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Eugen Bracht
Hoeschstahlwerk von Norden (1905). Bracht s'intéressait aux paysages industriels en tant que peintre industriel .
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2012 Himalaya

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Planète habitable connue

> ENVIRONNEMENT 

Premier constat  : l'environnement est planétaire, il ne correspond donc pas du tout avec la réalité des systèmes d'organisation : les #Etats-nations et leurs #systèmes juridiques. Il porte aussi très mal son nom. Le mot #Environnement laisse penser qu'il ne concerne pas vraiment les êtres humains (aux environs, autour...) alors qu'il est central et même à la source tout. Parler de Biosphère [1] serait plus approprié.

La fragilité de la Biosphère n'a jamais été considérée comme un enjeu majeur malgré les alertes des scientifiques dès les années 70, ce qu'explique Nathaniel Rich dans un livre contreversé, pour de bonnes raisons, Perdre la Terre [2]). Disons que c'est à partir de la diffusion "grand public" du film d'Al Gore, Une vérité qui dérange (2006) que la prise de conscience générale s'est amplifiée. L'exemple des anomalies de température des années 2010 montre qu'il se passe quelquechose quelqu'en soit la ou les causes. L'incertitude angoisse d'ailleurs tout particulièrement les Français. Ces derniers redoutent le plus au monde, et d'assez loin, le risque climatique avant d'autres menaces selon un sondage du Pew Research réalisé mi-2020.

La cause environnementale a englobé pendant des décennies des enjeux de natures hétérogènes rendant ainsi les prises de position difficiles : anti-nucléaire avec Greenpeace (1971), défense des animaux avec WWF (1961). Ainsi les problématiques climatiques, de pollutions, de choix énergétiques et même de santé (avec les OGM) se trouvent amalgamées brouillant les analyses.

Plusieurs phénomènes comme la croissance démographique accompagnée d'une élévation du niveau de vie moyen par habitant calé sur celui de l' "american way of life" des années 80, et la prise de conscience de la rareté de la planète, forcent les mentalités à évoluer. Les catastrophes planétaires vont de plus en plus y contribuer risque d'éruptions solaires ainsi que les scandales écologiques appauvrissement des sols. Difficile d'anticiper comment les choses vont évoluer.

Séparer l'environnement, autrement dit la nature de la culture, c'est le naturalisme "occidental" qui en est à l'origine #Cultures & Richesses sous l'influence par exemple de philosophes comme Descartes, Comte et Durkheim. Le capitalisme en a hérité l'idée que le monde est un système de #Richesses ou de ressources infinies et qu'il n'est pas nécessaire de s'en préoccuper.

Si les ressources sur Terre sont finies, il y a malgré tout de bonnes raisons de croire qu'il en existe d'autres, en tout cas pour les minerais, dans l'Univers comme sur certains astéroïdes ou planètes du système solaire. La vie biologique simple est répandue dans l'Univers (la NASA avoue à demi-mot qu'il y a bien de la vie au niveau bactérien sur Mars) mais rien ne prouve (encore ?) que des planètes habitables comme la Terre existent pour accueillir des vies intelligentes.

Il est donc important de comprendre l'environnement et comment utiliser ce qu'on en retire sans le gaspiller, les #matières premières


[1] Biosphère constituée de Hydrosphère (eau), Lithosphère (terre et minéraux), Atmosphère (air, gaz) dans lesquels évoluent les êtres vivants organisés en éco-systèmes (humains, animaux, végétaux)


[2] Voir le livre Perdre la Terre, Nathaniel Rich, Editions Seuil/Editions du sous-sol 2018 qui fait ressortir les nombreux échanges entre scientifiques, industriels et politiques aux Etats-Unis depuis le début des années 50. Une revisite de l'histoire intéressante, romancée mais critiquable car sans réelle analyse de la qualité des échanges scientifiques (fiabilité des travaux). Lire critique Sylvestre Huici].

ENVIRONNEMENT : FRAGILITE & RARETE

ERE DE L'ANTHROPOCENE - APPARITION DE LA VIE - QUATRE ELEMENTS DU DECOR : FEU, TERRE, EAU, AIR - LE CLIMAT - QUATRE FAMILLES D'ACTEURS : MINERAIS, FLORE, FAUNE, HOMMES - QUATRE SOURCES DE PROBLEMES : HABITAT, TRANSPORT, AGRICULTURE, TOURISME   -  QUATRE GRANDS RISQUES : CATASTROPHES INEVITABLES, RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, POLLUTION, BIODIVERSITE


Prise de conscience "collective" tardive de l'ère de l'anthropocène

Difficile de rendre passionnante l'#Histoire de la formation de la Terre et de l'illustrer à travers des personnages légendaires ou charismatiques. Il n'y en a pas eu de témoins. Et même s'il en existait un enregistrement vidéo, il serait tellement lent qu'il en serait ennuyeux, un peu comme le premier acte du film 2001, Odyssée de l'Espace, montrant la préhistoire [1]. Histoire ennuyeuse qui pourtant explique toute la suite

Grâce à la géologie et à la #Science pour la datation, il est possible de reconstituer sans trop d'erreurs les étapes de la formation de la Terre qui découle de celle de l'Univers, encore plus complexe. En découle l'emplacement des #Etats-Nations, des villes #Immobilier, des #Matières premières utilisées, et les contraintes des #Populations comme l'#Energie et les #Transports. 

De surprenants contrastes existent : des îles tropicales aux lagons azurs riches de plusieurs centaines de milliers d'espèces végétales et animales multicolores, tant aimé par le chanteur voyageur Antoine, aux grandes plaines tristes et glacées de la Toundra. Comment ne pas s'interroger sur la beauté et la richesse des couleurs du panorama de récifs coralliens ? Pourquoi ? Pour qui ?  Le hasard ? Cette nature subie les aléas du climat depuis des centaines de millions d'années et s'y adapte formidablement bien, preuve d'une forme d'intelligence. Mais malheureusement, rien n'est équitablement réparti : des #Matières premières, en passant par le climat. 

Avant l'essor de la #Science, en gros à partir de la Renaissance en Europe, seules les #Religions s'étaient intéressées à la la formation de la Terre à travers des mythes de la création, vite évacués pour se concentrer sur la morale ou des règles de vie. En alternative à la #Science, il existe  de nombreux mythes pour expliquer les origines. Tout commence avec un oeuf pour certaines philosophies asiatiques (dont Pan Gu en Chine), celtique irlandais (Partholon), indienne (Puruska) ou africaine (Nommo chez les Dogons). Le  déluge se retrouve aussi bien dans la Bible (L'Arche de Noé) que dans les mythes Babyloniens (l'épopée de Gilgamesh), la mythologie indienne (le roi Manu, sauvé par Vishnu et transformé en poisson) ou grecque (Deucalion et Pyrrha sauvés par Prométhée). Depuis les religions ont peu évolué, sauf par schismes en raison de divergences de vue sur d'autres thèmes théologiques. En définitive, elles n'évoquent jamais la problématique de protection de la Biosphère pourtant création de leurs Dieux. 

En 2015, le Pape François, parle pour la première fois du climat et de la biodiversité dans l'encyclique Laudato Si  [2]. A part cela, les religions du Livre, du Moyen-Orient, (Judaïsme, Christianisme, Islam) ne proposent rien d'autre que le mythe créateur, de manière brève.  En Asie, la question ne semble pas non plus avoir été centrale, bien que la nature soit très intégrée dans certaines philosophies  depuis plusieurs millénaires avant JC. Le feng shui chinois, littéralement l'eau et le vent, prend ses origines dans la #Philosophie du taoïsme [3], très ancienne. Il est l'application des principes du taöisme à l'habitat #Immobilier. 

Comment cette question a t'elle pu être autant éludée aussi longtemps ? Justement c'est qu'elle perturbe les #Systèmes Politiques ou #Religieux existants. Elle ne peut se déconnecter la fameuse question de la propriété #Trois pouvoirs. Une partie de l'humanité a su vivre avec la nature, celle des peuples indigènes mais pas toujours sans l'abîmer comme le montre l'expérience des habitants de l'Ile de Pacques. Celle dite civilisée, qui pourtant la comprend mieux grâce à la #Science artificialise sans fin les sols et la grignote jusqu'à la faire parfois disparaître définitivement. Sans la mise de en place de parcs nationaux dès la fin du XIXème siècle aux Etats-Unis, 1872 pour le Yellowstone, le résultat serait bien pire.

Entre l'époque des premiers scientifiques comme Galilée (mort en 1642), Newton (mort en 1727), Darwin (mort en 1882), curieux de comprendre la Terre au grand dam de certaines religions et la prise de conscience tardive de la fin du XXème siècle, il ne s'est rien passé. Ni en Europe, ni en Asie, ni au Moyen-Orient. Le Monde se faisait la guerre pendant la première moitié du XXème siècle. 

Si dès 1778, le scientifique naturaliste français Buffon s'inquiétait des effets de la combustion du charbon sur les précipitations, la prise de conscience de la fragilité de la biosphère émerge dans les années 70 du XXème siècle, 200 ans plus tard. Pas beaucoup plus. Sans traiter spécialement de l'écologie, le père jésuite Theilhard de Chardin avait déjà commencé à conceptualiser une forme de communauté planétaire en parlant de "noosphère" dans les années 1940. Encore avant, le monde anglo-saxon s'en était préoccupé notamment au sein de la Société eugéniste de Londres [4]. 

La préservation de l'environnement n'était donc pas encore au coeur des préoccupations dans les années 70. Et pourtant, on y voyait les prémisses. Les premières conférences internationales commencent à apparaître à cette période avec la conférence de Ramsar (1971) consacrée aux zones humides, lieux de reproduction d'oiseaux comme le Grand cul-de-sac marin de Guadeloupe. Mais c'est surtout à partir des années 90 que la fréquence des événements internationaux s'accélère depuis la conférence de Rio (1992) jusqu'à la Cop 21 de Paris tenue en 2015 [5]. 

En France, à la fin des années 1980, c'est une entreprise de chimie, donc polluante, Rhône-Poulenc, qui poussée par Dominique Cantien de TF1, décide de sponsoriser un nouveau concept d'émission sur les sports extrêmes dans la nature. Ainsi est né Ushuaïa ("Bienvenu dans un monde nouveau"). De 1987 à 1996, Nicolas Hulot, donne le spectacle tous les samedi en fin de soirée sur TF1. Personne ne l'imaginait alors devenir Ministre d'Etat et de l'Ecologie plus de 20 ans après dans le gouvernement d'Edouard Philippe. Certains se souviennent de ses gamelles en parapente motorisé, des sueurs froides à cause de la fausse panne moteur à hélice sous un ballon à air chaud au dessus des temples de Palenque au Mexique, ou d'une séance de looping en Sukhoi 27 avec des russes prévenants. Sans spectacle, difficile de mobiliser du monde #Populations.

Bien après le célèbre Commandant Cousteau [6], Yann Artus-Bertrand et Nicolas Hulot sont ceux qui ont le plus participé à la médiatisation des problématiques environnementales. Souvent critiqués pour leur manque de sens politique et leur coté affairiste, ils ont néanmoins contribué à améliorer le niveau éducatif et à sensibiliser. Impossible de sensibiliser sans incarner le sujet. La médiatisation critiquable de Greta Thunberg montre bien les limites de l'exercice. Qui et comment ? Les pandas ne parlent pas.

L'humanité a reçu son cadre de vie tel quel et n'a jamais été organisée pour bien l'appréhender. Entreprendre une revue des #Richesses, celle de la Biosphère c'est démarrer d'emblée par un mystère non élucidé : l'apparition de l'Univers dont est issue la Biosphère et l'apparition de la vie. Si la théorie du Big Bang permet de se faire une idée, elle n'explique pas l'avant, ni la notion d'infini. Laissons pour l'instant de coté ce point #Scientifique, #Philosophique ou #Religieux. 

Ensuite il faut comprendre comment s'est mis en place une sorte de décor fait de feu, de roche, d'eau et d'air à partir duquel se sont développés des #Richesses qui entourent la #Population comme les inerais, les plantes, les animaux servant de #Matières Premières aux hommes. Le tout se retrouve mélangé dans le système climatique très complexe mais de mieux en mieux compris.


L'apparition de la vie 

La Terre d'aujourd'hui ressemble beaucoup à celle des ancêtres Homo qui existaient il y a au moins 1 million d'années même si les cycles de glaciation tous les 50 000 ans ont énormément perturbé leur vie. Aujourd'hui, l'Homme est peut-être devenu un Homo Lucidus, lucide de sa situation vivant à l'ère dite "anthropocène" depuis qu'il détient une influence mesurable sur la Biosphère.

Revenons au commencement, car les chronologies dont il faut avoir conscience permettent de mieux raisonner. Grâce à la #Science, il est possible de savoir de quoi est constituée la matière (molécules, atomes et particules complexes) et comment ses constituants interagissent (forces comme la gravitation). Ces particules complexes aux caractéristiques étonnantes, presque magiques, avec plusieurs états possibles au même moment (notions de mécanique quantique), fonctionnent dans un Univers mystérieux orchestré par une horlogerie mathématique indiscutable. Horlogerie précise certes, mais qui laisse aussi sa place au hasard.  

Dès la formation de l'Univers commencent à apparaître des éléments de matières (atomes formants des nuages de gaz) qui seront plus tard à l'origine de la Terre et de ses #Matières premières

La vie sur Terre a démarré dans un monde de méthane sans oxygène. Ce sont des cyanobactéries, premiers être vivants apparus, les responsables de la Grande Oxygénation de la planète. Disparues depuis 3 milliards d'années, elles avaient la particularité de pouvoir dissocier l'oxygène de molécules d'eau des océans et ainsi former l'atmosphère tel qu'il est connu depuis l'apparition du vivant. Ces bactéries, et le monde du vivant auraient peut-être pu apparaître grâce à des acides aminés en provenance de l'espace et transportés par des météorites selon la théorie de la panspermie. 

Il est étonnant de se dire que pendant plusieurs centaines de millions d'années, des millions d'espèces différentes sont apparues puis ont disparu sans qu'aucune vie consciente n'y assiste. Un #Jeu sans joueurs, en automatique. Passons directement aux mammifères dont l'existence remonterait à 200 millions d'années et dont la quasi totalité a disparu il y a 95 millions d'années. Les plus connus d'entre eux étaient les dinosaures exterminés par les terribles effets de l'impact d'une météorite géante dans le golfe du Yucatan près du Mexique jusqu'à preuve du contraire. 

Ensuite en quelques dizaines de millions d'années seulement, réapparaissent des mammifères comme les singes, puis il y a entre 5 et 7 millions d'années les proto-humains, premières formes d'humanoïdes. L'homo-habilis étant la première branche, il donnera ensuite l'homo-sapiens, l'homme d'aujourd'hui, il y a environ 200 000 ans.

On dit que l'Homme descend du singe, bien sûr mais il serait donc aussi issu de petites musaraignes, des souris comme Mickey, suffisamment petites et cachées pour survivre à ce cataclysme. Pour Walt Disney : "tout à commencer avec une souris : "I only hope that we never lose sight of one thing – that it was all started by a mouse." C'est vrai pour lui mais aussi pour l'Humanité. Dans son livre Il était une fois nos ancêtres : une histoire de l'évolution Le scientifique Richard Dawkins explique quelles formes d'animaux "intermédiaires" ont existé comme les Musaraigne-Eléphants. Il reste de cette période du temps du Gondwana des traces symbolisées par la faune et la flore de l'île de Madagascar qui abrite 5% des toutes les espèces animales et végétales du monde dont 80% se trouvent nulle par ailleurs. 

