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Toute notre économie repose sur la matière, elle même résultant de processus courts, biologiques (agriculture) ou très longs,  géologiques (pétrole, minerais). Toute notre économie repose ensuite sur l'utilisation de ces ressources pour faire fonctionner un processus productif. Processus "énergique" de la production à la distribution. Sans cela, l'homme ne dépendrait que de ses muscles ce qui a été le cas pendant l'essentiel de l'histoire humaine jusqu'aux prémices de l'industrialisation. 


Le renouvellement cellulaire humain fait que nous sommes tous aussi des processus de matières premières biologiques : en une décennie, un être humain change presque entièrement au niveau cellulaire (y compris les os). Ce n'est plus le même...au sens atomique.

L'économie organisée autour de ces processus ne parvient pas toujours à trouver un point d'équilibre : malnutrition à de nombreuses reprises dans l'histoire de l'humanité, suralimentation ou malbouffe depuis quelques décennies, surexploitation de la planète et nombreuses pollutions à déplorer.

Ces processus ont été privatisés, ce qui en soi ne serait pas dramatique si les Etats étaient suffisament puissants pour les contrôler ce qui n'est pas plus le cas. 

Allons plus loin, regardons ce que les matières premières permettent : la fabrication d'[objets] et d'[énergie], de constructions [immobilier] qui se trouvent au coeur de la société de consommation. Des choses que l'on possède ou plutôt qui finissent par nous posséder.

LISTE MATIERES PREMIERES

Préambule Matières premières et énergies

Les matières premières se trouvent au cœur des échanges commerciaux et de la production d'énergie : pétrole, gaz, acier, pétrole, cuivre, etc. Que ce soit pour la production de biens, ou pour l'alimentation, elles sont essentielles à l'économie. Elles sont parfois l'objet de spéculation mais demeurent d'excellents indicateurs de l'activité économique.

Leur étude peut permettre d'anticiper l'émergence de nouvelles tendances.

  • L'or a un statut un peu particulier en tant que valeur refuge (réserve même si tout le monde sait qu'il n'y aurait pas assez d'or pour satisfaire la demande des échanges dans le monde).
  • La production d'acier est un bon indicateur de l'activité industrielle
  • Le pétrole, est évidemment "la" matière première au cœur de l'économie pour les transports et la fabrication des matières plastiques.
  • Le sucre donne des indications sur les progressions des classes moyennes des pays en voie de développement dont la consommation de sucre croit avec le niveau de vie.
  • Etc.
Les matières premières les plus importantes sont génératrices d'énergie et à ce titre elles sont stratégiques. Leur histoire s'avère bien souvent mystérieuse, laissant penser qu'il existe une vrai histoire derrière l'histoire "officielle", en particulier celle du pétrole.

La malédiction des matières premières
Certains pays avec des régimes autoritaires et souverains comme la Russie et l'Arabie Saoudite bénéficient pleinement de leurs ressources fossibles. A l'inverse, des pays africains souffrent de la richesses de leur sous-sol, victimes de corrupteurs sans scrupules utilisant la fragilité des systèmes politiques de ces pays. Les Pays-Bas ne disposent pas de matière première et figurent pourtant parmi les pays les plus riches du monde. 

Les matières premières en ville
Elles finissent  au fil du temps par  se retrouver dans l'égoûts au point de constater des gisements significatifs. Les boues d'épuration cachent une véritable manne. Ainsi dans une tonne, il est possible de trouver 52 kg de fer, 6 kg d'Aluminium, 1 kg de Titane (utilisé dans le dentifrice) et même jusqu'à 20 grammes d'argent et 0,3 grammes d'Or (quantité d'or comparable à celle trouver dans les mines les moins rantables). En France les boues d'épurations s'élèvent à 1,8 million de tonnes : une partie est épandue dans les champs comme fertilisant, le reste est stocké ou incinéré.

Ne pas confondre énergie et électricité.
Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme.
Ne pas confondre production (dont une large partie est consommée localement) et le marché mondial (avec des volumes échangés et des pirx).

Les grandes familles de matières premières :
  • Hydrocarbures (Pétrole et Gaz Naturel)
  • Charbon
  • Métaux
    • high tech : utiles pour l'innovation mais petits marchés (terres rares)
    • de base : cotés au LME comme l'aluminium, le cuivre, le zinc
    • ferreux (minerai de fer, manganèse, chrome) liés au niveau de PIB d'un pays
    • lourds (de plus en plus réglementés dans les pays développés)
  • Oléoprotéagineux (Soja, huiles)
  • Céréales
  • Produits tropicaux (sucre, thé, café, cacao, bananes, ananas, agrumes, caoutchouc) : pays en développement
  • Coton, laine, viande, lait et produits laitiers, fruits et légumes tempérés, pommes de terre, vins, tabac.
  • Bois / Energie
  • Pêche


Le FMI va vendre 200 tonnes d'or

23 Février 2010

Alors que le prix de l'once l'or s'est rapproché des 1 000 $, le FMI va procéder graduellement aux ventes pour ne pas perturber le marché. Ce sont des banques asiatiques qui seraient les plus probables acquéreurs.
Ces ventes font suite à la décision du conseil exécutif du fonds de se séparer de 400 tonnes d'or prise en septembre 2009.

C'est la première fois depuis 1980 que le FMI ne procède pas à des cessions directes aux autres banques centrales.

On rappellera que les stocks d'or du FMI sont de 3 000 tonnes valorisées à son bilan pour 6,9 milliards de dollars sur la base du coût historique d'acquisition. Au cours de début 2010, ce montant serait de 105 milliards de dollars.

Evolution du cours du pétrole - prix d'un baril en dollars US

Des prix dépendants de nombreux paramètres

De nombreux facteurs techniques et économiques expliquent les fluctuations du prix du baril de pétrole (source : Direction de la Stratégie et de l'évaluation des risques de Total) :

  • le manque de capacités de production et de raffinage,
  • la croissance de la demande, dépendante des cours du dollar, de la croissance démographique mondiale et de l'émergence de nouveaux pays industrialisés,
  • alternatives énergétiques limitées,
  • l'intérêt des investisseurs et la spéculation.

Augmentation des prix de 2 000 à 2008
Les variations significatives enregistrées entre 2003 et début 2008 résultent principalement des anticipations optimistes de croissance mondiale mais ne proviennent pas de l'augmentation de la demande de pétrole dont la croissance a tendance à ralentir depuis 2004 (Rapport CNUCED et Institut Français du Pétrole, rapport de novembre 2008).
En revanche, l'évolution récente des cours du baril depuis l'été 2008 reflète l'impact de certains capitaux spéculatifs sur les marchés à termes qui ont une influence dans la formation des prix spots et d'incertitudes sur le niveau d'offre en raison de crises latentes (Iran, Irak, etc).
Il est avéré que le nombre de traders intervenants sur les marchés à terme de Crude Oil appartenant à des Hedge Funds a triplé entre février 2004 et juillet 2007. Ils représentaient environ 40% de l'ensemble des traders agrées à fin 2008 selon les statistiques du CFTC (Commodity Futures Trading Commission).

Evolution de la demande mondiale de pétrole

Le prix du baril de pétrole subit régulièrement l'influence d'événements ponctuels :

  • au niveau géopolitique : guerre en Irak, programme nucléaire en Iran, mouvement séparatiste au Nigeria, étatisation en Amérique Latine, etc
  • au niveau climatique : la saison des ouragans dans le golfe du Mexique

C'est à partir des années 70 que la volatilité du prix du baril de pétrole s'amplifie : la fin de la convertibilité du dollar en or (1973), la Guerre du Kippour (1973) puis la révolution iranienne (1979) en sont les principaux faits générateurs (source : CNUCED ).

La demande de pétrole mondiale était en diminution depuis plusieurs années avant la crise de 2008 : l'essor de l'industrie asiatique ne compense pas la diminution de la demande dans les pays industrialisés qui se réorganisent afin de réduire leur dépendance. La hausse du prix du baril est donc induite par un mix d'opérations de spéculation mais aussi de rareté de l'offre, orchestré par l'OPEP et ponctuellement accentué par des crises géopolitiques (Niger, Irak) dans les pays producteurs.

Réserves d'or des Banques Centrales en tonnes

Depuis la fin des années 60 le stock d'or détenu par les banques centrales de l'ensemble des pays du monde est en forte diminution alors que la production annuelle d'or s'élève à 2 400 tonnes en 2008 pour une demande de 3 300 t.

