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Pourquoi en est-on là ? On dit souvent que l'Histoire est écrite par les vainqueurs : les Romains par exemple. 
L'histoire n'étant pas une science, sa subjectivité incite à la prudence car les remises en cause reviennent souvent.
Comment fonctionne l'histoire ? A l'Ecole, nous apprenons un peu de histoire mais certainement pas comment on écrit l'histoire et qui le fait ? A leur âge les écoliers absorbent ce qu'on leur propose, leurs parents n'ayant pas vraiment leur à dire. 

Mythes et coopération

A droite : illustration de la ville de Mari (Syrie) qui serait la première ville construite au monde par la civilisation mésopotamienne au IIIème milnéraire avant JC.

Chronologie de l'origine des civilisations

Visuel chronologique (du haut vers le bas) de l'apparition/disparition des principales civilisations 

Les Pays sont erigés sur des bases de natures différentes 

  • Des civilisations millénaires cohérentes (Chine/Japon (ex Chinois), Iran/Perse,  Turquie/Ottoman, Inde) 
  • Des conséquences des stratégies expansionnistes de deux pays européens (Angleterre/France)
    • Amériques : création de nations indépendantes soutenues par des francs-maçons 
      • Anciennes : Etats-Unis
      • Plus récentes : Pays d'Amérique du Sud (Bolivar) 
    • Moyen-Orient,  Afrique et Océanie, Asie du Sud-Est : partage franco-anglais (Sykes-Picot pour le Moyen Orient)
    • Europe : création d'Etats plus récents que l'Angleterre et la France suite aux Guerres Napoléoniennes (sauf cas de la Russie)
      • Anciens Empires : Portugal, Espagne, Italie (Romains), Allemagne, Autriche-Hongrie
      • Autres pays : Pays-Bas, Belgique, Irlande, etc

Les perses

Avec les chinois, les perses (les iraniens) sont l'un des plus vieux peuples de la planète. Ils étaient à l'origine d'une religion, le Zoroastrisme. Cette religion a instauré la nuance entre le "bien" et le "mal". Zoroastre ou Zarathustra a inspiré de nombreux intelectuels et artistes : Nietzche a écrit "Ainsi parlait Zarathustra" (Also Spach Zarathustra) qui était aussi le nom de la musique (poème symphonique) composée par Richard Strauss (inspiré évidemment par Nietzche) choisie par Stanley Kubrick pour 2001 Odyssée de l'Espace

« Seul Dieu et les historiens ont le pouvoir de nommer les grands événements : Dieu le fait avant qu’ils n’arrivent … et les historiens après ! » expliqua - t - elle avec une pointe d’humour 

Civilisation mondiale selon Claude Levi Strauss (1952)

Extrait de Race et histoire de Claude, 1952 réalisé pour l'Unesco

Enfin il n'y pas de contribution sans bénéficiaire. Mais s'il existe des cultures concrètes, que l'on peut situer dans le temps et l'espace, et dont on peut dire qu'elles ont "contribué" et continuent de la faire, qu'est-ce que cette "civilisation mondiale" suposée bénéficiaire de tous ces contributions ? 

Ce n'est pas une civilisation distincte de toutes les autres, jouissant d'un même coefficient de réalité. Quand nous parlons de civilisation mondiale, nous ne désignons pas une époque, ou un groupe d'hommes : nous utilisons une notion abstraite, à laquelle nous prêtons une valeur, soit morale, soit logique : morale, s'il s'agit d'un but que nous proposons aux sociétés existantes; logique, si nous entendons grouper sous un même vocable les éléments communs que l'analyse permet de dégager entre les différentes cultures. 

Dans les deux cas, il ne faut pas se dissimuler que la notion de civilisation mondiale est fort pauvre, schématique, et que son contenu intellectuel et affectif n'offre pas une grande densité. Vouloir évaluer des contributions culturelles lourdes d'une histoire millénaire, et de tout le poids des pensées, des souffrances, des désirs et du labeur des hommes qui les ont amenées à l'existence, en les rapportant exclusivement à l'étalon d'une civilisation mondiale qui est encore une forme creuse, serait les appauvrir singulièrement, les vider de leur substance et n'en conserver qu'un corps décharné.

