L'argent mode d'emploi - Paul Jorion - Fayard - octobre 2009


Alternatives Economiques

Fort d'un livre remarquable et prémonitoire qui annonçait avant tout le monde l'inéluctabilité de la crise des subprime, avec un luxe de détails impressionnant, l'auteur, fin connaisseur du monde et des techniques de la finance, s'écarte un peu du thème qui lui a valu, à juste titre, sa notoriété, pour se pencher sur "l'argent", ce que les économistes traduiront par "la monnaie".

Mais il conteste ce terme, car il l'estime trompeur, dans la mesure où la monnaie des économistes inclut à la fois l'argent - les billets, mais aussi le métal précieux du temps où il servait à frapper des pièces - et la monnaie scripturale issue des crédits accordés par les banques à partir des dépôts qu'elles gèrent. Querelle de spécialistes? Pas du tout, car c'est dans cette distinction que gît l'essentiel du livre: si certains doivent emprunter, c'est parce que les revenus qu'ils tirent de leur travail ne sont pas suffisants, et cette opération d'emprunt engendre des intérêts qui enrichissent ceux qui prêtent, les banquiers et, derrière eux, les déposants ou les épargnants. C'est donc l'inégalité dans la répartition des crédits qui enrichit les uns et appauvrit les autres (et qui, au passage, explique la cupidité des uns et la détresse des autres, tout en pouvant, dans certaines circonstances, déboucher sur une crise majeure). Ce qui l'amène à plaider pour que la répartition des revenus du travail soit plus égalitaire tout en reposant sur davantage de solidarité.

S'appuyant sur une base fragile - une conception restrictive de la monnaie - et omettant que l'essentiel du crédit à base monétaire est fait aux entreprises et non aux particuliers, le raisonnement est loin d'être convaincant, même si la thèse de l'inégalité excessive des revenus comme cause de crise et comme source de paupérisation est fondée.L'argent, mode d'emploi, par Paul Jorion
Ed. Fayard, 2009, 400 p.

Le dollar - EdouArd Tétreau 

Livre écrit par un financier français à New York. 

La fin du dollar - Myret Zaki - Favre - avril 2011

Contribution de la journaliste suisse (Rédactrice en chef de la revue d'affaires suisse bien connue Bilan) sur l'effondrement du dollar. Le livre tire à boulet rouge sur les Etats-Unis. A juste titre semble t-il.
Le livre est sans concessions vis à vis de l'oncle Sam. Beaucoup de recherche et de nombreuses citations de professionnels de la finance. Livre intéressant mais en plusieurs années après ce livre, le dollar est toujours aussi puissant.

De la crise financière vers l'hyperinflation - Pierre Leconte - JC Godefroy - avril 2009

Pierre Leconte est un auteur peu connu. Il se revendique des économistes Allais ou Rueff. Un libéral qui démontre que le système capitaliste en place n'est pas du tout libéral. Il dénonce avec pertinence la politique d'expansion monétaire provoquée par les Etats-Unis.

Les faux monnayeurs - Pierre Leconte - FX De Guilbert - mars 2008

Ouvrage consacrée à l'excessive création monétaire par les Etats-Unis. On apprends l'existence du PPT, le Plunge Protection Team, équipe gouvernementale américaine chargée d'acheter des titres en cas de chute des marchés financiers. Vers un système financier international : la fin du dollar. Des monnaies virtuelles ? Project Entropia Dollar, Second Life Linden Dollar...Le livre évoque la création d'un new bancor, une nouvelle monnaie internationale.

L'auteur cite Howard Buffet, le père du célèbre Warren, qui était membre du Congrès des Etats-Unis et qui prônait le retour à une monnaie honnête, convertible en or.

La grande crise monétaire du XXIème siècle a déjà commencé - Pierre Leconte - JC Godefroy - décembre 2007

Ouvrage sur la crise que pourrait traverser le dollar américain.

L'abandon progressif de l'étalon-or et des taux de changes fixes depuis le début du XXe siècle a provoqué un vertigineux tourbillon: perte constante du pouvoir d'achat de toutes les devises; pyramides de crédit gagés sur le néant; déséquilibres monétaires, économiques et sociaux majeurs à l'intérieur des Etats et entre pays; "capitalisme fou"; mondialisation monopolistique et les guerres les plus meurtrières de l'Histoire!

La crise des crédits gagés sur les emprunts immobiliers américains d'août/septembre ne fait que commencer. Elle sera suivie de l'effondrement du dollar, puis de toutes les monnaies de papier, les unes après les autres. Si la réforme complète du Système monétaire international n'est pas entreprise au plus vite, la Chine deviendra le "maître du monde" avec la complicité résignée des Etats-Unis, leuro implosera et l'Europe perdra sa puissance économique et politique.

Pierre Leconte, en praticien et en théoricien des questions monétaires, nous prévient que nous sommes déjà entrés dans la Grande Crise monétaire du XXIe siècle, dont les effets seront pires que ceux de la Crise de 1929. Il nous donne quelques conseils pour protéger notre patrimoine et éviter qu'il ne parte en fumée.

