SYSTEME > CRISES


"La différence entre un optimiste et un pessimiste tient au fait que le pessimiste est habituellement mieux informé." Claire Booth Luce

Une tres forte concentration et stabilite du pouvoir

L'influrence des "néocons" sur la politique étrangère de George Bush Junior s'est révélée désastreuse pour la sécurité de l'Europe (incapacité des américains à gérés l'après dictature en Irak). L'apport de Tony Blair n'a pas été neutre comme le démontre un rapport parlementaire britannique.

Une société divisée

Conversation entre Matthew B. Crawford, philosophe, et Matt Feeney, essayiste, américains sur les raisons de retour du "nativisme" dans le contexte de la dynamique Trump (avant son élection). Traduction par la revue Esprit en octobre 2016. Au niveau des élites, les "progressistes post modernistes non rigoureux" l'emportent....A la ségrégation géogaphique et culturelle, s'ajoute la temporelle : ceux qui vivent dans un présent/futur privilégié contre ceux de l'obsolescence/passé notionnel (arriérés). Il manquerait aux progressistes la rigueur théorique des fondateurs de la postmodernité (Foucault) qui savaient que leur philosophie allait au devant de difficultés politiques majeures. La rhétorique avant-gardiste est attrayante pour des institutions différentes comme les universités, les grandes entreprises, les clubs de réflexions, les médias...

Une idée intéressante de M. Crawford : " Ce que j'ai appelé la "préention morale" des progressistes est le phénomène par lequel une personne retire de la fierté à s'élever au-dessus des intérêts, quand elle n'a en réalité pas d'intérêts en jeu ; ce sont les intérêts d'autres personnes qui sont sacrifiés."

et une autre très bonne "Le processus historique est un substitut au salut : en être un vecteur donne à l'intellectuel sécularisé le sentiment qu'il est en phase avec quelque chose de puissant qui le transcende." Comprenne qui pourra.


"Jusqu'en 2007, dans les grandes banques, personne ne se posait trop la question sur la survenance d'une éventuelle crise financière. L'argent se faisait facilement. A tel point qu'on se disait qu'un Singe ferait de l'argent. Allusion au fonds fléchette, test compratif entre les performanfes d'un gérant d'actions en bourse et celle d'un amateur qui choisirait avec des fléchettes au hasard".

Crise(s)

Faut-il parler d'une crise, de plusieurs crises ? Faut-il se réjouir du fait que l'idéogramme chinois signifiant "crise" est le même pour signifier "opportunité" ?
Une crise n'a pas le même impact pour tout le monde.

L'anthropologue Paul Jorion parle dans son livre "Misère de la pensée économique" de trois crises :

  • celle des ressources de la planète (c'est une question de survie de l'espèce dont il est question)
    • cette crise est aussi celle du modèle de consommation (malgré des mérites indégniables, la société de consommation a privé une partie de la population du sens de la vie et s'achemine vers une destruction de nos éco-systèmes)
  • celle de la trop forte concentration des richesses (même sans le livre de T.Piketty, difficile de nier cette tendance) avec deux composantes :
    • celle de la complexité (depuis l'apparition de l'informatique, tout va de plus en plus vite). Les modèles économiques ne fonctionnent pas/plus (cf. science économique)
      celle de l'innovation (destruction d'emplois mais création de nouveaux métiers). Ici les "schumpeteriens" parlent de destruction créatrice 
  • celle enfin de la crise financière dont il est subjectif de déterminer une date de début

Evidemment l'analyse convient le mieux aux altermondialistes et aux gauchistes.

Il faudrait ajouter également :

  • celle de la prédation (va au délà de la concentration des richesses, il s'agit de l'essor des mafias bénéficiant des paradis fiscaux)
  • celle du leadership (les valeurs initales des Etats-Unis se pervertissent et faute d'une vraie gouvernance mondiale, nous assistons à une sorte d'anarchie depuis la fin de la Guerre Froide : c'est plutôt le Nouveau Désordre Mondial que le Nouvel Ordre Mondial)
A l'évidence, la problématique échappe à tous car nous sommes tous des spécialistes. Les économistes apparaissent alors comme les meilleurs généralistes mais aussi comme charlatants.

Une emprise totale sur le système monetaire et financier international

(1) Bank Data Is Sifted by U.S. in Secret to Block Terror , New York  Times par Eric Lichtblau et James Risen le 26 juin 2006
(2) Pierre Leconte, De la crise financière vers l’hyper-inflation, Ed. Jean-Cyrille Godefroy , avril 2009 – Deux banques JP Morgan Chase et HSBC USA détiennent 98% des positions sur les marchés à terme de l’or dont 78% pour JP MC
(3) Les aventures d'un trader : Récit vérité – Henri de Grandmaison Fayard Mars 2008
(4) FMI  : le rôle des émergents officiellement reconnu - Le poids des grands émergents sera renforcé au FMI. Les Echos 26 septembre 2009 

Hyperpuissance de contrôle ou d'influence sur les medias internationaux

Corruption et essor des mafias/lobby privés

Ralentissement de l'innovation ?

