en 1962, le Group 1890, avec Jagdish Swaminathan, rejoint la critique, mais critique également l’idéalisme pastoral de l'école du Bengale de Tagore et Bose.
Une réaction à l'influence occidentale a conduit à un renouveau du primitivisme, appelé « l'école du Bengale », qui a puisé dans le riche héritage culturel de l'Inde. Il a été remplacé par l'école de Santiniketan, dirigée par Rabindranath Tagore qui revient sur la vie rurale idyllique. Malgré son influence à travers le pays dans les premières années, l'importance de l'école a diminué dans les années 1940 jusqu’à disparaître de nos jours

[7] Le Concile de Trente (1545-1563), au cours duquel l’Église catholique romaine doit répondre à des questions de réforme interne soulevées tant par les protestants que par ses propres membres, encourage la création artistique comme support de dévotion mais également comme outil d'enseignement.

[8] Chérubins et Séraphins font partie de la hiérarchie celeste. Il ne s'agit pas d'un dogment mais d'un opinion théologique proposéee par Denys-le pseudo Aréopagite. Outre les Anges proprement dits (nommés ou pas), on trouve chez Isaïe des Séraphins, chez Ézéchiel des Chérubins, chez Paul des Trônes, des Dominations, des Principautés, des Puissances, des Vertus et des Archanges. Au total, de l'Ancien au Nouveau Testament, neuf catégories différentes.

[9] Quattrocento. À cette période du XVème siècle, a lieu un véritable bouillonnement culturel en matière d'art, dans les Cités-Etats de Venise, Milan, Rome et Mantoue

[10] Le Cubisme cède ensuite la place à de nouveaux courants d'avant-garde : le mouvement dada, l'abstraction géométrique, le surréalisme, De Stijl ou encore l'Art déco.

[11] à laquelle Giovanni Battista della Porta suggère dès 1588 d'ajouter une lentille convexe pour donner plus de luminosité à l'image ainsi projetée.

[12] Calouste Sarkis Gulbenkian (est un financier arménien multi-millionnaire, né à Scutari le 23 mars 1869 et mort à Lisbonne le 20 juillet 1955. Il est connu pour avoir légué sa collection d'art à une fondation portugaise, la fondation Calouste-Gulbenkian située à Lisbonne. Il fut surnommé « Monsieur 5 % », rappelant la part de capital qu'il détenait dans la Turkish Petroleum Company [Energie] confirmé par l'accord de la ligne rouge. Son histoire, à cheval sur les xixe et xxe siècles est celle d'un diplomate, financier, aventurier, finalement milliardaire hypocondriaque et mécène. Très peu connu du grand public, son personnage évoque irrésistiblement celui d'autres célèbres « tycoons », des magnats tels qu'Howard Hughes, ou John Davison Rockefeller, à la différence près qu'il ne reste aujourd'hui dans la mémoire collective que peu de traces de celui qui traversa tant de péripéties historiques, intervint dans la formation du groupe Shella, contribua au partage des richesses pétrolières du Moyen-Orient entre les grandes puissances occidentales, amassa une des fortunes les plus colossales de son temps. De 1948 à 1954, il entretint une correspondance avec le poète et ancien diplomate français Saint-John Perse (Alexis Leger), [Littérature] riche de renseignements sur l'une et l'autre personnalité ainsi que sur l'état du monde.

[13] Thierry Ehrmann a fait venir le milliardaire Bernard Arnaud au capital de Artprice en 1997. Voir article de Management 2004 et de l'Express 2006.



Bibliographie

Sociétés secrètes, Alexandre Adler, Grasset 2007
La lutte avec l'Ange, Jean-Paul Kauffman, Gallimard, 2002
Café Society, Thierry Coudert, Flammarion, 2010 
Du Spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier,  Wassily Kandinsky, Gallimard, 1988
Aux origines de l'art, 50000 ans d'art préhistorique et tribal, Emmanuel Anati, Éditions Fayard, 2003
Le Pausanias Français, Salon de 1806. Publié par un observateur impartial, Paris, 1806, p. 9
Les trois siècles de la peinture en France, ou galerie des peintres français depuis François Ier jusqu’au règne de Napoléon, empereur et roi, P.-M. Gault de Saint-GermainParis, 1808


GOTHIQUE : FRANCOIS D'ASSISE ET LE SERAPHIN (Maestro di San Francesco Bardi, 1240-1250)


RENAISSANCE : LA MADONE (GENTILE DA FABRIANO, 1420 à 1423)


La Madone du peintre italien du 15ème siècle Gentile da Fabriano. 

