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Les forces armées permettent d'agir sur le mode offensif ou défensif. Pas d'armée sans technologie et donc sans industries de pointe : télécommunications, aviation, balistique, etc.


Les grandes guerres de type Napoléoniennes ou de tranchés n'existent plus mais l'infanterie et les combats urbains demeurent nécessaires (Irak) dans certains conflits. Les missions des armées se concentrent sur des opérations antiterroristes et de protection de sites stratégiques. L'expansion du terrorisme implique néanmoins un renforcement d'un rôle défensif de proximité (Sentinelle en France). 

Les européens disposent d'armées de quelques centaines de milliers d'hommes au maximum à comparer à 3 millions d'hommes en Russie . Seuls les grandes nations industrielles disposent du matériel nécessaire pour intervenir à l'étranger : Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France et qui disposent d'un siège au conseil de sécurité de l'ONU.

Les armées montrent des capacités d'adaptation élevées face aux changements politiques, aux évolutions des technologies (drône) et aux différentes situations opérationnelles sur le terrain (climat, profil de l'adversaire) tout en mainenant l'adhésion des troupes. Les Etats, institutions ou même les entreprises peinent à arriver aux mêmes résultats. 

L'un des pouvoirs les plus "anciens" des Etats, en lien presque inverse avec celui de la force armée, celui de la diplomatie. Pour beaucoup de pays, diplomatie signifie relations et représentation dans d'autres pays. Pour quelques pays comme les Etats-Unis, la France ou la Grande, c'est autre chose. C'est s'organiser pour non seulement défendre ses intérêts mais aussi influencer, voir manigancer, conspirer pour de bonnes ou mauvaises raisons. Faut-il imposer une idéologie démocratique occidentale aux autres pays ou bien les laisser parfois sombrer dans le chaos, qui à payer cher les problèmes engengrés ? 
Les Etats se retrouvent au service d'un système de libre échange, poussé par l'idéologie libérale ? Le [commerce international] serait source d'enrichissement pour tous. Surtout pour quelques uns des "tous".


Ad augusta per angusta

Préambule Armée & Intelligence

Les américains qui donnent le la dans les relations internationales depuis la fin de la Guerre Froide sont de plus en plus contestés par leurs propres alliés : la Guerre d'Irak de 2003 fût la goute d'eau faisant déborder un vase déjà bien (guerre économique nottament, manipulations de l'Europe, etc). Mais curieusement ces mêmes américains (ou pas justement) ont apporté au monde entier Internet depuis les années 1990. Si Internet, qu'ils contrôlent, leur donne une nouvelle forme d'hégémonie, il s'avère un outil fédérateur à leurs opposants. A priori les Etats-Unis et la Chine disposent d'une très forte homogénéité (sauf le Tibet pour la Chine). Les deux superpuissances ont intérêt à "saboter" la puissance de leurs challengers (Russie, France et même Royaume-Uni) en organisant les divisions tout en évitant l'implosion (casser les Etats concurrents en alimentant les révendications d'autonomistes : Catalogne, Ecosse, Kurdistan, Pays-Baltes, Ukraine, ex Républiques Soviétiques, anciennes colonnies françaises, Irlande.  

Un monde moins meurtrier

Les dépenses militaires ont fortement diminué depuis la première période de la guerre froide (entre 5% et 6% du PIB jusque dans les années 1970 à 2% lors de la dernière décennie selon les statistiques de la banque mondiale). En 2017, les forces armées mondiales comprennent 28 millions de militaires.
 
Un monde devenu moins meurtrier par les guerres mais dans lequel la violence remplie l’espace médiatique.
L’économiste anglais, Max Roser, de l’université d’Oxford a minutieusement construit un graphique qui présente le taux de mortalité global de la guerre au cours des 600 dernières années. Chaque cercle représente un conflit (de 1400 à 2000). Leur taille correspond au nombre absolu de décès (militaires et civils), tandis que leur position le long de l’axe vertical représente le taux de mortalité, et à l’horizontale quand le conflit est apparu. Les lignes rouges représentent les décès de militaires et civils, tandis que la ligne bleue (qui apparait seulement après la Seconde Guerre mondiale) représente uniquement les décès militaires. Conclusion, depuis 1946, le monde devient moins violent de manière spectaculaire.