Les nouveaux secteurs d'activité qui apparaissent sont-ils suffisants pour absorber les destructions d'emplois dans les anciens secteurs phares de l'économie (automobile, etc) ? Le point de vue de Jeremy Rifkin. 
(1) La fin du travail, Jeremy Rifkin, Décembre 2005, La découverte
Processus de création destructrice conceptualisé par Joseph Schumpter
(2) DARPA

La société a t-elle atteint "une altitude croisière" ou au contraire va t'elle être bouleverser par des événéments ou le progrès ? 
Francis Fukuyama, philosophe américain, avait publié en 1992 "The End Of History and the Last Man" qui avait fait beaucoup de bruit. Selon Paul Jorion, Fukayama reprenait une notion déjà évoquée par Hegel (1770-1831) mais sous la forme donnée par le philosophe Alexandre Kojève (1902-1968).

"Il n'y aurait dans l'ensemble plus d'histoire à proprement parler, au sens où n'interviendraient plus d'événements véritablement nouveaux par leurs implications. On n'assisterait plus, dans l'histoire humaine, à des transformations majeures, il n' aurait plus d'authentiques tournants." Cette thèse est aujourd'hui invalidée.

Par quelle grâce était touchés tous ces philosophes à des époques ou l'espérance de vie moyenne était de 25 ans ? 

Des théories économiques imparfaites

Des forces politiques qui s’abritent derrière des théories mal connues et mal maîtrisées peut-être  désormais caduques

Une incompatibilité entre théorie économique et mise en œuvre dans le cadre d’une mondialisation « désordonnée »

Les modèles statistiques de produits financiers ne sont pas adaptés : ils se basent sur des données historiques correspondant à une période de croissance et d’innovation révolue

Entrée de la Chine dans l'OMC en 2003

Couverture Capital 1995

Le "réveil" de la Chine a été anticipé depuis les années 1990.  Son entrée dans l'OMC en 2003 a déstabilisé les industriels des pays développés.

Le magazine Capital titrait en 1995,  "Chine,  le boom du siècle". 20 ans après, le "boom" a eu lieu. Les premières fortunes de la planète deviennent Chinoises, le niveau de vie s'est amélioré malgré de grandes catastrophes écologiques, et la Chine se compare clairement aux Etats-Unis. Un Taikonaute a été envoyé dans l'espace au début des années 2000 et depuis les chinois investissent régulièrementr à l'étranger.

une societe de consommation moralement a bout de souffle


(1) Les créances des clients envers les banques ont été cédées à des investisseurs dans le cadre de produits structurés peu transparents et mal notés par les agences de notation
(2) cf. Jacques Attali : Eloge du Pessimisme – billet du 1/6/2010
C’est le seul volet de la crise réellement expliqué

Arrivé à saturation, le modèle économique aveugle et corrompu intellectuellement à été forcé de :

- Laisser les ménages et les Etats s’endetter comme si de rien n’était pour continuer à consommer
- Organiser la titrisation  (1) de créances pour les faire disparaître en petites tranches
- et artificiellement laisser baisser les prix grâce à des produits importés fabriqués à bas coût dans des pays où les droits de l’Homme ne sont pas respectés

Un endettement historique

Données approximatives établies à partir de statistiques publiques (Banque de France, INSEE)

Matières premières

Pétrole :
Les fortes hausses historiques du baril des années 70 (5 $ puis 10 $ puis 40) sont partiellement comparables à la situation des années 2007 et suivantes
Point commun : Une hausse rapide de 100% en près de 1 an (72 à 73 et 2007 à 2008)
Point divergent : la hausse de 72/73 est suivie d’une hausse de 400% entre 73 et 78 (deuxième choc pétrolier) ce qui n’est pas le cas pour la période postérieure à 2007 : le baril reste en dessous des 100$ et revient même vers les 60 en 2015.

Or
L’once d’Or a fortement progressé lors des deux crises : 72/73/78 et 2007/2008/2009 jusqu’en 2012. A partir de 2013, l’once d’or perd 25% puis stagne. Le rôle de valeur refuge semble s’arrêter à ce niveau de valorisation.

Indices Boursiers

Dow Jones
La chute de l’indice de référence de l’ordre de 30% entre 72/73 et 78 se retrouve entre 2007 et 2009. A partir de 2013, retour aux niveaux de valorisation de 2007 et même dépassement.