Anectode de Ghassan Tuéni dans son libre "Enterrer la haine et la vengence" (influence de Charles Malek) :Cette peinture avait été choisie en 2008 pour l'inauguration du Musée d'Art islamique de Doha par la fille de l'émir cheikha Al-Mayassa bent Hamad Al-Thani. En bas, des versets du coran en écriture dorée : "Au nom du Dieu Clément et Miséricordieux..." 

RENAISSANCE : Ecole d'Athènes (Raphael, 1508 à 1512)

L'École d'Athènes est une fresque du peintre italien Raphaël, exposée dans la Chambre de la Signature(les Stanze) des musées du Vatican. Cette fresque symbolique présente les figures majeures de la pensée antique.
En 1508, Raphaël (qui a signé dans le cou d'un des personnages, Euclide) est nommé officiellement peintre de la papauté, et réalise la fresque entre 1508 et 1512 pour les appartements de Jules II. Elle possède des dimensions impressionnantes.

Etrange ouverture d'esprit du Vatican à une période comprise entre l'inquisition médiévale et l'inquisition romaine. Une Congrégation a alors été créée par le Pâpe Paul III en 1542. Cette congrégation avait pour mission de lutter contre les hérésies, et plus particulièrement de faire obstacle aux progrès du protestantisme

Ecole d'Athènes de Raphael : les personnages

Détail des personnages : 1 : Zénon de Cition ou Zénon d'Élée – 2 : Épicure – 3 : Frédéric II de Mantoue – 4 : Boèce ou Anaximandre ou Empédocle de Milet – 5 : Averroès – 6 : Pythagore – 7 : Alcibiade ou Alexandre le Grand – 8 : Antisthène ou Xénophon – 9 : Hypatie ou Francesco Maria Ier della Rovere – 10 : Eschine ou Xénophon – 11 : Parménide – 12 : Socrate – 13 : Héraclite (sous les traits de Michel-Ange) – 14 : Platon tenant le Timée (sous les traits de Léonard de Vinci, selon la plupart des sources) – 15 : Aristote tenant l’Éthique (sous les traits de Michel-Ange , selon Daniel Arasse) – 16 : Diogène de Sinope – 17 : Plotin – 18 : Euclide ou Archimède entouré d'étudiants (sous les traits de Bramante) – 19 : Strabon ou Zoroastre – 20 : Ptolémée– R : Raphaël en Apelle – 21 : Le Sodoma Quentin Augustine (Le Protogène)

RENAISSANCE : Allégorie peinte au palais des doges à venise  (Véronèse, 1575 à 1577)

Le collège était un organe exécutif, composé du doge, de ses six conseillers, du chancelier et du président du Conseil des dix. Il constituait l’organe exécutif suprême. Dévasté par deux incendies en 1574 et en 1577. On appelle Véronèse pour la décoration.

Les peintures du plafond ont été exécutées entre 1575 et 1578. Elles célèbrent le bon gouvernement de Venise et ses attributs principaux : la foi chrétienne est le fondement de l’autorité, les vertus guident comportements et décisions du Collège suprême.

- La représentation de la foi chrétienne : au centre, le "triomphe de la foi". Et, dans un compartiment rectangulaire vers la galerie : Venise, la Justice et la Paix.

- la représentation des vertus :  Tout autour, dans les huit panneaux en forme de T et L, sont représentées les vertus du gouvernement. On peut identifier les huit figures des Vertus d’après leurs attributs : le chien pour la « Fidélité », l’agneau pour la « Mansuétude », l’hermine pour la « Pureté », le dé et la couronne pour la « Récompense », l’aigle pour la « Modération », la toile d’araignée pour la « Dialectique  » (ci-dessus ou l'Industrie voir la Religion Industrielle de Bernard Stiegler), la grue pour la « Vigilance » et la corne d’abondance pour la « Prospérité ». Ces somptueuses figures féminines vêtues de soie et de brocart resplendissent tout en créant des effets décoratifs précieux et limpides.