Ces estimations de dates sont certainement fausses [7] mais permettent quand même de  constater qu'en quelques dizaines de millions d'années l'évolution peut transformer une souris en un homme. Alors que dire de l'humanité dans 30 ou 40 millions d'années  ? Sera-t'elle déjà capable de survivre encore quelques siècles de plus sans s'autodétruire ? de voyager sur d'autres systèmes planétaires ?

Savoir qui a raison entre Dieu et la #Science a déclenché de graves tensions dans l'#Histoire. La Science apporte la possibilité de démontrer rationnellement ce qui n'est pas toujours intuitif : le Soleil semble tourner autour de la Terre alors que c'est l'inverse. La #Science se retrouve en position d'être un super #Pouvoir qui peut bouleverser les hiérarchies des #Richesses bien établies. Les Religions se sont effacées mais pourtant la #Science ne peut pas répondre aux enjeux métaphysiques des #Populations sur les questions existentielles, c'est pour cela qu'il faut trouver une logique entre #Richesses & Cultures.

Schématiquement donc, la Biosphère comporte quatre éléments très souvent repris par des #Religions et philosophies :  (i) le feu, comme le Soleil source de toute énergie directe ou indirecte et comme le noyau de la Terre responsable de l'existence de son champs magnétique, (ii), la Terre elle même en  tant socle de matière rocheuse faite d'olivinne, de pérovskite, de la planète comme support, (iii) l'eau formant ses océans, mers et rivières indispensables pour faire apparaître la vie et (iv) l'air, son atmosphère pour respirer [Planche - Biosphère : le trio décor, climat, ressources].


QUATRE ELEMENTS DU DECOR : FEU, TERRE, EAU, AIR 



Le feu : le soleil source d'énergie


Il y a 13,7 milliards d'années, au commencement de tout, un seul et unique point contenant une énergie colossale, inimaginable, aurait explosé (c'est le Big Bang) et donné naissance à l'Univers, déjà en expansion à partir de ce point et aujourd'hui estimé comme infini. Finalement la Science et les Religions disent la même chose : Fiat Lux en latin, la lumière fût d'un seul coup, l'Univers, jeune, aussi. 

Un Univers si grand que l'on pourrait croire que Dieu est Agent #Immobilier tant les prix sont élevés alors que la place ne manque pas dans l'Univers. Un vrai gâchis. Régulièrement des chercheurs annoncent de nouvelles théories, le mystérieux vide après le Big Bang, l'existence du grand repousseur, la durée de rotation de toutes les galaxies, bref, si Dieu existe, il serait aussi horloger et mathématicien. La Terre se trouve au bout d'un bras de sa galaxie, La voix lactée, qui elle même se trouve au bout d'un bras d'une structure gigantesque, un amas de galaxies, complexe dénommée Laniakea [8].

A partir de cette explosion, ce sont formés des nuages de gaz qui progressivement en plusieurs millions d'années ont donné naissance à des premières étoiles puis des systèmes d'étoiles. Une étoile comme le Soleil se trouve dans un équilibre permanent entre deux forces contradictoires : en tant que boule de gaz, elle résiste à la fois à la compression de la gravité (qui la pousse à s'effondrer) ainsi qu'à la poussée de son rayonnement (la réaction des 400 millions de tonnes d'hydrogène converties en Hélium toutes les secondes à une température d'au moins 10 millions de degrés). Ce sont ces étoiles qui apportent toute l'énergie dont les #Populations ont besoin. 

Toute l'#Energie provient donc du Soleil à 8 minutes en direct ou en stocks comme l'énergie fossile. Ce n'est pas un hasard si le plus grand dieu égyptien était le Soleil (Ra). La vie minérale existe de manière presque figée. Pour la matière vivante, toutes les molécules ne peuvent exister que grâce à l'énergie en provenance du soleil.  Le soleil se retrouve donc dans les estomacs via l'alimentation, la #Santé. Les humains consomment probablement environ 1% de l'énergie solaire reçue. [9] Le calcul se fait à l'aide de l'unité de mesure énergétique des PCal, pentacolories (un million de milliards de calories). 

Encore une foi, le Soleil demeure incontournable. Sans Energie, il n'y a pas de vie. Elle est donc un enjeu de #Pouvoirs considérable. La fusion nucléaire serait l'énergie ultime inépuisable si l'être humain savait la maîtriser à partir d'hélium et d'hydrogène. Soleil influencé lui même par l'alignement des planètes et sujet à des cycles de 11 ans depuis au moins 1 000 ans. En revanche son influence sur le climat n'expliquerait pas les évolutions de température des dernières décennies du XXème siècle, les scientifiques penchent donc majoritairement pour une influence humaine, d'où l'anthropocène.


La Terre

La Terre et ses entrailles ne passionnent pas. De la lave et des roches. Jules Verne en a fait un roman Voyage au centre le la terre en 1864 en s'inspirant de Laura, voyage dans le cristal de George Sand. Finalement l'étude du centre de la Terre n'a pas toujours autant avancé que celle de l'Univers.

De quoi la Terre est-elle composée ? Sur 118 éléments chimiques connus, 94 éléments naturels ont recensés, une trentaine sont très répandus et une demi-douzaine sont réellement indispensables à la vie. L'élément le plus abondant est l'oxygène, sous forme de Silicates, avec près de 47% de la croûte terrestre. Ensuite vient le silicium avec 28%, puis l'aluminium 8%, le fer 5%, le calcium 3,6%, le sodium, 2,8%, le potassium 2,6% et le magnesium 2,1%. Ensemble ces huit éléments constituent ainsi 98,5% de l'écorce terrestre. Les 1,5% restants englobent donc les 84 autres éléments. Curieusement le carbone ne représente que 0,05% de la croûte terrestre et l'azote 0,035% alors que ce dernier forme 75% de l'air de l'atmosphère.

Le noyau constitué de fer et nickel à 4 000 degrés en rotation (responsable du champ magnétique), de 3 000 km de rayon est entouré par un manteau épais de 2 885 km recouvert lui même d'une couche de 400 mètres d'épaisseur au contact de la surface. Le noyau est finalement assez froid comparé aux 15 millions de degrés du Soleil. 

Les profondeurs de la Terre ne sont pas si bien connues que cela. Le forage le plus profond dit Kola réalisé par les russes de 1970 à 1989 a atteint les 12 km de profondeur en Russie où la température atteinte s'élève à 160 degrés. 

Voila pour le sous-sol. En surface, il n'existe plus vraiment de terres sauvages éloignées de toutes traces de civilisations. Seuls quelques endroits restent préservés comme le Canada, la Sibérie, Le nord de la Suède, l'Amazonie, l'Afrique équatoriale, l'île de Bornéo, une partie de l'Indonésie et dans une moindre mesure les Appalaches aux Etats-Unis et la zone montagneuse au nord de la Thaïlande.

Les sols victimes de l'étalement urbain et de l'agriculture intensive deviennent moins fertiles. Les villes grignotent les campagnes. Le rythme annuel de perte de sols est évalué à 3,5 millions d'hectares pour les terres cultivés (10 à 12 millions pour tous les sols) dans le monde. En France le taux d'artificialisation des sols s'élève à 9% selon l'INSEE ou 7% si l'on retient le critère de l'imperméabilisation [10].

A la jonction entre la terre et le feu se trouvent les plaques. A l'échelle d'une vie humaine, l'étude de la tectonique des plaques ne présente pas d'intérêt sauf pour comprendre les éruptions volcaniques mais sur des millions d'années c'est une autre affaire. Avec l'évolution de la position de la Terre dans le système solaire, la tectonique des plaques fait partie des mécanismes impliqués dans l'évolution du climat. Apparus dans l'Est de l'Afrique, les premiers Australopithèques vivaient dans des forêts denses. L'espèce Homo est apparu au moment de l'utilisation d'outils, l'Homo Habilis. Ce n'est qu'à partir du moment ou les premiers hominidés Planche : ères géologiques et nombre d'hommes]  africains ont subi des changements climatiques, que ces derniers ont commencé à rencontrer des prairies de hautes herbes au lieu de forêts. Au fil du temps, ils se seraient érigés pour voir au dessus de ces herbes, ils sont devenus bipèdes, Homo Erectus. Une hypothèse serait que l'intelligence soit apparue à la suite d'un cycle de changements climatiques fréquents obligeant l'homme à s'adapter plus régulièrement, et donc à développer son intelligence. 

La géologie explique l'#Histoire  : 

i) Volcans et montagnes nourrissent les fleuves ce qui facilite l'agriculture. Les premières civilisations se sont installées en Mésopotamie ou dans la vallée de l'Indus qui a donné son nom à l'Inde pour en bénéficier.

ii) Iles et de côtes favorisent la navigation à moindre risque. D'où la naissance de la civilisation grecque au Nord de la Méditerranée alors que rien ne se passe au Sud.

iii) Les steppes situées sur une bande de 6 000 km de long entre la Mandchourie et l'Europe de l'Est  permettent de communiquer à cheval, ce sur quoi s'appuie Genghis Kahn pour fonder un Empire, ce qui engendre aussi après la route de la soie

iv) Enfin la compréhension des vents et la capacité à produire du bois pour construire des navires ont donné la possibilité aux Occidentaux de s'emparer du monde par la voie maritime. Ainsi sont nés le Common Wealth, les Compagnies des Indes puis avec la technique, les français établissent le canal de Suez (1869) et de Panama (1914) déjouant ainsi la géographie initiale.

La tectonique des plaques explique cette richesse géologique. Une planète habitable découverte sans tectonique, sans silicium, si elle c'est possible, aurait donc peut-être des mers sans plages.


L'eau : océans, mers, lacs et rivières

La Terre est bleue comme une orange a écrit le poète Paul Eluard dans son recueil L'Amour de la poésie paru en 1929. Elle porte mal son nom. C'est un point bleu visible depuis l'espace, elle aurait pu s'appeler tout aussi bien Océane. Pour donner une idée du volume, toute l'eau de la Terre tiendrait dans une sphère de 700 km de diamètre ou un cube de 1 400 km de côté (volume de 1 400 millions de m3). L'eau recouvre 72 % des 509 millions de km2 de la surface du globe. En 2020, l'origine de l'eau sur Terre reste encore assez floue entre l'hypothèse d'un apport tardif a priori par des comètes ou bien une apparition antérieure liée au dégazage de l'intérieur de la Terre lors de sa formation (volcans).

Où se trouve l'eau douce, la plus précieuse ? Dans les glaces du pergélisol, les calottes polaires (25 000 000 de km cube), des eaux souterraines (13 000 000 de km cube) l'humidité des sols, l'humidité de l'atmosphère, les marais, les cours d'eau et lacs (250 000 km cube), et ce que l'on appelle eau verte, c'est à dire toute l'eau contenu dans la biomasse. L'eau douce, rare, représente seulement 2,5% de la quantité d'eau sur Terre. Elle disparaît des nappes phréatiques alors que les cours d'eau sont pollués par les égouts et les industries. Des guerres de l'eau sont redoutées depuis des dizaines d'années. La Turquie, le Tibet, Israël détiennent des atouts stratégiques : l'Euphrate qui irrigue le Moyen-Orient et le Tibet toute l'Asie. Dans les terres du « Château d’eau de l’Asie », dix des plus grands fleuves régionaux y prennent leurs sources. C’est le berceau du Brahmapoutre qui traverse l’Inde et le Bangladesh, du Mékong qui sillonne le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêtnam. Le « Toit du Monde » est le quatrième plus grand réservoir d’eau douce au monde : capital pour la région puisqu’il alimente en eau près de la moitié de la population mondiale, crucial pour la Chine puisque qu’il constitue 30% de ses réserves hydrauliques. 

L'eau compose 60% d'un être humain qui doit en boire environ 1 litre par jour. C'est souvent la molécule qui indique la possibilité d'une vie. S'il y a de l'eau, alors il y a de vie. L'eau a été supposée être plutôt rare dans l'Univers pendant longtemps. Or ce n'est pas le cas. Les astronomes pensent aussi que de l'eau liquide se trouverait sous la surface de certains objets du système solaire, notamment sous celle du satellite de Jupiter, Europe, ou sous celle de la planète Mars. La glace est, quant à elle, présente dans les petits corps du système solaire extérieur, telles les comètes, ainsi que dans les satellites et les anneaux des planètes géantes. Que ce soit en grande ou en petite quantité, l'eau semble omniprésente dans le Système solaire.

Les mers et les océans ont eu une influence déterminant dans l' #Histoire pour des raisons logistiques #Transports liées au #Commerce International. La Méditerranée, bassin de vie des premières civilisations s'est remplie d'eau en quelques années suite à la fonte des glaces grâce à un flux d'eau, un déluge, en provenance de l'Atlantique via le détroit de Gibraltar. Même forme d'événement géologique et climatique pour l'Angleterre qui fût séparée de l'Europe continentale en peu de temps, isolant la Grande-Bretagne ce qui lui permettra bien plus tard d'avoir un rôle particulier vis à vis des Empires de l'Europe continentale. Une puissance insulaire qui fait les rois et les alliances sur le continent. A l'antiquité, la mer stratégique était la Méditerranée, puis ce fût au tour de l'Atlantique après la découverte de l'Amérique. Pendant ce temps les Chinois (Zheng Hé au XIV et XVème siècle) et Arabes évoluaient sur l'Océan Indien. Le début du XXIème siècle semble la consécration du Pacifique qui symbolise les échanges entre l'Asie et la côte ouest des Etats-Unis avec au milieu les îles d'Hawaï.

La planète bleue surnommée par les américains "Blue Dot", un point bleu visible depuis l'Espace, possède donc une grande masse d'eau dont l'inertie explique le caractère régulateur des Océans sur le climat. Mais malgré cela, une hausse des températures, avant même accélération de la fonte des glaces, induit une hausse du volume de la masse d'eau et donc une élévation du niveau des Océans.


L'Air

C'est à partir du moment où les navigateurs, principalement portugais comme Vasco de Gamma ont su utiliser astucieusement les vents que le #Commerce international a pu façonner un nouveau #Système économique. Plus besoin de dépendre des dangereuses routes de la Soie le long des gigantesques steppes d'eurasie [Planche : les steppes d'Eurasie et les vents]. Maîtriser les vents pour ne plus s'échiner sur une route maritime droite mais apprendre à contourner car les vents font partie du système atmosphérique complexe. Ce sont les vents, les alizés qui expliquent pourquoi Christophe Colomb a découvert le continent américain par les Caraïbes. Dans l'Océan indien,  le fonctionnement des vents de mousson ont mis du temps à être compris par les navigateurs. Vasgo de Gamma en a fait les frais. Ensuite l'organisation du #Commerce international s'est reposé sur la marine au détriment de la route de la soie que la Chine tente de relancer au début du XXIème siècle.

Certes, l'air n'est pas visible comme le feu, la terre ou l'eau mais il est indispensable. Mélange de gaz formé principalement d'oxygène (dioxygène à 20,95%) et d'azote (diazote à 78,08%), il se trouve en quantité suffisante pour qu'un humain respire jusqu'à 5 km d'altitude. Jusqu'à environ 80 km d'altitude, la composition de l'air sec est très homogène, la seule variation importante de la composition de l'air étant celle de la teneur en vapeur d'eau (moins de 1% à 5%). L'hygrométrie, la teneur en eau, explique ensuite les phénomènes météorologiques.