CAC
Si le CAC a connu une volatilité à la baisse encore plus forte sur la période 2007/2009 avec une baisse de près de 40%, l’indice de la bourse de Paris n’a jamais retrouvé les plus haut à 6114 points.  Il reste un écart de l’ordre de 15%.
Comment expliquer cet écart entre deux indices a priori « mondiaux » car l’activité des entreprises du CAC 40 s’exerce majoritairement à l’étranger ? C’est probablement la zone euro qui n’a connu une baisse des taux aussi forte et le niveau de croissance des pays européens faute de reprise à partir de 2010.
Devises : dollar
La parité Euro/dollar fluctue dans une fourchette de l’ordre de 20% depuis 2007.
 
France

Inflation
C’est l‘autre (avec la croissance) véritable grande différence avec les années 70 : l’inflation est presque nulle alors qu’elle était de plusieurs points (jusqu’à 14%) à cette époque. C’est assez logique puisque les taux étaient bien plus élevés.  Syndrome de pays riche, l’inflation ne concerne plus vraiment les biens sauf exceptions (fruits, légumes, essence) mais surtout le prix des actifs (immobilier et actions).

Croissance PIB
Les niveaux de croissance des années 70/80 étaient en moyenne autour de 2% alors que ceux postérieurs à 2007 stagnent entre 0% et 1%.
 
Dette en % du PIB
Le niveau de dette exprimé en % du PIB s’est envolé et ne semble plus maîtrisé. A des niveaux de l’ordre de 60/70% au début de la crise des subprimes, il s’approche des 100% en 2015.
 
Consommation
Le niveau des dépenses de consommation s’élève à 1 100 Mds € en moyenne ces dernières années ce qui n’est pas du tout comparables aux 100 Mds€ des années 70 (rapport de 1 à 10x).
 
Taux à 10 ans
Les taux d’intérêt sont historiquement au plus bas (moins de 1%) alors qu’ils étaient supérieurs à 15% dans les années 70%. C’est le corollaire de l’inflation faible.

Conclusion

La crise 72/73/78 des « deux chocs pétroliers » était-elle plus « grave » que celle de 2007/2009 ?
Difficile de répondre.
Le contexte de taux / inflation / croissance / richesse / endettement est inversé
Crises 72/78 : taux élevés / inflation élevée / croissance élevée / moindre richesse / moindre endettement
Crises 2007/2015 : taux bas / inflation basse / croissance faible / richesse élevée et endettement élevé
 
Si le triptyque taux/inflation/croissance est assez logique dans son évolution, qu’en est-il de l’effet richesse & endettement.
Les Etats-Unis et l’Europe sont beaucoup plus riches qu’à l’époque.
L’impact est donc beaucoup plus facile à absorber malgré un taux moyen de chômage élevé en Europe et que les dynamiques de croissance ne sont plus ceux des années 70/80.
Proportionnellement le niveau d’endettement a moins augmenté que la richesse.
Biais : contexte d’intégration européenne, d’ouverture de l’OMC et d’innovation. Ceux-ci  expliquent principalement le développement de la richesse et l’évolution des prix (hausse des matières premières mais baisse des prix de biens de consommation grâce à la 3chine Usine » à bas coût. 

La situation est inédite et pire que jamais.
- la dette atteint des niveaux pires que jamais bien au dessus de ceux des années de crise pétrolière (73)
- le pic d’innovation est derrière nous ainsi que les Guerres pour conquérir des ressources (Irak, Afrique)
- nous sommes en concurrence brutale avec l’ensemble des pays de la planète qui sont en développement (Chine, ouverture des frontières, etc) et acceptent de maltraiter leurs populations


  Congressman Capuano engueule des banquiers

> Un culot que l'on ne voit pas en France

  Le plan Geithner


> Une explication décapante

Spéculation financière : sur les traces de Malraux au Cambodge

Une ruine financière au Mexique bien étrange

En 1921, alors âgé seulement de 20 ans et tout juste marié à la relativement riche Clara, l'étonnant personnage décide de spéculer avec la fortune de sa femme sur des actions minières au Mexique. Clara le raconte elle-même dans son livre témoignage « Nos vingt ans ». Le mécanisme financier de cette mauvaise affaire est plus simple qu'un CDO mais la ruine est bien réelle.

Difficile d'en savoir plus sur cet étonnant investissement pour un jeune homme de vingt ans. Le Mexique achève une période de révolte de 10 ans (1910-1920) et les tensions entre francs-maçons, membres du gouvernement, et paysans catholiques sont de plus en plus vives et dégénéreront plus tard en guerre des Cristeros. Parallèlement, les tentions sur le marché des devises sont fortes, l'Allemagne devait rembourser ses dettes.


Sauvé par la NRF

Mais revenons à l'Asie. Pour se reconstituer un patrimoine - car ne souhaitant pas travailler - l'iconoclaste Malraux, décide de chercher, pour les revendre, des statues de pierres dans la région des temples d'Angkor au Cambodge. Obtenant un ordre de mission du Ministère des Colonies et bien informé en amateur du musée Guimet, son choix se porte sur le site très particulier de Banteaï-Srei.

