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Les normes désignent les règles à suivre. Instruments de pouvoir, elles peuvent être édictées par des Etats ou des Organisations. L'une premières normes et sans doute la plus structurante a été la comptabilité. Inventée par les babyloniens (la première forme d'écriture retrouvée serait un document comptable), la comptabilité, revue par les Italiens du 15ème siècle (comptabilité à partie double du traité de Pacioli), a permis l'émergence du principal [système économique], le capitalisme. La comptabilité explique une grande partie de notre représentation du monde puisque c'est à partir de celle-ci que les [richesses] sont décrites.

D'autres normes régissent discrètement les procédés de fabrication et les technologies. Grâce à celles certains dispositifs sont devenus compatibles sur toute la planète surtout dans le secteur des télécoms ou de l'aviation civile. En raison du lobbying de groupes industriels le risque existe malheuresuement d'opter pour de mauvais standards.


En matière de télécommunication ou d'aviation civile (domaines dans lesquels on croise plus d'ingérieurs que de politiques), les standards internationaux ont permis de développer des systèmes performants et utiles. L'UIT, l'Union Interntational des Télécommunications, la plus ancienne organisation intergouvernementale technique de coordination, a été créée sous le nom d'Union internationale du télégraphe en 1865 par 20 états européens à Paris pour réglementer les communication par télégraphie sans fil avant même la création de l'ONU dont elle fait partie aujourd'hui.

Les normes peuvent s'appliquer dans tous les domaines : ce qu'on mange, ce qu'on applique comme cosmétique, comment faire les comptes de sa société, etc. 

Il existe une hiérachisation des normes :
1/ La Constitution
2/Les lois organiques, les traités internationaux, et les directives européennes
3/ Les lois regroupées dans les codes comme le code civil, le code pénal, etc

Edicter des normes offre la possibilité de mieux coopérer entre industriels mais c'est aussi devenu un enjeu financier tel, que l'on peut parler de guerre économique pour savoir qui imposera son standard (industiel ou pays). Exemple dans la video avec l'échec du Betamax de Sony face au VHS dans les années 80. 


Les Etats peuvent donc faire du papier : des lois et des normes. A la limite cela pourrait paraître rassurant, mais les Etats se sont dotés de la force pour faire respecter ses lois. Force intérieure pour faire respecter l'ordre et force extérieure, les [Armées], avec des possibilités plus ambigües : se défendre, attaquer, organiser une stratégie impérialiste. On pense aux Empires Coloniaux ou aux Etats-Unis.  

Pour exister entre eux, les Etats utilisent la [Diplomatie].

DEFINITION

Une norme, du latin norma « équerre, règle », désigne un état habituellement répandu, moyen, considéré le plus souvent comme une règle à suivre. Ce terme générique désigne un ensemble de caractéristiques décrivant un objet, un être, qui peut être virtuel ou non. Tout ce qui entre dans une norme est considéré comme « normal », alors que ce qui en sort est « anormal ». Ces termes peuvent sous-entendre ou non des jugements de valeur. Dans le domaine philosophique, médical ou psychique des auteurs considèrent qu'il n'existe pas de norme, tel Georges Canguilhem, Michel Foucault ou Sigmund Freud. Dans les domaines du droit, de l'économie et de la gestion, des théories récentes se sont développées autour de l'étude du phénomène d'inflation normative qui semble marquer les sociétés contemporaines. Par exemple, en économie et gestion, la théorie de la Tétranormalisation qui étudie les dysfonctionnements créés par les conflits normatifs dans les organisations, leurs causes et les moyens pour les dépasser.

La norme est traditionnellement l’un des modes d’expression privilégiés de la souveraineté.


Processus élaboration normes ISO

Les normes font l'objet d'un processus d'élaboration complexe qui se déroule en cinq phases6 :

-Proposition ;
-Préparation ;
-Comité ;
-Enquête ;
-Approbation.
Dans les années 1990, sous la pression des développements rapides des technologies de l'information, l'ISO a assoupli le processus d'élaboration des normes, en tenant compte de l'activité des consortiums, dont on a considéré qu'elle ne constituait pas une menace contre le système officiel de normalisation.