Nombre de morts dans des conflits depuis 1946

Alain Chouet - DGSE sur Al Qaeda

http://videos.senat.fr/video/videos/2010/video3893.html

L'ancien responsable résume clairement ce qu'il pense de l'existence d'Al Qaeda et de sa disparition entre 2002 et 2004. Il revient sur les causes ayant conduit à l'émergence de ce mouvement notamment à partir d'une révolte de la jeune bourgeoisie d'Arabie Saoudite contre les Princes soutenus par les Américains pour des raisons économiques (le pétrole). Cette bourgeoisie s'est égarée et a utilisé maladroitement un catalyseur, les Frères Musulmans d'Egypte.

Selon Monsieur Chouet, le risque est que Al Qaeda ait donné naissance à d'autres micro mouvement terroristes pouvant passer à l'acte par le moyen des "Lone Wolf" (Loups solitaires).

Aux Etats-Unis, les dernières commissions publique des responsables des services américaines pense le contraire et que Al Qaeda, très active, prépare un coup pour les 6 prochains mois sur le territoire américain.

Alain Chouet (né le 24 août 1946 à Paris) est un officier de renseignement français, coauteur de plusieurs ouvrages concernant l'islam et le terrorisme.

Diplômé de l'École des langues orientales (arabe), titulaire d'une maîtrise de droit (Paris II) et d'un diplôme d‘études supérieures de sciences politiques (Paris II).

Il est envoyé comme secrétaire à l'ambassade de France à Beyrouth (1974-1976), puis à Damas (1976-1979). À Paris, il est nommé chef du bureau de coordination des recherches et opérations anti-terroristes (1980-1985), puis est chargé de mission à l‘ambassade de France à Rabat (Maroc).

Il fait une première incursion dans le renseignement comme conseiller technique sur les affaires touchant à l'islam et au terrorisme auprès du directeur du renseignement (1996-1999). Il est nommé chef du Service de renseignement de sécurité en 2000-2002.

Il est chercheur associé à l'European Security Intelligence and Strategy Center, chargé de conférence au Diplôme universitaire d‘études des menaces criminelles contemporaines, Université de Paris II.

Les 30 ans de la création du CAP, Centre d'Analyse et de Prévisions

Le Centre d'Analyse et de Prévision (C.A.P.) a été créé en juillet 1973 par Michel Jobert, Ministre des Affaires étrangères, qui lui a donné les finalités et principes de fonctionnement qui régissent son action jusqu'à aujourd'hui. Son existence officielle date de l'arrêté du 2 avril 1974. Relevant depuis sa création directement de l'autorité du Ministre, il assure en toute indépendance les missions suivantes :

  • analyser l'environnement international, à la fois sous l'angle régional et thématique, en apportant un regard transdisciplinaire et prospectif ;
  • présenter au Ministre, à sa demande ou spontanément, des recommandations ou options politiques stratégiques, en particulier lorsqu'il s'agit de choix à moyen terme ou couvrant des secteurs multiples de la politique extérieure ;
  • assurer une présence française dans les cercles de réflexion et de débat européens et internationaux, directement ou en favorisant l'implantation de chercheurs français ;
  • apporter une aide à la réflexion sur l'adaptation du dispositif diplomatique français aux enjeux européens et internationaux, notamment sous l'angle de l'organisation, de la formation, etc.

Huit responsables ont dirigé le Centre depuis sa création : Thierry de Montbrial (1973-78), Jean-Louis Gergorin (1979-84), Philippe Coste (1984-89), Jean-Marie Guéhenno (1989-1993), Bruno Racine (1993-95), Gilles Andréani (1995-99 et 2002-2004), Michel Foucher (1999-2002) et, depuis janvier 2005, Pierre Lévy.