Bien avant Lara Croft, incarnée par Angelina Jolie (devenue en 2005 citoyenne cambodgienne,) et dans un style probablement proche d'Indiana Jones, le jeune Malraux parcourait la jungle aux environs de Siam Reap en 1923. Il ne pu le faire que grâce à l'aide de l'Ecole Française d'Extrême Orient. Malheureusement pour lui, bravant l'interdiction du Roi, il fût dénoncé. Plus tard au même endroit, dans années 1970, un célèbre représentant de l'Ecole, François Bizot, y sera victime des Khmers rouges.

Le Cambodge était à l'époque à 4 semaines de bateau depuis la France. On peut dire que la démarche est culottée pour un aussi jeune couple. Comment cette audace va t-elle changer son destin ? Tout simplement par l'échec, l'arrestation puis la prison à Phnom Penh. Malraux n'en sorti rapidement que grâce à un vif soutien depuis Paris. Notamment grâce à la pétition signée par les Gide, Mauriac, Breton, Aragon et Gallimard. Les pierres volées n'ont jamais quittées le Cambodge.

Le retour pour une juste cause

Mais loin d'oublier l'Asie et peut-être pour réparer l'erreur, Malraux s'est lancé, avec peu de succès, dans l'édition d'un journal baptisé "L'Indochine" pour défendre le peuple Vietnamien contre les excès de l'autorité coloniale. Le Film éponyme réalisé par Régis Wargniez en est une bonne illustration.

N'oubliez pas. Le Cambodge est aujourd'hui un pays dont les enfants de moins de 14 ans représentent 33% de la population (âge moyen 21 ans) et les spéculations financières - surtout sur les matières premières alimentaires- de ces derniers temps ne les aident pas beaucoup.

De ce périple, Malraux en a fait un roman dont le titre plait aux socialistes d'aujourd'hui : La Voie Royale.


Ci-dessous : Malraux avec Jacky Kennedy

Note > Crise économique

> 2011 08 12 - Blog Jorion : La révolte sans la solution, par Jérôme Grynpas
Quel individu, quel groupe proposera, au-delà de l'indignation et de la peur, une théorie et une pratique capable de porter un projet novateur ?

Interview Olivier Rey dans le Figaro (Juillet 2016)

FIGAROVOX. - Le langage commun dit «on n'arrête pas le progrès». Est-ce vrai?

Olivier REY. - Ce que désigne ici le mot progrès est le développement technique. Dans un régime capitaliste et libéral, orienté vers le profit, l'appât du gain ne cesse de stimuler ce développement, qu'on appelle désormais «innovation». Réciproquement, toute technique susceptible de rapporter de l'argent sera mise en œuvre.

On pourrait penser que les comités d'éthique contrecarrent le mouvement. Tel n'est pas le cas. Jacques Testart (biologiste ayant permis la naissance du premier «bébé éprouvette» en France, en 1982, et devenu depuis «critique de science», ndlr) considère que «la fonction de l'éthique institutionnelle est d'habituer les gens aux développements technologiques pour les amener à désirer bientôt ce dont ils ont peur aujourd'hui». Ces comités sont là pour persuader l'opinion que les «responsables» se soucient d'éthique, et ainsi désarmer ses préventions. Quand une nouvelle technique transgressive se présente, le comité s'y oppose mais, en contrepartie, avalise d'autres techniques un tout petit peu moins nouvelles ou un tout petit peu moins transgressives. Finalement, les comités d'éthique n'arrêtent pratiquement rien, ils se contentent de mettre un peu de viscosité dans les rouages. Ils ont un rôle de temporisation et d'acclimatation.

Dans le domaine environnemental, il y a aujourd'hui une certaine prise de conscience. Pourquoi cette prise de conscience dans le domaine écologique n'est-elle pas étendue au domaine sociétal?

Le principe de précaution a été détourné de son sens : on l'invoque à tort et à travers pour de simples mesures de prudence ce qui permet de ne pas l'appliquer là où il devrait l'être.

Le lien entre la destruction des milieux naturels et certaines actions humaines est flagrant, ou à tout le moins facile à établir. En ce qui concerne la vie sociale, beaucoup s'accorderont à penser que la situation se dégrade, mais les causes de cette dégradation sont multiples et les démêler les unes des autres est une entreprise ardue. Les initiatives «sociétales» jouent certainement un rôle, mais compliqué à évaluer, d'autant plus que leurs conséquences peuvent s'amplifier au fil des générations et, de ce fait, demander du temps pour se manifester pleinement. Dans ces conditions, il est difficile de prouver les effets néfastes d'une loi et, y parviendrait-on, difficile également de faire machine arrière alors que les mœurs ont changé.