Dans l'air, se trouve aussi du dioxyde de carbone dont le taux varie avec le temps. D'une part, il subit une variation annuelle d'environ 6,5 ppmv (partie par million en volume) d'amplitude.

L'air fait partie de l'Atmosphère dont l'utilité n'est donc pas que de respirer ou de #Transporter. C'est une protection. D'une épaisseur de 350 à 600 km [11]. La limite entre l'atmosphère terrestre et l'atmosphère solaire n'est pas définie précisément : la limite externe de l'atmosphère correspond à la distance où les molécules de gaz atmosphérique ne subissent presque plus l'attraction terrestre et les interactions de son champ magnétique. Ces conditions se vérifient à une altitude qui varie avec la latitude - environ 60 km au-dessus de l'équateur, et 30 km au-dessus des pôles. 

L'atmosphère se décompose en plusieurs couches avec leurs particularités. 
(i) La troposphère, est la partie la plus basse, elle commence à la surface et s'étend entre 7 et 8 km aux pôles et de 13 à 16 km à l'équateur, elle contient grossièrement 80 % de la masse totale de l'atmosphère [12]. 
 (ii) La stratosphère s'étend, entre 7 à 17 km et environ 50 km. Paradoxalement la température y augmente avec l'altitude. C'est elle qui contient environ 90% de la couche d'ozone.  

L'ozone (O3) de la stratosphère terrestre est créé par les ultraviolets frappant les molécules de dioxygène (O2), les séparant en deux atomes distincts ; ce dernier se combine ensuite avec une molécule de dioxygène (O2) pour former l'ozone (O3). L'O3 est instable (et quand les ultraviolets le frappent, ils le séparent en O2 et en O. Ce processus continu s'appelle le cycle ozone-oxygène

Son rôle est aussi de protéger la Terre de rayonnements pouvant être dangereux (UV, météorites jusqu'à une certaine taille) et de réguler la température grâce à l'effet de Serre formalisé pour la première fois par le physicien français Joseph Fourier. Sans lui, les températures sur Terre seraient trop basses. Il permet de piéger une partie de la chaleur reçue sous forme de rayonnements provenant du Soleil. Au lieu d’être renvoyée et perdue dans l’espace, cette chaleur est maintenue dans l’atmosphère. Une altération de cette enveloppe peut donc avoir de graves conséquences. 

(iii) La mésosphère, moins connue, s'étend de 50 km à environ 80 à 85 km. La température décroît à nouveau avec l'altitude, atteignant −100 °C (173,1 K) dans la haute mésosphère. C'est dans la mésosphère que la plupart des météoroïdes se consument en entrant dans l'atmosphère.

La thermosphère, l'ionosphère et l'exosphère complète les premières couches [13]

Si la nature a doté la Terre et les mers d'une profusion d'espèces, ce n'est pas le cas pour l'air. Seuls les insectes et les oiseaux, les descendants de Dinosaures occupent le ciel. Le vautour de Rüppell peut atteindre les 11 km d'altitude alors qu'un insecte n'ira jamais plus haut que quelques kilomètres. Certains ne se posent jamais comme la Frégate qui parvient à dormir en volant. Une partie de ce petit monde peut croiser parfois l'un des 200 000 aéronefs en permanence en circulation, voir 230 000 lors d'un record en juillet 2019. Le ciel est aussi occupé par les nuages, des particules chimiques, des pollens, du sable, de la radioactivité, et même des bactéries et des virus à basse altitude. Parfois quelques aérostiers comme Richard Branson qui, étourdit, avait du se contenter du papier fax comme seul papier toilette lors de son tour du monde en 1998 qui s'acheva à Honolulu. Et plus du tout de pigeons voyageurs...

Les problématiques liées à l'atmosphère comme les ressources en eau obligent à une forme de gouvernance internationale renforcée car ils ont des impacts dépassant les périmètres des #Etats-nations. C'est la raison pour laquelle au niveau de la haute atmosphère il existe par exemple déjà une agence de l'ONU (Le Bureau des affaires spatiales ou UNOOSA pour United Nation Office for Outer Space Affairs mise sur pied le 13 décembre 1958) ce qui montre l'intérêt de disposer d'un cadre de coopération #Institutionnel

Tout cela donne un panorama pour l'instant sans grand intérêt. Une Terre avec des océans mais vide et sans végétation visible ni êtres vivants. Et pourtant, l'organisation des vents explique l'histoire du #Commerce International et la tectonique des plaques, l'#Histoire de civilisations. 

La Biosphère c'est aussi une mise en scène avec des acteurs sophistiqués  : (i) des minérais, (ii) des espèces végétales, une flore, (iii) des animaux, une faune et (iv) enfin les hominidés, tous très dépendants du climat, lesquels fonctionnent ensembles dans des écosystèmes interdépendants adaptés à plusieurs climats. 

Les hominidés se sont arrogés le droit d'êtres propriétaires de tout ou partie des trois autres acteurs. Quand quelque chose appartient à quelqu'un, est-elle mieux préservée et valorisée ? La logique du droit de propriété # Trois pouvoirs se pose donc d'emblée quand on dresse le panorama des #Richesses. La Terre étant hétérogène, les ressources étant inégalement réparties, elle porte en elle les futures inégalités des #Systèmes. 


LE CLIMAT

Ces 8 éléments interagissent pour former le climat à travers 4 facteurs : le chaud, le froid, l'humide et le sec. Hawaï concentre pratiquement tous les types de climats existants sur Terre, 11 des 13 zones climatiques du monde [selon classification de Köppen], chacune ayant un écosystème et une météo caractéristique. Des facteurs comme l'élévation, les variations de pression, les chutes de pluie, le vent et la topographie s'unissent : on trouve des zones tropicales humides, du niveau de la mer jusqu'à 137 mètres d'altitude, les zones arides et semi-arides, les plus chaudes des îles, les zones tempérées, selon les endroits de 400 à 500 mètres, et les zones alpines, au dessus de 3200 mètres. C'est Big Island qui en contient le plus avec 8 zones climatiques différentes.

C'est ainsi qu'il existe des saisons (liées à l'inclinaison de la Terre), des éruptions volcaniques structurant les systèmes écologiques comme les îles, des vents. Sans autant de climats, la Biosphère ne serait pas aussi diverse. Le climat évolue sur le long terme et peut s'étudier d'une certaine manière plus facilement, car plus lisible, que la météo plus chaotique (rétroactions).

L'un de ces éléments peut-il perturber à lui seul le fonctionnement de l'ensemble ? Les deux seuls qui pourraient en avoir le pouvoir étaient jusqu'au XXème siècle le Soleil ou la Terre elle même au sens géologique avec le volcanisme. Selon les cycles solaires, le Soleil influence la température sur Terre mais dans des proportions raisonnables. Certaines éruptions volcaniques peuvent  elles aussi expliquer des variations de température. Pour le reste, la nature s'équilibre toute seule : air, eau, faune, flore, l'autorégulation semble éternelle. Eternelle ou presque. A partir de l'atteinte d'un certain seuil de développement (démographique sans doute, ou lien à l'émission de certaines particules comme le CO²) les hommes viennent perturber l'équilibre définitivement en subissant d'abord un désagrément puis ensuite des conditions climatiques provoquant sa disparition.

Ces stades ou seuils à ne pas franchir les voici par catégories : (i) Climat, (ii) biodiversité, (iii) affectation des terres, (iv) acidification des océans, (v) consommation d'eau douce, (vi) pollution chimique, (vii) ozone atmosphérique, (viii) cycle de l'azote et du phosphore et (ix) charge en aérosols de l'atmosphère. Sur ces neufs seuils, 4 seraient dépassés selon les auteurs de Comment tout peut s'effondrer ?. "Notre civilisation industrielle mondialisée est devenue un système complexe régi par une infinité d'interdépendances". selon Pablo Servignes et Raphaël Stephens. L'enjeu du CO² n'est qu'une partie du problème et il en masque bien d'autres tout aussi complexes et peut-être plus urgents à traiter.

Que veut dire modéliser le climat ? Il s'agit de définir des points de grille sur l'ensemble du globe correspondant aux intersections de latitudes et longitudes et de faire des mesures et des simulations sur l'évolution de paramètres comme la température, l'humidité, le vent, la présence de nuage. La difficulté est qu'il faut faire l'exercice pour chaque altitude. Or les modèles ne parviennent qu'à prendre en compte une seule altitude pour l'instant et par par km. Pour les autres altitudes, il faut recourir à des statistiques. L'atmosphère étant épaisse de 350 à 600 km, les sources d'erreurs existent. Parler de système terre correspond mieux à la réalité que de modèle de climat. Un des spécialistes : l'IPSL pour Institut Pierre Simon-Laplace. La diversité des modèles proposant des résultats différents donne un aperçu des difficultés et de la dispersion des estimations ce qui est préférable à un seul modèle unique que l'on imagerait parfait à tord.


 LES QUATRE FAMILLES D'ACTEURS : MINERAIS, FLORE, FAUNE, HOMMES 


Minerais

Sur Terre, il existe trois types fondamentaux de roches : (i) les roches sédimentaires formées par le dépôt puis l'agglomération de matériaux en provenance des montagnes (érosion ou productions biologiques), ce sont le grès, le calcaire ou la craie, (ii) les roches ignées comme le granit, qui elles proviennent de la solidification de la lave ou du magma, (iii) en cas de pression élevée sur l'une ou l'autre de ces types de roches, au niveau de la confrontation des plaques tectoniques, se forment des roches métamorphiques comme le marbre et l'ardoise. 

C'est à partir de ces éléments, comme dans #Jeu vidéo Minecraft, que l'humanité a pu construire ses #Logements et son patrimoine #Architecture spécifiques selon les régions. L'argile londonien explique pourquoi il a été si facile de creuser de nombreuses lignes de métro dans le nord de la ville mais pas au sud de la Tamise et pourquoi les grattes-ciels ont du être implantés à Canary Wharf car le sol du centre de la ville ne supporterait de tels ouvrages en béton. L'emprise du bâti, c'est à dire toutes les surfaces artificialisées de la Terre rassemblées représenterait une surface grande comme l'Eurasie et les 2/3 de l'Afrique d'une couche de 10 cm d'épaisseur. 

Les roches se compose de minéraux, souvent des silicates, substances inorganiques (elles peuvent être monominérales comme le calcaire ou polyminérales comme le granite fait de grains de quartz, de feldspath et de mica). 

Un minerai est un minéral ou un assemblage de minéraux à partir desquels l'homme peut extraire une substance utile à l'industrie. Le métal (les métaux) en fait partie et s'obtient en chauffant des minéraux à haute température. Il faut donc de la chaleur. Parmi les 110 éléments dont les propriétés chimiques ont été un tant soit peu caractérisées, on dénombre environ 86 métaux et 7 métalloïdes. Leur rareté rend impossible la fabrication de nombreuses infrastructures de production d'énergies renouvelables nécessaire au respect des objectifs que ce sont fixés beaucoup de pays. Les métaux purs ont le plus souvent une conductivité électrique, une conductivité thermique et une masse volumique élevées. En Agriculture, on parle d'éléments minéraux en rapport avec les oligoéléments et en géologie, minéralogie, on parle plutôt de cristaux que de minéraux.

Le premier métal fondu, grâce au charbon de bois a été le cuivre, dont les mines sont faciles à repérer avec leurs couleurs bleues. Trop malléable, il a fallu le mélanger à d'autres métaux pour obtenir ce qu'on appelle un alliage. Ainsi est né le bronze obtenu à partir de Cuivre et d'Etain qui a fait basculer le monde du Néolithique à l'Age de bronze. La civilisation mésopotamienne disposait des mines de cuivre de Chypre mais n'avait pas d'étain sous la main et l'importait depuis les monts Métallifères situés le long de la frontière germano-tchèque ou de Cornouailles. Les phéniciens le ramenaient en bâteau par le détroit de Gibraltar dès 450 avant JC.  

Le sol regorge donc de matières premières dont certaines ont laissé des traces jusque dans la géographie électorale de certains pays avec par exemple la surreprésentation démocrate le long de la black belt au sud est des Etats-Unis (champs de coton) ou bien celle faisant le lien entre le vote travailliste et les bassins houillés en Grande-Bretagne jusqu'en 2017. L'emplacement de ses #Matières Premières influence significativement le #Système Politique de grands pays.

A partir du sable, les Entreprises produisent du ciment pour la construction et donc le secteur #Immobilier. Ce ciment, produit à hauteur de 4 milliards de tonnes par an en 2020, est responsable de 8% des émissions carbones issues de l'activité humaine.


La flore

Sur 300 000 espèces végétales existant dans la nature, seules 2 000 peuvent être consommées par les humains et quelques centaines seulement sont domesticables. On distingue des arbres, des fleurs, des fruits et légumes et des céréales tous essentiels à l'alimentation et à la #Santé. En 2011, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) fait état de 59 508 espèces surveillées, dont 19 625 sont menacées d'extinction.

Deux grandes catégories de plantes sont apparues : 

i) Les gymnospermes - plantes à gaines nues  - sont devenues tous les conifères à feuilles persistantes comme le sapin, le pin, le cèdre, l'épicéa , le séquoia. Elles ont régné sur la végétation pendant 160 millions d'années. On dénombre 3 000 milliards d'arbres, ce qui 422 arbres par habitant. La Scandinavie détient les forêts parmi les plus denses. 

Puis, une nouvelle espèce s'est développée de manière plus sophistiquée : 

ii) Les Angiospermes à graines enrobées capables se conquérir le monde sous tous les climats : jungles, déserts, zones tempérées. Grâce à leurs fleurs et à leur capacité à attirer les insectes, et d'autres animaux comme les oiseux, elles transportent leurs pollens facilement. Répartis en 8 familles, les angiospermes englobent les fabacées. qui est l'une des plus importantes familles de plantes à fleurs, la troisième après les Orchidaceae et les Asteraceae par le nombre d'espèces. Elle compte environ 765 genres regroupant plus de 19 500 espèces.

Une seule espèce de fleur, déjà présente il y a 130 millions d'années serait à l'origine des 300 000 types de fleurs actuelles selon des découvertes de la fin des années 2010. Certaines espèces inconnues (ou disparues) peuvent encore apporter des solutions en médecine. Apparus bien après les premières plantes dont l'origine remonte à au moins 430 millions d'années (fougères, mousses, lichens et algues).  [15]. Les traces d'herbes sont apparues il y a environ 55 millions d'années, mais surtout développées entre 10 et 20 millions d'années avant notre ère. Les dinosaures évoluaient donc dans un monde entièrement dépourvu d'herbe, assez éloigné des images de l'île du film Jurassic Park.

Les céréales se répartissent assez bien puisqu'elles correspondent, au niveau proche de l'équateur, à trois anciennes civilisations : celles d'Amérique centrale (Aztèques aujourd'hui disparus), celles du Moyen-Orient avec le blé et, et celles d'Asie avec le riz.

Enfin les fruits et légumes proviennent des zones proches de l'équateur, surtout d'Inde ou d'Amérique du Sud. Ils ont fait le succès de la gastronomie française #Culture, une #Peinture l'illustre, Les fruits du nouveau Monde de Jean-Baptiste Debret (1822), très connu au Brésil.