Plusieurs types de documents normatifs sont aujourd'hui disponibles :

Norme ISO
ISO/PAS spécification publiquement disponible
ISO/TS spécification technique (exemple ISO/TS 15000 sur ebXML)
ISO/TR rapport technique
Accord d'atelier international (IWA)

Critiques
Le fonctionnement de l'ISO est l'objet de critiques, notamment suite aux forts soupçons d'utilisation de moyens de pression voire de corruption dans certains pays, tels que l'Allemagne, la Norvège ou la Croatie, par la société Microsoft lors du processus de normalisation du format de documents de bureautique OpenXML afin d'amener les votants à changer de position en faveur des intérêts de Microsoft7. Il est également reproché à l'ISO de facturer l'accès à nombre de spécifications, ce qui constitue un problème pour les organisations ou projets aux moyens limités qui souhaiteraient s'y conformer.

Fonctionnement des normes

Constitution et lois
Les normes dans un système juridique sont les règles obligatoires qu'elles proviennent de lois, des codes, d'une coutume voire du droit naturel. Les codes sont de deux types :

- les codes adoptés comme tels, et modifiés, par les organes délibérants, 

-ou bien les codes rassemblés par les éditeurs (Dalloz et Litec en France).

Le terme « norme » désigne au sens large l'ensemble des règles obligatoires édictées par les autorités publiques : 

- la Constitution, 

- la législation, 

- les ordonnances, 

- décrets, 

- règlements et arrêtés (ministériels, préfectoraux, ou communaux).

Les situations normatives sont assez différentes entre les États-Unis (système juridique de common law) et l'Europe continentale (système juridique de droit civil), qui représentent l'essentiel des systèmes juridiques des États dans le monde.

Dans les deux systèmes juridiques, la Constitution se trouve au plus haut niveau.

Dans l'Union européenne, depuis les années 1990, le droit communautaire modifie en profondeur les droits nationaux des différents États-membres, les directives et règlements, ainsi que les traités internationaux s'interposant entre les Constitutions et les lois (ou codes), avec la hiérarchie des normes.

Hiérarchie des normes

En droit positif, une hiérarchie ordonne les normes (voir hiérarchie des normes). Par exemple :

La constitution est au plus haut niveau de la hiérarchie.
Au-dessous, on trouve les lois organiques, les traités internationaux et les directives européennes.
Encore au-dessous, on trouve les lois, qui peuvent être regroupées dans des codes : en France par exemple, on trouve à ce niveau le code civil français, le code pénal, le code de commerce, le code général des collectivités territoriales, le code de l'environnement, etc.
Le principe de hiérarchie des normes est beaucoup plus développé en Europe continentale, et particulièrement en France, qu'aux États-Unis, qui disposent d'une souplesse jugée quelquefois excessive en Europe continentale grâce à la soft law (droit mou).

SO/CEI 5218

La norme ISO 5218 définit la représentation des sexes humains par un code numérique. Elle a été créée par le comité technique Gestion et échange de données et proposée en novembre 1976.

Le but est de représenter de façon fiable le sexe humain dans un système d'information.

Les codes utilisés sont:

0 = inconnu,
1 = masculin,
2 = féminin,
9 = sans objet.
L'ordre des sexes (masculin avant féminin) reflète l'usage majoritairement fait dans les pays étant à l'origine de cette norme.

La norme est créée en novembre 1976 par le comité technique Gestion et échange de données.

Cette norme est utilisée en France pour le numéro INSEE. D'autres codes sont cependant utilisés pour ce numéro. Par exemple le 3 pour former un numéro provisoire dans le cas où le numéro INSEE est introuvable (par exemple en raison d'un nom de famille trop long pour le système informatique).