Cette observation illustre la fin de l'étalon or déclarée par les américains en 1973 et l'utilisation de l'or par des industriels

Cours de l'or

La rareté a donc mécaniquement un impact sur les prix dès cette période pendant laquelle le cours de l'or passe de 50/100 $ l'once à un minimum de 300 $ pour atteindre des sommets historiques en 2009.

L'or est évidemment considérée comme une valeur refuge. La demande mondiale se répartie de la manière suivante : 59% placement, 8% industrie et 33% joaillerie.

L'or est toujours considérée comme une valeur refuge, l'augmentation de son prix s'est accéléré depuis la fin de la convertibilité du dollar. Il est impossible de prédire les prochains mouvements sur l'or, d'autant que les cours peuvent être manipulés facilement.

Réserves d'or par pays

Le stock d'or des Etats-Unis a fortement baissé depuis la fin de la WWII jusque dans les années 1970.

Une partie de l'or est prêté aux banques américaines contre une rémunération de 1%. Les banques revendent cet or et préfèrent investir dans des bons du trésor rémunérés à 4%. Ces banques ne peuvent finalement pas vendre l'or emprunté car il faudrait le racheter. Même celles qui se sont protégées par le biais de futures.

Réserves d'or par pays - hors Etats-Unis

Cet or est comptabilisé à l'actif de ces banques dans leurs bilans mais aussi dans celui des banques centrales (on ne connaît pas la part des prêts dans leurs réserves .
Sur environ 30 000 tonnes d'or, 10% seraient prêtés à Barclays, Goldman Sach, JP Morgan, Bank of America, UBS et Citi.

Production d'acier en milliers de tonnes

La production d'acier, avec laquelle on ne peut pas tricher sur le dynamisme de l'économie mondiale (il y a de l'acier dans de nombreux produits de base) s'est accélérée au début des années 2000 pour ralentir en 2008.

La quantité d'acier produite est restée stable jusqu'en 2002. La crise de 2008 s'est résorbée rapidement.

Le pétrole

C'est l'industrie des matières premières la plus stratégique et la plus développée :  son chiffre d'affaires représente 10 fois celui de tout autre industrie. Plusieurs centaines de milliers de produits contiennent des substances dérivées du pétrole.

Origine : formation organique (et non minérale) il y a plus d'un milliard d'années au moment ou la vie cellulaire complexe apparaissait dans les mers à une époque ou le climat sur terre était beaucoup plus chaud et humide.

Les hydrocarbures proviennent de la décomposition de minuscules organismes marins (plancton, etc). En comparaison, le charbon provient de la décomposition de matières terrestres (bois, feuilles, graines).
Ces organismes ont pu survivre grâce à l'absence d'oxygène, probablement favorisé par l'effet de serre de l'époque selon des paléo-climatologues. Cette couche de matière organique (kérogène) est ensuite "cuite"  naturellement sous terre (2 à 10 km de profondeur entre 50 et 300 °C pour donner naissance à du pétrole brut. Certaines molécules de carbone de celui-ci s'associent à de l'hydrogène et deviennent de plus petites molécules d'hydrocarbures (plusieurs degrés de viscosité et même au delà de 5 molécules de carbones par molécule, on obtient du gaz du narturel). 

Les premiers gisements utilisés par l'Homme remonte à l'Antiquité. On trouvait des temples établis autour de "jets de feu" situés aux bords de mer Caspienne. Les fidèles du Zoroastrisme en Perse, près de la moitié de l'humanité de 100 millions d'individus à l'époque, utilisaient ces lieux de culte. 

Il faut plutôt parler de pétrole(s) au pluriel car il en exite plusieurs variétés et ensuite plusieurs familles de derivés du pétrole. On parle alors d'industrie parachimique à partir du nafta.Sous haute préssion, plusieurs variétés sont obtenues : hydrocarbures napthéniques, forméniques, ou asphaltiques, qui donnent des alcanes (méthane, éthane, propane, butane, etc) à partir desquels la chimie permet d'obtenir des composés chimiques saturés, insaturés, cycliques, aromatiques etc. A COMPLETER 518

La fililière parachimie regorge de sous-filières avec de nombreuses applications comme le plastique. Exemple avec le PVC souple. 

Une grande partie s’effectuant par voie maritime ( quarante millions de barils / jour ) , on comprend mieux pourquoi la flotte américaine est déployée sur toutes les mers du globe , et notamment à proximité des points de passage sensibles ( détroit d’Ormuz , détroit de Malacca , canal de Suez , etc

Notes

lundi 19 septembre 2011, 23:40

Rhodium
Platine

Les plus chers après l'or

Or : réserves us 8 133, 5 soit huit fois la production annuelle
Spdr gold trust géré par la société State Street représente 68.7 mds usd - 41,2 millions d'onces soit 1 281.8 t d or - 2,5 prod annuelle

Transaction or au 4/8 200 t
Record 1981 avec 276 t
Chinois et Indiens = 58% de la demande d'or physique en 2011

http://blogs.mediapart.fr/blog/laurie-fachaux/240712/le-chili-vend-son-lithium

Les raisons de la hausse de l'or en 2012

Depuis l’éclatement de la bulle internet au début des années 2000, le monde n’a cessé de traverser les crises, périodes au cours desquelles le cours de l’or n’a fait que progresser. Autour de 300 $ au début des années 2000, l’once d’or a atteint un record historique
à 1 921,15 $ le 6 septembre 2011.

Article de Laurent Swartz du 7 novembre 2011

Liens entre prix du pétrole et taux de change du dollar

Beaucoup d’observateurs avancent l’idée suivante : la hausse du prix du pétrole est une conséquence du recul du dollar, les investisseurs se protégeant contre la baisse du dollar en investissant en pétrole (en matières premières d’une manière plus générale).

On peut aussi supposer que les exportateurs de pétrole différencient leurs revenus en d’autres devises.
Mais on peut aussi penser que la hausse du prix du pétrole et la baisse du dollar ne sont pas directement liées, et sont les deux conséquences d’une cause commune qui est le retrait des investisseurs depuis les marchés d’actifs complexes (ABS) aux Etats-Unis.

Dans d’autres circonstances, on pourrait alors avoir une corrélation différente entre le dollar et le prix du pétrole, due par exemple à des effets de demande de transaction de dollar ou à des effets cycliques, et on ne pourrait pas s’appuyer sur l’idée d’une corrélation stable.

Une étude de Patrick Artus, Natixis du 17 mars 2008

Histoire du pétrole

Standard Oil Company (1870-1911) de M. Rockfeller.
Démentelée en trois : SO of New Jersey (Exxon), SO of NY (Mobil) et SO of California (Chevron) qui elle même a rachetée Gulf (1985) et Texaco (2000).
Avec Royakl Dutch Schell (1907), Anglo Persian (1909 devenue BP en 1945), ces sociétés formaient les "7 soeurs".
La Compagnie Française des Pétroles (CFP) fondée en 1927 devient Total en 1985 puis rachète Elf en 1999. 
Condoleezza Rice a été cadre dirigeante chez Chevron Texaco pendant de nombreuses années avant de rejoindre l'adminisatration de George Bush Jr.

À lui seul , le business lié au pétrole représentait environ 5 % du PIB mondial , soit plus ou moins deux mille cinq cents milliards de dollars … Mais la clef de l’enjeu ne résidait pas seulement dans ce colossal volume . C’est la valeur ajoutée qui expliquait tout . Extraire , transporter , raffiner et distribuer le pétrole , partout dans le monde coûtait moins de mille milliards de dollars ! La différence ? De la marge pure que se partageaient les pays producteurs et les pays consommateurs au travers des royalties , des impôts et des taxes .

La financiarisation des matières premières : vers la famine

The Financialization of Commodity Market; rapport Cnuced

The Global Food Equation : Food Security in an Environnement of Increasing Scarcity

A new Era of World Hunger ?The Global Food Crisis Analyzed

Les guerres du gaz et des tubes (pipelines)

Pays consommateurs à l'Ouest et pays producteurs à Est (sauf Norvège au Nord et Algérie au Sud). 

Le principal producteur, la Russie, alimente l'Europe à travers deux zones de pipelines (Nordstream qui passe sous la mer Baltique pour rejoindre l'Allemagne) et l'Ukraine.

La Russie dont le PIB est relativement faible (celui de l'Espagne ou des Pays-Bas) est très dépendante de sa capacité à bien vendre (facilité et prix) et se positionne contre toute initiative qui permettrait à l'Europe de trouver une alternative en faisant venir du gaz d'Iran (pas difficile puisque blackisté par les Etats-Unis) et du Qatar. 

Pour les Russes il est indispensable que l'Ukraine laisse passer son Gaz ce qui est devenu compliqué depuis la Révolution Orange. Une autre voie possible est la Turquie via la Mer Noire d'où la signature d'un accord entre Poutine et Erdogan à l'été 2016 pour Turk Stream.

