Bulletin macro-économique : septembre 2011

Taux

Les Etats-Unis, l'Europe et le Japon sont acculés face à la crise économique.
Afin de ne pas payer trop d'intérêts sur leurs dettes, leurs banques centrales respectives prennent
le risque de laisser les taux directeurs à des niveaux plancher : au Japon, il y a maintenant plus
de 10 ans, cette stratégie a généré ce qu'on appelle une "trappe à liquidité".

En zone Euro, la BCE a limité le recours à des taux ZERO ce qui n'est pas le cas de la Fed.
Remonter brutalement les taux pourrait déclencher un krach obligataire.
Les obligations étant le principal actif détenu par les assureurs vie.
Cette solution est peu envisageable. Le plus probable est une remontée très lente des taux
sur une période de l'ordre de la décennie.
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Devises

L'appréciation du Franc Suisse par rapport à d'autres monnaie dont l'euros pose de graves
problèmes aux autorités helvétiques. La Banque Centrale Suisse annonce mettre en place
une solution drastique presque inédite : elle fixe un taux planché de 1,2 € pour 1 Franc Suisse
au maximum. Au delà, l'économie suisse est pénalisée à l'exportation. La Banque Centrale Suisse
va donc faire tourner la "planche à billet" pour acheter de l'Euro et faire baisser le Franc Suisse.

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Banques

Déclaration de Madame Largarde. Les banques françaises seraient sous capitalisées. En tout
état de cause les niveaux de valorisation des banques sont anormaux : les décotes par rapport
aux fonds propre atteignent près de 40%. Ce qui veut dire que le marché s'attends, en théorie,
à des pertes colossales pour les prochaines années. Ces niveaux de valorisation ne seraient
pas jugés significatifs si les volumes étaient faibles.

Ce n'est pas le cas mais il se pourrait que les volumes très élevés soient la conséquence
d'aller-retour par les hedge funds ou même de spéculation à la baisse opportuniste ou concertée
s'il s'avérait que certains cherchent à affaiblir la confiance dans les banques françaises.

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Entreprises

Dès la rentrée de septembre, les entreprises doivent tenir compte des mauvaises prévisions
économiques mondiales et de l'accroissement de la pression fiscale en France.

Les profits vont diminuer et les variables d'ajustement seront très faibles.

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Marchés financiers

Actions : à contre courant de la conjoncture macro-économique, les analystes s'attendent à
une nette croissance des résultats des entreprises du CAC 40 :
Ils prévoient environ 94 milliards d'euros de bénéfices récurrents (hors exceptionnels) en 2011.
C'est une hausse de plus de 9 % par rapport à 2010 et anticipent 104 milliards en 2012,
(proche du record de 2007 à 106,5 milliards.

Il y a donc une décorrélation majeure entre les anticipations des entreprises et des analystes
avec les cours de bourse
au 1 septembre. Deux possibilités :

  • les analystes n'ont pas encore corrigé des prévisions éventuellement trop optimistes
  • les marchés ne reflètent plus correctement les anticipations de profit : les gérants actions sont

vendeurs et préfèrent garder du cash pour leurs clients

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Immobilier

C'est la seule catégorie d'actif peu volatile. Avec un déficit de logements en France,
les ventes de logements s'effondrent au S1 2011. Le prix sont trop élevés pour les accédants
et les investisseurs sont attentistes. Ils avaient raison car les mesures annoncées en août
sont négatives à court terme. Les promoteurs réalisent au moins 2/3 de leurs ventes
dans le cadre des avantages fiscaux Scellier. Les jeunes ménages, à condition de ne
pas trop souffrir de l'hausse du chômage et de l'inflation, devraient revenir progressivement
si les banques prêtent toujours autant. Les deux prochaines années vont être difficiles pour
les secteurs de la promotion et de la construction.

Les mesures prises par le gouvernement fin août devrait provoquer une forte augmentation des mises en vente
de logements destinés à la location et éventuellement de résidences secondaires. La méfiance vis à vis des
établissements bancaires pourrait entraver ce mouvement
. La demande étant pénalisée par la crise économique,
une baisse moyenne des prix peut être anticipée mais avec de nombreuses exceptions selon les quartiers et
le type de bien. Le prix des biens pour "riches" devraient peu baisser.

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Ménages

Le niveau d'inquiétude et de confiance va se rapprocher de celui de l'automne 2008. Les mauvais
chiffres du chômage, l'inflation, l'endettement excessif de certains états, la chute des marchés
financiers ne sont pas de nature à rassurer. On peut donc s'attendre à une grande frilosité
de la part des ménages. Une crise de confiance et de défiance vis à vis des dirigeants
politiques, économiques et médiatiques s'annonce de semaines en semaines.
La perte de crédibilités de nombreuses élites pourrait cette fois ne pas se résorber.
Les élections 2012 seront des élections "sanctions".

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Matières premières

La crise de confiance dans le dollar ou l'euro et les autres catégories d'actifs habituels
(actions et obligations) provoque une ruée vers des actifs tangibles et rares comme
les matières premières. A moins d'être substituable, les matières premières seront
toujours recherchées. La Chine s'empare progressivement des terres rares de la planète.
On ne peut pas exclure que certaines nations s'intéressent à certaines matières
premières sur la Lune.

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Etats

Les Etats affrontent une situation de plus en plus critique depuis les années 73-76, années
des premiers chocs pétroliers. Ensuite l'arrivée de l'informatique puis d'Internet ont permis
de booster les économies occidentales. Mais une mauvaise répartition des richesses,
un endettement excessif, beaucoup de gaspillage et l'émergence de nouvelles puissances
commence depuis le début des années 2000 a amoindrir les marges de manoeuvre des
Etats occidentaux (y compris celui du Japon).

La seule solution est de s'impliquer dans des discussions autour de la gouvernance mondiale
(G20, FMI) et de limiter la casse sociale autant que faire se peut. Les niveaux de vie des pays
touchés devrait leur permettre de mieux résister que les pays fragiles africains ou asiatiques par exemple.

Malgré plusieurs séries de réunions multilatérale les Etats européens ne parviennent pas à trouver
de solutions capables de rassurer les marchés
. Les marchés sont volatils et victimes de la spéculation.
Il n'en demeure pas moins que les Etats sont confrontés à un dilemme : renflouer leurs caisses
sans croissance tout en sachant que les coupes dans les dépenses amoindriront la croissance encore plus :
en effet la majorité des ménages ne possède finalement que peu d'épargne, n'est pas propriétaire
et pense devenir vulnérable par rapport au chômage. *Conclusion, ces ménages vont épargner au lieu de
consommer*. Leur priorité sera de rembourser leur dette.

Il n' y a donc pas solutions et il est illusoire de croire que l'on peut toujours gagner plus
ou que l'on peut vivre à crédit indéfiniment.

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