La faune 

La faune et la flore sont interdépendantes. La faune est essentielle à la survie de nombreuses espèces de plantes, certaines d'entre elles étant entièrement dépendantes d'un unique insecte pour leur pollinisation et donc leur reproduction éventuelle.  

Le nombre d'espèces connues tourne autour de 1,8 million sur un total estimé à 10-15 millions. C'est une quantité inimaginable car la liste des principaux animaux connus de tous ne dépasse pas les 200 espèces. Les enfants la connaissent par coeur. En fait, les très nombreuses variétés d'espèces recensés concernent des insectes et des musaraignes. Entre 1970 et 2016, 68 % des animaux sauvages ont disparu, souligne le Fonds mondial pour la nature (WWF). Sur 8 millions d'espèces dont 1 million sont menacés.

Au niveau des mammifères, il existe 3 grandes familles d'espèces, les APP (à mamelle) : 

(i)les Artiodactyles (nombre pair de doigts par pied ou à sabots fendus comme les porcs, chameaux, ruminants, antilopes, cerfs, girafe, vache, chèvres et moutons), ce sont de grands herbivores, 
(ii) les Périssodactyles (nombre impaire de doigts comme le Rhinocéros à trois doigts ou le cheval à un seul), ce sont des fermenteurs au niveau digestif, 
(iii) et les Primates

Les premiers mammifères ont connu une histoire chaotique. Apparus il y a 150 millions d'années pour s'éteindre il y a 66 millions d'années puis, longtemps après, il y a 55,5 millions les APP sont apparus en 10 000 ans probablement en raison de l'effet du PETM. Le maximum thermique du Paléocène-Éocène (Paleocene-Eocene Thermal Maximum, ou PETM en anglais) est une énigmatique courte période dans l'histoire de la Terre, pendant l'ère tertiaire, marquée par une rapide augmentation des températures du globe, 

Grande ironie, le Cheval et le Chameau, si essentiels aux #Transports sont apparus en Amérique et ont croisé les premiers habitants venant d'Asie à travers le détroit de Bering. Plusieurs milliers d'années après, ils se sont tous éteints, probablement en raison de la chasse ce qui explique que les Indiens d'Amérique n'en disposaient pas au moment où les premiers colons espagnols arrivèrent dans les années 1500-1510. Ni fusils, ni montures donc pour les Indiens. 

Comme pour les minerais ou la faune, les mammifères sont mal répartis sur Terre. Sur les 148 espèces de grands mammifères (de plus de 40 kg), 72 se trouvent en Asie dont 13 ont été domestiqués. Sur 24 en Amérique du Sud, seul le Lama a été domestiqué. Pour le reste du monde, Amérique du Nord, Afrique subsaharienne et Australie, rien du tout.  

Les animaux, de bons amis de l'homme ? Ils servent à la fois de de nourriture, de moyen de transport,  de médicaments,  de compagnons pour jouer. Ils contribuent utilement au développement de l'Homme en étant sacrifiés. Combien d'attitudes animales se retrouvent chez l'Homme ? Beaucoup. Des humoristes s'en sont inspirés pour une émission satirique, le Bébête Show de 1982 à 1995 pendant les années de la Présidence de François Mitterrand. Mais le meilleur a été Jean de la Fontaine qui a su imaginer des paraboles à partir d'animaux au XVIIème siècle.

L'utilité des animaux repose sur de longs processus de domestication par l'Homme. Par exemple celle du cheval. 

Flore et faune jouent un grand rôle dans l'alimentation des #Populations et donc leur #Santé. 

L'élevage intensif est propice à la propagation d'épidémies et les animaux ainsi élevés présentent des qualités nutritionnelles inadaptées à l'Homme ce qui finit par provoquer des maladies (graisses saturées versus insaturées).

La pêche hauturière se pratique sur 55% de la surface des Océans. Seulement 5 pays se la partagent à 85% :  Chine, Taïwan, Corée du Sud, Japon et Espagne. Ainsi 70 000 navires (équipés de balises AIS) parcourent les mers dont les 3/4 font plus de 34 mètres de long sur une surface de 200 millions de km² représentant 4 fois la surface agricole cultivée sur Terre. Une ONG (Global Fishing Watch) américaine soutenue par la fondation Léonardo DiCaprio en a réalisé une carte mondiale intéressante. Une exploitation considérable pour un apport calorifique faible de l'ordre de 1%. L'intérêt de maintenir des flottes de guerre est aussi de faire respecter les zones de pêche comme la Polynésie Française. Ce recensement illustre bien l'apport des technologies d'intelligence artificielle (pour devenir quels sont les bateaux de pêches à partir des traces récupérées à partir des balises AIS) et de Google.

L'étude des animaux apporte de nombreuses solutions à la fois au niveau médical mais aussi parfois sociétal comme le montre la fameuse expérience de William Muir sur les groupes de poules les plus productives grâce au caractère coopératif du collectif [16]. 


Les homminidés, domestication, l'intelligence


Se nourrir, se vêtir, se loger : depuis l'apparition de Sapiens, les #Populations puisent dans la nature les ressources nécessaires : gibier, cueillette, bois, etc sans se préoccuper de leur abondance. L'exemple souvent cité raconte l'histoire tragique de l'Ile de Pâques. Ses habitants auraient été jusqu'à abattre le dernier arbre pour construire des Moaïs, les fameuses statues, et ainsi une grande partie de la population serait morte de famine. Cette théorie popularisée par Jared Diamond est désormais contestée mais l'étude d'une population de quelques milliers d'habitant apporte des idées sur les conséquences de la surpopulation et d'une mauvaise gestion des ressources.

Les points d'inflexion des débuts de l'histoire de l'homme découle directement du rôle des matières premières ou des animaux : 
- minéraux : la maîtrise du fer par le feu pour fabriquer des outils
- flore : la domestication des céréales pour se nourrir (maïs en Amérique centrale, Blé au Moyen-Orient et Riz en Asie), exploitation du charbon (ère carbonifère remontant à 200 millions d'années pour le charbon suite à sédimentation de bois qui n'aurait pas pourri et 155 à 100 millions d'années pour le pétrole fabriqué à partir de plancton de l'Océan de la Thétys)

- faune : la domestication des animaux utilisés pour l'agriculture et les #Transports. Les chevaux d'Amérique avaient disparu depuis des milliers d'années et ce sont les européens qui l'on apporté, avec beaucoup de malheurs, aux indiens d'Amériques. Ils ont ensuite très vite adopté cet apport disruptif mais par contre ils n'ont pas résisté à celui fusil et surtout ensuite de l'alcool mettant fin ainsi à leur propre civilisation pour laquelle il n'existe pas d'écrits. 

Avec le recul, quand il y a quelque chose à découvrir, il finit par le découvrir.


LES QUATRE SOURCES DE PROBLEMES : HABITAT, TRANSPORT, AGRICULTURE, TOURISME  

Malheureusement, par le seul fait de se loger, se nourrir et se déplacer à son travail ou parfois pour les vacances, l'être humain abîme la Terre. Ses besoins essentiels, vitaux, sont couverts par des industries #Entreprises puissantes qu'il est difficile de faire évoluer. 

Habitat

Le secteur de la construction fait partie des premiers pollueurs et consommateurs d'énergie en raison de la fabrication des matériaux de construction comme le ciment et le transports de matériaux lourds. Il représente en France 75 % des déchets produits ,45 % de la consommation énergétique et 27 % des émissions de CO2 [17]. Si les pompes à chaleur, les changements de fenêtres, les isolations et l'utilisation de matériaux moins énergivores ont permis de réduire la facture de CO², l'utilisation croissante des climatiseurs est un point noir qui ne cesse de grossir. Le béton est la source d’environ 7 à 8% des émissions mondiales de CO2. Plus exactement, c’est l’un de ses composants dont la production est très émettrice : le ciment. Celui-ci a une empreinte carbone élevée. La cause du caractère si polluant du ciment est son processus de fabrication extrêmement énergivore, puisque la matière première est chauffée à des températures avoisinant les 1450 degrés. En outre, du CO2 lié à la décarbonatation du calcaire, principale matière première, est responsable d’environ 60% des émissions totales du secteur. Dans le secteur même du bâtiment, des pistes sont aussi à l’étude pour réduire les émissions de dioxyde de carbone. L’une d’entre elles est l’utilisation de nouvelles #Matières Premières qui entrent dans la composition du béton. C’est le cas, par exemple, du ciment à l’argile calcinée. 

Transport 

Fortement utilisateur d'énergie, le secteur des #Transports représente un tiers de la consommation d'énergie d'un pays comme la France dans les années 2020. En France, la consommation énergétique des transports s'est accrue de 41 Mtep à 49 Mtep (Millions de tonnes équivalent pétrole) entre 1990 et 2013. Conséquence du mode de vie les transports répondent à des besoins essentiels comme aller travailler, faire ses courses, et d'autres moins comme partir en vacances ou tout simplement sortir pour des loisirs. Difficile, voire impossible de s'en priver qu'ils soient individuels ou collectifs. C'est bien le problème. 


L'agriculture

La sédentarisation est arrivée par l'agriculture ce qui a permis la naissance de civilisations. Les emplacements choisis ne découlaient pas du hasard mais de choix fondés sur des critères de fertilité des terres : ce sont donc les fleuves et les zones situées proches des volcans qui ont été occupées en priorité. Ainsi les Babyloniens occupaient l'espace entre le Tigre et l'Euphrate, les égyptiens le Nil, d'autres l'Indus et les Romains Pompeï au pied du Vésuve. Une zone de terres fertiles peut produire jusqu'à dix fois plus de nourriture pour les humains lorsqu'elle est cultivée que lorsqu'elle sert pour la chasse et la cueillette. Mais une fois cultivées et que la population s'est agrandie, plus moyen de faire un retour en arrière au risque de malnutrition. Les formats d'exploitation agricole majoritaires ont évolué au cours du temps alternant plusieurs fois entre exploitations de grandes tailles puis démembrement en petites parcelles. Plusieurs modèles ont été essayés : les latufundia romains, les Haciendas espagnoles développées en Amérique du Sud, les Kholkoses déchus, les plantations coloniales, ou les grandes fermes australiennes.

La domestication du premier animal a précédé la sédentarité. En Europe, lors de la dernière glaciation, il y a 18 000 ans, les chasseurs-cueilleurs ont apprivoisé les loups devenus ensuite des Chiens. C'est ensuite la domestication de gros animaux, utilisés comme bêtes de sommes qui explique l'accroissement des rendements. Seuls de bons rendements, sans faire n'importe quoi, permettent de nourrir suffisamment de monde sans étendre les surfaces cultivées. L'innovation explique que les Pays-Bas qui n'ont pourtant aucuns atouts naturels sont les deuxièmes exportateurs agricoles du monde derrière les Etats-Unis. L'agriculture intensive depuis 1950 repose sur (i) le développement de variétés à meilleurs rendements grâce à la biologie végétale, (ii)  à la généralisation du procédé Haber-Bosch inventé au début du XXème siècle pour la production d'engrais azotés, et (iii) à la mécanisation rendue possible par les énergies fossiles pour les machines agricoles mais aussi l'irrigation.

Grâce à des serres, à de la technologie mais aussi à une agriculture intensive, l'un des pays les plus petits au monde contribue très largement à nourrir le monde. Mais l'agriculture intensive suppose promiscuité des animaux et donc recours à des médicaments.

i) Démantèlement de la politique agricole européenne (PAC mise en place par le Traité de Rome de 1957) et donc de la souveraineté alimentaire. Disparition des exploitations de tailles moyennes : ne restent plus que les petites ou les très grandes. Exemples de tailles d'exploitation : 12 000 ha en Russie contre 420 ha dans le bassin parisien pour du blé.

ii) Semences : Connaissez-vous le Codex Alimentarius ? Réalisé sous l'égide de l'ONU, il compile les normes, codes d'usage, directives et recommandations afin de protéger la santé des consommateurs, assurer des pratiques commerciales équitables mais aussi harmoniser les normes alimentaires au niveau mondial. L'accord international de 1995 fixe les règles d'application des brevets aux gènes, semences et espèces végétales et animales. Inspiré par la législation américaine, ce règlement élargit au domaine du vivant ce qui était jusque-là limité au domaine de l'économie industrielle. (exemple RiceTec, société Texane et Riz Basmati). Les grandes firmes internationales tentent de s'approprier des ressources communes dans de nombreux pays.

iii) Pollution : la production de viande émet de l'ordre de 18% des gaz à effet de serre. Pour le prix nobel Rajendra Pechauri, il faudrait manger moins de viande pour lutter contre le réchauffement climatique (2010). 


Démographie
La maîtrise de la démographie constitue la clé principale de l'avenir.  Dans le film Elyseum #Culture, l'élite de l'humanité se réfugie dans une station spatiale pour éviter la rudesse de la vie sur Terre. Faute de pouvoir être plus économes, les #Populations devraient-elles être moins nombreuses sur Terre ? Cette question heurte les #Cultures, surtout les #Religions.

L'explosion de la population mondiale s'explique par une transition démographique ratée exceptée en Occident et en Chine mais aussi pour d'autres raisons taboues dans certains pays. En Inde, la retraite du paysan étant organisée par répartition, un peu comme pour l'Européen, celui-ci compte sur une famille nombreuse (sauf curieusement dans l'état indien du Kérala). Au Nigeria, pour des raisons de fierté, de virilité, mais aussi de rivalités religieuses, la démographie s'emballe en raison de la course à la taille entre le sud catholique et le nord musulman.
Et dans les pays musulmans la situation est inégale, mais globalement le rôle de la femme ne convient pas à une démographie raisonnable. 

Combien d'habitants la Terre peut-elle supporter ? Quel est l'impact d'un habitant sur les émissions de carbone, combien faut-il de surface agricole pour le nourrir ?...Des chercheurs ont imaginé de bien mesurer l'impact de l'homme sur la nature en mesurant et comparant l'empreinte écologique par rapport à la biocapacité. Ces indicateurs peuvent s'établir au niveau des individus, des pays et de la planète. Seul point discutable, le "niveau de vie alimentaire" cible : doit on prendre celui d'un américain, excessif, celui d'un Européen ou de pays plus pauvre. Quelle que soit cette limite, cet indicateur fonctionne de la manière suivante très simplement :

- empreinte écologique : il faut compter sur un profil de consommateur et notamment sa capacité à émettre du CO² ( en France 4,4 ha/hab.)
- bio-capacité : nombre d'ha cultivables divisé par le nombre d'habitants (en France 2,8 ha/hab.)
La bio-capacité est globalement indépendante du nombre d'habitants d'un pays (forêts, zones de pêches etc) sous réserve d'avoir la main d'oeuvre minimum pour récolter et cultiver.

Cet indicateur est suivi par le Global Footprint Network. Quelles conclusions tirer de cette démarche ? Et bien qu'il y a un problème : ou bien il y a trop de monde sur Terre ou alors les #Populations consomment collectivement trop. 


