Survivre aux crises - Jacques Attali - Fayard - octobre 2009

Le livre de Jacques Attali est une sorte de guide de survie pour les individus, les entreprises et les Etats face aux bouleversements engendrés par le monde d'aujourd'hui. Le livre est peut être un peu pessimiste mais il a le mérite de bien préparer le lecteur aux difficultés qu'il va/pourrait rencontrer.
L'autre reprend en partie les thématiques qu'il évoque déjà dans "Une brève histoire de l'avenir" : l'évolution des villes "centres" du monde, l'essor de secteurs comme les loisirs, etc.

Sorties de crise - Patrick Artus et Olivier Pastré - Perrin - octobre 2009

Encore un livre de Patrick Artus qui poursuit son analyse des événements après les "Incendiaires" très précurseur pour un auteur travaillant dans une grande banque. Le livre est un peu technique mais il explique les principaux déséquilibres macro économiques du monde : les Etas-Unis qui dépensent trop et la Chine pas assez, etc.

La crise trop - Frédéric Lordon - Fayard - mai 2009

Frédéric Lordon, chercheur au CNRS, est très critique sur le système capitaliste. L'auteur avait écrit en 2000 "Fonds de pensions, pièges à con" qui pouvait faire sourire les banquiers ou de grands industriels il y a quelques années. L'actualité lui donne raison sur certains points.

Une présidence de crise - Jean-Pierre Joyet et Sophie Coignard - Albin Michel - janvier 2009

M. Jouyet dresse un bilan de la présidence française de l'UE. Expérience intéressante. Inspecteur des Finances, M. Jouyet est à l'aise avec les sujets économiques et monétaires. Il dénonce lui même page 187 : il y avait un accord entre le président des Etats-Unis et celui de la Réserve fédérale, Alan Greenspan. En gros, plus la guerre en Irak coûte cher, plus il fallait baisser les taux pour permettre aux ménages de s'endetter et de consommer, afin que cette croisade ne deviennent pas trop impopulaire.

C'est avec cette politique monétaire laxiste - que beaucoup de commentateurs applaudissaient à l'époque- que l'endettement des foyers américains les plus pauvres a été rendu possible. Sans cette perfusion financière dans l'immobilier et la consommation, l'économie de guerre serait vraisemblablement apparue comme insupportable et Bush aurait eu du mal à être réélu en 2004. En clair, l'actuel Président de l'AMF, déclare qu'il n'y avait pas indépendance entre la banque centrale et le pouvoir.


La crise globale - Jean-Michel Quatrepoint - Mille et une nuits - septembre 2008

Un bon résumé des événements avant la chute de Lehman Brothers sous l'angle de la globalisation et de l'Europe. Jean-Michel Quatrepoint est journaliste à Bruxelles. Les Anglos-Saxons ont joué les apprentis sorciers ! L'auteur s'inquiète des dégâts que peuvent provoquer un appauvrissement des démocraties occidentales qui ont connues de meilleurs niveaux contrairement à des pays structurellement pauvres. La frustration générée par la crise y sera plus forte et les dégâts peut-être plus élevés.


La vérité sur la crise financière - George Soros - De noël - août 2008

xxx.

Une Guerre à 3 000 milliards de dollars - Joseph Stiglitz -

Ce livre de l'ancien chef économiste et Vice Président de la Banque Mondiale tente de chiffrer le coût de la Guerre en Irak. Il est évident que cet effort de guerre avec les pensions versées aux vétérans (blessés ou non) aggravent les problèmes financiers des Etats-Unis. Les difficultés connues par les Etats-Unis dès l'été 2007, ont été, en partie générées par une politique de taux d'intérêt très accommodante pour l'Administration Bush de la part d'Alan Greenspan. Justement en raison de l'effort de Guerre nécessaire.

On parle de 4 000 morts et de 4 000 milliards selon le Général Didier Castres, sous chef d'état major Opération de l'armée française interviewé dans le journal les Echos le 13 juillet 2015.

La posture guerrière des américains était visible jusque dans les vêtements de la Secrétaire d'Etat Condoleeza Rice. Les seules dont il est certain que les objectis sont atteints : les vendeurs d'armes (dirigeants et actionnaires). 