Les Européens soutenus par les américains ont envisagé une autre possibilité en passant par la Turquie, le projet Nabucco. La Turquie est donc l'objet de tiraillement entre membres de l'OTAN dont elle fait partie et Russie. L'opposition Russe au projet se manifeste aussi par le refus de Bachar El Assad de laisser passer le pipeline en provenance du Qatar. L'Arabie Saoudite étant partagée car rivale du Qatar mais alliée à la Turquie.

L'abandon de projet européen South Stream (des entreprises italiennes avaient même déjà avancer les travaux pour les Russes) illustre bien les difficultés à mener de tels projets : stabilité des partenaires, coûts techniques, risques de sabotages. Raisons pour lesquelles le projet Nabucco devait être difficile à monter.

Peu d'informations précises sur les tracés sont accessibles. Elles relèvent d'études privées ou de secrets d'Etat.

Une théorie pourrait être que les Français, l'OTAN, avec la Turquie et les Qatari étaient favorables à un projet Nabucco. Pour cela ils laissaient le champ libre à des opérations de destabilisation menées contre la Syrie par des groupes rebelles/terroristes. Ces mêmes opérations étant déjouées de plus en plus par les Russes. La Turquie a probablement du changer de camp l'été 2016 (coup d'état fein ou tentative de coup d'état), les américains étant visiblement très maladroits dans les manoeuvres au Moyen-Orient (fin de mandat du mauvais Obama). Enfin les rebelles/terroristes (qui sont-ils vraiement ? des islamistes ou mercenaires) se sont possiblement retournés contre leurs commandaires via des actions terroristes en Europe et en Turquie.

Enfin pour terminer sur la géopolitique énergétique, il faut s'intéresser aussi au prétole et donc aux oléoducs. Il est tout à fait possible que les soutiens Français, Anglais, Américains mais aussi Hollandais à l'Arabie Saoudite ne sont motivés que pour des raisons énergétique. Le Yémen permettrait de sortir le pétrole d'Arabie Saoudite en contournant le détroit d'Ormuz (et donc le risque d'un blocage provoqué par l'Iran).

Quelques dates

Octobre 2012 :
Coup d'arrêt au super cycle des matières premières (indice CIBC) en raison du ralentissement de la croissance chinoise. Le cours du nickel (métal du diable) baisse de 30% (en raison de la diminution de la production d'acier inoxydable qui représente 2/3 de ses débouchés). En Afrique du Sud 12 000 mineurs sont licenciés et 100 000 mineurs se mettent en grève.

Les grands de l'énergie entre en crise à cause de la baisse de la consommation, de la hausse des exportations de charbon américains qui sont délaissés au profit des gaz de schistes ainsi que des décisions politiques de sortie de l'énergie nucléaire et du développement des énergies renouvelables. La consommation de charbon va donc dépasser celle du pétrole. Les techniques de captage de CO2 ne seraient pas matures. En France 15 centrales a charbon (dont la construction est antérieure à 1975) ont été fermées soit 50% du parc.

L'essor des gaz de schiste fait baisser le cours de l'éthylène aux Etats-Unis ce qui rend l'industrie chimique européenne non compétitive (prix de l'éthylène supériers de 30% à 50%).

La capacité de raffinage européenne s'élève à 1,7 millions de barils jours selon l'Union Française des Industries Pétrolières. La marge de raffinage tourne autour des 34 € par tonne. En France le nombre de raffineries est passzé de 12 à 8 sites depuis 2009. Capacités : 69 millions de tonnes par an.

Juin 2013 
Poursuite des baisses de cours des matières premières. La demande diminue au moment où l'offre augmente suite à de nombreux investissements entrainants des surcapacités. Le cours du caoutchouc a chuté de 60% depuis sont pic historique de février 2011.

Les chiffres et prévisions sur les gaz de schiste sont fragiles et peu fiables.

Production d'Uranium : avec 8000 tonnes par an, Areva détient 15% de part de marché, deuxième dernière KazatomProm. Le marché est estimé à 100 000 tonnes vers 2030.

Octobre Novembre 2013
Le marché de l'or représente un chiffre d'affaires de l'ordre de 210 milliards de dollars : 78 pour la production (sociétés minières), 25 pour le recyclage et 100 au niveau de la distribution (70 bijouterie, 38 pièces et lingots et 4 pour les terchnologies).

5 banques privées déterminent le cours de l'or sous le contrôle de la London Bullion Market Association : Scotia Bank, Barclays, Société Générale, Deutsche Bank, et HSBC.

Janvier Février 2014
Les principaux opérateurs : Glencore, Cargill, Vitol, Trafigura, Mercuria et Louis Dreyfuss Commodities.
Selon les Echos, 250 milliards de dollars de profits en 10 ans.
Un marché annuel de 38 milliards de dollars.
Métiers : trader, entrepôts, champs.
Entrées en 2008, les grandes banques sortent dont JP Morgan (Blythe Masters) sauf Goldman Sach et Maquaries.

 Mars 2014
90% de l'énergie produite dans le monde provient de l'eau ? 3,5 milliards d'habitants n'ont pas un accès satisfaisant à l'eau.

Novembre 2014
Or : le bas de laine des français serait estimé à 3000 tonnes soit 90 milliards de dollars.
Oléoduc géant : Keystone X2 reliant le Canada au Mexique.

Le Gaz en Europe : la guerre de l'énergie


Depuis le coup d’État manqué du 15 juillet 2016 à Ankara, des piliers entiers de la politique européenne vacillent. L’accord sur les migrants, conclu en début d’année, est mis à mal. Ce n’est pas le seul : une bonne partie de la politique énergétique de l’UE, qui misait sur la Turquie pour contourner la Russie et accéder à d’autres gisements de matières premières en Asie et au Moyen-Orient, pourrait être fragilisée.

Les russes essaieraient t-ils de « remplacer » l’Ukraine par la Turquie, pour obtenir de nouveaux accès au marché européen ?

Le gaz représente le quart environ du mix énergétique des 28 (c’est-à-dire de toutes les sources énergétiques ensuite utilisées dans l’UE pour produire de l’énergie). Et un peu plus du tiers de ce gaz européen est importé de Russie, même si les différences, d’un État à l’autre, sont colossales (avec certains pays, comme les États baltes, dépendants à 100 %, ou la Pologne à 80 %). Depuis la fin des années 2000, Bruxelles ne cesse de vouloir diversifier ses approvisionnements en gaz, à travers la constitution d’une « union de l’énergie ». La crise ukrainienne de 2014 a encore renforcé cette priorité.

La construction d’un gazoduc entre la Russie et la Turquie pourrait donc ouvrir un nouveau canal d’acheminement vers l’UE, là où South Stream n’y était pas parvenu. Cette hypothèse ressurgit alors que Moscou négocie déjà avec Berlin la construction d’un autre gazoduc en mer Baltique, Nord Stream 2, malgré la vive opposition de nombreuses capitales à l’Est, dont Varsovie. Si Nord Stream 2 aboutit, l’UE importerait alors, non plus 35 %, mais 60 % du gaz qu’elle consomme à la Russie, selon les prévisions de certains experts.

Depuis le départ, la commission de Bruxelles doute de la viabilité du TurkStream. En partie pour des raisons techniques, liées à la profondeur de la mer Noire. Mais surtout parce que ce chantier pourrait faire de l’ombre à la priorité absolue du Slovaque Maros Sefcovic, le commissaire européen à l’« union de l’énergie » : le Corridor gazier sud-européen (Southern Gas Corridor, SGC), assemblage de trois gazoducs sur plus de 3 500 kilomètres qui doit acheminer le gaz de la Caspienne jusqu’aux Pouilles italiennes, à horizon 2020 dont le fameux TANAP traversant la Turquie et le TAP (Albanie-Italie) qui lui pourrait de toute façon servir aux Russes. Principal intérêt de ce chantier controversé, chiffré à 40 milliards d’euros : il évite la Russie.

Raison gardée
Les gazoducs déjà en place, pour acheminer du gaz depuis la Russie, la Norvège, la Libye et l’Algérie, n’étaient utilisés en 2015 qu’à 58 % de leurs capacités. À comparer avec des réserves de gaz à travers l’Europe qui, elles, sont remplies à 82 %. Surtout, la construction de ces nouvelles infrastructures est totalement contradictoire avec les engagements pris, notamment par l’UE à la Cop 21 de Paris, de « décarboniser » les économies européennes.