Nous avons, au contraire, cherché à montrer que la véritable contribution des cultures ne consiste pas dans la liste de leurs inventions particulières, mais dans l'écart différentiel qu'elles offrent entre elles. Le sentiment de gratitude et d'humilité que chaque membre d'une culture donnée peut et doit éprouver envers tous les autres, ne saurait se fonder que sur une seule conviction : c'est que les autres sont différentes de la sienne, de la façon la plus variée; et cela, même si la nature dernière de ces différences lui échappe ou si, malgré tous ses efforts, il n'arrive que très imparfaitement à la pénétrer.

D'autre part, nous avons considéré la notion de civilisation mondiale comme une sorte de concept limite, ou comme une manière abrégée de désigner un processus complexe. Car si notre démonstration est valable, il n'y a pas, il ne peut y avoir, une civilisation mondiale au sens absolu que l'on donne souvent à ce terme, puisque la civilisation implique la coexistence de cultures offrant entre elles le maximum de diversité, et consiste même en cette coexistence. La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l'échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité.

Le double sens du progrès

Sapiens : une brève histoire de l'humanité

Professeur d'Histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l'Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l'humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage... et notre futur.

Le livre traite aussi bien de l'agriculture, de la naissance de l'écriture, du lien sexe-guerre, du langage, de l'argent, du capitalisme, de la prédominance des hommes, de la génétique: bref, des sujets passionnants, finement analysés.

Il y a 100 000 ans, au moins six espèces d'hommes arpentaient la Terre.
Apparition de nouvelles façons de penser et de communiquer entre 70 000 et 30 000 ans (Révolution Cognitive). L'utilisation du feu donne un avantage décisif par rapport aux animaux.

Le Fourageur (Chasseur Cueilleur) versus l'Agriculteur
L'auteur relativise l'intérêt de la révolution agricole. Critique intéressante qui va jusqu'à dédouaner les défauts actuels de notre société (obésité) pour des raisons génétiques. Notre génome de Chasseur-Cueilleur nous incitant à trop manger. Débat sur l'infidélité, l'intérêt et la fragilité des agriculteurs (risque de fléaux, de guerre, difficultés du travail aux champs), les meilleurs conditions de santé des fourageurs. 
L’auteur insiste particulièrement sur les avantages de cette vie de fourrageur, sur le faible temps de travail vraisemblablement nécessaire pour se nourrir (estimé 35-40h par semaine) par rapport au temps de travail nécessaire à l’époque agricole.
Derrière il y a un y a peu l'idéologie de Rousseau, de l'homme sauvage.

Grandes facultés de coopération des Sapiens grâce à la fiction (aux mythes partagés)
De grands nombres d'inconnus peuvent coopérer avec succès en croyant à des mythes communs (les religions). De façon intéressante l'homme serait capable de gérer de telles relations jusqu'à 150 personnes. Au-delà les relations personnelles ne suffisent plus, il faut recourir à quel que chose de radicalement nouveau. Quelque chose qu'apparemment l'Homme est le seul à avoir inventé.
Raconter des "histoires" mais surtout convaincre tous les autres d'y croire. Double réalité (objective et celle des Dieux)
La grande différence avec les singes est la capacité de création

La révolution agricole
Cependant, le dénigrement systématique, à charge, de cette Révolution Agricole, accusée de faire dramatiquement régresser la qualité de vie de l’Homme semble bien trop à charge.
Les analyse des conséquences de l’agriculture semblent valides, en particulier l’idée que les surplus dégagés ont permis l’émergence d’une élite dispensée du travail des champs. Ce sont ces élites, pour le meilleur et pour le pire, qui ont été le moteur de l’évolution dès lors ultra-rapide de l’Humanité.

Stockage d'informations : invention de l'écriture




L'intérêt des empires





L'ère Meiji au Japon

Le Japon est le seul pays du monde a avoir été capable de passé de l'ère "médiéval" (Shogun, Samouraï) à l'ère "moderne" sur le modèle occidental en quelques décennies (échelle d'une vie humaine).

Entre 1870 et 1900, les efforts ont porté leurs fruits, le Japon est devenu une des premières puissances de la planète au début du XXème Siècle.

L'Empire Ottoman rate le coche de la modernisation

L'imprimerie n'a pas eu le droit de cité en terre musulmane jusqu'en 1784 date à laquelle le premier coran aurait été imprimé en Turquie.

