RICHESSES > ENVIRONNEMENT

> ENVIRONNEMENT 

Premier constat avec l'environnement : il est planétaire et donc malheureusement, il ne colle pas du tout avec la réalité comptemporaine des systèmes d'organisation humains : les Etats et leurs systèmes juridiques. Il porte aussi très mal son nom. Car notre environnement laisse penser qu'il ne nous concerne pas (aux environs, autour...) alors qu'il est central. Le terme Biosphère serait plus approprié.

Le caractère précieux de l'environnement n'est jamais ressorti comme un enjeu dans l'histoire de l'humanité malgré les alertes des scientifiques auprès des décideurs dès la fin des années 70 [1]. Mais depuis 15 ans, disons que c'est à partir de la diffusion du film d'Al Gore, Une vérité qui dérange sorti en 2006 que la prise de conscience s'est amplifiée. 

Plusieurs phénomènes comme la croissance démographique accompagnée une élévation du niveau de vie moyen par habitant calé sur celui de l' "american way of life" des années 80, et la prise de conscience de la rareté de la planète, forcent les mentalités à évoluer. 

Malgré de bonnes raisons de croire que la vie biologique simple est répandue dans l'Univers (la NASA avoue à demi-mot qu'il y a bien de la vie au niveau bactérien sur Mars), rien ne prouve (encore ?) que des planètes habitables comme la Terre existent pour accueillir des vies intelligentes.

Les raisons de croire à une intentionalité dans l'évolution de l'univers, mais également de la vie biologique existent. La complexité orgnisée de l'Univers par des constantes mathématiques (comme le nombre Pi) laisse penser qu'il y a de la cohérence, de l'intelligence à trouver, à décoder, dans tout : des astres, des créatures vivantes et jusqu'à peut-être nos modes d'organisation. Il faut donc bien comprendre notre environnement et comment utiliser ce qu'on en retire, les [matières premières], car nous sommes dépendants de lui pour nos besoins fondamentaux (nourriture et énergie).

[1] Voir le livre Perdre la Terre, Nathaniel Rich, Editions Seuil/Editions du sous-sol 2018 qui fait ressortir les nombreux échanges entre scientifiques, industriels et politiques aux Etats-Unis depuis le début des années 50. Une revisite de l'histoire intéressante, romancée mais critiquable car sans réelle analyse de la qualité des échanges scientifiques (fiabilité des travaux). Lire critique Sylvestre Huet [ici].

Risques : éruption solaire

Figaro 2012

Un orage géomagnétique géant pourrait provoquer des milliards de dollars de dégâts. Dans un article publié  dans Nature, l'astronome Mike Hapgood appelle le monde à s'y préparer.

Il peut arriver que le ciel nous tombe sur la tête. Cela s'est déjà produit en mars 1989, en mai 1921 ou encore en 1859 et cela peut recommencer… demain. Sans crier gare.

Inconnus du grand public, ces cataclysmes naturels qui, contrairement aux séismes, aux éruptions volcaniques ou aux inondations, n'engendrent aucune perte en vies humaines, peuvent provoquer un véritable désastre en mettant hors service les réseaux de distributions électriques sur de larges portions du territoire pendant un temps indéterminé. Privée d'ordinateurs, d'Internet, de GPS (indispensable pour dater les transactions bancaires), de satellites de télécommunications, notre économie, de plus en plus dépendante de ces nouvelles technologies, serait quasiment à l'arrêt.

Brutales sautes d'humeur

Les responsables de ces scénarios d'apocalypse sont bien connus des astronomes. Il s'agit d'orages géomagnétiques provoqués par des éruptions solaires d'une violence inhabituelle. Lors de ces brutales sautes d'humeur, le Soleil relargue d'énormes quantités de particules ionisées à haute énergie capables de traverser la magnétosphère terrestre, le bouclier qui protège notre planète de ces rayons cosmiques particulièrement délétères. Lesquels sont également à l'origine du magnifique spectacle des aurores boréales visibles près des pôles.

Les 13 et 14 mars 1989, au Québec, le plus violent orage magnétique, ou tempête solaire, survenu depuis des décennies a privé d'électricité 5 millions de personnes pendant neuf heures et provoqué des dégâts évalués à 2 milliards de dollars. Aux États-Unis, un important transformateur électrique fut entièrement détruit. Même chose au Royaume-Uni, où deux grosses installations de ce type furent endommagées.

Des régions entières privées d'électricité

Pourtant, «nous devrions être préparés à bien pire, écrit Mike Hapgood, chercheur au Rutherford Appleton Laboratory (Angleterre), dans un commentaire publié ce jeudi 19 avril dans la revue scientifique Nature. Des orages géomagnétiques beaucoup plus violents ont été enregistrés par le passé, à une époque où la société était moins dépendante des systèmes électriques et donc moins vulnérable.»

Membre d'un groupe d'experts auprès du gouvernement britannique sur ces questions de «météorologie spatiale», l'auteur avance que des tempêtes solaires d'une intensité équivalente à celles de 1859 et 1921 «pourraient priver des régions entières d'électricité pendant plusieurs mois». Et de citer des études américaines prédisant un black-out géant dont les effets pourraient se faire sentir pendant des années et coûter, au final, plusieurs milliers de milliards de dollars, au titre des réparations et du manque à gagner. Sans parler du risque d'irradiation des pilotes d'avion et de leurs passagers ou encore des astronautes en mission à bord d'un vaisseau spatial.

Des modèles de prévision embryonnaires

Pour l'heure, les satellites sont capables de prévoir l'arrivée des orages magnétiques avec six heures d'avance. C'est notamment le cas des deux satellites Stereo de la Nasa, lancés en 2006. Mais cette marge est insuffisante, comme l'a prouvé la récente éjection de masse coronale survenue le mois dernier qui, par chance, est passée à côté de la Terre. «La météorologie spatiale en est au stade où se trouvait la météo classique il y a quarante à cinquante ans avec des points d'observation limités et des modèles de prévision embryonnaires», explique au Figaro Jean-Yves Prado, responsable des relations Soleil-Terre, au Centre national d'études spatiales (Cnes). Lancé il y a deux ans, le satellite américain SDO, successeur de l'européen Soho, toujours en activité, devrait permettre d'améliorer sensiblement le dispositif.

Big One cosmique

Une autre question soulevée par Mike Hapgood est de déterminer l'intensité de l'événement maximum auquel l'humanité doit se préparer. «Beaucoup de systèmes électriques à risques sont conçus pour résister à des événements comparables à ceux des quarante dernières années», écrit-il. Mais le tremblement de terre et le tsunami survenus l'an passé au Japon, d'une magnitude très supérieure à ce qui avait été anticipé, montre les dangers d'une vision trop restrictive. «Nous devrions plutôt nous préparer à des orages magnétiques susceptibles de ne se produire qu'une fois tous les 1000 ans.» Autrement dit le Big One cosmique. «Ce changement d'approche est en cours mais pas assez vite», déplore l'auteur.