Le projet alternatif (gaz du Qatar) soutenu par les Français et les américains s'avère probablement à l'origine des conflits en Syrie. La réaction des russes étant vraissemblablement à l'origine de nombreux événéments curieux des années 2015-2016 (accidant du patron de Total, etc)

Matières premières

Substitution au Silicium pour les panneaux solaires

Nord Stream

Le gazoduc Nord Stream relie le port russe de Vyborg au port allemand de Greifswald sous la mer Baltique. Le système comprendra deux pipelines d'une longueur de 1.220 km et d'une capacité annuelle de 27,5 milliards de m³ de gaz chacun. La première conduite a été inaugurée le 8 novembre 2011 à Lubmin, en Allemagne. La deuxième canalisation entrera en service en 2012. 

Les actionnaires de la société Nord Stream AG sont le russe Gazprom (51% du capital), les allemands Wintershall Holding et  E.ON Ruhrgas (15,5% chacun), le français GDF Suez (9%) et le néerlandais Gasunie (9%)

Ce gazoduc permet d'alimenter l'Europe tout en évitant des territoires compliqués comme l'Ukraine.
 

Nord Stream 2 

Nord Stream est entré en fonction en 2011. Il permet d’acheminer 55 milliards de m3 de gaz russe vers l’Allemagne, lorsqu’il fonctionne à pleine capacité. Et il est l’épine dorsale d’une coopération économique étroite entre l’Allemagne et la Russie, initiée au début des années 2000.

Dix pays s’opposent au projet

Le Nord Stream 2 devrait permettre d’acheminer 55 milliards de mètres cubes supplémentaires. Il est porté par un consortium conduit par Gazprom, qui a 50 % des parts, ainsi que de grosses compagnies gazières ouest européennes, partenaires de longue dates du géant russe (Engie, E. on, Wintershall, OMV et Shell).

En doublant les capacités de ce gazoduc, l’Allemagne va accroître sa dépendance au gaz russe, elle va affaiblir les pays d’Europe centrale qui servent aujourd’hui de pays de transit (et touchent des royalties pour cela) et elle va envoyer également un mauvais signal politique à la Russie, estiment plusieurs pays d’Europe centrale. Ils ont décidé pour cela de s’opposer au projet.

Le 26 novembre 2015, la Pologne, les Pays Baltes, la République tchèque, la Hongrie, la Grèce, la Slovaquie et la Roumanie ont envoyé une lettre commune à la commission européenne pour demander que le projet Nord Stream 2 soit mis au menu des discussions du sommet européen.

Plus surprenant encore, l’Italie s’est joint à cette fronde. Elle n’a pas apprécié que l’Europe ait bloqué il y a deux ans un projet concurrent, le South Stream, dont elle était partenaire. Ce gazoduc passait sous la Mer Noire pour desservir la Bulgarie, la Grèce et l’Italie.

Les États-Unis ont également critiqué ce projet. Mais le patron de Gazprom Alexeï Miller, a multiplié les visites dans les capitales d’Europe de l’ouest pour convaincre de l’intérêt du projet. En l’espace de quelques mois, il a ainsi été reçu deux fois à l’Élysée par le secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Pierre Jouyet, le 22 octobre puis le 2 décembre, pour demander le soutien de la France à ce projet.

 

South Stream

Le projet de gazoduc South Stream, promu depuis 2007 par le russe Gazprom et l'italien Eni, devait relier la Russie à l'Europe centrale et méridionale sous les mers Noire et Adriatique et réduire la dépendance des acheteurs et fournisseurs de gaz envers les pays de transit, dont l'Ukraine et la Turquie. La Russie a renoncé au projet South Stream début décembre 2014 en raison de la "position hostile de l'Union européenne".

Long de 3 600 kilomètres et alimenté par du gaz de Sibérie, ce pipeline contournant l’Ukraine devait fournir jusqu’à 63 milliards de mètres cubes par an aux pays européens grâce à deux branches, l’une vers l’Autriche, l’autre vers les Balkans et l’Italie. Outre Gazprom (50 %), plusieurs groupes d’énergie étaient associés, notamment au chantier du tronçon sous-marin dont le coût était estimé à 10 milliards d’euros (sur un total de 17 milliards d’euros) : la compagnie pétrolière italienne ENI à l’origine du projet (20 %), l’électricien français EDF (15 %) et l’allemand Wintershall (15 %), filiale du groupe chimique BASF.

Lancé par Vladimir Poutine dès 2007 avec le soutien de son « ami » italien Silvio Berlusconi, South Stream devait entrer en service en 2016 et atteindre sa pleine capacité en 2018. Dès le départ, il s’agissait d’un projet très politique puisqu’il avait été conçu pour dissuader l’UE de mener à bien son propre projet.

Les raisons de l’abandon

M. Poutine a justifié l’arrêt de South Stream par l’opposition de l’Union européenne (UE) au passage du gazoduc sur le territoire de ses Etats membres, notamment la Bulgarie. Au cours de l’été, Bruxelles avait en effet exercé de fortes pressions sur Sofia pour qu’il renonce aux premiers travaux sur le gazoduc débouchant de la Mer noire. Ce renoncement russe est le dernier avatar de la crise opposant Moscou aux capitales occidentales autour de l’avenir de l’Ukraine.
Moscou et Ankara ont d’ailleurs signé en 2014,  un accord pour la construction d’un nouveau « tuyau » reliant les deux pays sous la Mer noire et la fourniture de gaz (avec une ristourne de 6 %). Ce texte renforce les liens énergétiques (pétrole, gaz, nucléaire) entre la Russie et la Turquie, deuxième client de Gazprom derrière l’Allemagne.

L’accord russo-turc fait suite à la signature, sous les auspices de M. Poutine et du président chinois Xi Jinping, d’un contrat entre Gazprom et la China National Petroleum Corp. (CNPC) pour la livraison de 38 milliards de m3 de gaz russe par an durant trois décennies. Montant estimé : 400 milliards de dollars. Ce gaz proviendra toutefois des gisements de Sibérie orientale et n’était pas destiné à l’Europe, trop lointaine.


Nabucco Pipeline

Le projet initial Nabucco était un gazoduc reliant l'Iran et les pays de la Transcaucasie à l'Europe centrale. 

Soutenu par l'Union européenne (UE), il permettrait de diversifier les sources d'approvisionnement énergétique de l'Europe.

D'une longueur de 3300 km, il aurait une capacité maximale de 31 milliards de mètres cubes de gaz. 

Sa position au cœur de la Turquie permet au gazoduc d'être éventuellement relié, à terme, aux réseaux de transport syrien et surtout irakien.

Un accord intergouvernemental entre la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche a été signé le 13 juillet 2009.

Nabucco est en concurrence directe avec le projet South Stream

En décembre 2011, la Turquie et l'Azerbaïdjan annoncent simultanément la mise en place du gazoduc transanatolien, qui absorbera le gaz de Shah Deniz, initialement envisagé pour Nabucco et d'autre part la Russie et la Turquie annoncent un accord sur la traversée des eaux territoriales turques par South Stream, rendant la construction de Nabucco peu probable.

Nabucco West est un projet de gazoduc reliant la frontière turco-bulgare à l'Autriche. L'objectif du projet est d'acheminer vers l'Europe les ressources gazières du gissement de Shah Deniz 2, situe en Azerbaïdjan. .

Le projet Nabucco est soutenu par l'Union européenne et les États-Unis.

Un des objectifs du projet est de mieux relier l'Union européenne aux sources de gaz naturel de la mer Caspienne et des régions du Moyen-Orient. Un autre but est de diversifier ses approvisionnements énergétiques actuels ainsi que les itinéraires de livraison pour l'Europe, réduisant ainsi la dépendance européenne à l'énergie russe.Les différends du gaz entre la Russie et l'Ukraine ont été l'un des facteurs à l'origine de la recherche de fournisseurs et itinéraires alternatifs.

Par ailleurs, selon la Commission européenne, la demande européenne de gaz devrait passer de 502 milliards de mètres cubes en 2005 à 815 milliards de mètres cubes en 2030, ce qui signifierait que la seule Russie ne serait pas en mesure de répondre à la demande.

Le projet est développé par la société Nabucco Gas Pipeline International GmbH11, fondée en 2004 à Vienne.

La direction de l'entreprise est assurée par Reinhard Mitschek, issu de la firme autrichienne OMV. Il a été développé . Six compagnies énergétiques soutiennent ce projet alors qu'elles ne participent pas au remplissage du gazoduc. Les principaux actionnaires en sont:

OMV (Autriche)
MOL (Hongrie)
Transgaz (Roumanie)
Bulgarian Energy Holding (Bulgarie)
BOTAŞ (Turquie)

Initialement, chacun des actionnaires détenait 16,67 % des parts de la société.