Bernard Lewis, spécialiste de l'Islam, a écrit "Que s'est-il passé ?". Après avoir été à la pointe du progrès (en réalité plutôt en tant que passeurs que de créateurs), le monde arabo-musulman a décroché. Il n'existe malheureusement pas d'explications unanimes chez les historiens. Plusieurs scénarios sont possibles.

L'apogée de l'Empire Ottoman remonterait au règne du sultant Soliman le Magnifique (milieu du 16ème siècle) ou bien avant...Deux grandes causes font concensus :
1. la fermeture de l'Empire sur lui même traitant avec mépris ce qui venait de l'extérieur
2. incapacité à mener des réformes institutionnelles
et d'autres sont possibles :
3. les ottomans ne voyagaient pas en Occident et ne disposaient de représentation en raison de leur religion (pas possible de vivre en terre infidèle). Il faut attendre la fin du 18ème pour voir des améliorations. L'archaïsme de cette religion est considéré par de nombreux historiens comme l'explication principale de ce déclin remontant à la période de l'Ijtihab. 
4. la morale "communautariste" de l'Islam moins favorable au développement du capitalisme que l'individualisme de l'Occident.
5. le modèle économique : l'Empire Ottoman s'effondre lors qu'il n'est plus capable de conquêtes avec lesquelles il rémunérait ses soldats via l'attribution de terres). Il n'est pas en mesure non plus d'organiser un système fiscal efficace dans un contexte ou le secteur agricole prédominait. Dernier exemple, la polygamie (encore une fois lié à la religion) induit des partages d'héritages plus marquées ce qui expliquerait les difficultés à constituer des grandes entreprises.

Au 19ème siècle, la Turquie commence à s'intéresser au modèle occidental mais trop tard.
En comparant l'exemple de modernisation du Japon et celui de l'Empire Ottoman, il est légitime de poser la question du le rôle négatif de l'islam dans le retard de développement du Moyen-Orient
.
Les Occidentaux ont su en profiter.

Jean Moulin à Lisbonne

 Péan Pierre, publié le 19/11/1998 

Jean Moulin, qui fut très proche du ministre de l'Air du Front populaire, se sépare nettement de lui en octobre 1941 et choisit de Gaulle


Jean Moulin a été très engagé dans l'aide clandestine aux républicains espagnols. Il a organisé des envois d'armes. Pour lui, comme pour ses amis, la guerre contre les fascistes et les nazis a commencé en juillet 1936. Dans ce combat, Moulin a pris des habitudes de secret et noué des liens très forts, affectifs et idéologiques, avec quelques compagnons, parmi lesquels son patron, le ministre de l'Air Pierre Cot, Henri Manhès, un ancien grand éditeur qui redevient militaire à 50 ans, et Louis Dolivet, brillant kominternien d'origine roumaine qui avait monté une extraordinaire machine de propagande antifasciste, avec des ramifications sur toute la planète: le Rassemblement universel pour la paix (RUP). Pierre Cot est le premier homme politique à rejoindre Londres, en juin 1940, mais le général de Gaulle refuse ses offres de services, car il a peur d'effrayer ses aviateurs. Blessé par ce refus, Cot émigre aux Etats-Unis et commence immédiatement à nouer des contacts pour reprendre le combat antifasciste. 

Pendant ce temps-là, Jean Moulin essaie, comme préfet de Chartres, de soulager la population, écrasée sous la botte allemande. Le 17 juin 1940, il refuse de signer un papier qui lui est présenté par les Allemands et qui entérinerait la responsabilité de tirailleurs sénégalais dans des meurtres et viols commis en réalité par des soldats d'outre-Rhin. Il est torturé et, par peur de céder, se tranche la gorge... Evincé de son poste par Vichy à la mi-novembre, il commence immédiatement à contacter tous ses compagnons «espagnols». Pendant les mois qui suivent, il va hésiter entre la voie d'Henri Manhès et celle de Louis Dolivet. Le premier, héros de la guerre de 14-18, et qui a fait le coup de feu en Espagne, privilégie l'action sur le terrain, en France, en liaison avec de Gaulle. Le second, internationaliste, souhaite réactiver tous ses réseaux du RUP et veut entraîner Moulin aux Etats-Unis, où se trouve déjà leur «patron», Pierre Cot... 