Dégats : appauvrissement des sols (Les Echos 2016)

Au cours des cent dernières années, un milliard d'hectares de terres fertiles, l'équivalent de la surface des Etats-Unis, se sont littéralement volatilisés. Et l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'inquiète de de l'avenir des surfaces restantes.Dans un rapport de 650 pages, publié en décembre à l'occasion de la clôture de l'Année internationale des sols, elle constate qu'un tiers des terres arables de la planète sont plus ou moins menacées de disparaître. « Si rien n'est fait, explique son directeur José Graziano da Silva, c'est la production vivrière et la sécurité alimentaire de l'humanité qui pourraient être compromises. "

A l'instar du Giec pour le climat, le rapport compile les travaux de plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays. Leur constat est accablant : entre 25 et 40 milliards de tonnes de l'épiderme de la planète sont emportés chaque année à cause de l'érosion, du tassement, de la perte de nutriments et de biodiversité, de l'acidification, des pollutions, de l'engorgement ou encore de la salinisation. Epaisse de 30 cm en moyenne, cette couche féconde est un formidable réacteur biologique qui abrite d'intenses échanges biologiques et physico-chimiques, et rend d'immenses services. Elle fournit les éléments indispensables à la croissance végétale, filtre l'eau, contrôle l'alimentation des nappes souterraines, régule le cycle du carbone et de l'azote et constitue l'habitat de près de 80 % de la biomasse ! « C'est le milieu le plus riche de notre environnement ", résume le microbiologiste Claude Bourguignon, fondateur du Laboratoire d'analyse des sols. C'est aussi l'un des plus fragiles, constitué au terme d'un processus d'altération et de dégradation extrêmement lent de la roche. Tout d'abord, le lichen s'installe ; puis des insectes viennent le manger et déposent déjections et débris de toutes sortes. Les graminées peuvent alors y prendre racine. Elles attaquent la surface de la roche, fabriquent de la matière organique qui va se décomposer. Au fil des saisons, une plaque de terre se constitue. Deux mille ans plus tard, si elle n'est pas lessivée ou soufflée, elle peut s'épaissir d'un bon centimètre.

Sel et polluants chimiques
Mais un rien suffit à balayer ce travail. Les scientifiques s'inquiètent en particulier des dégâts croissants de l'érosion. Pas moins de 17 % des terres en sont victimes, et le phénomène touche chaque année jusqu'à 90.000 hectares de plus, rongés par les mauvaises pratiques agricoles, l'urbanisation et la pression climatique. « Le rythme est désormais supérieur à celui de la pédogénèse, processus par lequel se forment les sols ", alerte l'agronome Dominique Arrouays, à la tête du GisSol, le groupement d'intérêt scientifique qui coordonne le programme d'inventaire de l'état des sols en France. Partout où ces phénomènes gagnent, les équilibres s'effondrent et les sols menacent de disparaître. En Europe, cette dégradation touche déjà 33 millions d'hectares, soit 4 % des terres arables.

Outre l'érosion, l'appauvrissement en matière organique est l'autre menace qui pèse sur la fertilité. Depuis les années 1950, la teneur des sols en nutriments et en humus, l'engrais naturel des plantes, a baissé d'un tiers, selon les observations du GisSol. En cause : les pratiques agricoles. « En retournant profondément les sols, les labours perturbent la vie souterraine et les échanges biochimiques, décrit Claude Bourguignon. Les gaz carboniques s'échappent, la matière organique qui s'en nourrit se réduit, la faune disparaît et avec elle le mécanisme d'ascenseur qui brasse nutriments et minéraux. Résultat : l'humus est balayé par les eaux, tandis que l'argile, où se concentre le garde-manger des plantes, laisse place à une simple boue gluante. » Selon le GisSol, près de 40 % des surfaces agricoles françaises présentent ce risque de tassement irréversible.

Le processus peut être extrêmement rapide. Au Brésil, par exemple, la dégradation des sols a pris moins de quatre siècles, avec une érosion multipliée par quatre lors des cinquante dernières années, et des pertes atteignant aujourd'hui 3 milliards de tonnes de terres par an, selon les estimations de la FAO. Les engrais n'y changent rien : épuisées, les terres perdent leur productivité. À l'échelle mondiale, les rendements ont augmenté de 3 % entre 1950 et 1984, de 1 % jusqu'en 1995 et stagnent ou se réduisent depuis.

L'accumulation du sel, en partie liée à la surexploitation des sols, et de polluants chimiques finit ce travail de sape. « La salinité provoquée par l'homme concerne 760.000 km2, une superficie plus vaste que l'ensemble des terres arables du Brésil », dévoile la FAO. Dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, où elle est la plus forte, le rendement des cultures est passé de 5 à 0,5 tonne à l'hectare, provoquant une perte économique annuelle d'au moins un milliard de dollars. Dans les pays les plus développés, les contaminants toxiques sont à la manoeuvre dans des proportions qualifiées par les chercheurs d'« anormales à inquiétantes ». Ici, des bidons suintants d'arsenic abandonnés à l'air libre ou sommairement enterrés ; là, des ruisseaux contaminés au mercure, au molybdène, au thallium ou au chrome ; là encore, des prairies s'engraissant de montagnes de déchets... Rien qu'en France, il y aurait 300.000 friches industrielles polluées dégazant leurs toxiques ou répandant leurs poisons dans les sols et les nappes phréatiques. « On a par exemple pu mettre en évidence que le lindane, un insecticide interdit depuis 1998, est présent dans tous les sols, y compris là où il n'a pas été épandu », indique Dominique Arrouays. En Chine, le ministère de l'Environnement vient de reconnaître que 19,4 % des terres arables du pays sont contaminées.

Ce processus n'est peut-être pas irréversible, estiment cependant les chercheurs. Avec des semis directs, la réhabilitation des haies, l'amendement des sols dégradés grâce à des légumineuses de couverture, ou encore l'adjonction de bois fragmenté comme compost organique, ils estiment possible de relancer l'activité biologique. « Le contrôle de la dynamique microbienne des sols sera sans doute le moyen le plus efficace de sauver ces terres, même les plus abîmées, en leur fournissant les moyens de doper naturellement leur fertilité ", estime Dominique Arrouays. Il y a urgence : les sols stérilisés par la pollution couvrent 220.000 km2, dont près de 90 % en Europe.

Nouveau rapport daté 2018

Le rapport de la FAO est une synthèse des recherches scientifiques existantes concernant la pollution des sols. Quelques faits et chiffres marquants de la recherche :

La production de produits chimiques a rapidement augmenté ces dernières décennies et est appelé à augmenter chaque année de 3,4 pour cent jusqu'à 2030. Les pays ne faisant pas partie de l'OCDE seront des contributeurs encore plus importants à l'avenir.