Gaz de France était intéressé pour prendre une participation dans le gazoduc mais le gouvernement turc l'en a écartée en réponse à la reconnaissance par l'État français du génocide arménien. Néanmoins, à la faveur de l'année de la Turquie en France et la venue du président turc, Abdullah Gül, les autorités turques ne sont plus opposées dans le principe à la participation du groupe français GDF Suez au projet.

En 2010, la concurrence de Nord Stream et South Stream, et la dépression économique font que les clients de ce gazoduc ne sont toujours pas identifiés ; l'appel d'offres auprès des clients aurait dû se dérouler entre juillet et octobre, pour une décision en décembre 2010. En octobre 2010, l'un des actionnaires repousse le projet d'un an, en déclarant qu'aucune décision ne sera prise avant 2011.

Avec du gaz naturel abondant dans différentes régions du globe, et des difficultés économiques en Europe de l'Ouest, l'avenir de ce projet est incertain. En mai 2011, le projet est à nouveau reporté de deux ans.

Le groupe industriel français GDF Suez a annoncé le 28 mai 2013 avoir conclu un accord avec l’autrichien OMV pour reprendre 9 % de sa participation dans le gazoduc Nabucco West. OMV a racheté la participation de l’allemand RWE en avril 2013.

À l'origine, le tracé prévu en 2002 devait relier les pays consommateurs européens à l'Iran, la deuxième réserve mondiale de gaz après la Russie. Le pipeline devait s'étendre sur 3300 km en passant par les principaux pays promoteurs qui pouvaient ensuite faire le lien avec l'Europe de l'Ouest.

Le projet Nabucco ayant gagné en importance politique depuis la crise entre la Russie et l'Ukraine de 2006, le tracé a lui aussi connu un changement majeur et paradoxal. Les Européens et les Américains qui ont eu l'idée de la diversification des importations ont vu en l'Iran et sa capitale une image négative à propos de son programme nucléaire et de son instabilité. La principale source de fourniture en gaz du gazoduc est alors écartée du projet temporairement et n'est considérée que comme un fournisseur potentiel. Ce sont alors les pays limitrophes de la mer Caspienne qui sont un enjeu majeur pour le projet Nabucco, on peut citer l'Azerbaïdjan et le Turkménistan. Mais l'Union européenne compte aussi sur les pays du Proche et Moyen-Orient pour augmenter les volumes de gaz dans le pipeline, avec la potentielle participation de l'Irak et de l'Égypte. Ces deux catégories de pays possèdent à eux tous des ressources en gaz comparables à celles de la Russie mais avec l'avantage de proximité géographique qui est intéressante pour l'Europe.

Avec ces changements, le coût et l'étendue du gazoduc Nabucco s'élèvent, le prix est supérieur à 8 milliards d'euros avec un pipeline de plus de 3800 kilomètres, il se pose alors le problème de sa réalisation car l'incertitude est très présente au sein du projet et il manque d'investisseurs. Quoi qu'il en soit, le tracé n'évolue que du côté des fournisseurs, la position des promoteurs et des clients du gazoduc Nabucco n'a pour le moment pas bougé et concerne toujours un passage de 2000 kilomètres par le nœud central qu'est le territoire de la Turquie, pour ensuite traverser la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l'Autriche. Le point final de la plate-forme de distribution serait basé en Autriche à Baumgarten pour rejoindre ensuite le réseau d'Europe centrale et de l'ouest.

La signature de l'accord intergouvernemental du 13 juillet 2009. La Commission européenne est à l'origine de cet événement qui doit assurer une meilleure stabilité du projet. C'est cet accord qui marque le véritable développement de Nabucco. D'après le président de la Commission européenne, M. Barroso, présent lors de la signature, l'accord, montre que ce projet est prêt à devenir une réalité aussi vite que possible.

Cet accord signé à Ankara, la capitale de la Turquie, concerne les cinq pays où sera installé le gazoduc et s'appuie sur leur accord politique mais aussi leur acceptation d'adopter des règles communes afin de définir un cadre juridique unique au sein du projet. Les conditions d'usage du gazoduc étant fixées, cela rend la situation plus claire. Les importateurs et exportateurs de gaz du pipeline Nabucco s'adresseront ainsi à un interlocuteur unique, la compagnie Nabucco gas pipeline international.

Cet accord a respecté la législation de tous les pays signataires et a permis une entente entre les pays selon les exigences de chacun. Selon la Commission européenne, la prochaine étape serait d'établir des contrats avec les pays fournisseurs concernant la capacité d'exportation. Les engagements d'importations entre les pays vendeurs et les pays acheteurs sont dans cette perspective une condition pour attirer les investisseurs et donc parvenir au financement du projet.

En mai 2012, le consortium Nabucco a soumis une proposition Nabucco-West23 au consortium Shah Deniz. Le 10 janvier 2013, le Nabucco International et les partenaires de Shah Deniz ont signé un accord de financement. Selon l'accord, les partenaires de Shah Deniz vont prendre une participation de 50 % dans le projet lorsque Nabucco West est choisi comme la voie d'exportation pour le gaz de Shah Deniz.

Le 3 mars 2013, Nabucco International a signé un protocole d'entente avec le consortium TANAP. Les consortiums Shah Deniz et TANAP ont également signé des accords similaires avec les actionnaires du gazoduc Trans Adriatic Pipeline (TAP), rival direct de Nabucco West.

En dépit de l'effort fait par la Commission européenne le 13 juillet 2009 pour booster le projet Nabucco, celui-ci subit un essoufflement depuis l'arrivée du projet concurrent russo-italien South Stream. Pour contrer cette avancée et améliorer sa fiabilité, le projet Nabucco se modernise et diversifie encore plus ses fournisseurs mais en parallèle augmente nettement son coût de construction pouvant atteindre 15 milliards de dollars. Sa position face à South Stream n'encourage en outre pas vraiment les investisseurs à financer le projet. La Russie a en effet devancé ce projet en tentant de le vider de ses sources d'approvisionnement.

Un des problèmes majeurs du projet Nabucco est la fiabilité des pays fournisseurs puisque aucun contrat sur les capacités d'exportation n'est établi, il ne s'agit que de la parole des gouvernements. Les principaux fournisseurs possibles de Nabucco sont l'Azerbaïdjan et le Turkménistan, cependant les deux, qui prévoyaient de fournir 8 et 10 milliards de mètres cubes par an au gazoduc se sont tournés un peu plus vers d'autres acheteurs. En effet, à partir de 2008 des accords d'association avaient été établis mais sans aucune perspective concrète de construction du gazoduc, c'est donc encore l'incertitude qui fait obstacle au projet.

L'Azerbaïdjan se tourne en effet vers South Stream en 2009 en lui accordant un accès prioritaire à son gaz provenant du plus grand gisement du pays, le champ Shah Deniz. Pour le Turkménistan celui-ci a alloué une très grande quantité annuelle de gaz à la Chine, ce qui limite le gaz disponible pour Nabucco.

Les pays fournisseurs de Nabucco font en quelque sorte marche arrière, il reste la solution des pays du Moyen Orient avec l'Iran, l'Irak et l'Égypte mais ici c'est l'Union européenne qui est réticente à cause de leur instabilité. L'Iran est mis de côté à cause de sa politique nucléaire, l'Irak à cause de sa situation politique en crise, et l'Égypte à cause de sa situation géographique, pour une exportation de gaz égyptien le gazoduc doit traverser la Syrie qui est actuellement en pleine guerre civile.

D'autant qu'en juillet 2011 l'Iran a signé avec la Syrie et l'Irak un projet de gazoduc qui vient mettre définitivement fin a un accord dans le projet Nabucco.

Actuellement plusieurs incertitudes menacent toujours le projet Nabucco et compromettent son avenir. Il s'agit du problème au niveau financier, et de la concurrence du projet South Stream et de la pression qui en résulte sur les pays fournisseurs de gaz et de transits du gazoduc. La position des pays acheteurs sera déterminante pour la finalisation de ces deux projets, chaque acteur a donc une place primordiale quant à l'avenir du marché du gaz en Europe.

Nabucco-West prévoit d’acheminer du gaz Azéri du gisement Shah Deniz II par l’entremise du gazoduc TANAP. Le gazoduc prévoit désormais l’acheminement de 10 – 23 milliards de mètres cubes par an provenant des gisements de Shah Deniz. OMV, un des actionnaires de Nabucco, a suggéré que Nabucco West pourra aussi transporter du gaz provenant de Domino-1, la sonde d'exploration en eaux de grande profondeur du secteur roumain de la Mer Noire. La Domino-1 a découvert un gisement de 1,5 – 3 milliards de pieds cubes de gaz, a-t-on annoncé en février 201225.