Louis Dolivet quitte Marseille le 10 décembre 1940, arrive à Lisbonne le 22 et reste une semaine au Portugal, où, avant de rejoindre les Etats-Unis, il contacte le représentant du général de Gaulle et ceux de Sa Majesté britannique. Dolivet se présente comme un leader disposant déjà de nombreux réseaux de résistance en France. Il impressionne ses interlocuteurs, écrit au général de Gaulle pour offrir ses services et reprend le bateau pour les Etats-Unis avant d'avoir reçu des nouvelles de Londres. Cet extraordinaire agitateur, grand séducteur, doté d'un impressionnant carnet d'adresses, retrouve Pierre Cot et de nombreux libéraux américains connus dans les années précédentes. Quelques jours après son arrivée à New York, il séduit et épouse Beatrice Straight, entrant ainsi dans une famille qui contrôle, notamment, la Pan Am, British Airways et le journal libéral The New Republic! 


Louis Dolivet reconstruit - avec Cot - une association qui est la copie conforme du RUP, mais surtout il impressionne le représentant des services secrets britanniques à New York, qui le recommande chaleureusement à Hugh Dalton, patron du SOE, qui veut «mettre le feu à l'Europe» par des méthodes subversives. 


Pendant quelques semaines, Dalton est enthousiaste et croit avoir trouvé the right man pour diriger la subversion en France. Mais l'Intelligence Service veille et ressort ses fiches montrant son ancienne appartenance au Komintern. La carrière de Dolivet au SOE est brisée net. 

Mais il en faut plus pour briser l'élan de cet homme talentueux. Il se démène en vue de faire parvenir papiers et argent à Jean Moulin afin qu'il le rejoigne aux Etats-Unis. Moulin n'arrive pas à obtenir ses visas pour quitter l'Hexagone. Dolivet et Cot envoient en France - avec l'aval américain et britannique - le pasteur Brooks pour qu'il fasse un recensement des mouvements de résistance en vue de pouvoir ensuite leur envoyer armes et argent. Le pasteur organise même la fameuse rencontre entre Henri Frenay et Jean Moulin, qui va être déterminante dans le destin de ce dernier. Pierre Cot continue de veiller sur Jean Moulin... Celui-ci arrive à Lisbonne le 18 septembre 1941 et rencontre le chef du desk du SOE trois jours plus tard. Tout de suite, il annonce qu'il veut se rendre à Londres et non aux Etats-Unis, malgré son visa américain. Le préfet du Front populaire, l'ami du kominternien Dolivet, l'ami de l'agent soviétique André Labarthe et du détesté «galopin sanglant» Pierre Cot, accusé depuis des années d'être un agent soviétique, révèle d'un seul coup toute son habileté politique et sa compréhension de la situation qui règne à Londres. Il sait, ou a compris, que Dolivet et Cot sont «tricards» tant auprès des autorités britanniques que de l' «entourage cagoulard» de De Gaulle et que la seule façon de s'imposer est d'arriver à Londres sans lien aucun avec Dolivet, comme s'il était mandaté par les principales organisations de résistance en France - ce qui est loin d'être exact - et en montrant que, même s'il a travaillé avec Pierre Cot, il est avant tout un haut fonctionnaire. 

Moulin n'hésite pas à mentir aux Anglais
Cette rupture avec Dolivet, et donc avec Cot, a laissé des traces dans les archives du SOE. Informé de l'arrivée à Lisbonne de son ami, Dolivet a fait télégraphier à Londres d'acheminer à «Mercier» (Jean Moulin) sa demande le priant de venir immédiatement à New York. Londres a transmis favorablement, le 23 septembre, la demande de Dolivet: «Demandez, s'il vous plaît, à Mercier qu'il nous donne sa date de départ, son mode de transport et sa date probable d'arrivée à New York.» Mais Moulin explique au représentant du SOE qu'il ne souhaite pas rejoindre Dolivet aux Etats-Unis à cause de la mission dont il est chargé pour le compte des organisations de résistance. Pour bien montrer qu'il n'a plus rien à voir avec Dolivet, Moulin n'hésite pas à mentir aux Anglais: il tient beaucoup à faire savoir qu'il n'a pas revu Dolivet depuis deux ans et ne comprend pas pourquoi celui-ci lui demande de venir le voir outre-Atlantique! Alors qu'ils se sont quittés seulement neuf mois plus tôt et qu'ils n'ont cessé depuis lors d'être en contact... Se séparer de Dolivet, c'est se séparer de son ami, de son mentor, de son maître à penser Pierre Cot et de toute une équipe soudée idéologiquement. Il officialise cette rupture à Lisbonne, le 19 octobre, en écrivant une lettre à Pierre Cot juste avant de prendre l'avion pour Londres. «A chacun sa destinée», écrit-il. Ce moment scelle définitivement le destin de ce chef autoproclamé de la Résistance intérieure qui rejoint le chef autoproclamé de la France libre. 