Tourisme et mode de vie

Né au XVIIIème siècle au sein de l'aristocratie européenne, le tourisme a conquis la plupart  des #Etats-nations. Plus de 1,3 milliard de voyages internationaux par an étaient recensés jusqu'en 2019 sans compter les nombreux voyages intérieurs au sein de chaque pays. Motivés par la recherche d'un climat différent, souvent le soleil, des paysages (montagnes, mer, parc nationaux) ou du patrimoine culturel, le tourisme finit par poser des problèmes de préservation des sites visités sans oublier les moyens de transport pour s'y rendre. Le nombre de touristes internationaux est resté sous la barre des 300 millions depuis les années 50 (25 millions), connaissant une lente progression. A partir des années 80, le tourisme de masse s'est développé considérablement grâce au transport aérien de plus en plus accessible à tous. Il triple en 35 ans, les pays les plus prisés étant de loin la France, les Etats-Unis, l'Espagne et l'Italie (soleil, patrimoine #Culturel, gastronomie et grands espaces). L'Europe accueille près de 50% des touristes internationaux. Le tourisme fait partie de l'une des principales activités #Culturelles pour la #Population, tout particulièrement les plus aisés, souvent les #Talents. Son organisation en secteur économique se repose sur les #Transports, l'Hôtellerie, les parties prenantes de la #Culture (musées), du #Spectacle et de la #Restauration. S'en priver amputer une partie de l'être humain. Faudra t-il faire le tri entre des démarches de découvertes #Culturelles, de la consommation, voir surconsommation de #Loisirs, probablement. 

Voyager pour comprendre l'Egypte des pharaons, oui mais parcourir la Terre en avion dans tous les sens pour avoir du Soleil, est-ce raisonnable ?


LES QUATRE GRANDS RISQUES : CATASTROPHES, RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE, POLLUTION, ATTEINTE A LA BIODIVERSITE 


Différentes natures de risques menacent la Biosphère. Catastrophes naturelles ou humaines [Planche : les grands risques pour la Biosphère]. Le World Economique Forum (WEF) propose un classement des risques globaux pour la planète. Les enjeux climatiques ressortent particulièrement sur les deux axes (impact et probabilité de survenance) et il est ironique de voir que le risque de pandémie n'était pas pris en compte. Dans l'ordre, les craintes sur l'environnement pourraient être catégorisées de manière suivante :


- i) Risques majeurs immédiats d'extinction et destruction : ce sont des catastrophes naturelles comme l'impact d'une météorite, une éruption solaire pouvant faire disparaître tous les dispositifs électroniques ou une éruption volcanique majeure émission de nuages de poussières. 
- ii) Risques à long terme d'extinction avec hausse des températures : à minima l'homme devra revoir sa façon de vivre et se déplacer en fonction des endroits habitables. Ce risque fait peur : certains ancêtres de l'homme ont pu y survivre mais d'autres ont aussi disparu. 
- iii) Risques de pollution : il faut bien-sûr condamner le fait de salir et de détériorer la planète. Mais malgré tout, la présence de ces horribles sacs plastiques présents dans les mers, qu'il faut absolument enlever et surtout interdire, ne sont que des inconvénients mineurs à subir à comparer aux risques planétaires. 
-iv)Risque d'atteinte à la Biodiversité : La priorité court terme étant d'abord de pouvoir éviter les risques majeurs immédiats puis à long terme. 

Sur le premier risque, investissons nous suffisamment de moyens pour y remédier ? Dévier la trajectoire d'un astéroïde restera un challenge, éviter les effets d'une éruption volcanique semble encore plus compliqué à gérer.


Les catastrophes naturelles et provoquées par l'homme

La plus importante des deux derniers millions d'années aurait été celle du super-volcan Toba en Indonésie (il y a 74 000 ans, ses cendres auraient recouvert 1% de la surface de la Terre). Avec une météorite qui s'écrase sur Terre c'est le pire qui puisse arriver sans que l'homme y soit pour quelque chose. A cela, il faut ajouter le risque nucléaire puisque l'homme dispose de la capacité à s'autodétruire.

Les réassureurs, c'est à dire les assureurs des assureurs eux mêmes du secteur de la #Finance suivent tout particulièrement les catastrophes quelles soient naturelles ou provoquées par l'homme. Le rôle de la réassurance étant de mutualiser les risques afin d'éviter qu'un seul assureur paye pour une catastrophe et fasse ensuite faillite. Depuis 1970, il est possible d'observer le nombre d'événements survenus. Grâce à une meilleure organisation et la mise en place de normes de sécurités, ces dernières baissent depuis 2015, avec 115 événements identifiés en 2019. Inversement, le nombre de catastrophes naturelles augmentent pour atteindre les 202 événements en 2019. Le nombre de victimes (morts) de catastrophes climatiques tourne autour d'une moyenne de 10 000 par an mais avec des pics à plus de 100 000 morts de plus en plus fréquents : 3 pics en 30 ans (1970-2000) puis 3 pics en seulement 6 ans (2004-2010) avec le Tsunami dans l'Océan indien en 2004, le cyclone Nargis en Birmanie de 2008 et le tremblement de terre en Haïti de 2010 selon une étude du réassureur Swiss Re  [18]. La rupture s'observe aussi au niveau financier avec le seuil de pertes assurées à 100 milliards de dollar dépassé à trois reprises depuis 2005 surtout en raison des cyclones comme Katrina aux Etats-Unis provocant des dégâts matériels considérables. Selon une autre source, l'ONG allemande Germanwatch, es événements météorologiques extrêmes ont provoqué la mort de 480 000 personnes en 20 anspubliée en 2021. 11 000 événements significatifs ont été relevés en 9 ans. 

Le réchauffement climatique

Plusieurs études montrent que la température moyenne annuelle augmente dans les dernières décennies du XIXème siècle puis au début du XXème [19]. C'est factuel. Pour le futur, difficile de savoir qui croire. Il existe beaucoup d'études divergentes dont forcement les incidences de la gravité de leurs conclusions diffèrent. En 2015, la COP21 a commandé au GIEC un rapport "Special Report 1,5°" dit SP15 regroupant une compilation de différents scénarios qui permettent de limiter le changement climatique à 1,5 ou 2 degrés.

Si l'effet de serre est connu depuis le XIX siècle, le lien entre la hausse du CO² et les températures moyennes annuelles a été établi plus récemment dans les années 70. Des mesures faites à Hawaï dans les années 50 ont servi à formuler la courbe de Keeling réalisée sur initiative de Roger Revelle qui fut professeur d'Al Gore. Tommy Lee Jones était son colocataire à Harvard dans les années 60.

En soi la hausse des températures moyennes ne paraît pas immédiatement catastrophique mais elle cache de fortes disparités et de nombreuses conséquences gravissimes : (i) glaciers, (ii) océans,  (iii) guerres, (iv) maladies sans compter l'évolution induite du climat et de la végétation.

(i) L'incidence sur les glaces depuis 1979 : -33% pour l'Arctique et -27% pour l'Antarctique. Dans les années 2010, perte de 250 milliards de tonnes par an contre 40 milliards dans les années 80. Une fonte totale ferait monter le niveau des mers de 6 mètres. Une hausse de 1 à 3 mètres d'ici 2100 ? 

(ii) Le niveau de la mer augmente de 12 mm par an en moyenne sous le double effet (fonte des glaces et augmentation de volume lié aux températures plus élevées. L'acidification perturbe les animaux à coquille et coraux qui ont des difficultés à fabriquer du calcaire, le plancton peine à se renouveler.

(iii) guerres : pour l'eau ou des ressources rares. Il y aurait 25 millions de déplacés chaque année.

(iv) maladies : insectes, malnutrition. Si la malnutrition des enfant concernait 148 millions d'individus en 2000, il était prévu une baisse à 113 millions sans changement climatique alors qu'il est vraisemblable que ce chiffre ne sera que de l'ordre de 138 million. La malaria (paludisme) reste toujours la première cause de mortalité dans beaucoup de pays d'Afrique.


C'est ce qu'il s'est passé avec les CFC, gaz à effet de Serre ayant provoqué un trou dans la couche d'ozone. Les gaz des aérosols ont longtemps contribué à agrandir le trou de la couche d'ozone situé au dessus de l'antarctique jusque dans les années 1990. L'Ozone forme une fine couche de la haute atmosphère qui permet d'absorber les UV (prix Nobel Paul Joseph Crutzon, chimiste, en 1995 pour ses travaux sur la couche d'Ozone). Cet exemple démontre qu'avec de la volonté il est possible de régler un problème en deux décennies si les industriels suivent. 
La pollution de l'air, de l'atmosphère provient principalement des particules fines (les PM 2,5 ou PM 10 de 2,5 microns ou 10 microns) émises par les industries et les transports en particulier le diesel, les engrais agricoles et de nombreux rejets industriels. C'est le principal risque environnemental pour la santé (morts prématurées). 

Reste le problème de l'excès de CO² dégagé qui représente l'autre problématique ayant non pas des répercussions directes sur la santé mais sur le réchauffement climatique. Des émissions de CO² dont les 10% des plus riches #Grandes Fortunes en sont pour à l'origine de 50%, bien plus que la #Population. L'emprunte carbone des voitures produites par les plus grandes #Entreprises de la planète contribue à 75% des émissions de CO² des transports.


Pollution

La pollution affecte aussi bien l'air, l'eau que les sols. Les particules émises par les véhicules et les usines atteignent les poumons. L'eau douce d'une rivière peut-être souillée par des rejets industriels ou des algues nocives. Le sol est abîmé par les produits chimiques utilisés pour l'agriculture intensive, ou pour la fracturation hydraulique quand il s'agit de récupérer des gaz ou du pétrole de schiste. Des #Entreprises mal intentionnées peuvent détruire la planète à petit feu sans être inquiétées. Quand elles le sont, elles s'installent dans des #Etats-nations moins vigileants.

Pollution atmosphérique : par exemple, en 2010,  l'OCDE estimait le coût annuel de la pollution atmosphérique urbaine à 1 700 milliards de dollars par an pour ses membres. Avec la Chine et l'Inde, le montant passerait à 3 600 milliards de dollars. Un impact donc sur la santé dans les grandes villes.

Comment trouver des alternatives à des technologies polluantes ou aux effets négatifs de la croissance de la population (traitement des déchets) ?

L'Asie produit en 2018 40 milliards de tonnes de carbone.

La concentration en ppm tournait autour de 280 au milieu de XIXème siècle, pour atteindre les 400 ppm au début du XXIème siècle. Certaines sources accusent même une centaine d'entreprises seraient responsables de 70% des émissions de CO² .

Selon un rapport de la banque mondiale, les déchets représentent 2 milliards de tonnes (mesure 2013) dont 44% des déchets alimentaires ou verts. Progressive, les rejets sont de mieux en mieux maîtrisés.

Atteinte à la biodiversité

Les terres sauvages qui représentaient 50% des surfaces de terres émergées libres de glace au XVIIIème siècle ne le sont plus qu'à hauteur de 25% en 2000. La conquête humaine se fait au détriment de la Biodiversité. Dommage pour les grands mammifères mais est-ce si grave pour quelques centaines de milliers d'insectes ?

Les estimations vont de 1 400 milliards de dollars pour estimer le montant de l'impact des pertes liées aux nouvelles espèces exotiques envahissantes à 20 200 milliards, pour estimer le montant de la perte ""écosystèmique" liée au changement de l'usage des Terres (entre 1997 et 2011 en valeur de 2011).

Ces services écosystémiques étaient évalués en 1995 à 33 000 milliards de dollars par an (méthode critiquée) et seraient de 125 000 milliards de dollars en 2011. On intègre dans ce montant par exemple le service de pollinisation effectué par les insectes : 153 milliards de dollars par an.

55% du PIB mondial serait dépendant d'éco systèmes selon un rapport du réassureur Swiss Ré. C'est une tentative de chiffrage théorique qui illustre la nécessité de ne pas casser la Biosphère et ses #Richesses.

La Biosphère est le Système de base à la source de tout. Système dont le fonctionnement est assez bien expliqué par la #Science qui au passage a renvoyé les #Religions dans leurs buts. Système faisant parti d'un Univers dont il n'est toujours pas possible d'expliquer les origines ni le but mais de considérer deux hypothèses :

-il existe une forme d'intentionnalité dans l'évolution de l'Univers. La complexité organisée de l'Univers par des constantes mathématiques (comme le nombre Pi, la constante de Planck) montre qu'il y a de la cohérence, de l'intelligence à trouver, à décoder, dans tout : des astres, des créatures vivantes et jusqu'à peut-être les modes d'organisation. Un peu de #Science éloigne de Dieu, beaucoup en rapproche. Les Religions apportent une forme de réponse imparfaite aux interrogations des #Populations mais les réflexions et débats sur Dieu et la Science peine à intéresser les Surconsommateurs. Elon Musk déclare en 2020 qu'il pense qu'il est possible que nous vivions dans une sorte de jeu vidéo individuellement ou collectivement [20]. 

- il semble aussi très probable que d'autres systèmes ont pu générer de la vie intelligente bien avant l'apparition de la vie sur Terre. Sauf si une sorte de phénomène inévitable de destruction ou d'autodestruction survient dans chaque cas, il n'est pas aberrant d'imaginer un écart technologique inimaginable entre les formes de vie apparues sur ces premières planètes et la Terre. Si les voyages interstellaires étaient possibles pour elles, leurs stratégies et raisonnements ne seraient peut-être pas accessible ou audible. Apparaître ou ne pas apparaître. Intervenir ou ne pas intervenir. Simplement observer. Pour l'humanité, serait-il raisonnable de ne pas envisager ces cas de l'existence d'un on ne sait quoi chimico-robotisé ? Risque t'elle une sanction en cas de certains d'agissements ? 

Ces questions vont bien plus loin que le recensement des #Richesses de la Biosphère et figurent parmi les plus grands enjeux de l'avenir des #Cultures. Pour changer, il faut être capable de dévier d'une trajectoire, ce qui est très difficile quand toute une industrie constitue le socle du #Système Economique existante. On parle d'une logique de "path dependant", dépendante au sentier. 

Mais d'abord, il faut comprendre comment les #Matières premières ont pénétré les #Systèmes ou plutôt comment l'Homme a construit un #Système à partir des #Matières premières et comment, en fonction de leur répartition, le système d'approvisionnement s'est mis en place depuis plusieurs siècles. Système tellement stratégique qu'il peut-être à l'origine de guerres entre Etats-nations pour le contrôler.


SYNTHESE


 Une prise de conscience difficile du fonctionnement de la Biosphère, tardive encore confuse et partielle (Occident)


 Un monde fait de ressources finies occupé par une population en trop forte croissance


 Le réchauffement climatique occulte d'autres problématiques dont la pollution et l'atteinte à la biodiversité


 L'homme est une espèce colonisatrice pouvant être dangereuse


 Le seuil de niveau de vie par habitant de la Terre est limité


 L'environnement, la biosphère plus précisément, n'est pas politiquement représentée et pourtant c'est la source de toute l'économie et de l'activité humaine


 Il n'existe pas d'autorité légitime capable de s'occuper et de réguler ce sujet, c'est un problème critique


 L'écologie sera une matrice politique puissante dans certains pays 


Notes


[1] 2001, Odyssée de l'Espace de Stanley Kubrick (1968). Le premier acte raconte comment les premiers hommes ont commencé à utiliser des outils, preuve d'intelligence, après avoir touché un mystérieux monolithe noir, signe d'une forme d'intervention extérieure dans l'évolution de l'Homme. Le tout sous la musique de Richard Strauss (1864-1949),Ainsi parlait Zarathoustra, qui disait lui-même disait à propos de cette musique et de son lien avec l’œuvre de Nietzsche : « J'avais l'intention de suggérer, par l'intermédiaire de la musique, l'idée du développement de l'espèce humaine à partir de son origine et à travers les diverses phases de son développement, religieux et scientifique. »

[2] Laudato Si

[3] Le taoïsme a développé un ensemble de théories : le yin et le yang, les 5 éléments, le qi, le bagua, le Yi-Jing dont l'ensemble a pour but de comprendre la façon dont la vie ou l'énergie se manifeste et s'organise naturellement. L'origine du Yi Jing, considéré comme le plus ancien texte chinois, est censée provenir de l'observation de la nature. L'Occident en a pris connaissance qu'assez tardivement par l'entremise d'un lettré chinois craignant l'effondrement de la Chine au début du XXème siècle [X].