Le consortium du gisement de gaz de Shah Deniz II a finalement retenu, le 28 juin 2013, le gazoduc transadriatique pour acheminer le gaz de la frontière turque à l'Italie, en passant par la Grèce et l'Albanie, écartant ainsi Nabucco Ouest.

Le projet de gazoduc Qatar-Turquie prévoit de lui être relié.
Le projet de gazoduc Iran-Iraq-Syrie serait un concurrent du Nabucco.

Pétrole, une guerre d'un siècle - William Engdahl - Jean-Cyrille Godefroy - septembre 2007

Un livre sur l'ordre mondial anglo-américain depuis la première guerre mondiale. Travail à partir d'archive, ce document présente une vision très dure des coulisses de l'économie. La grille de lecture est celle des services secrets occidentaux et des compagnies pétrolières. 


        Cet ouvrage remet radicalement en cause l'idée que l'on se fait communément de la politique internationale et de ses enjeux. Il décrit les moyens extrêmes que les Anglo-Américains sont prêts à mettre en oeuvre pour conserver une suprématie née en 1815 et renforcée au prix des deux Guerres mondiales. Nous savons, depuis l'élection de George W. Bush, que la politique américaine et le pétrole entretiennent une relation intime. William Engdahl montre que l'économie des Etats-Unis repose sur un approvisionnement en pétrole bon marché et illimité et la suprématie du dollar sur les autres monnaies. Vous découvrirez comment le premier choc pétrolier fut une incroyable et cynique manipulation conçue par Henry Kissinger pour opérer un transfert planétaire de capitaux vers les banques de Londres et de New York, au prix de la ruine des pays du Tiersmonde ; comment ces pays en faillite, contraints de s'endetter auprès du FMI, se virent prêter à grands frais ces mêmes capitaux dont ils avaient été auparavant spoliés. Vous verrez comment la géo- politique du pétrole est à l'origine de l'effondrement de l'Union soviétique, de l'éclatement de la Yougoslavie, et de l'arrivée au pouvoir puis de la chute des Talibans. Vous serez surpris d'apprendre comment, dans les années 1970, les mouvements écologistes anti-nucléaires financés par les grandes compagnies pétrolières, devinrent le cheval de bataille visant à entraver l'indépendance que l'énergie nucléaire aurait pu procurer à nombre d'Etats, afin de les maintenir dans l'orbite des pétroliers. Vous comprendrez enfin que la décision d'envahir l'Irak fut prise pour assurer l'hégémonie de la puissance anglo-américaine et le contrôle de l'économie mondiale pour les 50 ans à venir.

William Engdahl, né en 1944, est économiste et écrivain. Il a étudié les sciences politiques à l'université de Princeton et l'économie à l'université de Stockholm. Il publie depuis plus de 30 ans sur les questions énergétiques, la géopolitique et l'économie, et intervient dans les conférences internationales. Il est conseiller indépendant pour plusieurs grandes banques d'investissement.               

La face cachée du pétrole - Eric Laurent - Plon- 2006

Un vrai travail d'enquête sur les coulisses des multinationales du pétrole. On y croise évidemment les services secrets et de nombreux groupes d'influences. L'ouvrage aborde la question des réserves pétrolières, de la crise de 1973, de l'Irak, etc.

Eric Laurent est allé rencontrer David Rockfeller ce qui a été pour lui une expérience étrange. D'autres anecdotes sont intéressantes comme la visite d'un ancien responsable des services secrets américains dans la banlieue de Washington. Sur les étagères de son bureau, un nombre incroyable de livres sur la chute de l'Empire Romain. « Je suis frappé de découvrir que sa bibliothèque, dans sa maison de la banlieue de Washington, est remplie de livres sur le déclin et la chute de l’Empire Romain » Témoignage d’Eric Laurent en parlant de William Casey, Directeur de la CIA. 

La guerre des métaux rares - Les liens qui libèrent 2018


De Guillaume Pitron - Préface par Hubert Védrine.
La transition énergétique vers de nouvelles énergies dites propres va poser de plus en plus de problèmes en raison de la rareté de certaines matières premières. Les composants utilisés pour produire des énérgies renouvelables/propres (éoliennes, batteries électriques, panneaux photovoltaïques) sont fabriqués à partir de métaux et minéraux dits "terres rares" dont l'exploitation s'avère peu écologique (cf liste Européenne). En résumé, il s'agit de traiter des quantités énormes de roches pour obtenir quelques kilogrammes de métaux comme le cobalt, etc.

La Chine
Depuis plusieurs décennies, et de manière concomittante avec la stratégie idiote de désindustrialisation des pays occidentaux, la Chine a su constituer une filière complète d'extraction minière et de fabrications de composants stratégiques (y compris des aimants très utilisés pour la fabrication d''avions de chasse et de missiles). L'ouvrage fait allusion à l'affaire Magnequench qui a éclaboussé la classe politique américaine. Des critiques sur le financement de politiques américains par des Chinois (Affaire Johnny Chung) qui permettent de relativiser les accusations portant sur l'infuence russe autour de Donald Trump. A signaler que parmi les élites chinoises, il y a beaucoup d'ingénieurs sensibles aux enjeux des matières premières.

Le Recyclage ou la pollution délocalisée
Selon le traité de Bâle, les Etats n'ont pas le droit d'exporter leurs déchets et doivent les traiter sur place. Les Etats-Unis ne sont pas signataires et se débarassent de leurs déchets électroniques en Asie. Rappelons que 10% des terres arables chinoises sont polluées. Les Japonnais deviennent des spécialistes faute de trouver des terres rares dans leur propre sol. 18 des 60 métaux les plus utilisés dans l'industrie sont recyclées à plus de 50%. Hitachi espère un jour pouvoir qu'il sera possible de recycler 10% du stock. En résumé il faut faire du propre avec du sale et du rénouvelable avec du non renouvelable...(Carlo Tavares, patron de PSA a bien peur de revivre un Dieselgate un jour avec l'électrique)

Des Technologies loin d'être parfaites
The Cloud beguins with Coal (rapport de 2013) : les technologies de l'informations qui permettent de mettre en oeuvre celles des énergies renouvelles sont elles aussi très gourmandes en énergies et matières premières.
La batterie au lithium-ion est composée à 80% de nickel, 15% de Cobalt et 5% d'aluminium. Elle peut peser jusqu'à 25% du poids du véhicule comme la Tesla. Selon une étude de l'UCLA la fabrication d'une voiture électrique consomme plus de 3 à 4 fois plus d'énergie qu'un véhicule conventionnel. L'ADEME a publié une étude en 2016 démontrant que sur l'ensemble de son cycle de vie, la consommation d'énergie d'une voiture électrique était à équivalente à celle d'un véhicule diesel.

Les Bafokengs d'Afrique
Ce petit royaume a su habilement éviter la malédiction des matières premières en devenant la tribu la plus riche du continent africain. Le jeune roi (knosi) aux commandes depuis 2000 a su tirer profit de réserves de plantines et bien dépenser d'anciennes richesses liés aux revenus du Diamant par ses concitoyens. Au moment de l'indépendance de l'Afrique du Sud, les Bafokeng ont su obtenir 13% du capital de la Impala Platinium puis d'investir une partie de ce capital dans un programme de diverification baptisé Vision 2035.

La filière Française
L'aveuglement des industriels Français,  l'absence de vision et les contraintes écologiques : Rhône Poulenc était autrefois leader du secteur (usine à La Rochelle) mais petit à petit la société a laissé aux Chinois la technologie et puis elle a fusionné avec le belge Solvay en 2011. La France dispose quand même de ressources intéressantes à condition de vouloir les extraires (Bretagne et Auvergne).

La Mer & L'Espace
La France dispose du deuxième domaine martime mondial derrière les Etats-Unis et elle est en train de l'étendre en utilisant le droit (Covention de Genève de 1958) avec près de 11 millions de km² (règle des 350 milles marins ou 650 km à partir des terres émergées). A terme, 57% des fonds marins seront sous la juridiction d'un Etat. C'est un atout pour l'exploitation future des Terres rares (en particulier dans la zone autour de Wallis et Futuna et de l'ancien cratère du volcan de Kulolasi). Concernant l'Espace et les astéroïdes, la Président Obama a signé 2015 le US Commercial Space Launch Competitiveness Act (droit d'appropriation des richesses qui s'y trouvent mais pas de celle du corps céleste).
L'enjeu c'est de ne pas devoir partir à la conquête d'un nouveau monde, plus propre, comme Christophe Colomb serait parti à la conquête des Indes en découvrant qu'il n'avait plus de bois pour fabriquer des navires.
Nuances 

Le livre parle bien d'une Transition "difficile". Dans la réalité :
- les terres rares ne sont pas si rares, même si difficiles à exploiter (selon certaines sources plus de 400 ans de réserves au rythme actuel de consommation)
- les panneaux photovoltaïques et les voitures électriques, mêmes si leur production ne pas si propore que cela pour l'instant, seront sur le long terme plus efficace en dépenses énergétiques avec une bonne gestion numérique.