Le piège - Jimmy Goldsmith - Fixot - août 1993

Un des exemples d'anticipation des problèmes d'aujourd'hui : les pays d'Europe et les Etats-Unis ont accepté d'être mis en concurrence avec des pays non démocratiques dont les salariés ne sont pas payés ce qui pose de lourds problèmes de compétitivité à l'Europe et aux Etats-Unis. Cette mauvaise nouvelle était occulté par le revers de cette médaille : une baisse des prix sur des biens de consommation importés : ceux fabriqués en Chine par exemple.

Globalisation, le pire est à venir - Patrick Artus et Marie-Paule Virad - La découverte - mai 2008

Le livre de Patrick Artus, un an après celui publié sur les banques centrales, vient conforter l'analyse des pessimistes sur l'évolution de la situation économique mondiale. Le livre insiste sur les déséquilibres d'épargne entre les deux principales économies de la planète : les états-uniens n'épargnent pas assez et les chinois épargnent trop. Pour résorber les grands déséquilibres monétaires commerciaux, il faut, selon les auteurs, établir des politiques économiques et sociales de rééquilibrage qui peuvent prendre au moins une décennie tant les changements de comportements peuvent être longs. Il faut aussi créer de nouvelles institutions comme la protection sociale en Chine afin de rendre les chinois plus enclins à consommer.

Crise de l'endettement

La Société Générale prépare ses clients au pire dans une étude assez difficile d'accès. Intitulée Worst Case Debt Scenario, cette étude parue en novembre 2009 expose les principaux risques encourus à cause des endettements excessifs des Etats.

Etude SG Worst Case Debt Scenario

Rapport du Centre d'analyse stratégique

Publié en octobre 2009 par le Centre d'analyse stratégique (CAP) ce document de travail a été dirigé par Daniel Cohen entouré de trois rapporteurs faisant partie du CAP à la demande de la secrétaire d'Etat à la prospective et du développement de l'économie numérique, Madame Nathalie Kosciusko-Morizet.

Daniel Cohen est professeur d'économie à l'Ecole normale supérieure, à l'université Paris 1 et à l'Ecole d'économie de Paris.

Ce rapport est très bien fait, citant de nombreuses sources, mais il est un peu sec sur les origines de la crise : essentiellement en raison de la dérégulation financière mal contrôlée et des politiques monétaires trop laxistes. C'est un rapport technique qui sous estime les facteurs humains et les réalités sur le terrain : corruption, guerre économique, etc.

Voici quelques idées évoquées par le rapport :

1970 : une crise pétrolière qui marque la fin des 30 glorieuses
1929 : la crise marque la fin du leadership du vieux monde européen

Cette crise est donc probablement un signe d'un prochain basculement vers l'Asie.

Mais pour 80% des gens (par sondage), cette crise ne change rien. Une des raisons de l'amortissement du choc de la crise, du moins à court terme, est le mécanisme des variables d'ajustement : temps partiels, rémunérations des salariés par participation, etc.

Ce qui est particulièrement étudié est la notion de dépenses contraintes (pré-engagée) c'est à dire les loyers, l'énergie, etc qui effectivement pèse de plus en plus dans les ménages à revenus moyens ou faibles.

Cette crise du pouvoir d'achat est analysée comme étant celle de la dispersion des situations résultant de nouveaux modes de vie : divorces, allongement de la durée de vie, etc.

Les entreprises françaises auraient sous estimée la durée de la crise et donc privilégiée la rétention de main de oeuvre ce qui explique la relative moindre augmentation du chômage en France par rapport aux Etats-Unis.

Les risques conjoncturels ont été transféré aux salariés de part le développement des mécanismes de rémunération variable ces dernières années.

En conclusion, de manière un peu surprenante, Daniel Cohen conclut par un paradoxe : la plus grave crise depuis peut-être 1929 mais peu destructrice d'emploi. Ce constat semble indiquer que la crise ne sera pas de nature à une remise en cause des pathologies existantes.

Pour l'après crise, les restructurations des entreprises devraient se poursuivre autour de deux axes stratégiques : la réintégration de la fonction de distribution au sein des entreprises et l'éclatement toujours plus poussé de la chaîne de valeur en amont.

La crise serait moins celle du modèle de société de consommation que celles de l'apparition de contraintes liées à un manque de revenus pour les consommateurs.

Sur la structure du tissus économique (équilibre industrie et services), les auteurs indiquent que le développement des services ne va pas mécaniquement compenser le rééquilibrage en matière d'emploi.