[4] Société Eugéniste de Londres : Société dont le but était de sauvegarder de la prédation par les masses les ressources naturelles nécessaires aux élites pour promouvoir le développement du monde civilisé, à commercer par l'Epire britannique Sous l’action de ce courant de pensée, et particulièrement de Julian Huxley, naîtra en 1948 la première organisation de « protection de la nature », l’UIPN, dont les statuts furent rédigés au Foreign office, devenu en 1956 l’UICN et, en 1961, le WWF.

[5] Nombre d'événements internationaux, source : Atlas de l'anthropocène

1971 : convention de Ramsar

1972-1982 : 8

1983-1993 : 13

1994-2004 : 19

2005-2015 : 28

2016-2020 : 18

Une des premières références à l'environnement dans la sphère libérale revient à Jimmy Goldsmith. Selon les archives de la revue Commentaire, le thème est traité 4 fois depuis les années 1970 et la première contribution consacrée à l'environnement était la reproduction d'un discours de 1990.

[6] Classement JDD Commandant Cousteau

[7] Datation

[8]Laniakea : ciel incommensurable en hawaïen

[9] Energie solaire reçue

Il est intéressant d'expliquer ce calcul approximatif en plusieurs étapes : 
1. D'abord le rayonnement solaire atteint la Terre. Hypothèse : en tenant compte des pertes liées à la rotation de la Terre (nuit) et à celles dans l'atmosphère (absorbe 50%), chaque m² reçoit 1,3 millions de calories . Les 131 millions de km² de terres émergées reçoivent donc 102 000 PCal de rayonnement solaire

2. Ensuite il y a production de matière vivante grâce à l'assimilation chlorophylienne
En théorie en prenant en compte l'effet productivité de la photosynthèse (10%) on devrait en théorie capter 10 200 PCal. En pratique, on en récupérerait que 568 PCal en production végétale brute en raison des différents climats hors systèmes marins avant transformation humaine. 

3. Puis vient le temps de la récolte pour assimilation dans organisme
On parle maintenant de données de production, récoltes ou prises pour la pêche. On reboucle les chiffres avec des données de production/récoltes (hypothèse de calories par gramme), on aboutirait à 10 PCal de production récoltée à partir des 568 produits.

4. Enfin, on termine par la consommation dans l'assiette. Elle était estimée à 5 PCal par an dans les années 90 (dont 0,8 pour l'animal le solde pour le végétal) selon une hypothèse de la FAO de 2700 calories par habitant et par jour dans les années 1990. 

Il faut comparer ce qui est reçu (568 PCal) de ce qui est produit (5 PCal) soit un rendement de 1%. En théorie, en réorientant la production vers de filières avec meilleur rendement, la Terre devrait pouvoir nourrir un nombre d'individus plus grand sans risque de famine durable.

[10] Etude sur le taux d'artificalisation des sols

[11]Atmosphère : on parle de la ligne de Karman de 100 km d'altitude définissant la frontière entre l'atmosphère et l'espace géré par la FAI, à partir de 120 km, limite à partir de laquelle, un objet comme une capsule spatiale connait des difficultés pour rentrer dans l'atmosphère).

[12] Troposphère

Sa partie la plus basse de la Troposphère est aussi appelée Peplos, couche qui trouve sa limite vers 3 km, qualifiée de couche sale en raison de son taux d'impureté très important (aérosol ou nucléus).

Bien que faisant partie de la stratosphère, la couche d'ozone est considérée comme une couche en soi parce que sa composition chimique et physique est différente de celle de la stratosphère.

[13] Autres couches de l'atmosphère

Thermosphère

(iv) La thermosphère est la couche atmosphérique commençant vers 80 à 85 km et allant jusqu'à 640 km d'altitude, la température y augmente avec l'altitude. Bien que la température puisse atteindre les 1 500 °C, un individu ne la ressentirait pas à cause de la très faible pression. La station spatiale internationale orbite dans cette couche à une altitude maintenue autour de 350 à 400 km.

(v) L'ionosphère, la partie de l'atmosphère ionisée par les radiations solaires, s'étire de 60 à 800 km et se constitue de trois couches : la couche D (60 à 90 km), la couche E (90 à 120 km), la couche F (120 à 800 km) qui chevauche à la fois la thermosphère et l'exosphère. Elle joue un rôle important dans l'électricité atmosphérique et forme le bord intérieur de la magnétosphère. Grâce à ses particules chargées, elle a une importance pratique car elle influence, par exemple, la propagation des ondes radio sur la Terre. Elle est le lieu où se déroulent les aurores et les phénomènes lumineux transitoires liés aux orages.

(vi) L'exosphère commence avec l'exobase, qui est aussi connue comme le « niveau critique », vers 500–1 000 km et s'étire jusqu'à plus de 10 000 km de distance. Elle contient des particules circulant librement et qui migrent ou proviennent de la magnétosphère ou du vent solaire.

[14] Climats : Équatorial, Mousson, Savane, Désertique, Semi-aride, Subtropical humide,  Océanique 
Méditerranéen, Continental, humide, Subarctique, Continental méditerranéen, Toundra, Inlandsis ou calotte glaciaire 

[15]Proteus : base de données utilisée rassemblait plus de 150 000 données morphologiques de plus de 6 000 espèces.
[16]Poules coopératives
[17]Habitat
[18]Swiss Ré
[19]Etudes sur le climat
Le  rapport du GIEC 2014 fait la synthèse de toutes les études scientifiques concernant la prévision de l’évolution future de cette température . De nombreux modèles ont été développés indépendamment par des instituts scientifiques . Rien qu’en France , il y en a au moins deux : celui de la Météorologie Nationale , et celui de l’Institut Pierre Simon Laplace du CNRS, qui fut dirigé par Jean Jouzel , et qui l’est maintenant par Hervé Le Treut , de l’Académie des Sciences
[20] Elon Musk

 

Vidéos et Films

Les films sur le climat l'abordent surtout avec une approche catastrophe 
Tremblement de terre : San Andreas
Tsunami : The Impossible (Ewan McGregor, X)
Astéroïde : Armageddon (Bruce Willis, X), ou Deep Impact, (Morgan Freeman, X)
Volcan : Volcano, ou Pompei,
Tornade : Twister,
Réchauffement climatique : Le jour d'après,
Pandémie : Je suis une légende (Will Smith, 2007) 3ème adaptation du roman de Richard Matheson (1954)
Un peu tout cela en même temps : 2012, de Roland Emmerich


Bibliographie

Démographie, climat, migrations : l'état d'urgence, Jean-Loup Bertaux, Fauves Editions, 2017
Origines, comment l'histoire de la Terre a façonné l'humanité, Lewis Dartnell, JC Lattès 2020
Siècle bleu, Jean-Pierre Goux, JBZ & Cie, 2010
Agriculture mondiale : un désastre annoncé, André Neuveu, Editions Autrement, 2012
Signe de Vie, José Rodrigues Dos Santos, HC Editions, 2017
Le climat qui cache la fôret, Gauillaume Sainteny, L'Ecopoche, 2019
Pour un pacte écologique, Nicolas Hulot, Calmann-levy, 2006
Le monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin, La Découverte, 2008
Les limites de la planète, Hervé Le Bras, Flammarion, 1994
L'état de la planète, Lester R Brown, Economica, 1997
Comment tout peut s'effondrer, Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Seuil, 2015
Une vérité qui dérange, Al Gore, La Martinière, 2007

Nicolas Hulot : panne de moteur

"La Terre est le berceau de l'humanité, mais l'homme ne peut vivre éternellement dans son berceau" Konstantin Tsiolkovski

Environnement : les effets des causes

Environnement : HISTOIRE DE LA BIOSPHERE ET NB D'HOMMES

Environnement : LES GRANDS RISQUES POUR LA BIOSPHERE

Environnement : EVALUATION DES RISQUES

Environnement : EVENEMENTS MAJEURS DES 100 000 DERNIERES ANNEES

Environnement : LES STEPPES D'EURASIE ET LES VENTS

Risque d'éruption solaire

Figaro 2012

Un orage géomagnétique géant pourrait provoquer des milliards de dollars de dégâts. Dans un article publié  dans Nature, l'astronome Mike Hapgood appelle le monde à s'y préparer.

Il peut arriver que le ciel nous tombe sur la tête. Cela s'est déjà produit en mars 1989, en mai 1921 ou encore en 1859 et cela peut recommencer… demain. Sans crier gare.

Inconnus du grand public, ces cataclysmes naturels qui, contrairement aux séismes, aux éruptions volcaniques ou aux inondations, n'engendrent aucune perte en vies humaines, peuvent provoquer un véritable désastre en mettant hors service les réseaux de distributions électriques sur de larges portions du territoire pendant un temps indéterminé. Privée d'ordinateurs, d'Internet, de GPS (indispensable pour dater les transactions bancaires), de satellites de télécommunications, notre économie, de plus en plus dépendante de ces nouvelles technologies, serait quasiment à l'arrêt.

Brutales sautes d'humeur

Les responsables de ces scénarios d'apocalypse sont bien connus des astronomes. Il s'agit d'orages géomagnétiques provoqués par des éruptions solaires d'une violence inhabituelle. Lors de ces brutales sautes d'humeur, le Soleil relargue d'énormes quantités de particules ionisées à haute énergie capables de traverser la magnétosphère terrestre, le bouclier qui protège notre planète de ces rayons cosmiques particulièrement délétères. Lesquels sont également à l'origine du magnifique spectacle des aurores boréales visibles près des pôles.

Les 13 et 14 mars 1989, au Québec, le plus violent orage magnétique, ou tempête solaire, survenu depuis des décennies a privé d'électricité 5 millions de personnes pendant neuf heures et provoqué des dégâts évalués à 2 milliards de dollars. Aux États-Unis, un important transformateur électrique fut entièrement détruit. Même chose au Royaume-Uni, où deux grosses installations de ce type furent endommagées.

Des régions entières privées d'électricité

Pourtant, «nous devrions être préparés à bien pire, écrit Mike Hapgood, chercheur au Rutherford Appleton Laboratory (Angleterre), dans un commentaire publié ce jeudi 19 avril dans la revue scientifique Nature. Des orages géomagnétiques beaucoup plus violents ont été enregistrés par le passé, à une époque où la société était moins dépendante des systèmes électriques et donc moins vulnérable.»

Membre d'un groupe d'experts auprès du gouvernement britannique sur ces questions de «météorologie spatiale», l'auteur avance que des tempêtes solaires d'une intensité équivalente à celles de 1859 et 1921 «pourraient priver des régions entières d'électricité pendant plusieurs mois». Et de citer des études américaines prédisant un black-out géant dont les effets pourraient se faire sentir pendant des années et coûter, au final, plusieurs milliers de milliards de dollars, au titre des réparations et du manque à gagner. Sans parler du risque d'irradiation des pilotes d'avion et de leurs passagers ou encore des astronautes en mission à bord d'un vaisseau spatial.

Des modèles de prévision embryonnaires

Pour l'heure, les satellites sont capables de prévoir l'arrivée des orages magnétiques avec six heures d'avance. C'est notamment le cas des deux satellites Stereo de la Nasa, lancés en 2006. Mais cette marge est insuffisante, comme l'a prouvé la récente éjection de masse coronale survenue le mois dernier qui, par chance, est passée à côté de la Terre. «La météorologie spatiale en est au stade où se trouvait la météo classique il y a quarante à cinquante ans avec des points d'observation limités et des modèles de prévision embryonnaires», explique au Figaro Jean-Yves Prado, responsable des relations Soleil-Terre, au Centre national d'études spatiales (Cnes). Lancé il y a deux ans, le satellite américain SDO, successeur de l'européen Soho, toujours en activité, devrait permettre d'améliorer sensiblement le dispositif.

Big One cosmique

Une autre question soulevée par Mike Hapgood est de déterminer l'intensité de l'événement maximum auquel l'humanité doit se préparer. «Beaucoup de systèmes électriques à risques sont conçus pour résister à des événements comparables à ceux des quarante dernières années», écrit-il. Mais le tremblement de terre et le tsunami survenus l'an passé au Japon, d'une magnitude très supérieure à ce qui avait été anticipé, montre les dangers d'une vision trop restrictive. «Nous devrions plutôt nous préparer à des orages magnétiques susceptibles de ne se produire qu'une fois tous les 1000 ans.» Autrement dit le Big One cosmique. «Ce changement d'approche est en cours mais pas assez vite», déplore l'auteur.

Amas galactique Laniakea et position de la voie lactée (Milky Way)

appauvrissement des sols - LES ECHOS 2016

Au cours des cent dernières années, un milliard d'hectares de terres fertiles, l'équivalent de la surface des Etats-Unis, se sont littéralement volatilisés. Et l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'inquiète de de l'avenir des surfaces restantes.

Dans un rapport de 650 pages, publié en décembre à l'occasion de la clôture de l'Année internationale des sols, elle constate qu'un tiers des terres arables de la planète sont plus ou moins menacées de disparaître. « Si rien n'est fait, explique son directeur José Graziano da Silva, c'est la production vivrière et la sécurité alimentaire de l'humanité qui pourraient être compromises. "

A l'instar du Giec pour le climat, le rapport compile les travaux de plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays. Leur constat est accablant : entre 25 et 40 milliards de tonnes de l'épiderme de la planète sont emportés chaque année à cause de l'érosion, du tassement, de la perte de nutriments et de biodiversité, de l'acidification, des pollutions, de l'engorgement ou encore de la salinisation. Epaisse de 30 cm en moyenne, cette couche féconde est un formidable réacteur biologique qui abrite d'intenses échanges biologiques et physico-chimiques, et rend d'immenses services. Elle fournit les éléments indispensables à la croissance végétale, filtre l'eau, contrôle l'alimentation des nappes souterraines, régule le cycle du carbone et de l'azote et constitue l'habitat de près de 80 % de la biomasse ! « C'est le milieu le plus riche de notre environnement ", résume le microbiologiste Claude Bourguignon, fondateur du Laboratoire d'analyse des sols. C'est aussi l'un des plus fragiles, constitué au terme d'un processus d'altération et de dégradation extrêmement lent de la roche. Tout d'abord, le lichen s'installe ; puis des insectes viennent le manger et déposent déjections et débris de toutes sortes. Les graminées peuvent alors y prendre racine. Elles attaquent la surface de la roche, fabriquent de la matière organique qui va se décomposer. Au fil des saisons, une plaque de terre se constitue. Deux mille ans plus tard, si elle n'est pas lessivée ou soufflée, elle peut s'épaissir d'un bon centimètre.