BAROQUE : SAINT-JEROME ECRIVANT (LE CARAVAGE, 1605 à 1606)

Caravage semble choisir, en traitant ce sujet, de s'opposer aux critiques des Protestants à l'égard de l'image du saint. Le thème de saint Jérôme constitue en effet, en cette époque de réforme catholique, un topos de l'iconographie chrétienne ; et Caravage traite le sujet au moins à trois reprises. Il existe en effet une autre version de ce saint Jérôme, conservé à l'abbaye de Montserrat de Barcelone : il s'agit de Saint Jérôme en méditation. Un an plus tard, en 1607, Caravage réalise un autre Saint Jérôme écrivant conservé à La Valette à Malte.

La détention par la galerie Borghèse du tableau incite à penser que le cardinal Scipione Borghese, déjà détenteur de La Madone des palefreniers pourrait en être le commanditaire. De fait, deux sources du xviie siècle (Manilli en 1650 puis Bellori en 1672) décrivent le tableau comme réalisé pour le cardinal. Il peut s'agir d'un don de la part du peintre au cardinal qui l'a aidé à résoudre un problème judiciaire

CLASSICISME : Orion Aveugle cherchant le soleil (Nicolas Poussin 1658)

Oeuvre de Poussin qui a beaucoup intéressé l'écrivain Claude Simon (prix Nobel de littérature en 1985*)

* Voici un extrait de son discours de remerciement lors de la cérémonie de remise des prix Nobel à Stockholm, le 9 décembre 1985 :

« Je suis maintenant un vieil homme, et, comme beaucoup d'habitants de notre vieille Europe, la première partie de ma vie a été assez mouvementée : j'ai été témoin d'une révolution, j'ai fait la guerre dans des conditions particulièrement meurtrières (j'appartenais à l'un de ces régiments que les états-majors sacrifient froidement à l'avance et dont, en huit jours, il n'est pratiquement rien resté), j'ai été fait prisonnier, j'ai connu la faim, le travail physique jusqu'à l'épuisement, je me suis évadé, j'ai été gravement malade, plusieurs fois au bord de la mort, violente ou naturelle, j'ai côtoyé les gens les plus divers, aussi bien des prêtres que des incendiaires d'églises, de paisibles bourgeois que des anarchistes, des philosophes que des illettrés, j'ai partagé mon pain avec des truands, enfin j'ai voyagé un peu partout dans le monde... et cependant, je n'ai jamais encore, à soixante-douze ans, découvert aucun sens à tout cela, si ce n'est comme l'a dit, je crois, Barthes après Shakespeare, que « si le monde signifie quelque chose, c'est qu'il ne signifie rien » — sauf qu'il est. »

BAROQUE : LE SYNDIC DE LA GUILDE DES DRAPIERS (REMBRANDT, 1662)

Cette toile représente six personnages en costume noir, portant chapeaux et fraises, qui vérifient les comptes de la corporation des drapiers. Elle illustre bien le talent de Rembrandt pour la disposition de ses personnages. Son exécution est sobre et efficace. Un article publié en 2004, par Margaret S. Livingstone, professeur de neurobiologie à l'Université de Harvard Medical School, suggère que Rembrandt, dont les yeux n'étaient pas alignés correctement, souffrait de cécité stéréo (en). Cette conclusion a été faite après l'étude de trente-six autoportraits du peintre. Parce qu'il ne pouvait pas former une vision binoculaire normale, son cerveau se reportait automatiquement sur un seul œil pour de nombreuses tâches visuelles. Cette incapacité pourrait l'avoir aidé à aplatir les images qu'il voyait pour les restituer ensuite sur la toile en deux dimensions.

Néo-classicisme : LE SERMENT DES HORACES (JACQUES LOUIS DAVID, 1785)

Le Serment des Horaces est un tableau du peintre français Jacques-Louis David, achevé en 1785. Le tableau est de grande taille : 330 centimètres de hauteur et 425 centimètres de largeur. Il est conservé au Musée du Louvre. Ce tableau est considéré comme un des chefs-d’œuvre du néoclassicisme tant dans son style que dans sa description austère du devoir. C'est une commande du Roi.