Les normes, poison de nos économies

Daniel Fortin
L'inflation des normes, poison de nos économies

Les Echos, e 18 mai 2019

C'est un sentiment d'étouffement, de harcèlement, voire d'encerclement qui, chez certains, peut déboucher sur une pathologie rendue célèbre par un député et éphémère ministre fraudeur du fisc :  la phobie administrative . Ces symptômes, chacun, à un moment de sa vie, les ressent. Ils sont la conséquence de l'inflation des lois et réglementations en tout genre, devenue une plaie de nos sociétés corsetées, notamment celles, comme la France, où il faut bien trouver employer une administration pléthorique.

Un sujet en or pour Christian Morel, qui y consacre le troisième volet de sa série à succès sur les décisions absurdes. Un livre utile, à la fois pour le constat qu'il fait de notre embonpoint réglementaire mais aussi et surtout pour l'analyse des raisons qui l'ont provoqué et pour l'étude précise de ses conséquences sur nos vies et notre économie.

En 2006, le Conseil d'Etat, dans un rapport, alertait déjà l'opinion sur la dangereuse dérive dans laquelle était entrée la production de règles. « Le nombre de textes de portée générale en vigueur ne cesse d'augmenter », écrivait-il. « On peut estimer qu'aux 9.000 lois et 120.000 décrets recensés en l'an 2000, sont venus s'ajouter, en moyenne, 70 lois, 50 ordonnances et 1.500 décrets par an. » Un courant qui, depuis, ne s'est jamais ralenti.

Mais comme le note fort justement l'auteur, l'Etat n'est pas le seul à alimenter un tel déluge. Dans la sphère privée aussi, l'inflation est de mise. Normes ISO, règles de comportements des caissières ou des employés de centre d'appels, multiples procédures de reporting dans les entreprises, normes à respecter pour l'installation d'un magasin, d'un cabinet médical ou pour le fonctionnement d'une maison de retraite : la « logorrhée réglementaire est partout », des vingt mille pages de règles qui encadrent la vie à bord du porte-avions « Charles-de-Gaulle » en passant par les onze pages et trente-cinq articles du règlement de la visite du Louvre où la déambulation en maillot de bain est formellement proscrite, alors que l'article 10 sur le droit d'entrée compte douze lignes expliquant que, pour pénétrer dans le musée, il est nécessaire de disposer… d'un droit d'entrée.

Maigre consolation, nous n'avons pas le monopole de cette maladie chronique. Aux Etats-Unis aussi, réputés pourtant plus libéraux que la moyenne, le mal a fait depuis longtemps son apparition. Le Registre fédéral américain, qui compile tous les règlements et jurisprudences en vigueur, est passé de trois tomes et 2.599 pages à sa création en 1936 à 81.405 pages soixante ans plus tard. Une revue de droit américaine a même trouvé un nom pour qualifier le phénomène : l'« hyperlexis ».

> L'inflation normative a un impact lourd sur l'économie> L'effarant bond en arrière du management
Mais d'où vient cet appétit de nos pays pour la règle ? Du poids de la culture d'abord. 

-La France est l'héritière d'une longue période de monarchie centralisatrice. 

-Aux Etats-Unis, c'est l'obsession de l'organisation parfaite qui justifie cette multiplication des normes. De façon plus conjoncturelle, leur production pléthorique est aussi une arme politique utile afin de montrer à l'opinion que l'on s'attaque à un problème. Enfin, il ne faut pas le nier : cette inflation procède surtout d'une forte demande sociale en matière de sécurité, notamment à la suite d'une catastrophe ayant provoqué une vive émotion dans l'opinion. Ce flux continu de réglementations traduit surtout ce que Christian Morel analyse comme « une excessive confiance dans la rationalité ».