L'origine des chiens remonte aux débuts des premières civilisations

L'histoire des entreprises : Public Histoire

En 2013, Public Histoire fête ses trente ans ! En 1983, nous avons été les premiers en France à rapprocher le temps de l’entreprise et celui de l’histoire, à accorder l’histoire d’entreprise et la communication interne et externe, à faire de l’histoire d’entreprise un outil de mémoire, d’identité, de partage et de transmission.

La démarche de Public Histoire est issue au début des années 1980 d’un voyage de Félix Torres aux Etats-Unis, pays de la « Public History », née outre-Atlantique au milieu des années 1970 et des réflexions menées dans le séminaire de l’Institut d’Histoire du Temps Présent animé par son fondateur et premier directeur, François Bédarida (1926-2001). L’histoire et les historiens sortaient de l’université, entraient dans les entreprises et les institutions, assumaient un « rôle social »[2]. Les 21 et 22 mai 1985, Public Histoire organise à Blois, avec le groupe Saint-Gobain, le 1er colloque d’histoire appliquée aux entreprises, publié par Maurice Hamon et Félix Torres sous le titre Mémoire d’avenir. L’histoire dans l’entreprise [3]. C’est, de l’avis général, le coup d’envoi en France d’une nouvelle démarche, l’histoire dans l’entreprise.

Des années 1980 aux années 1990, Public Histoire, installé rue Henri Barbusse à Clichy, puis boulevard Saint-Germain (Ve) à Paris, prend son essor en étoffant son expérience et son savoir-faire. Notre méthode est celle de l’historien : recueil et analyse des sources bibliographiques, archivistiques et documentaires (presse, etc.), complétées par un solide programme d’entretiens, composé de toutes les catégories de l’entreprise, responsables, décideurs, hommes de terrain, emblèmes de métier afin de n’« oublier personne ». Il s’agit de reconstituer de façon fiable et précise la trame chronologique du parcours de l’entreprise, sans se réduire à une liste de dates. L’histoire consiste à reconstruire la complexité des trajectoires parcourues, à dégager des cycles temporels (périodisation), des hiérarchies causales multiples (politiques et stratégies générales, organisations et structures, technologie et innovation, social, territoires, cadre national et international, etc.), en bref en restituant la diversité et la complexité du passé face aux images trop fixistes des mémoires individuelles et collectives. Dans cette perspective, l’Histoire dans l’entreprise est à la fois une enquête, une analyse et une écriture[4]. Quand il arrive à celle-ci, le public historien est un chroniqueur. Il doit reconstituer les grands moments d’un passé collectif pour un large public, tout en donnant à le comprendre. C’est ce que le distingue de l’histoire universitaire classique ou « business history », cette dernière marquée par un style, des préoccupations et la recherche de causalités d’abord académiques. Pour sa part, l’historien dans l’entreprise doit, sans déterminisme, emmener le lecteur dans le passé et le conduire vers le temps présent, ce qui signifie expliquer comment l’entreprise ou l’institution qui accueille sa démarche est devenue ce qu’elle est… avant les inévitables changements à venir. L’histoire trouve sa pertinence (notion de relevant history) dans l’explication du devenir de l’entreprise ou institution qui fait la demande de son histoire. Répétons-le : l’Histoire est à la fois une enquête, une analyse et une écriture. Enfin, notre approche éditoriale consiste – à l’exception des brochures de communication – de réaliser de « vrais » livres, conçus comme tels, avec du « fond », c’est-à-dire du contenu, des ouvrages qui soient édités et diffusés en librairie par des éditeurs partenaires ou directement par nous-mêmes.