En 2015, l'industrie chimique européenne était responsable de 319 millions de tonnes de produits chimiques, dont 117 millions considérées comme nuisibles pour l'environnement.

La production mondiale d'ordures ménagères s'élevait aux alentours d'1,3 milliard de tonnes par an en 2012 et devrait augmenter jusqu'à 2,2 milliards de tonnes annuelles d'ici 2025.

Dans de nombreuses régions du monde, les niveaux de polluants organiques persistants dans le lait humain sont supérieurs à ce qui est considéré comme sain, avec une plus grande incidence en Inde et dans certains pays européens et africains.
Certains pays à faible et moyen revenu ont considérablement augmenté leur utilisation de pesticides cette dernière décennie. Le Bangladesh, par exemple, a quadruplé son utilisation de pesticides, tandis que le Rwanda et l'Ethiopie l'ont multiplié par six et que le Soudan l'a multiplié par dix.

La production mondiale de fumier a augmenté de 66 pour cent entre 1961 et 2016, passant de 73 à 124 millions de tonnes.

La quantité de fumier appliquée aux sols a augmenté, passant de 18 à 28 millions de tonnes et la quantité de fumier laissé dans les prés a augmenté, passant de 46 à 86 millions de tonnes. Le fumier peut contenir des quantités élevées de métaux lourds, d'organismes pathogènes et d'antibiotiques.

Les sols se trouvant près des routes contiennent des quantités élevées de métaux lourds, d'hydrocarbures et d'autres polluants, représentant ainsi une menace en cas de production alimentaire dans les zones adjacentes ou de pâturage en bordure de route.

Environ 110 millions de mines ou d'autres types d'explosifs non explosés sont éparpillés à travers 64 pays sur tous les continents, des restes de guerre qui ont des conséquences mortelles pour les fermiers et qui peuvent relâcher des métaux lourds du fait de l'érosion.

Presque tous les sols de l'hémisphère Nord contiennent des radionucléides, avec une concentration plus élevée quele niveau de fond - et ce même dans les zones éloignées, conséquence des essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère et de catastrophes radiologiques comme celle de Tchernobyl.

* Voir page 91 de la publication Hidden Reality pour consulter la liste des sources que la FAO a étudié.

Perdre la Terre, ré-écrire l’histoire du climat

13 mai 2019

Avec Perdre la Terre, Nathaniel Rich prétend nous révéler la véritable histoire politique du changement climatique (1). Dans un livre de dimensions modestes, une version longue de son article paru dans le New York Times en août 2018. Un objectif précieux puisque l’échec actuel de l’objectif de la Convention de l’ONU, éviter un dérapage climatique dangereux, exige d’être compris pour y remédier. Des anecdotes savoureuses. Une écriture efficace. Des rappels historiques. Mais un résultat pernicieux tant l’histoire des sciences du climat et du dossier politique climat est déformée. De ce livre, une vue critique permet de dégager une conclusion attristée : les 40 pages de l’épilogue sont bonnes à lire.

C’est un livre sur le climat dont la thèse est simple : on savait déjà tout en 1979 (voire avant), et si le monde n’a pas engagé une action décisive contre le changement climatique en 1989, ce fut d’un cheveu. L’ennui, c’est que la première thèse repose sur une histoire lacunaire des sciences du climat et de leur diffusion dans la société. Et la seconde sur une vision (faussement) naïve des raisons pour lesquelles les pays industrialisés, et surtout les Etats-Unis, sont restés attentistes devant la menace climatique… tout en signant la Convention climat de l’ONU en 1992. Au menu, simplisme et narration avec des gentils et des méchants. En petit nombre pour la facilité d’écriture et de lecture. Et tous américains, signe clair d’un gros souci d’analyse. L’avenir de l’Humanité, avance Rich, repose sur «les efforts d’une poignée d’hommes et de femmes» capables d’éviter «une possible disparition de l’espèce humaine» (allo, Bruce Willis est libre ?, interroge déjà le producteur de cinéma). La recette est bonne pour vendre. Mais passons le résultat à la moulinette des questions dérangeantes.

Bourde monumentale

C’est un livre sur le climat où la climatologie est presque absente. L’auteur use et abuse des ficelles journalistiques, mettant en scène ses acteurs, on sait tout sur leur cravate, leur costume, s’ils s’agitent où non sur leur siège, le temps qu’il fait, et ce qu’ils ont mangé le jour de cette réunion tellement décisive. Mais rien, ou presque, sur le contenu des débats, réduits à quelques pitchs. Expliquer l’effet de serre, une modélisation numérique, pourquoi les simulations climatiques peuvent différer alors qu’elles partent d’un même scénario d’émission de gaz à effet de serre… non, Rich ne vous expliquera rien des arcanes des sciences du climat. Ce qui lui permet, du coup, d’esquiver la question importante : la solidité des savoirs acquis en 1979 ou 1989, et surtout leur capacité à convaincre les non spécialistes. Et pour ce faire, il escamote des pans entiers de cette histoire, tant des sciences du climat que de leur perception par les non-climatologues.

Il démarre son livre par une bourde monumentale (p 31). «Le doublement du taux de CO2 était certes un jalon arbitraire mais il offrait l’avantage de frapper l’esprit puisqu’il marquait ce moment où l’humanité aurait injecté autant de carbone dans l’atmosphère que la planète elle même l’avait fait au cours des 4,6 milliards d’années qui avait précédé l’apparition de notre espèce. » Une phrase absurde. Les émissions anthropiques sont certes importantes, mais… des milliards de fois inférieures aux flux naturels depuis que la Terre existe. Rich voulait-il parler, maladroitement, du niveau de la teneur atmosphérique en CO2 ? Mais, là aussi, c’est faux. Dans le passé géologique de la Terre, des niveaux supérieurs à ceux que nous obtenons en brûlant l’énergie fossile de la planète ont déjà été atteints.

Oubli spectaculaire

Rich veut absolument écrire : «Il n’y a pas eu d’avancée significative en sciences du climat depuis 1979.» Une date, 1979, en référence à la remise du rapport de Jule Charney, pour le compte de l’Académie des sciences américaine, sur le changement climatique. Et une affirmation indispensable à l’appui de sa thèse « on savait tout, on n’a rien fait ». Or, parmi les « oublis » spectaculaires du livre, se trouvent la série d’articles parus dans Nature, le 1er octobre 1987 par les équipes françaises de Claude Lorius et Jean Jouzel. Nul combat patriotard dans cette remarque (encore que l’incapacité de Nathaniel Rich à sortir du pré carré Etats-Unien tant pour la science que pour la géopolitique est assez agaçante). Le sujet est pure science : avant ces recherches conduites avec les carottes de glaces de l’Antarctique forées à la station soviétique Vostok, les climatologues ne disposaient d’aucune « vérité terrain » des relations entre teneur en gaz à effet de serre et températures de la planète sur les derniers centaines de milliers d’années.