En matière d'environnement, la France a inscrit dans sa constitution un principe de précaution: lorsqu'un dommage, quoique incertain dans l'état des connaissances, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités doivent évaluer les risques et prendre des mesures pour prévenir ce dommage. Ce principe, sitôt adopté, a été détourné de son sens: on l'invoque à tort et à travers pour de simples mesures de prudence - ce qui permet de ne pas l'appliquer là où il devrait l'être. (On parle du principe de précaution pour recommander l'installation d'une alarme sur les piscines privées, mais on oublie son existence au moment de légiférer sur les pesticides ou les perturbateurs endocriniens qui dérèglent et stérilisent la nature.) L'expression «principe de précaution» mériterait de voir son usage restreint aux cas qui le méritent vraiment. En même temps, cet usage devrait être étendu aux mesures «sociétales», dont les effets sur le milieu humain peuvent être graves et irréversibles. La charge de la preuve doit incomber à ceux qui veulent le changement, non à ceux qui s'en inquiètent.

La charge de la preuve doit incomber à ceux qui veulent le changement, non à ceux qui s'en inquiètent.

On parle de plus en plus souvent du clivage entre le «peuple» et les «élites». Qui est à l'origine des lois sociétales? Est-ce la société dans son ensemble, le droit ne faisant que s'adapter, ou sont-ce au contraire les «élites» qui tentent de changer celle-ci par le truchement du droit?

Je suis réservé à l'égard des partages binaires de l'humanité. Par ailleurs, il me semble que le problème central aujourd'hui tient moins à l'existence d'élites qu'au fait que les prétendues élites n'en sont pas. Je veux dire que certaines personnes occupent des places en vue ou privilégiées. Mais il suffit de les écouter parler ou d'observer leur comportement pour comprendre qu'elles constituent peut-être une caste, mais certainement pas une élite! Le risque aussi, à opposer frontalement «peuple» et «élites», est d'exonérer trop vite le peuple de maux auquel il collabore. Par exemple, les électeurs s'indignent à juste titre que ceux qu'ils élisent trahissent leurs promesses. Mais quelqu'un qui serait à la fois sensé et sincère serait-il élu?

Les soi-disant dirigeants dirigent très peu : leur rôle est d'accompagner le mouvement, de le favoriser, d'y adapter la société. C'est le sens, par exemple, du « En Marche ! » d'Emmanuel Macron. En marche vers quoi ?

La vérité est que nous sommes tous engagés dans un gigantesque processus de planétarisation (je préfère ce terme à celui de mondialisation, car ce vers quoi nous allons n'a aucune des qualités d'ordre et d'harmonie que les Romains reconnaissait au mundus, traduction latine du grec cosmos). S'il y avait un partage pertinent de la population à opérer, ce serait peut-être celui-ci: d'un côté les ravis de la planétarisation - en partie pour le bénéfice qu'ils en tirent à court terme, en partie par aveuglement ; de l'autre les détracteurs de la planétarisation - en partie parce qu'ils en font les frais, en partie parce qu'ils voudraient que la possibilité de mener une vie authentiquement humaine sur cette terre soit sauvegardée.

Il est indéniable que ce qu'on appelle aujourd'hui l'élite compte presque exclusivement des ravis de la planétarisation. Cela étant, ces soi-disant dirigeants dirigent très peu: leur rôle est d'accompagner le mouvement, de le favoriser, d'y adapter la société. C'est le sens, par exemple, du «En Marche!» d'Emmanuel Macron. En marche vers quoi? Peu importe, l'important est d'«aller de l'avant», même si cela suppose d'accentuer encore les ravages. Les lois sociétales participent de ce «marchisme». Par exemple, la famille à l'ancienne est un des derniers lieux de résistance au mouvement de contractualisation généralisée. Tout ce qui peut la démantibuler est donc bon à prendre, «va dans le bon sens».

D'où est venu ce processus? Pourrait-il s'arrêter un jour?

« Moi, je suis seul, et eux, ils sont tous »

Dostoïevski

On décrit souvent la modernité comme un passage de l'hétéronomie - les hommes se placent sous l'autorité de la religion et de la tradition -, à l'autonomie - les hommes se reconnaissent au présent comme les seuls maîtres à bord. Un espace infini semble alors s'ouvrir aux initiatives humaines, tant collectives qu'individuelles. Mais libérer l'individu de ses anciennes tutelles, cela signifie libérer tous les individus, et l'amalgame de cette multitude de libertés compose un monde dont personne ne contrôle l'évolution, et qui s'impose à chacun. Comme le dit l'homme du souterrain de Dostoïevski, dans une formule géniale: «Moi, je suis seul, et eux, ils sont tous». L'individu est libre mais, à son échelle, complètement démuni face au devenir du monde. Le tragique est que c'est précisément la liberté de tous qui contribue, dans une certaine mesure, à l'impuissance de chacun. La politique se dissout dans un processus économique sans sujet. Comme l'a écrit Heidegger, nous vivons à une époque où la puissance est seule à être puissante. Ce qui ne veut pas dire que tout le monde soit logé à la même enseigne: il y a ceux qui se débrouillent pour surfer sur la vague, beaucoup d'autres qui sont roulés dessous.