Sources : BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières)

 2016 : Rapport Senat sur les terres rares (Tome 1)
 2016 : Rapport Senat (Annexes)

MATIERES PREMIERES : POUVOIR DE FAIRE ET MALEDICTION

L'homme a progessivement appris à utliser les éléments de son environnement pour survivre. Il utilise ce qu'il a sous la main. Ainsi les habitants de la Mésoamérique ont domestiqué le Maïs, ceux du Moyen-Orient le Blé et ceux d'Asie le Riz. Chaque matière première a permis d'infléchir, à un moment donné, l'évolution de l'homme, ou le fera un jour. Si le Fer a permis de fabriquer des outils, l'Or a permis d'organiser des systèmes économiques en servant de Monnaie, de tiers de confiance dans le cadre d'échanges marchands. Nous reviendrons dessus. Mais la matière première la plus structurante pour le monde d'ajourd'hui est le pétrole. 


Le pétrole
Naphtaline
Substitution et pic pétrolier
Plastiques


Lawrence d'Arabie
Comment plonger dans l'univers des matières premières sans parler de la plus emblématique d'entre elle, le pétrole. Inégalée encore par son importance dans l'histoire et par le caractère iconoclaste des personnages impliqués  : des espions de l'or noir du début du 20ème siècle aux premières fortunes économiques modernes comme celle de JD Rockfeller. 
La vie de l'anglais Lawrence d'Arabie résume bien la complexité des enjeux autour "pétrole" : espionnage, énergie, diplomatie, industries. Coktail tellement puissant que la légende incarnée au cinéma en 1962 par Peter O'Toole dépasse sans doute l'homme [1] Thomas Edward Lawrence né en 1888 ayant vécu une partie de sa jeunesse à Dinard. Il aura trahi les tribus arabes pour finir renversé en 1935 par un véhicule, presque mystérieusement [2]. Sort tragique également subit par l'un de ses biographes, John E. Marck (The Prince of our disorder] en 2004 à la suite justement d'une conférence sur TE Lawrence.
Ses faits d'armes : préparer le terrain dans la perspective des accords de Sykes-Picot pour mieux maîtriser le Moyen-Orient et donc la future matière première phare, le pétrole. Depuis le Caire, les services secrets britanniques, avec nottament Gertrude Bell, et Churchill en tant que British Colonial Secretary, encadraient TE Lawrence, devenu agent de terrain auprès de chefs de guerres arabes conseille le commandant Fayçal Ibn Hussein en Syrie à se révolter contre les Turcs de l'Empire ottoman et à fonder une nation arabe indépendante moderne. A l'époque les anglais et les français voulaient empêcher à tout prix les allemands et leurs alliés turcs de relier l'Allemagne à Bagdad par le chemin de fer et mettre la main sur le pétrole irakien.

Des personnages complexes engagés totalement dans le principal enjeu du 20ème siècle, le pétrole. Sur le podium des personnages les plus ambigus, Sir Kim Philby.

Logique des matières premières
En amont des industries de transformation, les matières premières posent toujours les mêmes deux problèmes : leur extraction et leur transport vers les lieux de consommation. Les deux posent des difficultés : surtout écologique et politiques quand il s'agit de tracer des routes (pipelines). Les pays riches en matière première comme certains Etats africains sont victimes de corruptions, de guerres et d'indigence écologique. On parle de malédiction des matières premières. Les Pays-Bas privés de toute matière première (sauf le vent ?) figurent pourtant parmi les pays les plus riches du monde.
L'extraction étant un métier d'ingénieurs et géologues, ce sont des compagnies occidentales au départ qui dominent le marché. Ensuite l'extraction s'est scindée en deux : la technologie d'un coté et l'exploitation, de plus en plus partagée avec des acteurs locaux de l'autre. 

Blood Diamonds (extraction)
Le Sucre (courtage)
Le transport de matières premières nécessite la mise en place de moyens considérables : pipelines, chemins de fer, canaux (le canal de Suez et de Panama ont été réalisés à ces fins) , supertankers, etc. Des infrastructures lourdent doivent être mises en place et surtout sécurisées sur le long terme. 

La rareté et la finitude
Deux autres enjeux majeurs liés aux matières premières, provoquent des agitations dans l'économie mondiale : volatilité des prix qui vont jusqu'à impacter directement les consommateurs en bout de chaîne comme avec le prix de l'essence. Volatilité pénible mais contre laquelle il est possible de se couvrir (produits financiers). Malheureusement, la volatilité est un moindre mal par rapport aux nombreux scandales ou guerre liés aux matières premières (pétrole contre nourriture, guerre du sucre, guerre du golfe, guerre de l'eau lourde en norvège pendant la seconde Guerre Mondiale)
En raison de la rareté et de la finitude (énergies fossiles), il y a un jeu perpetuel de recherche de substitution. La seule exception serait de pouvoir un jour capter des ressources dans l'Espace : planète et surtout astéroïdes.
Si les matières premières peuvent apporter malédiction, ce sont grâce à elle que le progrès est possible. C'est un atout stratégique majeur en amont de toute l'économie. A ce titres elles méritent d'être bien connues, enseigner, surveillées de manière impartiales (hors lobby ou faux think tanks).


Matières premières & alimentation


Matières premières & énergie 
Le prix du kilowattheure allemand est le plus cher d'Europe (double de celui de la France)
45% de l'énergie allemande provient du charbon dont 26% de la lignite.
Le contenu en CO2 du kilowattheure allemand serait 5 fois supérieur au français.
p200, le choc des empires
Matières premières du futur

Ménages : utilisateurs directs et indirect (après transformation)

les moins riches d'entre eux les exploitent oui en sont propriétaires (petits exploitants, pêcheurs)
les plus riches détiennent les moyens de productions (terres, machines) ainsi que les canaux de distribution (courtiers, réseaux de vente, etc

Etats : considérés comme régulateurs

Immobilier : dépendance indirecte à travers la construction (coûts de construction) et de valeur refuge en cas de défiance sur des actifs financiers.

Entreprises :
Producteurs : en tant qu'industries de transformation, la situation des matières première conditionne la santé des entreprises. Le poste "achat" des entreprises de transformation primaires dépends de leur prix.
Distributeurs : 

Banques : elles permettent aux exportateurs de se couvrir.

Marchés Financiers : ils permettent aux exportateurs de se couvrir et d'organiser les circuits de distribution

Taux :

Devises : la vente de matières première doit être libellée dans une devise. Le hégémonie du dollar persite malgré quelques tentatives de pays du moyen-orient de libeller leurs ventes de pétrole en euros.

Les matières premières peuvent être segmentées de plusieurs manières. En termes de débouchés, il y en a trois :
- l'énergie (électricité et transports)
- la fabrication de biens (métaux, caoutchouc) 
- l'alimentation (consommation directe ou via des industries de transformation)

[Les objets]

Notes
[témoignage lieutenant-colonnel Bremond]

Gertrude Bell

et qui aura ensuite contribuée à l'ivention du casque moto.

Les négociations commencent en novembre 1915 et sont menées par François Georges-Picot, ancien consul de France à Beyrouth et délégué à l’ambassade de France à Londres, et par sir Mark Sykes, parlementaire britannique et spécialiste de l’Empire ottoman. Pour la France, les négociations portent sur la Syrie naturelle, territoire s’étendant de la Cilicie au Sinaï, et du littoral méditerranéen à Mossoul. Sykes de son côté, et comme promis à Hussein de La Mecque, estime que la zone française ne peut s’étendre que sur la Syrie du nord, car les villes de Damas, Homs, Hama et Alep sont réservées à Hussein, et la Palestine à la Grande-Bretagne. La France se rend aux arguments britanniques concernant les quatre villes syriennes qui feront partie du royaume arabe, mais sur lequel la France aura une zone d’influence. En revanche, la France refuse que la Palestine soit sous domination britannique. Elle accepte néanmoins le principe de l’internationalisation de la Palestine.