Les incendiaires - Patrick Artus - Perrin - août 2007

Dès 2007, Patrick Artus pointait du doigt les excès des Banques Centrales et surtout la Fed en matière de création monétaire.

Alternative économique
Jean-Claude Trichet n'aura pas froid cet hiver. Le costume que lui taille Patrick Artus dans son dernier livre est en effet plutôt épais! Il pourra toujours se consoler en se disant que ses collègues banquiers centraux aux Etats-Unis et ailleurs ne s'en sortent que modérément mieux. La charge est directe, dès les premières lignes du livre: "De plus en plus, les déclarations, les actions, les analyses des banques centrales sont décalées par rapport aux attentes des citoyens, aux questions posées par la recherche économique, aux mécanismes qui gouvernent les économies contemporaines." Inadaptées politiquement, intellectuellement et économiquement les banques centrales! Qu'est-ce qui leur vaut cette bouffée d'indignité de la part d'un ancien économiste de la Banque de France, qui travaille dans la finance depuis vingt ans?

Effrayées par un fantôme. Les banques centrales, observe Artus, ont été créées pour faciliter le bon fonctionnement des économies en faisant en sorte qu'il y ait juste ce qu'il faut d'argent en circulation; et pour éviter les crises financières en surveillant des risques. Aujourd'hui, C'est échec sur toute la ligne.

Côté gestion de la liquidité, elles n'ont toujours pas compris que la montée en puissance des pays émergents avait radicalement changé la donne: il n'y a plus d'inflation! Avec leurs produits bon marché, les économies émergentes tirent les prix des biens industriels vers le bas. De plus, "avec les pertes d'emplois industriels, les menaces de délocalisation, la compression des coûts menée par les entreprises pour résister à la croissance des émergents, le pouvoir de négociation des salariés sur le marché du travail a beaucoup baissé". Baisse des prix importés et contrôle des salaires contribuent à faire de l'inflation un fantôme du passé… mais qui hante encore les couloirs des banques centrales.

Elles continuent à raisonner comme si elles devaient gérer des économies fermées où toute hausse du crédit entraîne une hausse de la demande, des tensions sur les capacités d'offre des entreprises et des hausses de prix. Or, avec la mondialisation, l'offre est devenue mondiale: une augmentation de la demande n'est plus inflationniste, car les importations y pourvoient, et pour pas cher! Résultat: effrayées par un spectre issu de leur imagination, les banques centrales s'affolent à la moindre reprise d'activité économique et montent trop rapidement les taux d'intérêt, ce qui tue la croissance.

Côté crise financière, ce n'est pas mieux. Le credo actuel consiste à dire que si les prix des biens sont maîtrisés, ceux des actifs financiers (immobilier, actions, etc.) le sont aussi. Ce que l'histoire des vingt dernières années dément. Du coup, les crises financières se succèdent…

Limiter l'indépendance des banques. Artus s'essaie - courageusement - à définir ce que devrait être une banque centrale idéale. Il faut que les banques centrales interviennent de manière préventive pour empêcher les bulles de crédit qui nourrissent les crises de se former. Certes, mais quand? Trop tôt et elles freinent la croissance pour rien; trop tard et la crise est là. Artus n'y insiste pas, mais c'est le principe même d'une finance libéralisée qui crée les bulles de crédits risqués (davantage de libéralisation = davantage de concurrence = davantage de risque pris = davantage de crédits distribués n'importe comment). On ne s'en sortira donc pas sans trouver les moyens de réencadrer politiquement ces dérapages.

A juste titre, il réclame également des banques centrales moins indépendantes qui devraient décider avec les gouvernements et les parlements des objectifs de la politique monétaire, tout en restant libres des instruments qu'elles utilisent. Mais on voit déjà comment les Européens s'empresseraient de se battre sur le sujet sans se mettre d'accord…

Pourtant, si rien ne bouge, prophétise Artus, on risque l'éclatement de la zone euro, des crises financières à répétition et des mouvements désordonnés des taux de change. On a beau savoir que Patrick Artus est un adepte des scénarios noirs, il réussit à nous inquiéter.Les incendiaires. Les banques centrales dépassées par la globalisation, par Patrick Artus
éd. Perrin, 2007, 175 p., 14,80 euros. 

NOTE DE PATRICK ARTUS SUR L'EXCES DE LIQUIDITE MONDIALE - OCTOBRE 2009

Une note de Patrick Artus, de la banque CDC Ixis tentait de faire une estimation du montant de la hausse des prix des actifs en raison d'une croissance importante des liquidités. Ce fût l'un des prémisses de la crise, mais les années 2005-2006 et début 2007 n'ont pas donné raison à ce constat.