Ce processus est-il maîtrisable par une restauration politique?

La politique ne s'épanouit qu'à des échelles limitées, au-delà desquelles elle dépérit. C'est pourquoi le grand argument qui a été seriné aux Européens a été une pure escroquerie.

Politique vient de polis qui, en grec, désignait la cité. Pour les Grecs, les Perses étaient des barbares non parce qu'ils auraient été ethniquement inférieurs, mais parce qu'ils vivaient dans un empire. La politique ne s'épanouit qu'à des échelles limitées, au-delà desquelles elle dépérit. C'est pourquoi le grand argument qui a été seriné aux Européens, que leurs nations étaient trop petites pour exister encore politiquement et devaient transférer leur souveraineté à une entité continentale, où la politique retrouverait ses droits, a été une pure escroquerie. La politique n'a pas été transférée des nations à l'Union européenne, elle s'est simplement évaporée - à vrai dire tel était, sous les «éléments de langage» destinés à le masquer, le but recherché.

La nation mérite d'être défendue parce que c'est la seule échelle où une vie politique existe encore un peu. En même temps, des nations comme la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni sont déjà trop grandes pour que la politique y joue pleinement son rôle. Dans les années 1850, Auguste Comte déplorait l'unification italienne comme un mouvement rétrograde, et pensait qu'à l'inverse, c'était la France qui aurait dû se diviser en dix-sept petites républiques (soixante-dix en Europe). Selon lui, c'était seulement après s'être ancrées dans une vie à cette dimension que les petites patries auraient été à même de se réunir de façon féconde, afin de traiter ensemble les questions qui outrepassent leur échelle.

Aujourd'hui la Suisse est l'État européen où la démocratie est la plus vivace.

Aujourd'hui la Suisse, avec ses huit millions d'habitants et sa vie cantonale, est l'État européen où la démocratie est la plus vivace. Et historiquement, les cités de la Grèce classique, entre le VIe et le IVe siècle avant notre ère, ainsi que les cités-États italiennes de la Renaissance (Florence comptait moins de 100 000 habitants du temps de sa splendeur) constituent des réussites inégalées, qui montrent qu'en étant ouvertes sur le monde, des patries de petite taille sont capables de resplendir dans tous les domaines.

Le problème est que même si beaucoup de petits États sont préférable à quelques gros, un gros État dispose d'un avantage: il est en mesure d'écraser un voisin plus petit. De là la tendance à la croissance en taille, quand bien même tout le monde, au bout du compte, devrait y perdre.

Le processus inverse est-il possible? Peut-on imaginer que la petitesse devienne la norme?

Il n'y a pas de détresse sur terre qui puisse être soulagée, sauf à petite échelle

Leopold Kohr

L'Autrichien Leopold Kohr (lauréat du prix Nobel alternatif en 1983) demeure malheureusement très méconnu. En 1957, dans son livre The Breakdown of Nations, il écrivait: «Il n'y a pas de détresse sur terre qui puisse être soulagée, sauf à petite échelle. […] C'est pourquoi par l'union ou par l'unification, qui augmente la taille, la masse et la puissance, rien ne peut être résolu. Au contraire, la possibilité de trouver des solutions diminue au fur et à mesure que le processus d'union avance. Pourtant, tous nos efforts collectivisés et collectivisants semblent précisément dirigés vers ce but fantastique - l'unification. Qui, bien sûr, est aussi une solution. La solution de l'effondrement spontané».

Les choses étant ce qu'elles sont, je crains qu'il ne faille en passer par de tels effondrements. Quand je dis cela, je me fais traiter de Cassandre. Je rappellerai toutefois que dans la mythologie grecque, les mises en garde de Cassandre étaient toujours fondées, le problème étant que personne ne la croyait. Ainsi, malgré ses avertissements, les Troyens firent-ils entrer le cheval de bois dans leur ville. On ne peut pas dire que cela leur ait réussi. Par ailleurs, si les effondrements qui se préparent ont de quoi faire peur, car ils engendreront de nombreuses souffrances, la perspective n'est pas seulement négative: ils peuvent aussi être l'occasion pour les peuples d'échapper aux fatalités présentes, et de revenir à la vie

Le capitalisme à l'agonie - Paul Jorion - Fayard - mars 2011

Paul Jorion raconte les limites du système capitalisme. Peut-être le plus mauvais système à l'exception de tous les autres selon Churchill, le Capitalisme est-t'il à l'agonie ? L'auteur parle des banques et décortique certains exemples de disfonctionnement des marchés.