Négociés par Sykes et Georges-Picot, les accords qui portent leurs noms font l’objet d’un échange de lettre entre l’ambassadeur de France à Londres Paul Cambon et le ministre britannique des Affaires étrangères sir Edward Grey. Après plusieurs propositions, un accord franco-britannique est trouvé : l’accord du 16 mai 1916 divise la Syrie et la Mésopotamie en cinq zones : une zone bleue (Syrie littorale et Cilicie) sur laquelle la France peut mettre en place un régime d’administration directe ou un protectorat ; une zone rouge (basse Mésopotamie) où la Grande-Bretagne a les mêmes possibilités ; une zone brune (Palestine) réservée à la France et à la Grande-Bretagne ; une zone A (Syrie intérieure) où la France aura une zone d’influence sur le royaume arabe de Hussein ; une zone B (Mésopotamie moyenne) où la Grande-Bretagne aura une zone d’influence sur le royaume arabe.

Ces accords, qui révèlent toute la complexité des relations franco-britanniques, ne font cependant l’unanimité ni parmi les Français ni parmi les Britanniques. Les Français relèvent en particulier les avantages considérables qu’en retire la Grande-Bretagne sur la Palestine, lui permettant notamment de sécuriser la route des Indes. Pour les Britanniques, les accords placent la France dans une position d’intruse : une Syrie française isolant en effet l’Egypte de la Mésopotamie, au lieu de créer un territoire commun sous influence britannique.

Bibliographie
Or noir, Matthieu Auzanneau, Editions La Découverte, 2017
Pétrole, une guerre d'un siècle, William Engdahl, Jean-Cyril Geodeffroy, 2015
La guerre des métaux rares, Guillaume Pitron, Editions Les Liens qui Libèrent, 2018
Pétrole, la fête est finie, Richard Heinberg, Collection Résistance, 2008
Le poivre et l'or noir, Philippe Chalmin, Bourin Editeur, 2007

Occupied

Série : Occupied

Interview d'Hubert Védrine / février 2018 (Le Point)

Rien ne va plus en Norvège. Les Russes pompent le pétrole et contrôlent le pouvoir. Le Premier ministre en fuite tente de rallier les leaders européens, la résistance prend les armes. La situation se tend dans la saison 2 de la série Occupied, qu'Arte diffuse à partir du 15 février. Hubert Védrine, grand spécialiste de l'Europe, ancien ministre des Affaires étrangères, l'a vue en avant-première et met pour nous ce thriller politique nerveux à l'épreuve du réel. Verdict ?

Le Point : L'attaque de la Norvège par les Russes pour ses ressources pétrolières. Que vaudrait un tel scénario dans la réalité ?

Hubert Védrine : L'hypothèse n'est pas crédible, mais, ce qui est frappant, c'est que cela ne gêne pas lorsqu'on regarde la série, qui est très bien faite, écrite, réalisée, jouée. Il y a un rythme et une efficacité cinématographiques remarquables, chaque personnage est plausible, on ressent la complexité des situations et les dilemmes norvégiens. Mais pourquoi la Russie, qui regorge d'hydrocarbures, se lancerait-elle dans une opération aussi risquée, au risque de provoquer l'Otan, pour mettre la main sur une ressource qui ne lui est pas nécessaire ? Quand Hitler était obsédé par le pétrole du Caucase, c'est parce qu'il n'en avait pas. Ici, on ne saisit pas les motivations russes.

Mais une intrusion économique qui se transforme en véritable occupation du sol, comme dans la Norvège d'Occupied, pourrait-elle survenir ?


Peut-être, mais alors dans l'hypothèse d'une guerre générale en Europe, scénario presque impensable. L'originalité dans ce scénario pétri de références historiques dramatiques et pénétré d'une poutinophobie profonde, comme chez une grande partie des pays européens actuels, tient dans l'idée d'une prise de contrôle insidieuse. L'angoisse d'un envahissement est sous-jacente, mais il ne s'agit pas d'une invasion à l'ancienne. Ce n'est pas le coup de Prague de 1948, ni de Budapest en 1956, ni l'invasion soviétique de l'Afghanistan. C'est différent. C'est une prise de contrôle du jeu politique norvégien. Et ça, c'est très intéressant. Parce qu'il se peut que l'on assiste à ce genre de choses dans le monde de demain. Il faudrait imaginer un pays menaçant – ici c'est la Russie mais ça pourrait être la Chine, ou même les États-Unis –, qui tirerait les ficelles et contre lequel on pourrait s'opposer un peu, mais pas trop. Que faire ? C'est d'ailleurs comme cela que les Russes voient les révolutions « de couleur ».

La série nous happe aussi par les personnages : une femme d'affaires, une avocate, un militaire, tous confrontés à un choix, ou plutôt écartelés entre leurs attaches avec la nation et les opportunités qu'offre l'occupant. Ces combats intimes, entre collaboration et résistance, vous ont-ils convaincu ?

Oui, c'est bien vu. Alors que, en général, la complexité et les contradictions sont gommées par les reconstitutions. Voyez le simplisme de la mémoire binaire française : pendant trente ans, tout le monde avait été résistant et, depuis, tout le monde a été collabo. Absurde. Une exception : la très bonne série Un village français. Dans cette fiction norvégienne, nous sommes précisément dans un jeu complexe. Ce qui en fait tout l'attrait.


Tension. Anita Rygg prend la place explosive de son boss Premier ministre sur l’échiquier politique.


À propos des personnages, Hippolyte Girardot incarne un commissaire européen, représentant de l'UE et adepte du double jeu. Plausible ?

Girardot joue très bien son rôle, mais ce n'est pas celui d'un commissaire européen. Rien dans les traités européens ne permettrait à un commissaire de devenir l'arbitre final des positions politiques à prendre, de plus dans un pays non membre de l'Union. Dans le monde réel, si l'Europe devait se ressaisir, en cas de défaillance des États-Unis en matière de sécurité (plus qu'improbable, même avec Trump), cela relèverait du Conseil européen, où siègent Macron et Merkel, qui désignerait l'un d'entre eux pour gérer la crise norvégienne sous le contrôle du Conseil, et en liaison avec les États-Unis.

La saison s'achève sur la menace d'une implosion de l'Union. L'idée d'une dislocation interne est-elle pensable ?

Vous voulez savoir si les Européens opposeraient un front homogène face à une vraie agression russe ? Ils ne sont déjà pas capables de fermeté face à Trump ou Netanyahou, ni face à la Chine !

Dans Occupied, les États-Unis sont les grands absents. Un pays européen privé de la protection américaine, est-ce envisageable ?

Si jamais les Russes, Dieu seul sait pourquoi, lançaient une opération de ce genre, violente, militaire, à un très haut niveau, la réponse immédiate viendrait de l'Otan. C'est la base même de la sécurité en Europe. Avant de parler de l'Union européenne, dont la Norvège ne fait pas partie, les pays membres de l'Otan – qui est une alliance défensive, conçue en 1949 contre l'URSS – ont l'obligation de se défendre militairement les uns les autres. Y compris les États-Unis. Et il ne s'agit pas de générosité américaine mais du fait que, s'ils ne défendent pas un pays protégé par l'alliance la plus contraignante dans le monde, leur garantie ne vaut plus rien, où que ce soit. Ce serait une abdication mondiale. Impensable, même si l'on ne peut être totalement sûr de la protection américaine, surtout avec Trump.

L'ennemi prend les traits d'une beauté froide, Irina Sidorova, ambassadrice du pouvoir de Moscou. Pourquoi, vingt-cinq ans après la fin de la guerre froide, les Russes font-ils encore de si époustouflants « méchants » ?

C'est tout un débat. Je fais partie de ceux, même s'ils sont minoritaires, qui pensent que, depuis que l'URSS a disparu, tous les torts n'ont pas été le fait de la seule Russie. Aucun effort n'a été réalisé pour bâtir en Europe une relation nouvelle de sécurité dans laquelle les Russes se sentent respectés. Même Kissinger le reconnaît. Alors quand Poutine, lors de son troisième mandat, proclame que « la Russie n'est pas un paillasson », ça le rend très populaire. Il l'est toujours. L'invasion de la Crimée a été une réplique à la politique menée par George W. Bush, qui voulait à tout prix faire entrer l'Ukraine dans l'Otan.

On reproche aujourd'hui aux Russes d'être... restés russes. On aurait voulu qu'ils deviennent des gentils socio-démocrates scandinaves. Je dis ça parce que je suis français, et que j'ai une vision gaullo-mitterrandienne de la politique étrangère. Si j'étais balte, face aux Russes, je voudrais certainement des garanties... Je comprends, mais cela ne nous oblige pas à attribuer aux Russes tous les torts, même si cela peut faire une très bonne fiction.

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