Il représente un grand sujet de l’histoire légendaire de la Rome Antique, où les frères Horaces défendent en combats singuliers la cité de Rome face aux Curiaces champions de la ville d'Albe. Liés par mariage à leurs sœurs respectives, le sacrifice des Horaces et des Curiaces exalte les vertus patriotiques. Le seul survivant du combat fut l'ainé des Horaces, qui à son retour fut maudit par sa sœur Camille pour la mort de son mari. Les frères Horaces jurent à leur père par ce serment de vaincre ou de mourir dans cette guerre qui les oppose aux Curiaces d'Albe, champions des Albains, cité rivale et voisine. Si le combat apparaît bien dans plusieurs sources littéraires (le livre I de l'Histoire romaine de Tite-Live, la vie de Tullus Hostilius par Aurelius Victor1), le serment lui est une invention de David. Il est possible que David qui était franc-maçon ait été inspiré par les procédures de serment utilisant les épées. Le serment traduit le courage et la fierté. David brise les règles habituelles de composition en décentrant les sujets principaux. Il ne tient pas non plus compte des principes de l’Académie en traitant ses couleurs et reliefs de manière relativement plate.


ROMANTISME  : La lutte avec l'ange (Eugène Delacroix 1861)

La lutte avec l'ange

REALISME : La rencontre ou bonjour monsieur courbert (courbet, 1868)

IMPRESSIONNISME : IMPRESSION SOLEIL LEVANT (CLAUDE MONET, 1872)

POST IMPRESSIONISME : QUAND TE MARIEs-TU ? (PAUL GAUGUIN, 1892)

Vendu pour 7 francs à la mort de l'artiste, il a été acheté, en 2015, par l'émir du Qatar pour 300 millions de dollars, ce qui en fait la deuxième œuvre d'art la plus chère du monde, à la famille Gauguin. Elle avait été confiée au Musée du Louvre en ville de Bâle, le Kunstmuseum Basel, dans le cadre d'un prêt à long terme par la fondation de la famille de l'industriel Rudolf Staechelin (1881-1946), qui avait constitué sa collection au moment de la Première Guerre mondiale.

FAUVISME : LA DANSE (Henri MAtisse, 1910)

Henri Matisse (1869-1954) considéré comme le précurseur du fauvisme, la conviction de son maître Gustave Moreau que la « couleur doit être pensé, rêvée, imaginée » l’aidera à privilégier la fonction créative de la couleur. Dès 1899, les couleurs annoncent sa période fauve, mais il est également marqué par la peinture de Cézanne qui inspire sa peinture jusqu’en 1903. En 1904 il devient à une touche divisionnisme proche de Signac et exalte ses couleurs (Luxe, calme et volupté). Avec son ami Derain, il expose des toiles au Salon d’automne de 1905 où les couleurs vertes et mauves sur les visages font scandale  ; l’appellation « cage aux fauves » est donnée à cette exposition. Il découvre l’année suivante les peintures de Gauguin et s’oriente vers une simplification des formes et la couleur en aplats. En 1908, le collectionneur Chtchoukine, lui commande deux panneaux de grand format : La Danse et La Musique.

CUBISME : THE CHECKERBOARD (JUAN GRIS,1915)

Bien qu'il regardât Picasso comme son maître, Gertrude Stein reconnaît que Juan Gris « était la seule personne que Picasso aurait volontairement éliminé de la carte ».

Salvador Dalí dit de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : “Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine.” Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »

SUREALISME : PERSISTANCE DE LA Mémoire (SALVADOR DALI ,1931)

La Persistance de la Mémoire, aussi populairement appelé Les Montres molles, est tout simplement un monde onirique et quelque peu étranger. L’œil du spectateur considère d’abord la toile dans son ensemble (qui ne mesure que 24x33cm !) et cette vaste scène déserte, avant de s’attarder plus franchement sur les détails au premier plan.

Dans cette scène surréaliste, Dalí imagine que des montres métalliques fondent et s’amolissent. Une façon de souligner la bataille perdue d’avance contre le temps ? Fasciné par la Théorie générale de la relativité d’Albert Einstein, publiée en 1920, il évoque à sa manière cette quête impossible contre la finitude.

Estampe japonaise -19ème siècle

Utagawa Kuniyoshi. Estampe, 1843 - 1847. Le général Amakasu Kagemochi à l'une des batailles de Kawanakajima.