Les allusions à l'histoire sont nombreuses comme celle de la Coulisse. Son analyse s'approfondi par l'évocation des grands penseurs de l'économie comme Marx et Keynes ou de philosophes comme Hegel ou Robespierre.

Anthroplogue de formation, Jorion tire le fil de son analyse jusqu'au bout et s'attaque à la notion de propriété. C'est ce qui pose, en réalité, le plus de problème par rapport à la survie du capitalisme tel que nous le connaissons. L'auteur propose deux remèdes :

  • éliminer, la peudo-solution actuelle au manque de revenus qu'est la substitution du crédit aux salaires, source de fragilisation généralisée du système économique
  • éliminer la fonction parasitaire de la finance qui siphonne la richesse créée pour arrondir des fortunes déjà existantes

Une autre piste de réflexion intéressante est l' idée que les "choses" nous possèdent aussi (la pêche à Houat et à Saint-Molf). C'est ici que la notion de propriété survient : il faut envisager la propriété non pas comme un exercice de la volonté, ....mais plutôt comme la capacité plus ou moins forte que nous avons les uns et les autres de nous laisser "captiver" ou - capturer - par des objets qui nous entourent.

La grande régression - Jacques Généreux - Perrin -

« Durant les vingt premières années de ma vie, j’ai grandi dans un monde où le destin des enfants semblait naturellement devoir être plus heureux que celui de leurs parents ; au cours des trente suivantes, j’ai vu mourir la promesse d’un monde meilleur. En une génération, la quasi-certitude d’un progrès s’est peu à peu effacée devant l’évidence d’une régression sociale, écologique, morale et politique, la « Grande Régression » qu’il est temps de nommer et de se représenter pour pouvoir la combattre.

Car la première force des malades et des prédateurs qui orchestrent cette tragédie est leur capacité à présenter celle-ci comme le nouveau visage du progrès. Et leur première alliée, c’est la perméabilité des esprits stressés. À l’âge de la démocratie d’opinion, les réactionnaires ne peuvent se contenter de démolir l’acquis des luttes passées en faveur d’une vie meilleure pour tous ; il leur faut aussi anesthésier les résistances, susciter l’adhésion ou la résignation de leurs victimes ; ils doivent remporter une bataille culturelle dont l’enjeu est de nous faire aimer la décadence. […]

En dépit des apparences et de son titre, ce livre n’est pas pessimiste ! Il dit au fond que la voie du progrès humain est connue et possible. Il annonce que nous sommes allés à peu près au bout de toutes les impasses des temps modernes. Tant et si bien, qu’au bout de la Grande Régression où nous voilà bientôt rendus, l’humanité devra bien d’une manière ou d’une autre prendre un autre chemin. La seule question est de savoir s’il nous faudra, pour cela, endurer la régression jusqu’à l’effondrement, ou s’il se trouvera des responsables politiques pour offrir enfin une Grande Transformation démocratique et des citoyens mobilisés pour les soutenir. »

Jacques Généreux
Jacques Généreux, professeur à Sciences Po., a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages. Il poursuit ici son travail de refondation de l’analyse politique, économique ou sociale à la lumière de ce que nous savons aujourd’hui sur le fonctionnement des êtres humains, après La Dissociété (Seuil, 2006), et Le Socialisme néomoderne (Seuil, 2009). Le présent ouvrage, plus léger et plus accessible, outre le fait qu’il éclaire le moment charnière où se trouve notre civilisation, constitue aussi une bonne introduction à la pensée originale de l’auteur. Jacques Généreux est également Secrétaire national à l’économie du Parti de Gauche.

Brexit et Trump

Brexit au Royaume-Uni, Trump aux Etats-Unis....Vague de populisme synchronisée ? Qui est le monstre caché derrière ?

Système

Si le capitalisme est le meilleur système à l'exception de tous les autres, il en existe au moins deux variantes principales :

- la version libérale et dure à l'américaine ou anglaise depuis les années 70 (Ecole de Chicago/Milton Friedman qui s'oppose à celle des Keynesiens)

- la version française (ou allemande), plus sociale, (modèle du CNR de l'après guerre) mais qui en entrant dans un système régie par les règles de la première, est à bout de souffle. C'était pourtant un programme qui donnait du sens à la citoyenneté, porteur d'une éthique dans la vie sociale, d'une primauté accordée à l'intérêt général et d'un renforcement des droits de l'homme.

Des choix ont été faits : sous prétexte de libre-échange vertueux, les gouvernements européens ont ouvert leurs pays à tous les systèmes dont certains ne respectent pas les mêmes règles ni les mêmes valeurs ce qui génère une concurrence déloyale et a laminé notre industrie. 