Sel et polluants chimiques
Mais un rien suffit à balayer ce travail. Les scientifiques s'inquiètent en particulier des dégâts croissants de l'érosion. Pas moins de 17 % des terres en sont victimes, et le phénomène touche chaque année jusqu'à 90.000 hectares de plus, rongés par les mauvaises pratiques agricoles, l'urbanisation et la pression climatique. « Le rythme est désormais supérieur à celui de la pédogénèse, processus par lequel se forment les sols ", alerte l'agronome Dominique Arrouays, à la tête du GisSol, le groupement d'intérêt scientifique qui coordonne le programme d'inventaire de l'état des sols en France. Partout où ces phénomènes gagnent, les équilibres s'effondrent et les sols menacent de disparaître. En Europe, cette dégradation touche déjà 33 millions d'hectares, soit 4 % des terres arables.

Outre l'érosion, l'appauvrissement en matière organique est l'autre menace qui pèse sur la fertilité. Depuis les années 1950, la teneur des sols en nutriments et en humus, l'engrais naturel des plantes, a baissé d'un tiers, selon les observations du GisSol. En cause : les pratiques agricoles. « En retournant profondément les sols, les labours perturbent la vie souterraine et les échanges biochimiques, décrit Claude Bourguignon. Les gaz carboniques s'échappent, la matière organique qui s'en nourrit se réduit, la faune disparaît et avec elle le mécanisme d'ascenseur qui brasse nutriments et minéraux. Résultat : l'humus est balayé par les eaux, tandis que l'argile, où se concentre le garde-manger des plantes, laisse place à une simple boue gluante. » Selon le GisSol, près de 40 % des surfaces agricoles françaises présentent ce risque de tassement irréversible.

Le processus peut être extrêmement rapide. Au Brésil, par exemple, la dégradation des sols a pris moins de quatre siècles, avec une érosion multipliée par quatre lors des cinquante dernières années, et des pertes atteignant aujourd'hui 3 milliards de tonnes de terres par an, selon les estimations de la FAO. Les engrais n'y changent rien : épuisées, les terres perdent leur productivité. À l'échelle mondiale, les rendements ont augmenté de 3 % entre 1950 et 1984, de 1 % jusqu'en 1995 et stagnent ou se réduisent depuis.

L'accumulation du sel, en partie liée à la surexploitation des sols, et de polluants chimiques finit ce travail de sape. « La salinité provoquée par l'homme concerne 760.000 km2, une superficie plus vaste que l'ensemble des terres arables du Brésil », dévoile la FAO. Dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, où elle est la plus forte, le rendement des cultures est passé de 5 à 0,5 tonne à l'hectare, provoquant une perte économique annuelle d'au moins un milliard de dollars. Dans les pays les plus développés, les contaminants toxiques sont à la manoeuvre dans des proportions qualifiées par les chercheurs d'« anormales à inquiétantes ». Ici, des bidons suintants d'arsenic abandonnés à l'air libre ou sommairement enterrés ; là, des ruisseaux contaminés au mercure, au molybdène, au thallium ou au chrome ; là encore, des prairies s'engraissant de montagnes de déchets... 

Rien qu'en France, il y aurait 300 000 friches industrielles polluées dégazant leurs toxiques ou répandant leurs poisons dans les sols et les nappes phréatiques. « On a par exemple pu mettre en évidence que le lindane, un insecticide interdit depuis 1998, est présent dans tous les sols, y compris là où il n'a pas été épandu », indique Dominique Arrouays. En Chine, le ministère de l'Environnement vient de reconnaître que 19,4 % des terres arables du pays sont contaminées.

Ce processus n'est peut-être pas irréversible, estiment cependant les chercheurs. Avec des semis directs, la réhabilitation des haies, l'amendement des sols dégradés grâce à des légumineuses de couverture, ou encore l'adjonction de bois fragmenté comme compost organique, ils estiment possible de relancer l'activité biologique. « Le contrôle de la dynamique microbienne des sols sera sans doute le moyen le plus efficace de sauver ces terres, même les plus abîmées, en leur fournissant les moyens de doper naturellement leur fertilité ", estime Dominique Arrouays. Il y a urgence : les sols stérilisés par la pollution couvrent 220.000 km2, dont près de 90 % en Europe.

 Nouveau rapport daté de 2018

Le rapport de la FAO est une synthèse des recherches scientifiques existantes concernant la pollution des sols. Quelques faits et chiffres marquants de la recherche :

La production de produits chimiques a rapidement augmenté ces dernières décennies et est appelé à augmenter chaque année de 3,4% jusqu'à 2030. Les pays ne faisant pas partie de l'OCDE seront des contributeurs encore plus importants à l'avenir.

En 2015, l'industrie chimique européenne était responsable de 319 millions de tonnes de produits chimiques, dont 117 millions considérées comme nuisibles pour l'environnement.

La production mondiale d'ordures ménagères s'élevait aux alentours d'1,3 milliard de tonnes par an en 2012 [1.3.2.4 p24] et devrait augmenter jusqu'à 2,2 milliards de tonnes annuelles d'ici 2025.

Dans de nombreuses régions du monde, les niveaux de polluants organiques persistants dans le lait humain sont supérieurs à ce qui est considéré comme sain, avec une plus grande incidence en Inde et dans certains pays européens et africains.
Certains pays à faible et moyen revenu ont considérablement augmenté leur utilisation de pesticides cette dernière décennie. Le Bangladesh, par exemple, a quadruplé son utilisation de pesticides, tandis que le Rwanda et l'Ethiopie l'ont multiplié par six et que le Soudan l'a multiplié par dix.

La production mondiale de fumier a augmenté de 66 pour cent entre 1961 et 2016, passant de 73 à 124 millions de tonnes.

La quantité de fumier appliquée aux sols a augmenté, passant de 18 à 28 millions de tonnes et la quantité de fumier laissé dans les prés a augmenté, passant de 46 à 86 millions de tonnes. Le fumier peut contenir des quantités élevées de métaux lourds, d'organismes pathogènes et d'antibiotiques.

Les sols se trouvant près des routes contiennent des quantités élevées de métaux lourds, d'hydrocarbures et d'autres polluants, représentant ainsi une menace en cas de production alimentaire dans les zones adjacentes ou de pâturage en bordure de route.

Environ 110 millions de mines ou d'autres types d'explosifs non explosés sont éparpillés à travers 64 pays sur tous les continents, des restes de guerre qui ont des conséquences mortelles pour les fermiers et qui peuvent relâcher des métaux lourds du fait de l'érosion.

Presque tous les sols de l'hémisphère Nord contiennent des radionucléides, avec une concentration plus élevée que le niveau de fond - et ce même dans les zones éloignées, conséquence des essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère et de catastrophes radiologiques comme celle de Tchernobyl.

Perdre la Terre, ré-écrire l’histoire du climat par Sylvestre Huet

13 mai 2019

Avec Perdre la Terre, Nathaniel Rich prétend nous révéler la véritable histoire politique du changement climatique (1). Dans un livre de dimensions modestes, une version longue de son article paru dans le New York Times en août 2018. Un objectif précieux puisque l’échec actuel de l’objectif de la Convention de l’ONU, éviter un dérapage climatique dangereux, exige d’être compris pour y remédier. Des anecdotes savoureuses. Une écriture efficace. Des rappels historiques. Mais un résultat pernicieux tant l’histoire des sciences du climat et du dossier politique climat est déformée. De ce livre, une vue critique permet de dégager une conclusion attristée : les 40 pages de l’épilogue sont bonnes à lire.

C’est un livre sur le climat dont la thèse est simple : on savait déjà tout en 1979 (voire avant), et si le monde n’a pas engagé une action décisive contre le changement climatique en 1989, ce fut d’un cheveu. L’ennui, c’est que la première thèse repose sur une histoire lacunaire des sciences du climat et de leur diffusion dans la société. Et la seconde sur une vision (faussement) naïve des raisons pour lesquelles les pays industrialisés, et surtout les Etats-Unis, sont restés attentistes devant la menace climatique… tout en signant la Convention climat de l’ONU en 1992. Au menu, simplisme et narration avec des gentils et des méchants. En petit nombre pour la facilité d’écriture et de lecture. Et tous américains, signe clair d’un gros souci d’analyse. L’avenir de l’Humanité, avance Rich, repose sur «les efforts d’une poignée d’hommes et de femmes» capables d’éviter «une possible disparition de l’espèce humaine» (allo, Bruce Willis est libre ?, interroge déjà le producteur de cinéma). La recette est bonne pour vendre. Mais passons le résultat à la moulinette des questions dérangeantes.

Bourde monumentale

C’est un livre sur le climat où la climatologie est presque absente. L’auteur use et abuse des ficelles journalistiques, mettant en scène ses acteurs, on sait tout sur leur cravate, leur costume, s’ils s’agitent où non sur leur siège, le temps qu’il fait, et ce qu’ils ont mangé le jour de cette réunion tellement décisive. Mais rien, ou presque, sur le contenu des débats, réduits à quelques pitchs. Expliquer l’effet de serre, une modélisation numérique, pourquoi les simulations climatiques peuvent différer alors qu’elles partent d’un même scénario d’émission de gaz à effet de serre… non, Rich ne vous expliquera rien des arcanes des sciences du climat. Ce qui lui permet, du coup, d’esquiver la question importante : la solidité des savoirs acquis en 1979 ou 1989, et surtout leur capacité à convaincre les non spécialistes. Et pour ce faire, il escamote des pans entiers de cette histoire, tant des sciences du climat que de leur perception par les non-climatologues.

Il démarre son livre par une bourde monumentale (p 31). «Le doublement du taux de CO2 était certes un jalon arbitraire mais il offrait l’avantage de frapper l’esprit puisqu’il marquait ce moment où l’humanité aurait injecté autant de carbone dans l’atmosphère que la planète elle même l’avait fait au cours des 4,6 milliards d’années qui avait précédé l’apparition de notre espèce. » Une phrase absurde. Les émissions anthropiques sont certes importantes, mais… des milliards de fois inférieures aux flux naturels depuis que la Terre existe. Rich voulait-il parler, maladroitement, du niveau de la teneur atmosphérique en CO2 ? Mais, là aussi, c’est faux. Dans le passé géologique de la Terre, des niveaux supérieurs à ceux que nous obtenons en brûlant l’énergie fossile de la planète ont déjà été atteints.

Oubli spectaculaire

Rich veut absolument écrire : «Il n’y a pas eu d’avancée significative en sciences du climat depuis 1979.» Une date, 1979, en référence à la remise du rapport de Jule Charney, pour le compte de l’Académie des sciences américaine, sur le changement climatique. Et une affirmation indispensable à l’appui de sa thèse « on savait tout, on n’a rien fait ». Or, parmi les « oublis » spectaculaires du livre, se trouvent la série d’articles parus dans Nature, le 1er octobre 1987 par les équipes françaises de Claude Lorius et Jean Jouzel. Nul combat patriotard dans cette remarque (encore que l’incapacité de Nathaniel Rich à sortir du pré carré Etats-Unien tant pour la science que pour la géopolitique est assez agaçante). Le sujet est pure science : avant ces recherches conduites avec les carottes de glaces de l’Antarctique forées à la station soviétique Vostok, les climatologues ne disposaient d’aucune « vérité terrain » des relations entre teneur en gaz à effet de serre et températures de la planète sur les derniers centaines de milliers d’années.

Ils ont, en 1979, une bonne physique, dès les calculs de Svante Arrhenius en 1896 sur l’effet climatique d’un doublement de la teneur en CO2 de l’atmosphère qui donne le bon ordre de grandeur. Ils ont les premiers modèles numériques du climat, encore très rudimentaires, qui confirment cet ordre de grandeur. Ils savent que la teneur en CO2, mesurée depuis 1957 à Hawaï par Charles Keeling, augmente année après année. Mais ne savent pas quelle était la teneur en CO2 de l’atmosphère lors de la dernière ère glaciaire et donc son écart avec l’ère chaude actuelle. Certes, les physiciens de l’atmosphère et des premiers modèles numériques du climat ont une forte confiance dans ce qu’ils font. C’est le propre des scientifiques. Mais comment répondre à l’objection des collègues des laboratoires d’à-coté… et surtout des responsables politiques, voire des adversaires de toute politique climatique : « c’est du calcul tout ça, on ne l’a jamais observé ! ».

Si Nature fit sa Une avec les découvertes de Lorius et Jouzel, c’est justement parce que, outre leur valeur intrinsèque, elles apportaient un argument majeur à la confiance que des non-spécialistes peuvent accorder aux calculs et simulations du futur climatique. Oui, avec les glaces de l’Antarctique, « on a vu » les conséquences d’une variation des teneurs en CO2 et méthane de l’atmosphère sur le climat, pour des valeurs significatives au regard de nos émissions issues du charbon, du pétrole et du gaz. Effacer cet épisode, ne rien dire de l’apport de la paléoclimatologie des 800 000 dernières années à l’édifice des sciences du climat pour le futur, est un curieux manque.

Science rudimentaire

L’idée « on savait tout » en 1979 efface d’un trait de plume des questions majeures en confondant un savoir, il est vrai solide, sur les mécanismes du changement climatique et « tout sur le climat ». En réalité, la vitesse, l’ampleur, les conséquences régionales du changement climatique sont peu connues en 1979. Les simulations numériques se faisaient avec des modèles où les océans n’étaient que des lacs sans circulation profonde, avec des mailles de calcul de plusieurs centaines de km de côté, effaçant une bonne part des reliefs, des modèles de végétation embryonnaires, des calottes polaires rudimentaires (3) et très peu de chimie de l’atmosphère. Non, à l’inverse de ce qu’écrit Rich, ils n’étaient pas capables de simuler «la formation des tempêtes» ou «la croissance végétale». Et si ces modèles et la puissance des ordinateurs ont beaucoup progressé depuis 1989, ils demeurent incapables de nous dire si la mousson africaine sera pire ou meilleure dans le climat réchauffé futur. Lorsque j’écris mon premier article sur le changement climatique, en 1987, l’incertitude sur les flux naturels du carbone étaient de 25% ! Même l’attribution de l’évolution des températures depuis 1950 à l’intensification de l’effet de serre demeurait incertaine, tant en 1979 qu’en 1990. Si pour Jim Hansen, le climatologue de la Nasa, le signal est déjà sorti du bruit en 1988, ce n’est pas encore la conviction de tous les spécialistes, comme le précise en 1990 le premier rapport du GIEC (2).

La question cruciale des impacts du changement climatique est complètement escamotée par Rich. Bien sûr, il est possible de penser et de dire, dès 1979, qu’un réchauffement moyen de la basse atmosphère de 2 à 6°C aura des conséquences dramatiques. Mais lesquelles ? A quelle vitesse ? A l’époque la science de ces impacts est encore rudimentaire. Les productions agricoles vont-elles s’écrouler ? La Sibérie va t-elle se couvrir de blé ? Les mers vont-elles se vider des poissons ? Quelles conséquences pour les industries, la santé publique ? Un exemple frappant : le risque représenté par l’acidification des océans n’est même pas cité dans le premier rapport du GIEC. Et des climatologues s’interrogent encore dans ce rapport de 1990 sur le rôle des aérosols anthropiques dans le léger refroidissement des années 1950 et 1960 sur l’hémisphère nord.

Les connaissances acquises en 1989 sont capables de convaincre des climatologues, éventuellement d’autres scientifiques, d’une menace climatique, mais sont-elles suffisamment convaincantes pour que les gouvernements et des populations prennent des décisions drastiques, restrictions volontaires et renchérissement par des taxes, sur 80% de l’énergie qu’ils utilisent et leurs économies ? C’est la question que ne se pose pas vraiment Rich. Il est même un peu gênant de découvrir, à la fin du livre, que l’auteur ne dit pratiquement rien du premier rapport du GIEC, en 1990. Serait-ce parce que son contenu ne colle pas vraiment avec sa thèse ? Et pourquoi diantre ne nous propose t-il aucune analyse de la Convention Climat signée en 1992 qui est pourtant la conclusion politique majeure de la séquence 1979-1992.