 
Les réalisations de Public Histoire s’enchainent, des histoires des entreprises à celle des collectivités. Citons, en matière d’histoire d’entreprise : Alcatel Alsthom (1993) ; France Telecom (1995) ; Merlin Gerin (1992) ; Midi libre (1995) ; Rhône-Poulenc (1995)… En matière d’histoire de collectivités et de territoires, citons la collection « Auguste-Thouard dans la ville », avec quatre titres sur les métamorphoses de la capitale : Le Quartier François Ier, Paris s’éveille à l’Est, Le nouveau Montparnasse et Le Cœur de Paris(de 1988 à 1991) ; Marne-la-Vallée (1991) ; Paris La Défense. Métropole européenne des affaires (1987 et 1989, en français en en anglais, premier livre consacré au quartier de La Défense) ; et des travaux pionniers comme Chooz de A à B. Une histoire de la filière à eau pressurisée chez EDF (1996, en français, anglais et chinois) ; Lafarge Coppée. L’identité d’un groupe (1989) ou Sligos. Mémoire de la carte vue par ses collaborateurs (1993). Partenaires de plusieurs éditeurs prestigieux comme Larousse et Le Moniteur, nous travaillons principalement avec la maison Albin Michel au sein d’une filiale d’édition commune, Public Histoire Albin Michel (PHAM).

La fin des années 1990 et le tournant des années 2000 approfondissent notre expertise, avec de nouvelles réalisations. En matière d’histoire d’entreprise : BNP Paribas (2000) ; Crédit Agricole d’Ile-de-France (2002) ; Crédit Municipal de Lille (1999), la plus ancienne société dont nous ayons fait l’histoire, puisque l’ancien Mont-de-Piété de Lille est né en 1607, dans ce qui était alors les Pays-Bas espagnols… ; La Dépêche du Midi (2003), L’envol des cigognes. Histoire du groupe EMC (2000), qui se voit décerné le Top Com d’Or 2000 ; Schneider, avec T. de la Broise (1996) ; Quartier Français. Une histoire réunionnaise, notre première enquête outre-mer (2004) Nous multiplions les histoires d’organismes et d’institutions : AFPA (1999) ; Institut Français du Pétrole (2001) ; Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Paris (2001) ; Ineris (2005) ; UNCCAS (2006) ; avec le point d’orgue que représente Un siècle de réformes, le livre du centenaire du ministère du Travail, la première histoire (sinon la seule) globale d’un ministère en France (2006).

Nous explorons de nouvelles territoires, ceux de la mémoire de sites : CEA et Cogema Marcoule (2005) ; CEA Saclay (2002) ; Citroën Charleville (1999) ; SNCF Longueau en Picardie (2009)… Des mémoires d’entrepreneurs : Norbert Dentressangle (2005) ; Xavier Dupont (1999) ; Robert Esnault-Pelterie, le pionnier français de l’Air et de l’Espace, avec J. Villain, une biographie qui reçoit notamment les prix de l’Institut de France et de l’Aéro-Club de France ; celle de Didier Pineau-Valencienne, qualifiée de « page-turner » par la presse (2003). De nouvelles pistes, celle d’histoires thématiques : médecine de l’atome au CEA (2005), branche Lafarge Plâtres (1998 et 2004), recherche à la SNCF (1997)…. Des livres points de vue : APM / Repenser l’entreprise (2007) ; François Bernard (2006) ; L’Artésienne, la Scop qui imprime plusieurs de nos livres (2007) ; Siparex (1998, 2003, 2008)… Des Livres de marque : Arrivé / Maître Coq (2002) ; Choco BN/Biscuiterie Nantaise 1997) ; Danone, avec P. Labasse (2004) ; Isigny (1999 et 2001), Peugeot (2001)… sans oublier le logement, avec Domial en Alsace (2009), ICF/SNCF La brique et le rail(2007)…

 Durant toute cette période, nous travaillons avec des éditeurs comme La Documentation Française, Confluences, Jean-Pierre de Monza, Romain Pages, nous développons notre partenariat avec le Cherche Midi Editeur, fait grandir notre propre enseigne d’édition, d’abord EPH-Editions Public Histoire et, à partir de 2008, sous la marque Félix Torres Editeur. Nos ouvrages ont été préfacés par des noms tels que Martine Aubry, Raymond Barre, Luciano Benetton, Daniel Bernard, Jean-Marie Bockel, François Borloo, Bertrand Collomb, Jean-Martin Folz, Marie-Louise Idrac, Louis Gallois, Christine Lagarde, Gérard Larcher, François Michelin, Dominique Paillé, Laurence Parisot, Didier Pineau-Valencienne, Jean-Cyril Spinetta, Michel Crozier et le regretté Jacques Marseille (1945 - 2010).
 