Ils ont, en 1979, une bonne physique, dès les calculs de Svante Arrhenius en 1896 sur l’effet climatique d’un doublement de la teneur en CO2 de l’atmosphère qui donne le bon ordre de grandeur. Ils ont les premiers modèles numériques du climat, encore très rudimentaires, qui confirment cet ordre de grandeur. Ils savent que la teneur en CO2, mesurée depuis 1957 à Hawaï par Charles Keeling, augmente année après année. Mais ne savent pas quelle était la teneur en CO2 de l’atmosphère lors de la dernière ère glaciaire et donc son écart avec l’ère chaude actuelle. Certes, les physiciens de l’atmosphère et des premiers modèles numériques du climat ont une forte confiance dans ce qu’ils font. C’est le propre des scientifiques. Mais comment répondre à l’objection des collègues des laboratoires d’à-coté… et surtout des responsables politiques, voire des adversaires de toute politique climatique : « c’est du calcul tout ça, on ne l’a jamais observé ! ».

Si Nature fit sa Une avec les découvertes de Lorius et Jouzel, c’est justement parce que, outre leur valeur intrinsèque, elles apportaient un argument majeur à la confiance que des non-spécialistes peuvent accorder aux calculs et simulations du futur climatique. Oui, avec les glaces de l’Antarctique, « on a vu » les conséquences d’une variation des teneurs en CO2 et méthane de l’atmosphère sur le climat, pour des valeurs significatives au regard de nos émissions issues du charbon, du pétrole et du gaz. Effacer cet épisode, ne rien dire de l’apport de la paléoclimatologie des 800 000 dernières années à l’édifice des sciences du climat pour le futur, est un curieux manque.

Science rudimentaire

L’idée « on savait tout » en 1979 efface d’un trait de plume des questions majeures en confondant un savoir, il est vrai solide, sur les mécanismes du changement climatique et « tout sur le climat ». En réalité, la vitesse, l’ampleur, les conséquences régionales du changement climatique sont peu connues en 1979. Les simulations numériques se faisaient avec des modèles où les océans n’étaient que des lacs sans circulation profonde, avec des mailles de calcul de plusieurs centaines de km de côté, effaçant une bonne part des reliefs, des modèles de végétation embryonnaires, des calottes polaires rudimentaires (3) et très peu de chimie de l’atmosphère. Non, à l’inverse de ce qu’écrit Rich, ils n’étaient pas capables de simuler «la formation des tempêtes» ou «la croissance végétale». Et si ces modèles et la puissance des ordinateurs ont beaucoup progressé depuis 1989, ils demeurent incapables de nous dire si la mousson africaine sera pire ou meilleure dans le climat réchauffé futur. Lorsque j’écris mon premier article sur le changement climatique, en 1987, l’incertitude sur les flux naturels du carbone étaient de 25% ! Même l’attribution de l’évolution des températures depuis 1950 à l’intensification de l’effet de serre demeurait incertaine, tant en 1979 qu’en 1990. Si pour Jim Hansen, le climatologue de la Nasa, le signal est déjà sorti du bruit en 1988, ce n’est pas encore la conviction de tous les spécialistes, comme le précise en 1990 le premier rapport du GIEC (2).

La question cruciale des impacts du changement climatique est complètement escamotée par Rich. Bien sûr, il est possible de penser et de dire, dès 1979, qu’un réchauffement moyen de la basse atmosphère de 2 à 6°C aura des conséquences dramatiques. Mais lesquelles ? A quelle vitesse ? A l’époque la science de ces impacts est encore rudimentaire. Les productions agricoles vont-elles s’écrouler ? La Sibérie va t-elle se couvrir de blé ? Les mers vont-elles se vider des poissons ? Quelles conséquences pour les industries, la santé publique ? Un exemple frappant : le risque représenté par l’acidification des océans n’est même pas cité dans le premier rapport du GIEC. Et des climatologues s’interrogent encore dans ce rapport de 1990 sur le rôle des aérosols anthropiques dans le léger refroidissement des années 1950 et 1960 sur l’hémisphère nord.

Les connaissances acquises en 1989 sont capables de convaincre des climatologues, éventuellement d’autres scientifiques, d’une menace climatique, mais sont-elles suffisamment convaincantes pour que les gouvernements et des populations prennent des décisions drastiques, restrictions volontaires et renchérissement par des taxes, sur 80% de l’énergie qu’ils utilisent et leurs économies ? C’est la question que ne se pose pas vraiment Rich. Il est même un peu gênant de découvrir, à la fin du livre, que l’auteur ne dit pratiquement rien du premier rapport du GIEC, en 1990. Serait-ce parce que son contenu ne colle pas vraiment avec sa thèse ? Et pourquoi diantre ne nous propose t-il aucune analyse de la Convention Climat signée en 1992 qui est pourtant la conclusion politique majeure de la séquence 1979-1992.

L’affaire William Nordhaus

La thèse centrale de Rich prétend également que l’on sait depuis longtemps ce qu’il faut faire – remplacer les énergies fossiles par du renouvelable et du nucléaire – à l’aide de taxes et d’autres outils économiques. Donc, on trouve dans son ouvrage le nom de William Nordhaus, Prix Nobel d’économie 2018, souvent présenté comme le premier économiste du changement climatique. Sauf que Rich en fait une présentation étrange : «A la fin des années 1970, l’économiste William Nordhaus, professeur à l’université Yale et membre de la commission des conseilleurs économiques du président Jimmy Carter s’alarmait tant de ce problème qu’il conçut un modèle économique nouveau, capable d’y faire face».

A lire cette phrase, un doute surgit. Rich a t-il vraiment lu Nordhaus ? Déjà, l’article princeps (4) de l’économiste sur le sujet date de 1975 et non de la fin de années 1970. Mais surtout, sa conclusion est diamétralement opposée à ce que prétend Rich. William Nordhaus écrit en effet : «ce n’est que dans la période centrée sur 2020 que des mesures d’abattement (des émissions de GES, note SH) deviendront nécessaires». Un attentisme qu’il justifie ainsi : «Ce point est important puisqu’il implique qu’il reste une quantité confortable de temps pour continuer la recherche et examiner des plans pour implémenter un contrôle du dioxyde de carbone si cela devient nécessaire.» En outre, William Nordhaus est resté un partisan d’une action « molle », minimisant les risques du changement climatique (il s’est ainsi opposé au rapport Stern).