Cet aveuglement est lourd de conséquences néfastes, précisément répertoriées dans l'ouvrage. L'inhibition face à l'action d'abord, qui peut se traduire par des catastrophes, notamment lors d'un incident aérien, lorsque le pilote doit arbitrer entre la procédure et son instinct pour se sortir d'une situation dangereuse. La mauvaise qualité des règles ensuite, due à leur profusion sans réel examen de leur portée. Le frein à l'innovation et au progrès enfin, sans doute le résultat le plus dommageable à long terme. La multiplication de normes contraignantes a évidemment une influence de plus en plus forte sur les décisions des entreprises et finit par impacter durablement l'attractivité d'un pays.


La solution ? Créer « un droit des règles » pour encadrer leur production propose l'auteur, qui assume le paradoxe. Certains pays, comme le Canada, se sont engagés dans la voie de la déflation normative. En France, les multiples  plans de simplification administrative attendent toujours leurs résultats concrets. Alors, en attendant, il nous reste l'évasion, comme celle à laquelle nous invite l'immense écrivain  Louis-René des Forêts dans « Ostinato » : « Piégé entre les quatre murs de la Règle, il se détourne pour écouter le vent sur la mer plus éblouissante au sommet des toits qu'une bêche frappée par le soleil. »


« Les Décisions absurdes III. L'enfer des règles. Les pièges relationnels », par Christian Morel, NRF Editions Gallimard, 257 pages, 20 euros.


Editeurs de texte pour la création de logiciels

Un éditeur de texte se distingue d'un traitement de texte par le fait qu'il est orienté lignes de code plutôt que paragraphes, et que les fichiers textes ne contiennent en général pas de mise en forme (taille et genre de la police, etc. L'éditeur de NextStep constituait une exception) : le traitement de texte a un format de fichiers élaboré, contenant les informations de structuration et — séparément ou non — de présentation.

L'éditeur utilise des fichiers de plein texte, présentés souvent avec une police à empattement et chasse fixes. Beaucoup d'éditeurs permettent d'agrandir et de rétrécir à volonté la police pendant une session, mais cette information n'est pas ensuite stockée avec le fichier lui-même.

Une police à chasse fixe permet d'aligner verticalement des sections correspondantes de texte, ce qui est utile pour des informations tabulées (code source FORTRAN ou assembleur, etc.).

Sous Windows

Éditeur pour Windows : Notepad2.
EDLIN (MS-DOS, Windows) éditeur ligne par ligne
EDIT (MS-DOS, Windows)
Bloc-notes (Notepad) l'éditeur standard de Windows (compatible UTF-8 et UTF-16, suivant la version de Windows)
WordPad éditeur RTF (compatible UTF-16)

Sous UNIX - GNU/Linux

L'éditeur de texte nano.
Vi et Vim (langage macro en propre)
Emacs
nano
Ne1 (nice editor)

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Quelles normes comptables pour une société du commun ? Edouard Jourdain, Editions Charles Leopold Mayer, 2019

Qu'est ce que la disruption ? Interview Bernard Stiegler dans le NouvelObs du 30 juin 2016

"J'ai été membre du conseil national du numérique pendant 3 ans, on était sans arrêt en train d'instruire des sujets, qui, quand on les avait finalement instruits, s'étaient déplacés. Tout cela nous oblige à toujour reprendre à zéro. Et à un moment donné, on renonce à l'idée de pouvoir légiférer. Ce qui a un effet très dangereux : un très grand découragement." Auteur de Dans la disruption. Comment ne pas devenir fou ?  

Notion de l'hubris.

"Et nous ne pouvons pas vivre en se disant que tout va se casser la gueule. C'est une idée insupportable."

"Il faut renverser les situations accidentelles en situations nécessaires."

"L'automatisation comptemporaine nous prolétarise. La prolétarisation, c'est la perte d'un savoir, et le savoir, c'est ce qui peut produire des bifurcations."

Projet de caisse de crédit contributif avec Plaine Commune, la communauté d'agglomération et de web du savoir avec Orange/Dassault System 

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