Au tournant d’une nouvelle décennie, la seconde déjà du XXIe siècle, alors que nous installons rue G. Gabillot (XVe), puis rue Saint-Honoré (Ier), la moisson continue, avec des clients devenus des amis : Le Chemin partagé, l’histoire d’EDF en Chine, si elle compte parmi les quelques histoires internationales de groupes français est, sans nul doute, la première d’une entreprise hexagonale dans ce pays du Milieu qui change le visage de notre planète. Le livre (bilingue) Chroniques du bien vivre / A Chronicle of Good Living, restitue à la fois les 150 ans du leader mondial du petit équipement de la maison et l’avènement français et international des arts ménagers, ceux d’un meilleur bien-être chez soi et pour tous. Des métiers, des entreprises et des hommes, raconte l’histoire de Delacommune et Dumont, l’une des plus anciennes entreprises franciliennes, née sous Napoléon en 1812, en couverture, eau courante et aujourd’hui génie climatique… sur tous les toits de Paris et d’Ile-de-France ! Enfin, après Mémoires de lait(1994), réalisé peu de temps après sa naissance, le groupe Sodiaal (Yoplait, Candia) nous a demandé de retracer les vingt premières années de son parcours, celui de l’affirmation – pas toujours facile – de l’un des premiers secteurs agro-alimentaires français, celui des produits laitiers. En bref, l’histoire continue !

HISTOIRE: PREPARER L'AVENIR




Quels sont les déclics ? L'histoire étant écrite par les vainqueurs, difficile de croire en l'exactitude de tous les faits racontés.




L'historicité de l'histoire (inteview de ....




Les pirates chinois de l'Amazone.


280 : séparation en deux de l'Empire Romain, Constantin 1er, essor du christiannisme (1453 disparition de l'Empire Bizantin)


L'étrange "tunnel" du moyen-âge. Il ne passe rien de structurant de 300 à 800 en Europe


~800 : Sacre de Charlemagne en Europe et apogée du Califat au Moyen-Orient


1100 et 1200 : Inquisition, 1214 : Jean Sans Terre 1214 et Grande Charte du 15 juin 1215


1400 : 1450, découverte de l'imprimerie 1492, l'intrigante histoire de Christophe Colomb, Zheng He aussi sur les mers

Le savoir n'appartient plus à l'Eglise à travers les moines copîstes. Film d'Umberto Eco, Au nom de la rose.


1789-1815: révolution française et guerres napoléoniennes


1914-1939 : deux guerres mondiales et crise économique de 1929


1939 : Projet Manhattan, l'apparition de l'arme nucléaire


1955 : Conférence de Bandung, décolonnisation


1967 : La Guerre des 6 jours de 1967
Selon Alexandre Adler, cet événement explique une grande partie des problématiques des pays arabes mais aussi des musulmans depuis 50 ans. Humilés, ils ne parviennent pas à trouver une voie pour sortir d'un archaisme (éducatif et religieux) indiscutable et d'une décolonisation complexe (dicateurs, accords Sykes-Picot) puis d'un financement massif des courants islamismes les plus extrêmes à travers l'Arabie Saoudique.

1973 : Krach pétrolier





Notes

[] Interview d'Antonella Romano dans S&A Oct. 2017, Hors Série, "Les lois de Newton n'ont pas changé la vie de ses contemporains"


Bibliographie

Ecrire l'histoire du monde, Revue Le Débat,  mars-avril 2019, Gallimard

Le temps des apocalypses, Alexandre Adler, Grasset 2019

Histoire

La Grande Charte
Jean sans Terre (1167 - 1216)
Un roi méprisé
Jean sans Terre (en anglais John Lackland) est l'enfant tardif d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine, qui le met au monde à 45 ans. Il doit son surnom à ce qu'il n'a pas reçu de terres en apanage à sa naissance, à la différence de ses frères. Il n'en est pas moins le fils préféré de son père.

De l'art de se faire haïr
Jean sans Terre (24 décembre 1167 - 19 octobre 1216, Château de Newark), avec la couronne de travers (British Library, vers 1250)Pendant que son frère le roi Richard 1er est à la croisade, il tente d'usurper le pouvoir avec l'aide du roi de France Philippe II Auguste. Mais de retour en 1194 à Londres, Richard Coeur de Lion lui accorde son pardon.