Le GIEC pour ce qu’il n’est pas

Créé en 1988 par l’ONU à la demande du G7, et en particulier de Reagan et Thatcher, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est un acteur décisif de cette histoire. Mais quel acteur ? La présentation qu’en fait Rich est pour le moins étrange. Il écrit : «Si cette conférence (entre 60 gouvernements à Noordwijk le 6 novembre 1989) était un succès, elle encouragerait sans doute le GIEC à accélérer ses négociations et finaliser plus rapidement un traité». Une pure ânerie. Le GIEC ne conduit aucune négociation et n’est absolument pas impliqué dans l’écriture d’un quelconque traité international. Il produit une synthèse critique de la science. Point barre. Surtout, le GIEC n’a absolument pas le droit de préconiser une politique, il doit seulement présenter les éléments d’informations scientifiques, techniques et économiques « pertinentes » pour les décisions à prendre. Ce sont les diplomates et les ministres qui élaborent le traité international, qui sera la Convention-Cadre de l’ONU sur le changement climatique. Et lorsque des chercheurs membres du GIEC sont invités à de telles réunions, pour apporter leur expertise scientifique, ils sont priés de sortir de la salle dès que les choses sérieuses commencent.

Naïveté politique

Pour que sa thèse simpliste tienne, Rich doit absolument compléter le « on savait tout en 1979 », par « et on a failli sauver la planète en 1989 ». Du coup, il bouscule la chronologie. Et prétend qu’en 1989 «les deux grands partis américains étaient ouvertement favorables aux travaux du GIEC». Encore une phrase ahurissante puisque le premier rapport du GIEC ne fut publié qu’en 1990 ! Idem lorsqu’il prétend que l’opinion publique américaine était prête à soutenir une politique climatique… sans se rendre compte qu’il se contredit quelques pages plus loin lorsqu’il attribue la défaite démocrate aux élections de mi-mandat de Clinton en 1994 à la volonté du Président d’instaurer «une taxe sur l’énergie». Autrement dit l’électeur américain était favorable à une politique climatique… à condition qu’elle ne réduise pas sa consommation d’énergie en la renchérissant, ce qui est l’un des outils nécessaire d’une telle politique.

Rich fait preuve d’une naïveté politique déconcertante. Il aligne les déclarations « écolos » de George Bush (le père) à la fin de la campagne électorale de 1988, comme s’il n’y avait pas à s’interroger sur leur sincérité. Alors qu’avec l’éprouvant été de sécheresse et de canicule de 1988, l’effet médiatique formidable de l’audition de Jim Hansen au Congrès en juin 1988, et l’opinion américaine sur le climat à ce moment là, il n’était tout simplement pas envisageable de gagner l’élection sans rallier à sa candidature les électeurs sensibilisés à cette problématique (une sensibilité qui s’arrête au discours général, et s’écroule dès qu’on envisage des mesures concrètes). Rich croit-il vraiment vivre dans un pays où les politiciens sont toujours sincères ?

Cette naïveté déconcertante prend une tournure curieuse lorsqu’il met en scène le premier directeur de cabinet de George Bush en 1989, John Sununu. L’homme met certes tout son poids dans la balance, prenant le risque de censurer Jim Hansen et de lui imposer un texte truffé de fausses informations scientifiques lors de sa deuxième audition au Congrès en 1989. Mais, dans tout le récit de Rich, le Président est quasi absent, tout juste lui concède t-il n’avoir «jamais fait preuve d’un intérêt dément pour le réchauffement climatique». Comme si Georges Bush n’était pas, parmi les Présidents américains, l’un des plus liés à l’industrie du pétrole – à ses débuts, il prêta à la CIA une plate-forme de forage pétrolier au nord de Cuba pour entraîner les mercenaires qui allaient envahir l’île de Fidel Castro à la baie des cochons (5). L’idée que George Bush ait pu traiter par dessus la jambe le sujet pétrole – car s’occuper du climat, c’est décider de restreindre l’industrie et l’usage du pétrole – et l’avoir délégué à son directeur de cabinet est ridicule. Rich pose une question d’une troublante naïveté «pourquoi le soutien à un remède contre le réchauffement climatique était-il si fragile qu’il a suffit d’un seul ronchon dans toute l’administration Bush pour qu’il s’effondre ?». Il n’y répondra, en quelques mots et comme par inadvertance, que dans sa conclusion.

Géopolitique du climat

Pour Rich, Bush aurait pu exiger la signature d’un traité juridiquement contraignant en 1992, en s’appuyant sur la domination écrasante des Etats-Unis après la disparition de l’URSS. Une idée saugrenue au regard de la géopolitique du climat. La seule idée que les dirigeants chinois auraient pu, en 1992, signer un tel traité est comique. Pour se conformer aux attendus de la Convention-cadre signée en 1992, il aurait d’ailleurs fallu s’engager à une diminution immédiate de l’usage des énergies fossiles et des émissions de CO2 pour les pays riches, mais laisser la possibilité pour les pays pauvres, dont la Chine, d’augmenter usages et émissions. Qui peut imaginer Bush signant un tel traité, entraînant ipso facto la diminution relative de la puissance américaine ?

L’étrangeté maximale du livre de Rich, c’est sa conclusion, baptisée épilogue. Il y détruit sa thèse centrale. En avouant que, si les gouvernements n’ont pas signé un traité international contraignant fixant des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre en 1989, ce n’est pas seulement à cause de quelques méchants, bien aidés par les campagnes climato-sceptiques des pétroliers. En faisant preuve soudain d’une lucidité, comme à remord, sur les véritables motivations, électoralistes, des déclarations favorables à une politique anti-énergies fossiles de George Bush en 1988. En citant les voltes-faces des grands journaux américains qui, de 1988 à 1989 oscillent entre climato-alarmisme et climato-scepticisme (Tout cela n’est-il que du vent ? titre Newsweek), il démolit sa thèse d’une population des Etats-Unis «prête» à une politique climatique. Mais surtout avec cette phrase : «Depuis que l’homme a découvert le feu, notre qualité de vie, quels que soient les critères utilisés pour la mesurer – espérance de vie, santé, richesse, niveau d’éducation – a progressé main dans la main avec notre consommation d’énergie. Jusqu’à présent, l’essentiel de cette énergie provient des combustibles fossiles.» Rich tient là la clé. Mais il ne s’en sert pas.

« Drill, baby, drill »

Comment se passer de ces énergies fossiles, pour atténuer le changement climatique déjà en cours, sans faire chuter ces « critères » de qualité de vie. C’est bien là le réel sujet à traiter, le cœur du problème. Rich n’en dit rien, à part trois mots «énergies renouvelables et nucléaire» qui sont loin d’épuiser le sujet. C’est bien parce qu’ils ne voyaient pas comment concilier les objectifs climatiques et leur volonté de puissance (économique, militaire…) que les dirigeants des Etats-Unis, Bush en 1989 et 1992 (comme Clinton, Bush junior et Obama par la suite) ont sabordé la mise en oeuvre de la Convention climat, avec le soutien des citoyens américains. Présenter l’année 1989 comme celle où la planète aurait pu «être sauvée» si Bush avait écouté l’un plutôt que l’autre de ses conseillers est une fable. Et cette fable ne permet pas de comprendre pourquoi la Convention Climat de l’ONU signée en 1992 fut sans contraintes, sans calendrier, sans quantification des objectifs climatiques et des émissions de gaz à effet de serre. Rich s’est trompé de question. Il ne s’agit pas de savoir pourquoi « la planète ne fut pas sauvée en 1989 » pour reprendre son vocabulaire, mais pourquoi et comment les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont continué d’augmenter à grande vitesse après la signature de la Convention climat de 1992.