A l'occasion des 30 ans du centre, un colloque avec de nombreux s'est déroulé sous la présidence de Michel Barnier. Les débats dont les retranscriptions ont été publiées sont très riches d'enseignement sur les sujets qui préoccupaient les diplomates français pendant la guerre froide. Ils évoquaient notamment la "troisième" puis "quatrième" guerre mondiale. Ils échangent aussi sur l'arrivée au pourvoir de ceux qu'on appelle les néo-conservateurs aux Etats-Unis.

Choc des civilisations selon Hungtinton : une vue de L'esprit ou réalité ?

Les traités

Westphalie
Les traités de Westphalie (ou paix de Westphalie) conclurent la guerre de Trente Ans et la guerre de Quatre-vingts ans le 24 octobre 1648. Ils sont à la base du « système westphalien », expression utilisée a posteriori pour désigner le système international spécifique mis en place, de façon durable, par ces traités.
Les décisions remodèlent l'Europe pour de longues années.
Saint-Empire Romain Germanique (fin en 1806) : L'Empire se trouva ainsi morcelé en 350 petits États, sonnant le glas de la puissance des Habsbourg. Le traité a également érigé par là l’État-nation souverain comme socle du droit international, mettant fin (en théorie) au droit du plus fort. Ce fut une nouvelle conception de la souveraineté.

Versailles
Le traité de Versailles est un traité de paix signé le 28 juin 1919 entre l'Allemagne et les Alliés à l'issue de la Première Guerre mondiale.
Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité fut signé le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles et promulgué le 10 janvier 1920. Il annonça la création d'une Société des Nations(SDN) et détermina les sanctions prises à l'encontre de l'Allemagne et de ses alliés. Celle-ci, qui n'était pas représentée au cours de la conférence, se vit privée de ses colonies et d'une partie de ses droits militaires, amputée de certains territoires et astreinte à de lourdes réparations économiques.

Sèvres
Le traité de Sèvres, conclu le 10 août 1920 à la suite de la Première Guerre mondiale entre les Alliés et l'Empire ottoman, est un traité réalisé durant un contexte de guerre civile initié par le sultan Mehmet VIenvers le gouvernement provisoire nationaliste turc. Il est destiné à mettre en application les décisions relatives aux territoires ottomans prises lors de la conférence de San Remo, s'inscrivant dans la suite des accords secrets Sykes-Picot. Le territoire devait être partagé en zones d'influence au profit des Alliés, mais aussi des minorités kurdes et arméniennes1. Il ne fut jamais ratifié par l'ensemble de ses signataires et, provoquant en Turquie un sursaut national autour de Mustafa Kemal Paşa, aboutit à la chute de l'Empire ottoman, à la proclamation de la République turque et à la négociation d'un nouveau traité plus avantageux pour celle-ci : le traité de Lausanne.

OTAN : l'article 2 du traité de l'Atlantique Nord

Article 2
Les parties contribueront au développement de relations internationales pacifiques et amicales en renforçant leurs libres institutions, en assurant une meilleure compréhension des principes sur lesquels ces institutions sont fondées et en développant les conditions propres à assurer la stabilité et le bien-être. Elles s'efforceront d'éliminer toute opposition dans leurs politiques économiques internationales et encourageront la collaboration économique entre chacune d'entre elles ou entre toutes.

Guerre économique justifiée

Article 5

Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord.

Toute attaque armée de cette nature et toute mesure prise en conséquence seront immédiatement portées à la connaissance du Conseil de Sécurité. Ces mesures prendront fin quand le Conseil de Sécurité aura pris les mesures nécessaires pour rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.

Article 6 ¹

Pour l'application de l'article 5, est considérée comme une attaque armée contre une ou plusieurs des parties, une attaque armée :
- contre le territoire de l'une d'elles en Europe ou en Amérique du Nord, contre les départements français d'Algérie, contre le territoire de la Turquie ou contre les îles placées sous la juridiction de l'une des parties dans la région de l'Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer;
- contre les forces, navires ou aéronefs de l'une des parties se trouvant sur ces territoires ainsi qu'en toute autre région de l'Europe dans laquelle les forces d'occupation de l'une des parties étaient stationnées à la date à laquelle le Traité est entré en vigueur, ou se trouvant sur la mer Méditerranée ou dans la région de l'Atlantique Nord au nord du Tropique du Cancer, ou au-dessus de ceux-ci.