Démographie

L'hédonisme des sociétés occidentales a provoqué une vague d'invidualisme et même l'égoïsme (à ne pas/plus vouloir d'enfants). Les charmes de la chimie dérégulée accélerant les problèmes d'infertilité pour ceux qui en veulent. Résultat, chute de la natalité et choc démographique.

Pour combler le trou, seule solution, faire venir des gens des pays dans lequels les occidentaux (au premier rang desquels les américains mais aussi les français sous Sarkozy et Hollande) nous contribuons à atiser des conflits : les motivations des humanismes naïfs ("on doit accueillir du monde") et les sinistres capitalismes ravis d'avoir de la main pas cher se sont rencontrés. C'est l'une des thèses d'Alain Finkelkraut.

Innovation technique : destruction créatrice

Les vagues d'innovation se succèdent mais elles provoquent des destructions massives d'emplois même si de nouveaux sont créés dans des proportions moindre au moins à court terme. Ce que gagent les uns d'autres le perdre. Cela s'appelle la création destructice (Schumpter a été le premier a théoriser ce constat bien simple). Certains économistes se réjouissent des innovations apportées mais ne veulent pas voir la souffrance des perdants probablement pour des raisons philosophiques ou religieuses (ils le méritent).

Energie

Les milliards de dollars payés par les occidentaux en échange du pétrole ont permi de financer jusqu'à 75 milliards le courant le plus retrograde de l'Islam, le Wahahbisme. Plutôt que revoir sa politique énergétique dès les années 80, l'Occident a préférer créer le monstre Islamique.

Médias

L'émergence d'un nouveau système médiatique dont Internet est le moteur (après le papier, la radio et la TV hertzienne) non régulé et livré au monde de l'argent fait penser à la création d'un ogre médiatique qu'il faut nourrir coûte que coûte pour faire de l'audience. L'impact sur les esprits (temps de cerveau) est tel que les individus deviennent lobotomisés dans une économie pourtant relativement riche et développée. Tout le monde y passe, même les enfants.

Ces médias font venir des pseudo experts qui sont devenus les nouveaux vendeurs de poudres de perlinpinpin qui prospéraient dans le violent Far West. Ce sont les soldats de ces créatures.

Tout ceci montre une absence de vision des leaders français depuis plus de 40 ans. Les personnalités qui avaient émergé des classes moyennes après la WWII ont été remplacées par des héritiers ou 68tards idéalistes. Le mal étant fait, il faudra quelques décennies pour trouver une autre voie.

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CRISE > TOUT VA TRES BIEN MADAME LA MARQUISE

Chanson de 1935  écrite pour se moquer de l'inaction ou l'impuissance des dirigeants européens  quelques années avant la Seconde Guerre Mondiale.

Chantée à trois voix à l'origine, la chanson raconte une conversation téléphonique entre une vieille aristocrate et son valet James qui lui fait part des catastrophes survenues dans son château pendant son absence de deux semaines (de manière antéchronologique, depuis la mort de sa jument jusqu'au suicide de son mari, chacune de ces catastrophes étant la conséquence directe de la précédente, plus grave encore).

Ses auteurs, Charles Bach et Henry Laverne, et son interprète, Ray Ventura, se moquaient par là de l’optimisme forcené que montraient les gouvernements français successifs devant la montée du nazisme. La création des premiers camps de concentration, l’incendie du Reichstag, les lois de Nuremberg… n’inspiraient aucune inquiétude. Il était plus facile de dire que « tout allait bien » ! Cette indifférence française participa à l’enchaînement d’autres événements historiques hors de France, telles la guerre d’Espagne ou l’invasion de la Tchécoslovaquie et de la Pologne. Tout continuait à aller bien en France… jusqu’au 10 mai 1940, où l'on cessa de chanter.

Spéculation financière : sur les traces de Malraux au Cambodge

En 1923, c'est curieusement un coup dur boursier qui a ruiné le jeune couple formé par André et Clara Malraux et les a conduit à organiser un étonnant « vol » de statues dans des temples au Cambodge.


Une ruine financière au Mexique bien étrange

En 1921, alors âgé seulement de 20 ans et tout juste marié à la relativement riche Clara, l'étonnant personnage décide de spéculer avec la fortune de sa femme sur des actions minières au Mexique. Clara le raconte elle-même dans son livre témoignage « Nos vingt ans ». Le mécanisme financier de cette mauvaise affaire est plus simple qu'un CDO mais la ruine est bien réelle.

Difficile d'en savoir plus sur cet étonnant investissement pour un jeune homme de vingt ans. Le Mexique achève une période de révolte de 10 ans (1910-1920) et les tensions entre francs-maçons, membres du gouvernement, et paysans catholiques sont de plus en plus vives et dégénéreront plus tard en guerre des Cristeros. Parallèlement, les tentions sur le marché des devises sont fortes, l'Allemagne devait rembourser ses dettes.

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MARCEL GAUCHET : CRISE DE CROISSANCE (JANVIER 2017)

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