Quand Richard meurt en avril 1199, Jean s'empare immédiatement de la couronne au mépris des droits de son neveu Arthur de Bretagne (12 ans), fils de son frère Geoffroy. Par le traité du Goulet, il fait reconnaître ses droits par Philippe Auguste mais cette éclaircie ne dure pas...

Violent et sans scrupules, le nouveau souverain réussit très vite à se faire haïr de la noblesse comme des bourgeois, du clergé et des paysans.

Comme il s'inquiète du projet de mariage entre Isabelle d'Angoulême, fille unique du comte d'Angoulême, et Hugues IX de Lusignan, comte de la Marche, qui pourrait déboucher sur la constitution d'une principauté rivale, il obtient du pape l'annulation de son premier mariage puis se rend aux noces d'Isabelle et Hugues... Là-dessus, il enlève la fiancée (13 ans), l'emmène devant un évêque et somme celui-ci de les marier !

Hugues IX de Lusignan réclame justice au roi Philippe Auguste, suzerain de Jean sans Terre pour ses possessions continentales.Philippe Auguste saute sur l'occasion pour confisquer les terres de son ancien complice y compris la Normandie.

Jean devient ainsi le premier roi anglais à ne plus dominer la patrie de Guillaume le Conquérant. Faute de mieux, pendant les huit années suivantes, il opprime comme jamais ses barons anglais, écrasant de taxes nouvelles nobles, bourgeois et paysans.

L'église n'est pas épargnée. Un conflit à propos de l'archevêché de Cantorbéry conduit le pape Innocent III à jeter l'interdit sur l'Angleterre et le pays de Galles en 1208 puis à excommunier le roi, enfin à offrir sa couronne au roi de France !

Pris de panique devant la menace d'une invasion, Jean sans Terre s'incline et se reconnaît en mai 1213 vassal de la papauté. Le pape, pris au piège, se doit d'accepter. Sitôt pardonné, Jean s'allie à l'empereur d'Allemagne et au comte de Flandre, contre le roi de France. Mais il est battu à La Roche-aux-Moines et ses alliés le sont à Bouvines.

Fort de ses victoires, Philippe Auguste se prépare à envahir pour de bon l'Angleterre...

Les barons anglais, excédés, se soulèvent contre leur roi. Le 15 juin 1215, ils le contraignent le souverain à accepter la Grande Charte, un document qui limite ses prérogatives et donne aux représentants de la noblesse et du clergé un droit de contrôle sur les finances. On y verra plus tard, de façon quelque peu excessive, l'origine de la démocratie parlementaire.

Comme le roi trahit une nouvelle fois ses engagements, ses barons, lassés de tout, appellent le fils de Philippe Auguste à leur secours, lui offrant même la couronne. Louis de France, futur Louis VIII le Lion, débarque avec ses troupes en Angleterre et entre à Londres sans difficulté en mai 1216.

En fuite, Jean sans Terre a le bon goût de mourir assez vite, le 19 octobre 1216, laissant le trône à son fils et héritier légitime Henri III, né d'Isabelle d'Angoulême. Le nouveau souverain n'a que 9 ans. Mais les barons révoltés du nord consentent à baisser les armes et se rallient à lui. Ils repoussent les Français et ceux-ci consentent à rembarquer avec une confortable indemnité. Les Plantagenêts sont sauvés.

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Les malentendus de l'histoire globale
Sanjay Subrahmanyam

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Simon Schaffer : La Fabrique des sciences modernes (Newton)

Majoritairement la population est née après 1970, elle n'a donc pas vécue d'événements historiques en France. Post 1968, les français ont assisté à plusieurs événéments internnationaux :
- la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin,
- la guerre du golfe,
- au 11septembre et à la nouvelle guerre du golfe
- à la crisse financière de 2008.
Seul le mouvement des gilets jaunes ressort en presque 50 ans avec peut-être les attentats de 2015 : de Charlie Hebdo au Bataclan particulièrement sanglants ! En cause finalement : mondialisation et islamisme. Mais peu de conscience historique au sein de la population. Peu de culture politique car le système économique généreux a détourné beaucoup de gens talentueux des affaires de la cité.

Comment le moyen-âge a façonné le monde ?

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