1 La définition des territoires auxquels l'article 5 s'applique a été modifiée par l'article 2 du Protocole d'accession au Traité de l'Atlantique Nord de la Grèce et de la Turquie, signé le 22 octobre 1951

L'Europe

Mieux valait commencer par Erasmus que par la CECA....

1. Les Empires : une collectivité veut la suprématie (Charlemagne, Romains, Egyptiens) mais il finit par s'écrouler

2. L'Europe des nations ; chacune cherche la suprématie, et se livre à la Guerre dans l'histoire de l'Europe

Les modèles 1 et 2 sont-ils pérennes ?

3. Espèce d'addition, d'agréation, de conglomérat avec beaucoup de défaut mais qui protège quand même des bellicismes


Général Vincent Desportes sur les américains (LE FIGARO)

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Donald Trump considère qu'Obama est le fondateur de Daech et Hillary Clinton sa cofondatrice. Pour le Général Vincent Desportes, les Etats-Unis dans leur ensemble ont une responsabilité, et plus particulièrement George W. Bush.

Saint-cyrien, ingénieur, docteur en Histoire et ancien directeur de l'Ecole de guerre, le général de division Vincent Desportes est aujour d'hui professeur associé à Sciences Po Paris et enseigne la stratégie à HEC. Son livre La dernière bataille de France est paru fin 2015 aux éditions Gallimard.


FIGAROVOX. - Donald Trump a fait polémique cette semaine polémique en déclarant que Barack Obama était le fondateur de l'Etat islamique et qu'Hillary Clinton en était la cofondatrice. Comment comprenez-vous ces propos?
Général Vincent DESPORTES. - Je pense que Donald Trump répète ce que les républicains disent largement de Barack Obama. L 'actuel président serait parti précipitamment d'Irak en 2010, ce qui aurait accéléré très fortement la croissance de l'Etat islamique. C'est vrai que la chute de Mossoul en 2014 est postérieure de quelques mois au départ des troupes américaines. Les républicains de manière générale pensent que George W. Bush n'est absolument pas fautif dans le chaos du Moyen-Orient et que c'est Barack Obama qui l'est.

Auditionné devant le Sénat en 2014, vous aviez déclaré à propos de Daech: « Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce m onstre ? Affirmons -le clairement, par ce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis . Par intérêt politique à court terme, d'autres acteurs - dont certains s'affichent en amis de l'Occident - d'autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les Etats-Unis »? Maintenez-vous ces propos?


Oui, absolument, mais je veux que mes propos soient bien compris, avec sérieux. Il ne s'agit évidemment pas de théorie du complot.

L 'équipe de George W. Bush et les républicains ont rejeté massivement la faute de la destruction du Moyen-Orient sur Barack Obama alors qu'ils en étaient évidemment à l'origine. Ne pouvant justifier leur action qui s'est faite sur un motif qui s'est avéré faux - les armes de destruction massive, ndlr. -, les républicains considèrent que cette intervention militaire était de toute façon une bonne chose car la démocratie qu'ils «espéraient» tous pour l'Irak aurait pu naître si Obama n'était pas parti trop tôt.
C'est évidemment faux. Je ne peux pas savoir exactement ce qu'aurait changé le maintien des troupes américaines, mais, de toute façon, ce n'était politiquement pas possible pour les Américains de rester encore très longtemps, quel que soit le président qu'ils auraient choisi.
Celui qui porte la faute la plus grave, c'est évidemment George W. Bush et son équipe de «néocons» composée notamment par Donald Rumsfeld, Dick Cheney et Paul Wolfowitz. C'est eux qui portent une responsabilité accablante dans l'actuelle destruction du Moyen-Orient et dans l'exacerbation de l'antagonisme entre les chiites et les sunnites. Cet antagonisme existait évidemment avant, mais d'ailleurs, ni vous ni moi ne le percevions. Il faut citer le très mauvais contrôle qui a été exercé sur la personne de Nouri al-Maliki quand il est devenu le Premier ministre irakien en 2006. Il faut citer encore la faute historique de Paul Bremer, administrateur provisoire de l'Irak de 2003 à 2004, qui a expurgé tous les anciens baasistes de l'administration et qui a fait s'effondrer l'Etat irakien. Il a aussi commis une faute absolument majeure en rejetant tous les anciens militaires sunnites en dehors de l'Armée. C'est ainsi lui qui a créé par sa décision le facteur militaire de la création de Daech. La responsabilité des Etats-Unis est ainsi profonde et première. Que Paul Bremer ait pris ces décisions de bonne foi, c'est possible, mais cela n'ôte rien à la question de la responsabilité historique terrible des Etats-Unis dans le désordre du Moyen-Orient. A partir de là, il est de leur responsabilité morale de s'engager à réparer cette erreur, qu'ils soient républicains ou démocrates. Que les Républicains et les Démocrates se rejettent la faute l'un sur l'autre ne sert strictement à rien.