Cette ré-écriture de l’histoire débouche sur un cri du cœur, l’épilogue du livre, où la morale tient beaucoup de place (ce qui n’est pas une critique) mais où l’explication politique et socio-économique s’évanouit. Rich rapporte le propos de William Nordhaus : «Les pays ont d’excellentes raisons de proclamer ces objectifs nobles et ambitieux – puis d’ignorer ces objectifs et de continuer à faire leurs affaires comme si de rien n’était.» Le lecteur se dit qu’il va enfin savoir quelles sont ces «excellentes raisons»… mais il s’en tient là, au lecteur de les deviner. Pendant ce temps, la production de pétrole des Etats-Unis d’Amérique a dépassé son niveau maximum de 1971, avec près de 11 millions de barils/jours en 2018, contre 5 mb/j en 2008 – due aux sources non conventionnelles – sous les applaudissements des électeurs de Donald Trump hurlant « drill, baby, drill » dans ses meetings et… un taux de chômage historiquement bas.

Sylvestre Huet

(1) Perdre la Terre, une histoire de notre temps, Nathaniel Rich, Seuil, 281 p, 17,50€

(2) Extrait du rapport 1990 du GIEC : « Notre conclusion est la suivante : la température moyenne de l’air à la surface de la Terre a augmenté de 0,3 à 0,6 °C au cours des 100 dernières années…; La valeur de ce réchauffement concorde dans l’ensemble avec les prévisions fondées sur les modèles du climat, mais elle est aussi du même ordre de grandeur que la variabilité naturelle du climat. Si l’unique cause du réchauffement observé était l’effet de serre anthropique, la sensibilité du climat serait alors voisine des estimations les plus basses déduites des modèles. Par conséquent l’augmentation observée pourrait être due en grande partie à cette variabilité naturelle; d’un autre côté, cette variabilité et d’autres facteurs anthropiques pourraient avoir contrebalancé un réchauffement encore plus considérable dû à un effet de serre anthropique. Il se passera probablement au moins dix ans avant que des observations nous permettent d’établir de façon certaine qu’il y a eu un renforcement de l’effet de serre. »

(3) Il n’est pas inutile de rappeler que ces modèles prévoyaient que la calotte antarctique allait augmenter de volume en raison de chutes de neige plus abondantes, l’observation des 15 dernières années a montré l’inverse, une diminution due à des pertes accrues de glaces vers l’océan.

(4) Can we control carbon dioxyde ? William D. Nordhaus. Juin 1975.

(5) Voir Or noir, la grande histoire du pétrole, Matthieu Auzanneau, La Découverte, 2016.

Les anomalies de température mondiale (NOAA)

ENVIRONNEMENT : FRAGILITE & RARETE

Prise de conscience

Nous empruntons la Terre à nos enfants. Cette fameuse Terre était là bien avant nous. La récente prise de conscience de l'histoire et de la fragilité de notre environnement planétaire remonte à seulement quelques décennies. Pas beaucoup plus. Le père jésuite Theilhard de Chardin avait commencé à la conceptualiser en parlant de "noosphère" dans les années 1940.

En France, à la fin des années 1980, c'est une entreprise polluante, Rhône-Poulenc, qui poussée par Dominique Cantien de TF1, décide de sponsoriser un nouveau concept d'émission sur les sports extrêmes dans la nature. Ainsi est né, Ushuaïa : bienvenu dans un monde nouveau. De 1987 à 1996, Nicolas Hulot, donne le spectacle tous les samedis soirs sur TF1. Personne ne l'imaginait devenir Ministre de l'Ecologie 20 ans après dans le gouvernement d'Edouard Philippe.

On se souvient de ses bonnes gamelles en parapente motorisés ou non, de la fausse panne moteur à hélice sous un balon à air chaud au dessus des temples d'Angkor, ou d'une scéance en Sukhoi 27 suivi d'un accueil russe sympatique pour faire oublier l'épisode de la sortie du petit sac en plastique après un looping corsé.

Bien après le Commandant Cousteau, avec Yann Artus-Bertrand et quelques autres, Nicolas Hulot est l'un de ceux qui ont le plus participé à la médiatisation des problématiques environnementales. Souvent critiqué pour son manque de sens politique et son coté "affairiste", il a néanmoins contribué améliorer le niveau éducatif et sensibiliser le grand public à ses enjeux notamment à travers sa fondation.

L'environnement dépasse bien évidemment l'Homme. C'est notre cadre de vie et nous l'avons reçu presque tel quel. Premier constat, entreprendre une revue des richesses, c'est démarrer d'emblée par un mystère non élucité : l'apparition de l'Univers. Même si la théorie du Big Bang permet de se faire une idée, elle n'explique pas l'avant, ni la notion d'infini. Laissons pour l'instant de coté ce point scientifique, philosphique ou religieux. La Terre d'aujourd'hui ressemble beaucoup à celle de nos ancêtres Homo Sapiens même si les périodes de glaciation ont beaucoup perturbé nos encore plus anciens ancêtres. Aujourd'hui, nous serions des Homo Lucidus,[], des hommes lucides de leur situation vivant à l'ère dite "anthropocène" depuis que nous avons une influence mesurable sur le climat.

Formation du système solaire autour d'une étoile

Refuser de croire dans les réligions ou de s'intéresser. Pourquoi pas ? Mais quand la science décrit le commencement de l'Univers il y a 13,4 milliards d'années, on ne peut que croire à un mystère. Au commencement, un seul et unique point contenant une énergie colossale a explosé (Big Bang) et donné naissance à notre Univers, en expansion à partir de ce poiont et aujourd'hui estimé comme infini. A partir de cette explosion, ce sont formés des nuages de gaz qui progressivement en plusieurs milions d'années ont donné naissance à des étoiles puis des sytèmes d'étoiles. Un Univers si grand que l'on pourrait croire que Dieu est Agent Immobilier tant les prix sont élevés alors que la place ne manque pas dans l'Univers. Régulièrement des chercheurs annoncent de nouvelles théories, le mystérieux vide après le Big Bang, L'existence du grand repousseur, la durée de rotation de toutes les galaxies, bref, si Dieu existe, il serait aussi horloger et mathématicien. On connait aujourd'hui notre adresse, notre galaxie, la voie lactée, se trouve au bout d'un bras d'une structure gigantesque complexe dénomée Laniakea []

Formation de la Terre et de la Lune

A plusieurs endroits de cet Univers mystérieux et sans vie, des amas de matières ont commencé à se former autour des jeunes étoiles pour constituer des systèmes planétaires. Pour la Terre, formée il y a 4,5 milliards d'années, ce fût le système solaire. Dans ce chaos, plusieurs astres se pouvaient se percuter brutalement ce qui fût le cas de Terre et d'un autre corps céleste. Sans cet événement la Terre serait sans Lune et l'homme ne serait pas le même ou n'existerait pas.