Ci-dessous, les conclusions de la note :

Essayons de faire un calcul approximatif :

l'excès de création de base monétaire mondiale depuis 1994 est de 2 200 Mds $ ;
l'excès de distribution mondiale de crédit dû à « l'excès » de création de base monétaire, de 1994 à 2005 est de 9 300 Mds $ (60 % de 7 fois l'excès de base monétaire, voir nos calculs plus haut).
la partie de ce supplément de crédit qui a accru le PIB mondial en valeur est de 2 100 Mds $.
la partie qui s'est portée sur l'immobilier est de 5 000 Mds $ environ.
la partie résiduelle qui a été utilisée à l'achat d'actifs financiers serait donc de 2 200 Mds $.

L'encours d'actifs financiers mondiaux étant en 2005 de 6 300 Mds$ environ, la hausse des prix des actifs financiers causée par l'excès de base monétaire, toujours en 2005, peut être évaluée à 4 %. Mais il faut rappeler que seul le marché obligataire en a vraiment profité.

De même, l'encours mondial d'actifs immobiliers résidentiels étant de l'ordre de 3 400 Mds $, la hausse des prix de l'immobilier résidentiel causée par l'excès de base monétaire, en 2005, peut-être évaluée à 15 %.

Synthèse : la Chaîne qui aboutit à la hausse des prix des actifs

La composition de cette chaîne est donc la suivante :

hausse de la base monétaire mondiale, d'où hausse de l'offre de crédit et des achats directs de titres par les banques (dans les deux cas, multiplicateur monétaire) :
hausse des achats de biens et services (b&s) avec la hausse de l'offre de crédit, mais ne conduisant pas, avec la flexibilité de l'offre, a une hausse visible des prix des b&s
hausse des achats d'actifs (financiers et non financiers), conduisant a une hausse de leurs prix.

Nos estimations conduisent à :

un multiplicateur monétaire mondial (variation du crédit rapportée à la variation de la base monétaire) de 60 % de 7, soit 4,2 ;
un excès de création de base monétaire de 1994 à 2005 de 42 %,2 200 Mds $ ;
un excès d'offre de crédit, sur la même période, de 26 %, 9 300 Mds $ ;
une hausse supplémentaire, en conséquence, des prix

La Banque - Marc Roche - Albin Michel - septembre 2010

Une nouvelle puissance a surgi sur la scène mondiale. C'est celle d'une banque privée très discrète.
Créé en 1869 cet établissement s'est longtemps contenté d'exercer son métier de banque d'affaires, avant de spéculer sur tous les marchés (boursiers, matières premières, or, produits dérivés...).

Depuis une dizaine d'années ses dirigeants ont pénétré les cercles les plus fermés de Washington. Et le krach de septembre 2008 est arrivé, faisant disparaître leur principal concurrent, Lehman Brothers. La « maison Goldman » est alors devenue à ce jour la banque la plus prospère de l'histoire.

Conseiller des Etats on l'a vu avec la Grèce mais il y a d'autres pays concernés recruteur du staff du président des Etats-Unis Bush hier, Obama aujourd'hui , interlocuteur des grandes organisations internationales et du FMI, Goldman Sachs est au centre d'une gigantesque toile d'araignée.

Aujourd'hui mise en cause pour avoir trahi ses clients, la banque reste une puissance, une pieuvre tentaculaire disent ses détracteurs.
Pour la première fois cette passionnante enquête livre un récit riche d'anecdotes sur les rapports de force entre le capitalisme et les gouvernements du monde entier et dresse le portrait de ses redoutables dirigeants, et notamment celui de son président, Lloyd Blankfein.

Un autre livre écrit par l'ancien dirigeant Hank Paulson, qui fût ensuite Secrétaire au Trésor traite de Goldman Sachs.

Marc Roche est journaliste au Monde.

La face cachée des banques - Eric Laurent - Plon - octobre 2009

Le journaliste Eric Laurent très habitué aux arcanes du Pétrole ou Terrorisme a enquêté sur le monde financier aux Etats-Unis. Le livre ne contient pas d'analyse se démarquant d'autres livres sur le sujet. En revanche, il contient quelques anecdotes exclusives et surtout il brosse le portrait des principaux acteurs de Wall Street ce que l'on ne trouve pas dans les ouvrages très théoriques des économistes.

La description du clan Peter Peterson, de son dauphin Tim Geithner et des pratiques des principaux dirigeants de Wall Street sont très riches et méritent la lecture.

Blythe Masters - Pierre Jovanovic - Le Jardin des Livres - février 2011

Avec d'autres mathématiciens de la JP Morgan Bank, l'anglaise Blythe Masters a mis au point le déparement des CDS (Credit Default Sawp). Inconnue du public, Blythe Masters est pourtant, selon la formule consacrée du Guardian de Londres ''La femme qui a inventé les armes financières de destruction massive'', armes qui ont, selon Newsweek ''libéré un monstre'' qui est toujours en train de détruire progressivement l'économie mondiale.

Si le personnage a eu un rôle important dans l'élaboration de l'industrie en partie responsable de la crise, l'auteur se contente d'un procès à charge sans véritables preuves.

Quelques années après la parution de ce livre, Mme Masters a quitté JP Morgan pour créer une activité dans le secteur du Digital, et plus précisément sur les blockchains.

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