Les Etats-Unis en Syrie ne continuent-ils pas à nourrir le «monstre» puisqu'il leur a fallu beaucoup de temps pour ne plus soutenir le front al-Nosra?

On est là devant le problème compliqué qui est celui d'Assad. Ce qui est vrai, c'est que les Américains, et les démocrates en particulier, ont une vision moralisante des relations internationales. On l'a bien vu en Afghanistan où il a fallu attendre 2008/2009 pour commencer à parler avec les Talibans. Les Américains depuis de nombreuses années n'ont pas une vision réaliste et font de l'anti-Kissinger en permanence.
Tant que vous ne comprenez pas que le monde est d'abord le résultat des rapports de force, tant que vous vous appuyez uniquement sur des principes moraux auto-proclamés, vous refusez la réalité du monde et vous devenez incapable de mener une politique étrangère. Les principes moraux sont importants parce qu'ils correspondent à des valeurs qui sont les nôtres, mais il faut comprendre qu'il ne s'agit pas de valeurs universellement partagées. Sinon, ça se saurait et l'Afghanistan et l'Irak vivraient en démocratie.
La grande difficulté est de déterminer quel est le bien principal ou inversement l'ennemi principal. Or, l'ennemi principal, c'est évidemment Daech dans la mesure où Bachar al-Assad n'a jamais menacé ni les Etats-Unis ni la France. C'est la vision moralisante des relations internationales qui empêche de désigner Daech comme l'ennemi principal et qui fait que l'on a eu tendance aussi en Syrie à nourrir le «monstre» en le désignant mal.
Et la France?

C'est bien en effet de parler des Etats-Unis, mais ce serait encore mieux aujourd'hui de parler de la France car la première cible occidentale de Daech n'est pas Washington. C'est la France et la France ne fait rien. Elle se place dans le sillage des Etats-Unis qui se refusent à assumer leurs responsabilités et à s'engager de manière sérieuse contre l'Etat islamique. Nous sommes engagés, nous avons vu récemment les bombardements tragiques dans la ville de Manbij au Nord de la Syrie. Mais nous sommes engagés qu'à moitié. Les Etats-Unis aussi d'ailleurs. Nous nous refusons à mener une politique étrangère autonome alors que l'Europe pourrait le faire.

L 'Allemagne est aussi victime de Daech et d'autres pays européens le seront à l'avenir. Nous demeurons dans le suivisme européen vis-à-vis des Américains, qui n'apportent pourtant rien de bon. Nous avons suivi les Américains en Afghanistan et ce fut une faute majeure. Nous les suivons aujourd'hui dans leur semi-intervention et nous voyons bien que ce n'est pas une solution pertinente.

Quel rôle pourrait jouer Paris?