Origine des matières

Dès la formation de l'Univers comment à apparaître des éléments de matières (atomes etc) qui seront plus tard à l'orgine des matières premières sur Terre. L'atome le plus répendu étant de loin l'hydrogène. Certaines matières, plus rares se trouvent sur les sur d'autres astres, nottament les astéroïdes qui pourront être un jour exploitées.

Toute l'eau de la Terre tiendrait dans une sphère de 700 km de diamètre. La planète bleue surnomée par les américains "Blue Dot".


Apparition de la vie 

La vie sur Terre a probablemet pu apparaître grâce à des acides aminés en provenance de l'espace et transportés par des météorites selon la théorie de la panspermie. Remonant à 3,5 ou 3,8 milliards d'années, l'apparition de la vie cellulaire est le fruit de processus très techniques.  Passons directement aux mamifères dont l'existence remonte à 200 millions d'années et dont la quasi totalité a disparu il y a 95 millions d'années. Les plus connus d'entre eux étaient les dinosaures exterminés par les terribles effets de l'impact d'une météorite géante dans le golfe du Yucatan près du Mexique. Nous descendons du singe, mais nous sommes aussi issus de petites musaraignes, des souris comme Mickey choisi par Walt Disney, suffisament petites et cachées pour survivre à ce cataclysme. Ensuite en quelques dizaines de millions d'années seulement, réaparraissent des mamifères comme les singes, puis il y a entre 5 et 7 millions d'années les proto-humains, premières formes d'humanoïdes. L'homo-habilis étant la première branche, il donnera ensuite l'homo-sapiens, l'homme d'aujourd'hui, il y a environ 200 000 ans. Ces estimations de dates sont certainement fausses [] mais permettent quand même de se dire qu'en quelques dizaines de millions l'évolution peut transformer une souris en un homme. Alors que dire de nous dans 30 ou 40 millions d'années si nous sommes capables de survivre encore quelques siècles de plus sans autodestruction ?

Fragilité : Emprunte écologique et bio-capacité de la Terre

C'est à partir de l'environnement et des écosystèmes que nous avons construit notre système économique : le pétrole n'est qu'un amas d'algues enfouies dans le sol, les matières premières s'exploitent presque toutes. Depuis quelques années, l'activité de l'homme semble vraiment perturber l'équilibre d'un système fragile.

Nous parvenons de plus en plus souvent à maîtriser les forces de la nature : prévoir la météo de plus en plus finement, détecter puis réparer le trou dans la couche d'ozone, éteindre les incendies de forêts avec des avions spécialisés, les Canadair, augmenter le rendement agricole mais nous subissons les limites de notre environnement.

Des chercheurs ont imaginé de bien mesurer l'impact de l'homme sur la nature en mesurant et comparant l'empreinte écologique par rapport à la biocapacité. Ces indicateurs peuvent s'établir au niveau des individus, des pays et de la planète. Seul point discutable, le "niveau de vie alimentaire" cible : doit on prendre celui d'un américain, exessif, celui d'un Européen ou de pays plus pauvre. Quelle que soit cette limite, cet indicateur fonctionne de la manière suivante : très simplement :
- empreinte écologique : il faut compter sur un profil de consommateur et nottament sa capacité à émettre du CO²( en France 4,4 ha/hab.)
- bio-capacité : nombre d'ha cultivables divisé par le nombre d'habitants (en France 2,8 ha/hab.)
La bio-capacité est globalement indépendante du nombre d'habitants d'un pays (forêts, zones de pêches etc) sous réserve d'avoir la main d'oeuvre minimum pour récolter et cultiver.
Cet indicateur est suivi par le Global Footprint Network. Quelles conclusions tirer de cette démarche. Et bien que nous sommes trop nombreux sur Terre. A la question sur leurs plus grandes sources d'inéquiétudes pour le futur, beaucoup de scientifiques très intelligents répondent que c'est bien sûr la surpopulation.

Démographie, la mère de toutes craintes

Dans le film Elyseum, l'élite de l'humanité se réfugie dans une station spatiale pour éviter la rudesse de la vie sur Terre. Faute de pouvoir être plus économes, devons nous être moins nombreux sur Terre ? Cette question heurte les cultures, surtout les religions.
L'explosion de la population mondiale s'explique par une transition démographique ratée exceptée en Occident et Chine mais aussi pour d'autres raisons taboues dans des pays pourtant très hétérogènes : 
Etats-Unis : les américains sont très religieux et ont connu l'émergence du courant pro life
Inde : la retraite du paysan un peu comme pour l'Européen condition sine qua none pour sauver son système de retraite par repartition sauf curieusement dans l'état indien du Kérala [explication].
Nigeria : fierté, virilité, mais aussi rivalités religieuses avec course à la taille entre le sud catholique et le nord muslman.
Et dans les pays musulmans la situation est inégale, mais globalement le rôle de la femme ne convient pas à une démographie raisonnable. Pays musulmans du moyen-orient qui vivent déjà dans un four [].


Matières premières et animaux à l'origine de notre économie

Se nourrir, se vêtir, se loger : depuis nos origines, nous puisons dans la nature les ressources nécessaires : gibier, cueillette, bois etc sans se préoccuper de leur abondance. Un exemple ancien souvent cité concerne l'Ile de Paques. Ses habitants aurait été jusqu'à abattre le dernier arbre pour constuire des Moaïs et ainsi une grande partie de la population serait morte de famine. Cette théorie popularisée par Jared Diamond est désormais contestée mais l'étude d'une population de quelques milliers d'habitant apporte des idées sur les conséquences de la surpopulation.

Les points d'inflexion des débuts de l'histoire de l'homme découle directement du rôle des matières premières ou des animaux : 

le fer pour les outils, 

les animaux pour les transports : le cheval domestiqué a beaucoup apporté à de nombreuses civilisations. Les chevaux d'amériques avaient disparu mystériesuement depuis des milliers d'années et ce sont les européens qui l'on apporté, avec beaucoup de malheurs, aux indiens d'amérique. Ils ont ensuite très vite adopté cet apport disruptif mais par contre ils n'ont pas résité à celui fusil et surtout ensuite de l'alcool mettant fin ainsi à leur propre civilisation pour laquelle il n'existe pas d'écrits. 

puis les céréales.