Enfin le rapport invalide l'idée selon laquelle nous serions confrontées à un essoufflement technologique.

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David Rubenstein, co fondateur de Carlyle sur la crise le 15 octobre 2008

15 jours après l'annonce officielle de la chute de la banque d'affaires américaine, Monsieur Rubenstein présentait une analyse de la crise à Dubaï. Son exposé de 80 pages concernait sa vision de l'évolution du marché du Private Equity dans la zone MENA (Middle East North Africa).

caryle-group-financial-crisis-2008.pdf

La fin du travail, JEREMY RIFKIN 1997

Le premier livre à l'origine de la notorité de Jeremy Rifkin. Il expose son analyse de l'impact de l'innovation sur le marché du travail. Ce qu'il appelle l'effet "Percolateur" est le thème central du livre.

L'effet percolateur
En résumé, il part du constat que dans les précédentes révolutions technologiques, les secteurs émergents absorbaient la main d'oeuvre devenue inutile dans les anciens secteurs : 
- des bataillons d'agriculteurs sont devenus ouvriers lors de la première moitité du 20ème siècle
- les ouvriers victimes de l'automatisation des usines ont pu souvent se reconvertir dans les services après la guerre et jusque dans les années 80
- ensuite, Rifkin considère qu'aucune branche "significative" n'a pris le relai. Il parle en 1997. Pour lui les nouveaux cadres hyperspécialisés, "manipulateurs d'abstractions" (travailleurs du savoir) continueront de croître mais pas de manière suffisante pour faire disparaître le chômage sutructurel (page 62). Il constate que les milieux d'affaires le savent mais qu'ils espèrent que la demande extérieur viendra compenser (page 60).

La consommation de masse
Selon Rifkin, des économistes ont observé au début du 20èle siècle le phénomène suivant : les employés se contentaient de gagner assez pour satisfaire leurs besoins élémentaires et quelques loisirs. Ils préféraient du temps libre plutôt que plus d'argent (Stanley Trevor et John Bates Clark). L'utilité des récompenses matériellles diminuaient ce qui genait les industriels (augmentation des stocks).
Il a donc fallu convertir ces générations vers le "nouvel évangile économique de la consommation" selon Eward Cowdrick. Il parle alors de création d'un "consommateur insatisfait"....Est-ce de la propagande anti-progrès ? A vérifier.

Exemples et anecdotes
35 heures : les français regrettent presque tous les 35h qui réduisent la compétitivité économique de la France dans la "guerre économique" entre pays. Curieusement Martine Aubry (Ministre du travail lors de la mise en place des 35h) est aussi maire de Lille. La ville de Lille a "recruté" Jeremy Rifkin comme consultant en 2013.

Le débat sur la destruction créatrice (ou peu créatrice) est central dans les explications de la crise structurelle des pays occidentaux.

Au delà du mur de l'argent, Edouard Tétreau 2015

Le financier catholique propose une introspection sans concession de son environnement professionel : en particulier la gestion d'actifs internationaux. Face à l'inaction des Etats et des Institutions internationales, il profite de la venue du Pâpe à NY en septembre 2015 pour proposer que les principales religions/courants philosophique se saisissent du sujet. Avec la participation des principaux gestionnaires de fonds internationaux (Axa, Blackrock etc) et des miliardaires philanthropes, il appelle à la tenue d'un Bretton Wood avant qu'il ne soit trop tard. Il reprend la fameuse phrase de l'ancien Testament :" Tuez le Veau d'Or avant qu'il ne vous tue !".

Les idées principales, sans surprises, pointent du doigt les paradis fiscaux et quelques multinationales. L'idée de remettre les religions au centre du jeu vient naturellement après le constat que les Etats et les Institutions internationales sont pieds et points liés pour différentes raisons :
- dépendance à la réélection de chefs d'Etat tétanisés vis à vis de leurs opinions publiques
- dépendance à certaines industries (Finance et paradis fiscaux pour Londres et le Luxembourg)
- Jacques Attali ajouterai aussi le faible courage des élites (cf article du Soir) dont il fait partie

Edouard Tétreau prends le risque de ne pas faire plaisir à ses confrères. Il remercie néanmois Henri de Castrie (Président d'Axa) à la fin du Livre. Le constat d'Edouard aux mains d'argent est probablement partagé par d'autres.

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