Face à Daech, en dehors des actions en amont qui sont d'ailleurs les plus importantes reconstruction de la société française -, la seule solution serait de terroriser les terroristes et nous en avons les moyens. Nous nous laissons terroriser par eux en ne faisant que nous défendre. Comme chacun sait et Renaud Girard le rappelait avec justesse récemment dans L e Fig a r o : l'épée a toujours un coup d'avance sur la cuirasse. C'est l'histoire du monde. Défendre ne suffit pas. Nous avons une armée pour terroriser les terroristes. Notre budget n'est pas assez important, mais nous pouvons rapidement l'augmenter. Nous avons les équipements nécessaires pour aller conduire des raids dans la profondeur en utilisant notamment nos hélicoptères de combat pour frapper Daech au cœur. Ça fait longtemps que Daech ne craint plus les bombardements, il faut donc mener intelligemment des opérations au sol.
Il est assez étonnant de voir que dans cette guerre, nous n'utilisons pas nos soldats ou en tout cas, nous les utilisons à contre-sens en les déployant sur le territoire national. Ce ne sont pas les quelques canons d'artillerie que nous fournissons à l'armée irakienne qui vont changer la donne. En revanche si au sein de la coalition internationale, un certain nombre d'acteurs - en premier lieu la France - faisaient la guerre et ne se contentaient pas d'envoyer un porte-avions dans le Golfe, ce qui n'a aucun effet, les choses pourraient évoluer. Je ne dis pas que le problème de Daech serait entièrement réglé par le feu que nous porterions en Syrie et en Irak, mais en tout cas, il faut le faire.

Quant à notre territoire national, il faut enfin des mesures de sécurité adaptées pour que le double échec de l'Etat qui s'appelle le Bataclan et Nice soit pris en compte sérieusement. Il faut pour cela aller au-delà des effets de manche de l'exécutif en place.

Moyen-Orient : la carte américaine (Ralf Peters 2006)

Une vision proposée par l'ancien militaire américain Ralf Peters en 2006. Une remise en cause des accords Sykes-Picot.

Relations franco américaines et Mitterrand

Le dernier Mitterrand par Georges-Marc Benhamou

Cet ouvrage a également été adapté au cinéma par le réalisateur Robert Guédiguian sous le titre Le Promeneur du Champ-de-Mars où Michel Bouquet joue le rôle du président.

Autre extrait du livre le dernier Mitterrand mais sur l'Europe cette fois :

"En fait je suis le dernier des grands présidents". 

Il me dit ça vite, dans un mélange de pudeur et de grandiloquence. Comme s'il craignait que je le prenne pour un vieux fou, il tente de rationaliser l'aveu qu'il vient de me faire : 

"Enfin, je veux dire le dernier dans la lignée de De Gaulle. Après moi, il n'y en aura plus d'autres en France… À cause de l'Europe… À cause de la mondialisation..."

L’université al-Imam en Arabie Saoudite

L’université al-Imam est une véritable citadelle islamique, où se sont formés des «  soldats de Dieu  » de toutes nationalités.

Pendant longtemps, ni l’armée ni la police n’ont été autorisées à y pénétrer. Vaste complexe situé à la périphérie de la capitale, son accès est strictement contrôlé par des gardes privés fortement armés. Vu de l’extérieur, ses hauts grillages, sa salle de contrôle et de surveillance ultramoderne installée au sommet de son château d’eau, ses systèmes de sécurité impressionnants lui donnent davantage l’aspect d’une prison ou d’un camp militaire que d’une université. Les étudiants étrangers savent que le ministère de l’Intérieur saoudien les surveille étroitement. Et de plus, «  les étudiants disposent de leur propre système de renseignement et s’épient entre eux, nous a confié un agent français. Ils observent comment chacun est habillé et dénoncent la moindre déviance qui ne serait pas conforme au code islamique. Pas question, par exemple, d’aller manger en cachette un hamburger chez MacDonald’s, symbole de l’Amérique  ». Entre eux, les étudiants étrangers vivent dans une ambiance paranoïaque et de complot.   À la fin des années 2000, un agent des services français a échappé miraculeusement à un attentat à Riyad. Il avait l’habitude de garer sa voiture devant chez lui. Mais un jour, son voisin allemand utilisa sa place de parking et vit sa voiture soufflée par une explosion. L’espion français comprit vite que c’était lui qui était visé. Il mena l’enquête et découvrit que l’attentat avait été organisé par un Français converti. Arrêté, celui-ci croupit encore dans une prison du royaume. Combien de Français se sont-ils «  égarés  » au pays d’Allah  ? Après une longue attente, spontanément, au printemps 2015, le ministre saoudien de l’Éducation a informé l’ambassade de France à Riyad de la présence de 94 étudiants français, dont 70 inscrits dans des universités islamiques. Depuis, Paris a demandé avec insistance une liste nominative… En vain. Les autorités françaises l’attendent encore  ! Dans ce domaine, la coopération franco-saoudienne montre ses limites même si, officiellement, elle est excellente. «  Il existe des échanges d’informations entre les services de renseignement français et saoudiens, précise une source sécuritaire. Mais les Saoudiens peuvent dire ce qu’ils veulent.  »