Lien avec la santé

Taille des exploitations agricoles
Accord international de 1995 fixe les règles d'application des brevets aux gènes, semences et espèces végétales et animales. Inspiré par la législation américaine, ce réglement élargit au domaine du vivant ce qui était jusque-là limité au domaine de l'économie industrielle. (exemple RiceTec, société Texane et Riz Basmati). Les grandes firrmes internationales tentent de s'approprier des ressources communes dans de nombreux pays.


Liens avec l'alimentation

Endettement au Danemark
Démantelement de la politique agricole européenne (PAC mise en place par le Traité de Rome de 1957) et donc de la souvenaineté alimentaire. Oignon et pays Dogon.
Disparition des exploitations de tailles moyennes : ne restent plus que les petites ou les très grandes. Exemples de tailles d'exploitation : 12 000 ha en Russie contre 420 ha dans le bassin parisien pour du blé.
Nom des fonds d'investissement (lien Finance)
Risque de retrait de capitaux ?


Les différents risques sur l'environnement

Dans l'ordre les craintes sur l'environnement pourraient être catégorisées de manière suivante :
-Risques majeurs immédiats d'extinction et destruction : météorite, et éruption solaire pouvant faire disparaitre tous les dispositifs électroniques et éruption volcanique majeure émission de nuages de poussières. A cela, il faut ajouter le risque nucléaire puisque l'homme dispose de la capacité à s'autodétruire.
-Risques à long terme d'extinction avec hausse des températures. A minima l'homme devra revoir sa façon de vivre et se déplacer en fonction des endroits habitables. Ce risque fait peur mais il semble quand même que les ancêtres de l'homme ont peu y survivre. 
-Risques de pollution. Il faut bien-sûr condamner le fait de salir et de détériorer la planète. Mais malgré tout, la présence de ces horribles sacs plastiques présents dans les mers, qu'il faut absoluement enlever et surtout interdire, ne sont que des inconvénients mineurs à subir à comparer aux risques planétaires. Selon un rapport de la banque mondiale, les déchets représentent 2 milliards de tonnes (mesure 2013) dont 44% des déchets alimentaires ou verts. La priorité court terme étant d'abord de pouvoir éviter les risques majeurs immédiats puis à long terme. Et sur le premier risque, investissons nous suffisament de moyens pour y remédier ?   

Depuis la sortie du film d'Al Gore en 2006, Une vérité qui dérange, la conscience des problématiques environnementales a progressé. C'est une bonne chose mais elle ne protège pas contre les grands risques. Nous comptons un peu trop sur un Bruce Willis capable de détourner un astéroïde géocroiseur ou peut-être des formes avancées de civilisation, ou sur des Dieux pour d'autres, afin d'éviter de telles catastrophes. En pleine tempête, le bon marin tient la barre et surveille le pont plutôt que s'occuper de ranger la cabine.  

La conférence de Paris

La fragilité de notre environnement inquiète désormais au point de vouloir constituer des arches de Noé comme l'illustre l'exemple de la réserve mondiale de semences du Svalbard en Norvège, elle même d'ailleurs menacée par la fonte de permafrost [inondation]. Il faudra changer de système pour éviter la catastrophe.

Mais d'abord, il faut comprendre comment l'homme utilise les matières premières et comment, en fonction de leur répartition, le système d'approvisionnement s'est mis en place depuis plusieurs siècles. Système tellement stratégique qu'il peut-être à l'origine de guerres entre Etats pour le contrôler. [Les matières premières]


Notes

[nom Hawaïen, signifiant ciel incomensurable]

[] Jean-Loup Bertaux...

[]En 2018, les doutes sur la théorie de l'orgine africaine de l'homme reprennent. La théorie « Out of Africa », selon laquelle le berceau de l'humanité serait le résultat d'une expansion démographique partie de l'Afrique subsaharienne, vient de subir de nouveaux coups de boutoir. Dans  un article publié cet été par la revue « Trends in Ecology & Evolution » , un groupe de scientifiques spécialistes de l'évolution humaine, de génétique et des climats du passé, affirme qu'au cours des 300.000 dernières années, c'est une dynamique complexe de connexions, de séparations et de métissages entre les différentes lignées et cultures de nos ancêtres qui aurait engendré, à la manière d'un puzzle, la diversité de notre espèce.

Le rapport du GIEC 2014 fait la synthèse de toutes les études scientifiques concernant la prévision de l’évolution future de cette température . De nombreux modèles ont été développés indépendamment par des instituts scientifiques . Rien qu’en France , il y en a au moins deux : celui de la Météorologie Nationale , et celui de l’Institut Pierre Simon Laplace du CNRS , qui fut dirigé par Jean Jouzel , et qui l’est maintenant par Hervé Le Treut , de l’Académie des Sciences

[] Une des premières références à l'environnement dans la sphère libérale revient à Jimmy Goldsmith. Selon les archives de la revue Commentaire, le thème est traité 4 fois depuis les années 1970 et la première contribution consacrée à l'environnement était la reproduction d'un discours de 1990.




Environnement

4Ocean, intitiative en Floride.
Catastrophes (bilan sigma)
Nicolas Hulot (Tati)

Urgence écologique plutôt que climatique


Bibliographie
Démographie, climat, migrations : l'état d'urgence, Jean-Loup Bertaux, Fauves Editions, 2017
Siècle bleu, Jean-Pierre Goux, JBZ & Cie, 2010
Agriculture mondiale : un désastre annoncé, André Neuveu, Editions Autrement 2012
Signe de Vie, José Rodrigues Dos Santos, HC Editions, 2017



Pourquoi l'atmosphère ne s'évapore t-il pas dans l'Espace ? Mars a t'elle perdu son atmosphère ? Arletty, est-ce que j'ai une tête d'atmosphère ?

Ce dialogue, écrit par Henri Jeanson, se déroule entre Raymonde (Arletty, une prostituée) et Edmond (Louis Jouvet son protecteur). Ils sont sur une écluse qui enjambe le canal Saint-Martin, non loin de l'Hôtel du Nord que l'on aperçoit. Edmond veut partir à la pêche à La Varenne et se plaint de Raymonde qu'il trouve trop collante, elle voudrait qu'il aille avec elle à Toulon.

M. Edmond : J’ai besoin de changer d’atmosphère, et mon atmosphère, c’est toi.

Mme Raymonde : C’est la première fois qu’on me traite d’atmosphère ! Si je suis une atmosphère, t’es un drôle de bled ! Les types qui sortent du milieu sans en être et qui crânent à cause de ce qu’ils ont été on devrait les vider ! Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? Puisque c’est ça, vas-y tout seul à La Varenne ! Bonne pêche et bonne atmosphère !



Fragilité de l'atmosphère / cf Mars

Copyright (c) 2015. Tous droits réservés.
contact : christophe@auger.media