L’affaire William Nordhaus

La thèse centrale de Rich prétend également que l’on sait depuis longtemps ce qu’il faut faire – remplacer les énergies fossiles par du renouvelable et du nucléaire – à l’aide de taxes et d’autres outils économiques. Donc, on trouve dans son ouvrage le nom de William Nordhaus, Prix Nobel d’économie 2018, souvent présenté comme le premier économiste du changement climatique. Sauf que Rich en fait une présentation étrange : «A la fin des années 1970, l’économiste William Nordhaus, professeur à l’université Yale et membre de la commission des conseilleurs économiques du président Jimmy Carter s’alarmait tant de ce problème qu’il conçut un modèle économique nouveau, capable d’y faire face».

A lire cette phrase, un doute surgit. Rich a t-il vraiment lu Nordhaus ? Déjà, l’article princeps (4) de l’économiste sur le sujet date de 1975 et non de la fin de années 1970. Mais surtout, sa conclusion est diamétralement opposée à ce que prétend Rich. William Nordhaus écrit en effet : «ce n’est que dans la période centrée sur 2020 que des mesures d’abattement (des émissions de GES, note SH) deviendront nécessaires». Un attentisme qu’il justifie ainsi : «Ce point est important puisqu’il implique qu’il reste une quantité confortable de temps pour continuer la recherche et examiner des plans pour implémenter un contrôle du dioxyde de carbone si cela devient nécessaire.» En outre, William Nordhaus est resté un partisan d’une action « molle », minimisant les risques du changement climatique (il s’est ainsi opposé au rapport Stern).

Le GIEC pour ce qu’il n’est pas

Créé en 1988 par l’ONU à la demande du G7, et en particulier de Reagan et Thatcher, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est un acteur décisif de cette histoire. Mais quel acteur ? La présentation qu’en fait Rich est pour le moins étrange. Il écrit : «Si cette conférence (entre 60 gouvernements à Noordwijk le 6 novembre 1989) était un succès, elle encouragerait sans doute le GIEC à accélérer ses négociations et finaliser plus rapidement un traité». Une pure ânerie. Le GIEC ne conduit aucune négociation et n’est absolument pas impliqué dans l’écriture d’un quelconque traité international. Il produit une synthèse critique de la science. Surtout, le GIEC n’a absolument pas le droit de préconiser une politique, il doit seulement présenter les éléments d’informations scientifiques, techniques et économiques « pertinentes » pour les décisions à prendre. Ce sont les diplomates et les ministres qui élaborent le traité international, qui sera la Convention-Cadre de l’ONU sur le changement climatique. Et lorsque des chercheurs membres du GIEC sont invités à de telles réunions, pour apporter leur expertise scientifique, ils sont priés de sortir de la salle dès que les choses sérieuses commencent.

Naïveté politique

Pour que sa thèse simpliste tienne, Rich doit absolument compléter le « on savait tout en 1979 », par « et on a failli sauver la planète en 1989 ». Du coup, il bouscule la chronologie. Et prétend qu’en 1989 «les deux grands partis américains étaient ouvertement favorables aux travaux du GIEC». Encore une phrase ahurissante puisque le premier rapport du GIEC ne fut publié qu’en 1990 ! Idem lorsqu’il prétend que l’opinion publique américaine était prête à soutenir une politique climatique… sans se rendre compte qu’il se contredit quelques pages plus loin lorsqu’il attribue la défaite démocrate aux élections de mi-mandat de Clinton en 1994 à la volonté du Président d’instaurer «une taxe sur l’énergie». Autrement dit l’électeur américain était favorable à une politique climatique… à condition qu’elle ne réduise pas sa consommation d’énergie en la renchérissant, ce qui est l’un des outils nécessaire d’une telle politique.

Rich fait preuve d’une naïveté politique déconcertante. Il aligne les déclarations « écolos » de George Bush (le père) à la fin de la campagne électorale de 1988, comme s’il n’y avait pas à s’interroger sur leur sincérité. Alors qu’avec l’éprouvant été de sécheresse et de canicule de 1988, l’effet médiatique formidable de l’audition de Jim Hansen au Congrès en juin 1988, et l’opinion américaine sur le climat à ce moment là, il n’était tout simplement pas envisageable de gagner l’élection sans rallier à sa candidature les électeurs sensibilisés à cette problématique (une sensibilité qui s’arrête au discours général, et s’écroule dès qu’on envisage des mesures concrètes). Rich croit-il vraiment vivre dans un pays où les politiciens sont toujours sincères ?

Cette naïveté déconcertante prend une tournure curieuse lorsqu’il met en scène le premier directeur de cabinet de George Bush en 1989, John Sununu. L’homme met certes tout son poids dans la balance, prenant le risque de censurer Jim Hansen et de lui imposer un texte truffé de fausses informations scientifiques lors de sa deuxième audition au Congrès en 1989. Mais, dans tout le récit de Rich, le Président est quasi absent, tout juste lui concède t-il n’avoir «jamais fait preuve d’un intérêt dément pour le réchauffement climatique». Comme si Georges Bush n’était pas, parmi les Présidents américains, l’un des plus liés à l’industrie du pétrole – à ses débuts, il prêta à la CIA une plate-forme de forage pétrolier au nord de Cuba pour entraîner les mercenaires qui allaient envahir l’île de Fidel Castro à la baie des cochons (5). L’idée que George Bush ait pu traiter par dessus la jambe le sujet pétrole – car s’occuper du climat, c’est décider de restreindre l’industrie et l’usage du pétrole – et l’avoir délégué à son directeur de cabinet est ridicule. Rich pose une question d’une troublante naïveté «pourquoi le soutien à un remède contre le réchauffement climatique était-il si fragile qu’il a suffit d’un seul ronchon dans toute l’administration Bush pour qu’il s’effondre ?». Il n’y répondra, en quelques mots et comme par inadvertance, que dans sa conclusion.

Géopolitique du climat

Pour Rich, Bush aurait pu exiger la signature d’un traité juridiquement contraignant en 1992, en s’appuyant sur la domination écrasante des Etats-Unis après la disparition de l’URSS. Une idée saugrenue au regard de la géopolitique du climat. La seule idée que les dirigeants chinois auraient pu, en 1992, signer un tel traité est comique. Pour se conformer aux attendus de la Convention-cadre signée en 1992, il aurait d’ailleurs fallu s’engager à une diminution immédiate de l’usage des énergies fossiles et des émissions de CO2 pour les pays riches, mais laisser la possibilité pour les pays pauvres, dont la Chine, d’augmenter usages et émissions. Qui peut imaginer Bush signant un tel traité, entraînant ipso facto la diminution relative de la puissance américaine ?

L’étrangeté maximale du livre de Rich, c’est sa conclusion, baptisée épilogue. Il y détruit sa thèse centrale. En avouant que, si les gouvernements n’ont pas signé un traité international contraignant fixant des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre en 1989, ce n’est pas seulement à cause de quelques méchants, bien aidés par les campagnes climato-sceptiques des pétroliers. En faisant preuve soudain d’une lucidité, comme à remord, sur les véritables motivations, électoralistes, des déclarations favorables à une politique anti-énergies fossiles de George Bush en 1988. En citant les voltes-faces des grands journaux américains qui, de 1988 à 1989 oscillent entre climato-alarmisme et climato-scepticisme (Tout cela n’est-il que du vent ? titre Newsweek), il démolit sa thèse d’une population des Etats-Unis «prête» à une politique climatique. Mais surtout avec cette phrase : «Depuis que l’homme a découvert le feu, notre qualité de vie, quels que soient les critères utilisés pour la mesurer – espérance de vie, santé, richesse, niveau d’éducation – a progressé main dans la main avec notre consommation d’énergie. Jusqu’à présent, l’essentiel de cette énergie provient des combustibles fossiles.» Rich tient là la clé. Mais il ne s’en sert pas.

« Drill, baby, drill »

Comment se passer de ces énergies fossiles, pour atténuer le changement climatique déjà en cours, sans faire chuter ces « critères » de qualité de vie. C’est bien là le réel sujet à traiter, le cœur du problème. Rich n’en dit rien, à part trois mots «énergies renouvelables et nucléaire» qui sont loin d’épuiser le sujet. C’est bien parce qu’ils ne voyaient pas comment concilier les objectifs climatiques et leur volonté de puissance (économique, militaire…) que les dirigeants des Etats-Unis, Bush en 1989 et 1992 (comme Clinton, Bush junior et Obama par la suite) ont sabordé la mise en oeuvre de la Convention climat, avec le soutien des citoyens américains. Présenter l’année 1989 comme celle où la planète aurait pu «être sauvée» si Bush avait écouté l’un plutôt que l’autre de ses conseillers est une fable. Et cette fable ne permet pas de comprendre pourquoi la Convention Climat de l’ONU signée en 1992 fut sans contraintes, sans calendrier, sans quantification des objectifs climatiques et des émissions de gaz à effet de serre. Rich s’est trompé de question. Il ne s’agit pas de savoir pourquoi « la planète ne fut pas sauvée en 1989 » pour reprendre son vocabulaire, mais pourquoi et comment les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont continué d’augmenter à grande vitesse après la signature de la Convention climat de 1992.

Cette ré-écriture de l’histoire débouche sur un cri du cœur, l’épilogue du livre, où la morale tient beaucoup de place (ce qui n’est pas une critique) mais où l’explication politique et socio-économique s’évanouit. Rich rapporte le propos de William Nordhaus : «Les pays ont d’excellentes raisons de proclamer ces objectifs nobles et ambitieux – puis d’ignorer ces objectifs et de continuer à faire leurs affaires comme si de rien n’était.» Le lecteur se dit qu’il va enfin savoir quelles sont ces «excellentes raisons»… mais il s’en tient là, au lecteur de les deviner. Pendant ce temps, la production de pétrole des Etats-Unis d’Amérique a dépassé son niveau maximum de 1971, avec près de 11 millions de barils/jours en 2018, contre 5 mb/j en 2008 – due aux sources non conventionnelles – sous les applaudissements des électeurs de Donald Trump hurlant « drill, baby, drill » dans ses meetings et… un taux de chômage historiquement bas.

Sylvestre Huet

(1) Perdre la Terre, une histoire de notre temps, Nathaniel Rich, Seuil, 281 p, 17,50€

(2) Extrait du rapport 1990 du GIEC : « Notre conclusion est la suivante : la température moyenne de l’air à la surface de la Terre a augmenté de 0,3 à 0,6 °C au cours des 100 dernières années…; La valeur de ce réchauffement concorde dans l’ensemble avec les prévisions fondées sur les modèles du climat, mais elle est aussi du même ordre de grandeur que la variabilité naturelle du climat. Si l’unique cause du réchauffement observé était l’effet de serre anthropique, la sensibilité du climat serait alors voisine des estimations les plus basses déduites des modèles. Par conséquent l’augmentation observée pourrait être due en grande partie à cette variabilité naturelle; d’un autre côté, cette variabilité et d’autres facteurs anthropiques pourraient avoir contrebalancé un réchauffement encore plus considérable dû à un effet de serre anthropique. Il se passera probablement au moins dix ans avant que des observations nous permettent d’établir de façon certaine qu’il y a eu un renforcement de l’effet de serre. »

(3) Il n’est pas inutile de rappeler que ces modèles prévoyaient que la calotte antarctique allait augmenter de volume en raison de chutes de neige plus abondantes, l’observation des 15 dernières années a montré l’inverse, une diminution due à des pertes accrues de glaces vers l’océan.

(4) Can we control carbon dioxyde ? William D. Nordhaus. Juin 1975.

(5) Voir Or noir, la grande histoire du pétrole, Matthieu Auzanneau, La Découverte, 2016.

Les anomalies de température mondiale (NOAA)

La loi de la jungle n'existe pas ?


La recherche permet aujourd'hui de faire ressortir aussi bien les qualités de coopération [1] des animaux que leur agressivité. L'exemple de l'expérience avec des Poules est amusant.

Dans les années 1990, l'agronome americain William Muir a placé des poules dans des cages, par groupes de neuf. D'un côté, il a retenu la poule la plus productive de chaque cage pour donner naissance aux générations suivantes : c'est la sélection individuelle.

De l'autre coté, il a gardé les cages globalement les plus productives : c'est la sélection de groupe.

La première méthode a donné quelques poules fortes, qui sont devenues de plus en plus agressives, se blessant mutuellement. A la sixième génération, la production d'oeufs a chuté. Trop de compétition.

La seconde manière a privilégié des cages hétérogènes, avec des poules parfois moins productives mais un collectif plus calme, et en six générations la production a augmenté de 160%. La grande leçon de la sociobiologie est que la nature fonctionne grâce à un équilibre des forces contradictoire : d'un coté les égoïstes s'en sortent mieux dans un groupe mais finissent pas détruire le collectif; de l'autre les groupes les plus coopératifs survivent le mieux.


[1] la biologie identifie 3 types d'entraide : la coopération, l'altruisme (qui renvoie au sacrifice de certains individus comme chez les abeilles) et le mutualisme (la pollinisation des fleurs par les insectes)

Des études qui convergent

Un maquis de rapports, les difficultés d'un consensus et l'absence de pilotage 


L'étude de l'environnement fait appel à de nombreuses disciplines et il s'avère difficile de s'y retrouver entre de trop nombreuses sources contradictoires.

On trouve une forme d'unanimité sur les sujets de pollution (espèces en dangers, dégâts sur l'environnement) mais qui restent dans l'ombre par rapport à la problématique de réchauffement climatique et d'émissions de CO² pour laquelle il y a souvent des "tensions" entre plusieurs catégories de spécialistes.

Les climatologues, métérologues : (des statisticiens ou des spécialistes des carottes glaciaires comme les paléo-climatologues, comme Jean Jouzel du GIEC, Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat)

Les chimistes : la posture trouble des chimistes français face au déni climatique. En 2019, 25 chimistes reconnus dont 2 lauréats du prix Nobel, tous membres de la prestigieuse Académie des Sciences française, signent une tribune dans l’Actualité Chimique pour soutenir l’auteur d’une chronique que cette revue de la vénérable Société Chimique de France a décidé de retirer de son site, suite au tollé suscité par le texte parmi ses lecteurs et sur les réseaux sociaux [1]. 

Les biologistes, micro-biologistes :  33 microbiologistes du monde entier rappellent que l’impact du changement climatique dépendra sensiblement de la réaction des micro-organismes (Revue Nature). La « majorité invisible » que constitue la population colossale de bactéries, d’archées, de virus, de champignons et de protozoaires sur Terre pourrait en effet contribuer à accélérer, ou au contraire à atténuer, les effets du réchauffement planétaire.

Les physiciens, géophysiciens (cas de Claude Allègre, du BRGM, le Bureau de de recherches géologiques et minières et de l'IPGP, l'Institut de physique du globe de Paris) souvent défenseurs de l'influence majeure du soleil.

Les physiciens et astrophysiciens plutôt classés dans les sceptiques sur le réchauffement climatique.

On ne peut que s'interroger sur ces féroces rivalités. Est-ce que certains ignorent volontairement le savoir des autres. Qui a raison ?