ARMEES : UN MONDE MOINS VIOLENT


En 1973,  le 9 avril pendant la nuit, des hommes de la sayeret matkal, unité d'élite des forces spéciales israëliennes) dirigée par Ehud Barak, futur premier ministre d'Isräel, débarquent en canots pneumatics sur une plage du sud de Beyrouth au Liban. Objectif : liquider plusieurs membres de l'OLP. Cette opération "Printemps de la jeunessse" menée par les israëliens est l'une des plus célèbre de l'histoire des services secrets,  au cours de laquelle Ehud Barak,  était déguisé en femme tout en étant armé jusqu'aux dents [X]. Cette opération faisait partie d'un plan plus global destiné à venger les morts de la prise d'otage pendant les JO de Munich quelques mois auparavent. Dans le renseignement, comme partout, l'agilité et la capacité d'adaptation sont très recherchés. Politique, technologie, rapports humains et physiques, langues étrangères, les qualités à mettre en oeuvre sont nombreuses. Les enjeux sont à l'échelle des grandes puissances : le pouvoir, la sécurité, les ressources énergétiques.

Moins de violence

Les statistiques montrent que les morts violentes diminuent significativement depuis la deuxième guerre mondiale. Les chiffres sont corrélés aux nombres de conflits observés en net recul. C'est une bonne nouvelle. Elle cache d'autres formes de violences en augmentation comme les morts par balle liées au trafic de drogue, des attentats spéctaculaires revendiqués par des islamistes mais aussi la violence psychologique. Les medias propagent des images violentes amplifiants le sentiment d'insécurité.
Les dépenses militaires doivent-elles augmentées ? ou diminuées ? Qui sont les marchands de canon ?


Les théories géopolitiques : complots ou pas
Comment faire l'Europe tout en maintenant des services de renseignements nationaux ?


Notes


Bibliographie

Au coeur des services spéciaux, Alain Chouet, Editions La Découverte, 2013
L'Oeil de Washington, Fabrizio Calvi, Thierry Pfister, Albin Michel, 1997
Les services secrets chinois, De Mao à nos jours, Roget Faligot, Nouveau Monde Poche, 2010
Les guerriers de l'ombre, Jean-Christophe Notin, Tallandier, Juin 2017
Les tueurs de la République, Vincent Nouzille, Janvier 2015
Interpol, Policiers sans frontières, Laurent Greilsamer, Fayard, Février 1997
L'influence ou les guerres secretes, De la propagande à la manipulation, Eric Delbecque, Vuibert & INHESJ, Novembre 2011
Le commando secret (secret soldier), Colonnel Moshe Betzer, Plon, 1995

[X] il portait des soutiens gorges assez amples pour mettre de grenades p116

Début des années 80, les services israéliens utilisaient déjà Promis notamment pour contrôler les Palestiniens des territoires occupés. Il suffit d'interconnecter les fichiers de compagnies des eaux, du téléphone, des banques, pour lire, heure par heure, la trace électronique laissé par un individu.
Si la consommation d'eau et d'électricité d'un foyer augmente soudain, cela peut signifier qu'il y a des invités. Promis peut aussi vérifer les chutes de consommation pour savoir qui s'est absenté.
C'est Rafi Eiten qui était en charge des relations avec les founrnisseurs américains.

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